vendredi 20 novembre 2015

Le Pape met en garde

contre l'érosion de la foi en Allemagne
et la mondanité dans l'Église



par Edward Pentin
Le 20 novembre 2015

SOURCE : National Catholic Register



L'homélie de François ce matin semblait être dirigée vers l'épiscopat allemand ainsi que son adresse officielle qu'il a donnée aux Évêques de ce pays aujourd'hui à la fin de leur visite ad limina.

Dans son discours ad limina, le Saint-Père a déclaré : « on peut vraiment parler d'une érosion de la Foi Catholique en Allemagne ».

« Alors que dans les années 1960 les fidèles assistaient presque partout à la Messe à tous les dimanche » a-t-il noté, « aujourd'hui, il y en a souvent moins que 10 pour cent ».

Il a appelé les Évêques à utiliser la prochaine Année Sainte de la Miséricorde pour faire revivre l'Église à travers la redécouverte « des Sacrements de la Pénitence et de l'Eucharistie » face à l’effondrement de la participation sacramentelle dans le pays.

Mais dans son homélie du matin, le Pape a semblé aussi parler à la hiérarchie allemande la mettant en garde contre la tentation de la « mondanité » ecclésiastique et exhortant les personnes présentes à ne pas devenir « dominées par l'argent et le pouvoir ».

La mondanité est un problème sous-jacent souvent attribué à l'Église Allemande, plus particulièrement mis en évidence par Benoît XVI dans son discours « enweltlichung » lors de sa visite en Allemagne en 2011.

Les raisons sont complexes, mais sont essentiellement ancrées dans Kirchensteuer (l'impôt ecclésiastique) de la nation qui a contribué à en faire une des églises les plus riches du monde et le deuxième employeur de la nation. Par conséquent, l'Église est riche en structures et généreux en aide humanitaire mais la participation à la Messe s’est effondrée et la hiérarchie a été critiquée de compromettre l'enseignement de l'Église face à une forte laïcité.

François a donc directement fait appel aux Évêques Allemands afin de ne pas « mettre leur confiance dans les structures administratives ni dans les organisations parfaites ». Il a appelé une telle tendance « une sorte de nouveau Pélagianisme » — un terme qui rappelle sa critique de l'Église Italienne la semaine dernière.

Notant qu’on approche les sacrements « moins souvent » (un sondage publié plus tôt cette année a montré que 54% des prêtres de l'Allemagne se confessent seulement une fois par an ou moins) et que les vocations ont « considérablement diminué », le Pape a dit que la solution repose sur le désir de vaincre une « démission paralysante ».

Ça ne peut pas être fondé sur une tentative de « reconstruire à partir des épaves du « bon vieux temps » a-t-il dit, mais plutôt ça doit être inspiré par la vie des Premiers Chrétiens.

Il a dit aux Évêques de souligner l'importance de la Confession au cours de l'Année de la Miséricorde, ce qui peut aider à « réformer l'Église » et à souligner le « lien intime » entre l'Eucharistie et le Sacerdoce. La « précieuse collaboration » des laïcs ne peut pas être un « substitut » à la prêtrise ». « S’il n'y a pas prêtre, il n'y a pas d'Eucharistie » a déclaré le Pape.

Sur le thème de l'évangélisation, il a dit qu'il est « essentiel » que l'Évêque « perçoive consciencieusement son rôle en tant que maître de la foi, de la foi traditionnelle et de la foi vécue dans la communauté vivante de l'Église universelle ». Le Pape a aussi souligné que « la fidélité à l'Église et au Magistère ne contredit pas la liberté académique, mais qu’elle exige une attitude de volonté de servir en relation avec les dons de Dieu ».

Le Pape a rappelé de plus aux Évêques que l'Église ne doit « jamais se lasser d'être le défenderesse de la vie et ne devrait jamais prendre du recul pour proclamer que la vie humaine doit être protégée sans condition de la conception à la mort naturelle ».

Tout compromis sur cette question, a-t-il ajouté, « rend coupable de faire partie d'une « culture du jetable » dans une société où la souffrance des plus faibles et des sans défense — l'enfant à naître, les personnes âgées et les malades — sont laissées à leurs blessures. « Chacun d'entre nous à la fin en subiront les conséquences douloureuses » a-t-il dit.

Le Pape a remercié l’Église allemande pour aider les réfugiés à travers la fourniture d'abris et d'aide humanitaire.

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Dans son homélie, ce matin, le Pape a fait référence aux lectures du jour : la reconsécration du Temple dans le livre des Maccabées après qu'il ait été détruit par les païens et ceux qui sont obsédés par la mondanité ; et la colère de Jésus pour les marchands du temple (Luc 19 : 45-48).

Le Pape a noté qu’au temps des Macchabées, le désir mondain les a « déplacés du Dieu vivant ». Au temps de Jésus, les principaux sacrificateurs et scribes avaient « déshonoré le Temple », le symbole de l'Église. Lorsque l'Église entre dans « un tel état de déclin, la fin est mauvaise. Très mauvaise en effet » a-t-il dit.

La corruption est toujours un danger dans l'Église, le Pape a-t-il dit, et au lieu d’être dévote à la foi, elle devient « dominée par l'argent et le pouvoir ». Les chefs des prêtres, dit-il, « ne savaient pas comment adorer le Seigneur parce qu'ils étaient trop distraits par l'argent et le pouvoir et par une forme de mondanité ». L'Église ne doit pas adorer « la corruption sainte » a dit le Pape, mais elle doit se tourner vers l'amour de Jésus où il n’y a « pas de place pour la mondanité » ou la corruption.

« Nous ne devons jamais chercher un réconfort dans un autre maître » a dit le Pape mais prions pour que nous « ne tombions jamais dans le piège de la mondanité où nous serions obsédés que par l'argent et le pouvoir ».