jeudi 12 novembre 2015

« Nous assistons à une caricature diabolique de l'Église par des hommes qui sont déterminés à la refaire

selon leur vision tordue ».
Voyez ce que Jésus a dit
à Sainte Catherine de Sienne


« Pas de changement de doctrine » .... est-ce suffisant ?
(Que dirait Sainte Catherine de Sienne ?)

Écrit par Marie Theresa Blackwell

Le 28 Octobre 2015

SOURCE : The Remnant

« Il en est ainsi des prélats et des autres supérieurs, qui voient leur sujet infecté de cette plaie purulente du péché mortel ; s'ils se contentent d'employer l'onguent de la flatterie sans recourir à la réprimande, ils ne guériront jamais le membre malade ; la contagion gagnera les autres membres, unis au premier dans un même corps, sous un même Pasteur ».

Notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ à Sainte Catherine de Sienne





La plupart d'entre nous avons eu l'expérience déconcertante de regarder un magicien qualifié effectuer de tours de passe passe devant nos yeux, nous laissant déroutés à la vue de l'objet solide que nous regardions à un moment donné qui disparaît soudainement et qui devient autre chose. Nous en sommes confondus, nos sens sont jetés dans la confusion et le magicien sourit comme un chat de Cheshire devant notre stupéfaction évidente, se jouant de nous avec son adresse qui nous dépasse.

Cette comparaison est très appropriée quand il en vient aux Modernistes dans l'Église d'aujourd'hui. Avec leur ambiguïté rusée, leur double langage et leurs techniques d’humiliation ( note : voir article ici à ce sujet où le Pape se spécialise à traiter les Catholiques Traditionnels de « Pharisiens » ), ils transforment le bien en mal et le mal en bien sous nos yeux, nous laissant remettre en question nos sens, notre raison et même notre spiritualité et notre Catholicité.

Le Synode sur la Famille récemment terminé était un chef-d'œuvre à cet égard, couronné par le discours de clôture du Saint-Père (dont les tours de passe passe était très habilement « décodé » par un auteur de Remnant ici) qui a clairement ciblé et dénigré les Catholiques dévoués pour leur fidélité dans la sauvegarde du Dépôt de la Foi et des prescriptions morales qui nous sont données par le Christ Lui-Même ; condamnant comme étant mal la manière que l'Église a toujours sauvegardé et enseigné la Foi ainsi que ce qu'elle exige de nous et faisant l’éloge comme bon ce qui est l'équivalent de l'indifférentisme moral que l'Église a toujours censuré.

Alors que nous, les Catholiques, sommes tenus d'être respectueux de la Chaire du Pape, un tel respect ne fait pas obstacle à une critique catholique honnête des déclarations faites par le Saint Père d’une telle manière catégorique et publique. Pour le bien de nos propres âmes et celles des autres, les Catholiques ont — en fait — le devoir de s’opposer à l'erreur à chaque fois qu'elle leur est imposée de cette manière.

Avant de passer à quelques très puissants et explicites passages du Dialogue de Sainte Catherine de Sienne qui traitent des erreurs Modernistes actuelles concernant les enseignements moraux de l'Église et la manière dont ils doivent être soutenus par la hiérarchie de l'Église, nous allons examiner un exemple de tour de passe passe dans le discours de clôture du Saint Père lors de la conclusion du Synode sur la Famille.

Ces remarques — représentatives des forces au sein du Synode qui ont combattu pour atteindre au moins implicitement, sinon clairement, le compromis à l'égard des futurs « praxis » ( « pratiques » ) dans l'affaire de la Sainte Communion et dans le « statut » perçu pour les divorcés remariés civilement comme aussi pour ceux qui cohabitent ensemble — permet d'illustrer à quel point les Modernistes déforment et dénaturent habilement l'ensemble de la portée de la Vie et de la Prédication de Notre Seigneur Jésus-Christ au point de réduire le Christ — le Logos (Verbe), l'Alpha et l'Omega — à une caricature sentimentale unidimensionnelle de l'Homme-Dieu.

