mercredi 25 novembre 2015

Pas besoin d'être béatifiée

pour être sainte


Par : Francis Phillips
SOURCE : Catholic Herald



L'exemple de Chiara Corbella Petrillo peut tous nous transformer

Jusqu'à récemment, mon frère vivait à Bruxelles. La nuit dernière, il m'a dit qu'il avait été en contact avec des amis là-bas qui lui ont raconté qu’à un moment donné pendant la présente crise terroriste, il avait été question d'interdire de toutes les Messes à Bruxelles en ce dernier dimanche de peur d'une menace de bombe. Alors qu'il est bon pour les autorités de prendre ces menaces au sérieux, de penser à interdire la Messe déplace le danger à un niveau existentiel différent. La Messe est l'activité humaine la plus importante dans laquelle nous pouvons nous investir, l'emportant sur les concerts pop ou les matches de football aussi amusants que ces rassemblements peuvent être. C’est presque comme si ISIS devait frapper au cœur de ce qui rend la vie digne d'être vécue pour tous les Catholiques : l’union avec le Christ à la Messe.

Heureusement, les autorités belges n’ont pas été si loin. Mais quand les gens essaient de « normaliser » les attentats terroristes en disant l'on est beaucoup plus susceptible de mourir d’avoir trop mangé ou d’avoir un accident sur les routes, je pense qu'on manque le point. Toute le point de la vie n’est pas d’éviter la mort à tout prix ou de la voir comme la tragédie ultime, mais de bien vivre ici et maintenant, c’est-à-dire en vue de l'éternité. Nous devons nous rappeler que nos vies humaines sur terre (bien que nous souhaitons beaucoup qu’elles se terminent pacifiquement plutôt que violemment) ne sont qu'un prélude à la vie du monde à venir. Lorsque les Islamistes, dans leur idéologie toxique, aiment la mort dans sa forme la plus cruelle, nous, les Chrétiens, devons leur montrer que l'amour du Christ est plus fort que la mort.

Ces pensées me sont venues à la lecture d'un livre bouleversant qui met tous les présents bulletins de nouvelles alarmants (et alarmistes) en perspective. Intitulé « Chiara Corbella Petrillo : un témoin de la Joie », qui a été écrit par ses amies Simone Troisi et Christiana Pacini et publié par Sophia Institute Press. Il raconte l'histoire d'une jeune femme et mère italienne décédée d'un cancer en 2012. Ce qui est inhabituel dans cette histoire est la façon dont Chiara pactise avec sa maladie terminale. Déjà après avoir vécu la perte de deux bébés peu après la naissance, elle et son mari, Enrico, doivent faire face au fait de ne partager pas le bonheur d’élever leur troisième enfant, un petit garçon appelé Francesco et de ne pas vieillir ensemble.

Ce qui est inspirant dans cette histoire est la foi rayonnante de Chiara. Elle était vraiment un « témoin de la joie ». Là où d'autres envisageraient ses chagrins comme trop lourds à porter — son cancer de la langue et de la gorge a été particulièrement douloureux et débilitant — elle a transformé sa situation et ceux autour d'elle par son sens aigu de la réalité de la vie éternelle avec Dieu qui l'attendait. Comme ses amis le rapportent dans leur livre : « Un des plus grands cadeaux que [Chiara et son mari] nous ont montré est que nous avons seulement le moment présent. Et dans ce moment présent, vous pouvez être plus heureux que vous n’avez jamais eu le courage d'imaginer ».

La nouvelle thérapie comportementale à la mode, « la Pleine Concience », est aussi un moyen d'aider les gens laïques modernes stressés à faire face à leur vie par une technique de concentration sur le moment présent. Mais la vie chrétienne, à l’exemple de Chiara et Enrico, a toujours enseigné cela dans son sens le plus profond ; c’est appelé « la pratique de la présence de Dieu ». C’est une façon de vivre que nous, Chrétiens, avons souvent oubliée.

Le livre de Chiara enseigne aussi une leçon implicite d'être pro-vie. Avertie par les médecins que ses deux premiers bébés ne survivraient pas à la naissance (Gracia Maria Letizia était atteinte d'anencéphalie et Davide Giovanni d’une condition mortelle non diagnostiquée), Chiara a refusé de penser à l’ avortement « thérapeutique » soulignant que « si je les avais abandonnés [eux ], je ne pense pas que je me serais souvenue de la journée de l'avortement comme d’un jour de fête » — le jour où ses bébés, baptisés tout de suite après la naissance, sont entrés dans la vie éternelle. En effet, elle a eu le courage et la perspicacité d'expliquer à ceux autour d’elle que la quantité de temps « n'a pas d'importance. Ce qui importe est que nous avons eu ce cadeau ».

Presque aussitôt qu’elle est devenue enceinte de son fils, Francesco, né en bonne santé, Chiara a développé un cancer qui était mortel. Les médecins voulaient provoquer la naissance du bébé dès que la vie hors de l'utérus était viable dans le but de commencer un traitement radical pour sauver la vie de Chiara, mais elle n’a pas voulu en entendre parler ; elle a retardé le traitement pendant 37 semaines afin de donner les meilleures chances d'une naissance saine à son fils. Avec ce délai, il était alors trop tard pour la sauver. En effet, elle a sacrifié sa propre vie pour la sienne, celle du petit Francesco.

La joie de Chiara ne veut pas dire qu'elle n'a jamais douté de Dieu ou qu’elle n'a jamais connu des moments sombres. Elle ne voulait pas mourir, ni laisser son mari seul ou son fils au soin des autres. Mais après avoir accepté ses croix et passé à travers sa propre nuit noire de l'âme, elle a vécu avec l'espoir, sans désespérer, croyant que Dieu « sait ce qu'Il fait et, jusqu'à maintenant, Il n'a jamais déçu ».

Plutôt que de se laisser inondés de nouvelles d'attentats terroristes et de tactiques et de stratégies antiterroristes que les gouvernements occidentaux se bousculent à improviser dans leur défense, je recommande la lecture de ce livre édifiant et vous laisser transformer par l'exemple de Chiaria. Après tout, tel était le but de sa vie.