Dans ses remarques finales, François a déclaré : « [Le Synode] signifie encore avoir mis à nu les cœurs fermés qui souvent se cachent jusque derrière les enseignements de l’Église ou derrière les bonnes intentions pour s’asseoir sur la Chaire de Moïse et juger quelquefois avec supériorité et superficialité, les cas difficiles et les familles blessées... Chers confrères, l’expérience du Synode nous a fait aussi mieux comprendre que les vrais défenseurs de la doctrine ne sont pas ceux qui défendent la lettre mais l’esprit ; non les idées mais l’homme ; non les formules mais la gratuité de l’amour de Dieu et de son pardon.».

Ici, avec l’adresse du magicien habile avec des paroles destinées à culpabiliser, François transforme les intentions pures et la fidélité de ceux qui se sont efforcés au cours du Synode de faire respecter les enseignements du Christ en « superficialité » en « cœur fermés » et « personnes qui jugent » plutôt que d’être reconnus comme fidèles aux enseignements du Christ par amour véritable pour les âmes de leurs semblables.

Avec une habileté à couper le souffle, il a en outre transformé magiquement leur témoignage fidèle en trahison, « mettant à nu [leurs] cœurs fermés » et les accusant de « se cacher derrière les enseignements de l'Église et de [leurs] bonnes intentions » plutôt que ce qu’ils ont fait, c’est-à-dire faire exactement ce dont ils ont été éternellement liés à faire par le Christ dans Sa Dernière Instruction avant son ascension : « Allez donc enseigner à toutes les nations ... et enseignez-leur à observer tout ce que Je vous ai prescrit ».

En outre, cette déclaration de François constitue l'une des plus fausses dichotomies flagrantes relevées pas par un peu de Catholiques concernés. En quoi précisément « l'Esprit » du Christ fonctionne-t-il différemment de la « Lettre » de Sa Doctrine (pas les nôtres) dans les enseignements que le Christ a conférés à Son Église ? Pour n’en citer que quelques-uns :

Marc 10 : 2-12 (coïncidence l'Évangile du Novus Ordo Lectionnaire qui tombait le dimanche 4 octobre, la messe d'ouverture du Synode) :

Quelques Pharisiens s'approchèrent de lui pour lui tendre un piège. Ils lui demandèrent : « Notre loi permet-elle à un homme de renvoyer sa femme ? » Jésus leur répondit par cette question : « Quel commandement Moïse vous a-t-il donné ? » Ils dirent : « Moïse a permis à un homme d'écrire une attestation de divorce et de renvoyer sa femme ». Alors Jésus leur dit : « Moïse a écrit ce commandement pour vous parce que vous avez le coeur dur. Mais au commencement, quand Dieu a tout créé, « il les fit homme et femme», dit l'Écriture. « C'est pourquoi, l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et les deux deviendront un seul être ». Ainsi, ils ne sont plus deux mais un seul être. Que l'homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni. »

Quand ils furent dans la maison, les disciples posèrent de nouveau des questions à Jésus à ce propos. Il leur répondit : « Si un homme renvoie sa femme et en épouse une autre, il commet un adultère envers la première ; de même, si une femme renvoie son mari et épouse un autre homme, elle commet un adultère ».

ET ...

Matthieu 5 : 17-20, 27-30 : « Ne pensez pas que je sois venu supprimer la loi de Moïse et l'enseignement des prophètes. Je ne suis pas venu pour les supprimer mais pour leur donner tout leur sens. Je vous le déclare, c'est la vérité : aussi longtemps que le ciel et la terre dureront, ni la plus petite lettre ni le plus petit détail ne seront supprimés de la loi, et cela jusqu'à la fin de toutes choses. C'est pourquoi, celui qui écarte même le plus petit des commandements et enseigne aux autres à faire de même, sera le plus petit dans le Royaume des cieux. Mais celui qui l'applique et enseigne aux autres à faire de même, sera grand dans le Royaume des cieux.

Je vous l'affirme : si vous n'êtes pas plus fidèles à la volonté de Dieu que les maîtres de la loi et les Pharisiens, vous ne pourrez pas entrer dans le Royaume des cieux. »

« Vous avez entendu qu'il a été dit : « Tu ne commettras pas d'adultère ». Eh bien, moi je vous déclare : tout homme qui regarde la femme d'un autre en la désirant a déjà commis l'adultère avec elle en lui-même. Si donc c'est à cause de ton oeil droit que tu tombes dans le péché, arrache-le et jette-le loin de toi : il vaut mieux pour toi perdre une seule partie de ton corps que d'être jeté tout entier dans l'enfer. Si c'est à cause de ta main droite que tu tombes dans le péché, coupe-la et jette-la loin de toi : il vaut mieux pour toi perdre un seul membre de ton corps que d'aller tout entier en enfer ».

ET ...

Jean 8 :11 : « Je ne te condamne pas non plus, dit Jésus. Tu peux t'en aller, mais désormais ne pèche plus. »

Le Pape François a à plusieurs reprises caractérisé comme Pharisiens de ces derniers jours ces Catholiques qui démontrent une préoccupation pour que les enseignements du Christ soient respectés par son Église. Mais notez que les Pharisiens d’origine faisaient réellement le contraire ; ils essayaient de contourner la Loi de Dieu en ce qui concerne l'indissolubilité du mariage en « tentant » Notre Seigneur avec cette question, en n’essayant pas de faire respecter et de sauvegarder la Loi comme les fidèles Catholiques d'aujourd'hui ont du mal à faire.

En fait, cette comparaison de dénigrement que le Pape François fait souvent des fidèles Catholiques avec les Pharisiens est encore un autre tour de passe passe. Ce fut pour une telle trahison — à savoir trouver des moyens de contourner la loi avec de la casuistique (Disposition à subtiliser pour transiger avec sa conscience ) et / ou à utiliser la loi à leur avantage personnel — ce pourquoi Notre Seigneur a condamné les Pharisiens. La vérité doit être dite : le Pape François et sa coalition réformiste tentent de faire précisément ce que faisaient les Pharisiens. Ce sont eux qui tentent notre Seigneur avec des supercheries qui concernent la fausse « miséricorde » qui n’est rien de plus que l'assentiment devant le péché. Alors que les fidèles Catholiques veulent à tout prix faire respecter les Lois de Dieu par amour pour Lui et pour aider les autres à faire de même.

Et comment Notre Seigneur a-t-il répondu aux Pharisiens quand ils L’ont tenté en ce qui concerne la question du mariage ? Il affirme sans équivoque que le divorce et le remariage constituent de l’adultère. Il ne commence pas à improviser sur pourquoi nous pouvons encore faire des exceptions pour la « dureté de cœur », pourquoi nous devrions donner à ces personnes une chance de s’habituer à cette loi sur le mariage et les « accompagner » dans leur cheminement vers la « plénitude » du mariage tout en leur permettant de continuer tranquillement dans leur adultère, suggérant même qu’on leur procure une plus grande « intégration » dans la communauté de foi jusqu'à ce qu'ils se sentent prêts à s'abstenir de leur adultère.

Non, au contraire, Notre-Seigneur va jusqu'à dire que nous devons arracher notre œil, couper notre main, s’ils nous entraînent au péché plutôt que de risquer les feux éternels de l'enfer.

Oui ... Le Christ a été intransigeant envers le péché — et urgemment ! — alors qu’il ouvrait le chemin du salut aux pécheurs repentants qui étaient prêts à délaisser toutes leurs transgressions contre les Lois de Dieu. Pourquoi ? Parce que le péché est en dessous de nous et nous avilit — il nous coupe de la Vie Divine de la Grâce qui doit insuffler et façonner tout notre être. Préférer le péché à notre union avec Dieu est un outrage à Dieu et Le considérer, Lui et Sa volonté, comme quelque chose de moins que le néant de créatures, c’est subordonner Sa Divinité à notre dépravation, c’est dire à Dieu de patienter pendant que nous déciderons s’il est assez important pour nous d’abandonner nos péchés.

Attention, nous ne parlons pas de l'errance des pécheurs en dehors de l'Église qui peuvent ne pas avoir la compréhension de telles choses jusqu'à ce qu'ils rencontrent un prêtre honnête et saint qui est prêt à leur dire la vérité. Non, le Pape François et ses sbires suggèrent que ces tergiversations — et leur « accompagnement plein de tendresse » des pécheurs dans leurs péchés pendant qu'ils jonglent avec l’idée s’ils conformeront leur vie aux Lois de Dieu — devrait être un modèle pastoral pour le traitement des âmes dans la « Nouvelle » Église.

Alors que nous attendons leur décision, toutefois, ils devraient être accueillis comme parrains aux Baptêmes et aux Confirmations, lecteurs, enseignants de catéchisme et ainsi de suite, tout en continuant à rejeter les enseignements de l'Église qui les accueillie. ( Numéro 84 du Rapport Final : « 84. Les baptisés qui sont divorcés et remariés civilement doivent être davantage intégrés à la communauté chrétienne selon les différentes façons possibles... il convient donc de discerner quelles sont, parmi les diverses formes d’exclusion actuellement pratiquées dans les domaines liturgique, pastoral, éducatif et institutionnel, celles qui peuvent être dépassées ». ) (Synode sur la Famille final Relatio, 2015)

Il n’y a pas un seul bon Catholique qui oserait jamais dire que les âmes malheureuses qui ont divorcé et se sont remariées civilement doivent être traitées avec mépris et non accueillies chaleureusement pour adorer à la Messe avec l'espoir qu'ils seront émus par la grâce afin de prendre toutes les mesures nécessaires pour revenir aux Sacrements d'une manière qui soit conforme à l'enseignement pérenne de l'Église sur l'indissolubilité du mariage jusqu'à maintenant. Nous sommes — chacun de nous — des pécheurs ; et chacun de nous est dans un besoin permanent de conversion et de générosité afin de répondre aux exigences de Lois de Dieu. Pourtant, le Christ n'a jamais accueilli les âmes sans les inviter sur-le-champ à la conversion. Et l'Église qu'Il a fondée à cet effet doit faire la même chose.

Cependant, cette « Nouvelle Église » de « Miséricorde » est tout simplement un rejet à peine voilé de l'Église que le Christ a fondé, l'Église que le Christ a fondé, L’Église qui a converti le monde et qui a amené les hommes à la liberté des fils de Dieu sous la Loi de l'Évangile, brisant en morceaux leur esclavage au péché et qui a transformé des civilisations entières ! Christ a déclaré que c’est la vérité qui nous rend libres. Mais le Pape François et sa coalition de « réformateurs » se moquent de la Vérité comme étant une simple doctrine sans vie imposée sur les masses souffrantes par des Pharisiens au cœur dur qui ne connaissent rien de la « tendresse ».

Nous assistons à une caricature diabolique de l'Église par des hommes qui sont déterminés à la refaire selon leur vision tordue. Et nous pouvons voir les fruits destructeurs de cette « vision » dans le vignoble dévasté que le Pape François a laissé en Argentine pendant son mandat (voir le témoignage d’un Supérieur Jésuite Sud Américain qui l’affirme ).

Mais ceux qui conservent la Foi de nos pères savent que le péché est la lèpre de l'âme. Qui d'entre nous ne manquerait pas d’amour — pour nous-mêmes et pour les autres — si nous ne suivions pas les enseignements du Christ et ne laisserions pas rapidement derrière nous l'esclavage et de la servitude du péché et nous encouragerions les autres à le faire au plus vite ?

À titre de divulgation complète, je vais admettre être une de ces âmes rebelles lorsque j'étais encore très jeune. Je suis une enfant des années 60 et 70 sans les avantages que la Foi Catholique Traditionnelle apporte pour illuminer la compréhension de quelqu’un, en effet, ma famille et moi étions « non-croyants » jusqu'à ce que nous ayons rencontré de puissants témoins prêtres et laïcs du Catholicisme Traditionnel.

Il y avait au moins deux de ces prêtres Catholiques Traditionnels qui ne mâchaient pas leurs mots en ma présence sur ce que Dieu attend de nous si nous voulons gagner le ciel. Leur « reproches de feu » n’ont pas été sans effet sur moi et, dans un temps très court, j’ai effectué ma conversion.

C’est dû à leur courageux témoignage intransigeant de la vérité que je dois les lumières qui m’ont amenée à ma conversion. Je me demande souvent combien de temps mon âme serait restée loin de Dieu si ces prêtres avaient été « tendres » pour dire ce qui devait être dit ; ou si nous n’avions pas rencontré la « Foi des Âges » non diluée avec son témoignage convaincant pour le Divin et l'Éternel ?

Ce n’est donc pas comme un « Pharisien » ou comme un « idéologue » au cœur froid que j’écris cet article sur le pourquoi qu’il est impératif que l'Église continue à appeler les pécheurs à leur conversion de toute urgence étant donné que c’est la seule façon de restaurer leurs âmes à la vie de grâce. Nous avons tous — chacun de nous — à faire des sacrifices si nous voulons entrer au Ciel. Le Ciel vient à un prix, au prix de mortifier notre concupiscence et de surmonter notre nature pécheresse ; au prix de tout et de tout autre idole que nous érigeons à la place de Dieu.

La grâce de Dieu nous permet de faire les oeuvres que Sa Loi ordonne. La déclaration post-synodale du Pape François à l’effet que le salut est entièrement gratuit et que nous ne sommes pas du tout sauvés par nos œuvres — les œuvres produites par l'opération de la grâce dans nos âmes à laquelle grâce nous pouvons sûrement résister dans notre perversité si nous choisissons de ne pas coopérer avec Dieu — est tout simplement l'hérésie de Martin Luther, condamnée par le Concile de Trente.

Pourtant, les modernistes préfèrent endormir les consciences avec des paroles apaisantes et améliorer leur « statut » au sein de leurs paroisses plutôt que de dire les paroles dures concernant ce que doit être dit pour l'amour de leurs âmes immortelles. Quelle nécessité pressante auront les âmes vivant dans l'adultère de se convertir une fois qu'elles sont entièrement « régularisées » et à l'aise dans leur milieu paroissial ?

Pourquoi choisiraient-ils de suivre le chemin de la continence héroïque que Dieu leur demande dans leur deuxième « mariage » si déjà elles ont toutes les « avantages » apparents d’un « statut » Catholique ? Comment allons-nous éclairer quiconque sur la nature de la grâce dans l'âme et sur le besoin d'être libres d'offenses graves devant Dieu afin d'avancer dans leur relation avec Lui si elles sont reçues dans l'Église sans espoir apparent ou convaincant qu'elles conformeront leur vie aux Lois de Dieu concernant l'indissolubilité du mariage ?

Toute discussion des réalités surnaturelles, tout l'enseignement de la théologie morale, seront perdus pour eux et — éventuellement — pour l'Église. Nous sommes devenus Protestants, abandonnant la mission de l'Église qui est l'appel à la conversion des âmes dès le début:

Et, en ses jours, vient Jean le Baptiste prêchant dans le désert de Judée. Il disait : Changez de comportement car le Royaume des cieux s'est approché !... Préparez le chemin du Seigneur, faites-lui des sentiers bien droits.... Les habitants de Jérusalem, de toute la Judée et de toute la région voisine de la rivière, le Jourdain, allaient à lui. Ils confessaient publiquement leurs péchés et Jean les baptisait dans le Jourdain..

Et voyant plusieurs des Pharisiens et des Sadducéens venir à son baptême, il leur dit : Bande de serpents ! Qui vous a enseigné à vouloir échapper au jugement de Dieu, qui est proche ? Montrez par des actes que vous avez changé de mentalité... Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu..

Moi, je vous baptise avec de l'eau pour montrer que vous changez de comportement ; mais celui qui vient après moi vous baptisera avec le Saint-Esprit et avec du feu. Il tient en sa main la pelle à vanner et séparera le grain de la paille. Il amassera son grain dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint jamais ». (Matthieu 3 : 1-12)

Ce qui m’amène au segment de la conclusion de cet article. Lisons ce que le Père éternel Lui-même a révélé à Sainte Catherine de Sienne qui concerne le besoin pressant et urgent de corriger les âmes et de les appeler à sortir de la mort du péché mortel avec urgence. Ses Paroles devraient faire honte aux Modernistes :

Et les prélats institués dans l'état de la prélature par mon Christ de la terre! Comme par la sainteté et l’honnêteté de leur vie, ils m'offraient le sacrifice de justice! Cette perle précieuse de la justice, enchâssée dans une véritable humilité et une très ardente charité, comme elle brillait en eux et dans ceux qui leur étaient soumis, à la lumière du sens chrétien! En eux surtout, qu'elle était éclatante cette justice ! Comme ils me rendaient bien ce qui m'est dû ! Comme ils entouraient mon nom d'honneur et de gloire ! Pour eux, ils n'avaient que haine, que mépris pour leur propre sensualité. Le vice, ils l'avaient en horreur, et ils s'attachaient à la vertu de toute l'ardeur de leur charité pour Moi et pour leur prochain. Leur humilité foulait aux pieds l'orgueil. C'est comme des anges qu'ils montaient à la table de l'autel, la pureté dans le coeur, sans souillure dans leur corps, et, dans la pleine sincérité de leur âme, ils célébraient le sacrifice, tout embrasés du feu de la charité.

Parce qu'ils avaient tout d'abord établi la justice en eux-mêmes et dans leur vie, ils la faisaient aussi régner dans ceux qui leur étaient Soumis. Ils voulaient les voir vivre saintement et les corrigeaient sans crainte servile, parce qu'ils s'oubliaient eux-mêmes pour ne penser qu'à mon honneur et au salut des âmes. O les bons pasteurs ! Comme ils [39] suivaient vraiment le bon Pasteur, ma Vérité, que je vous ai donnée pour vous conduire, mes chères brebis, en lui imposant de donner sa vie pour vous !

Ils ont bien suivi ses traces, ils ont bien corrigé à temps, ils n'ont pas laissé les membres se corrompre, faute de soins ; ils ont mis leur charité, non seulement à les redresser avec onction de la douce bonté, mais aussi à porter le feu dans la plaie, quand c'était nécessaire, par la réprimande, par la pénitence plus ou moins sévère, suivant la gravité de la faute.

Et dans cet office de droiture et de vérité, jamais ils ne se laissèrent arrêter par la crainte de la mort. Ils étaient, ceux-là, de vrais jardiniers ! C'est avec zèle, avec une sainte crainte, qu'ils arrachaient les épines des péchés mortels, pour planter à leur place les fleurs parfumées des vertus. Aussi leurs sujets vivaient-ils dans une sainte crainte, et s'élevaient comme des fleurs odoriférantes dans le jardin de la sainte Église, parce qu’ils les corrigeaient sans la crainte servile qu'ils ne connaissaient pas. Exempts eux-mêmes de péché, ils étaient tout zèle pour la sainte justice, reprenant humblement, mais sans peur aucune.

En eux brillait vraiment cette pierre précieuse ; l'éclat qu'elle répandait, versait la paix avec la lumière dans les âmes de mes créatures, et les maintenait dans la sainte crainte et dans l'union des coeurs. S'il y a tant d'obscurité dans le monde, sache-le bien, tant de division entre séculiers et religieux, entre clercs et prélats de la sainte Église, l'unique raison en est, que la lumière de la justice [39] s'est éteinte, et que dès lors les ténèbres de l'injustice ont enveloppé la terre.

Quelque situation que l'on occupe dans la loi civile on dans la loi divine, on ne peut s'y maintenir en état de grâce, sans la sainte justice. Celui qui n'est pas corrigé ou ne corrige pas, est comme un membre qui commence à pourrir, et sur lequel le mauvais médecin se contente d'appliquer un emplâtre, sans cautériser la plaie le corps tout entier ne tarde pas à être empoisonné et à se corrompre.

Il en est ainsi des prélats et des autres supérieurs, qui voient leur sujet infecté de cette plaie purulente du péché mortel ; s'ils se contentent d'employer l'onguent de la flatterie sans recourir à la réprimande, ils ne guériront jamais le membre malade ; la contagion gagnera les autres membres, unis au premier dans un même corps, sous un même Pasteur.

S'ils étaient, au contraire, de vrais et bons médecins des âmes, comme l'étaient ces glorieux pasteurs, ils n'emploieraient l'onguent, qu'après avoir cautérisé la plaie, par le feu de la réprimande. Si ce sujet s'obstinait dans le vice, ils le retrancheraient de la Congrégation, pour qu'il ne contaminât pas les autres, par l'infection du péché mortel.

Aujourd'hui, ils se gardent bien d'en agir ainsi ! Ils font plutôt semblant de ne rien voir. Sais-tu pourquoi ? La racine de l'amour-propre vit en eux et produit ce mauvais rejeton de la crainte servile ! Ils ont peur de perdre leur position, ou de se priver de quelques ressources temporelles, [40] ou de se voir enlever leur prélature ! - Et ils se taisent.

O les aveugles, qui ne savent pas comment l'on se maintient dans son état ! Ils ne voient pas que la grande force de conservation, c'est la sainte justice Comme ils s'emploieraient à la faire observer s'ils le savaient comprendre ! Mais ils semblent bien l'ignorer, privés qu'ils sont de la lumière.

C'est par l'injustice qu'ils croient se conserver, en ne reprenant pas les manquements de leurs sujets. Mais aussi, c'est leur propre passion sensitive qui les abuse, c'est l'ambition du pouvoir, c'est le désir de la Prélature ; et c'est encore qu'ils sentent en eux les mêmes vices, ou de plus grands encore. Comment, dès lors, les reprendre dans les autres ? La conscience de leur propre faute leur ôte le courage et la fermeté qui leur seraient nécessaires : elle les livre à la crainte servile, et ils font semblant de ne pas voir.

Ne peuvent-ils fermer les yeux, ils se laissent encore arrêter, dans le devoir de la réprimande, par les paroles flatteuses, par les nombreux présents. Dès lors, ils trouvent d'eux-mêmes mille excuses pour ne pas sévir. Ils n'ont fait pourtant que réaliser la parole de ma Vérité Ce sont des aveugles conduisant des aveugles. Quand un aveugle en conduit un autre, c'est bus les deux à la fois qu'ils tombent dans le fossé 4 (Mt 15,14).

Certes, ce n'est pas ainsi que faisaient, - et que font encore aujourd'hui, s'il en reste quelques-uns, mes chers ministres, dont je t'ai dit, qu'ils avaient les propriétés et la condition du soleil. Et vraiment, ils sont des soleils ! En eux, nulles ténèbres de péchés, en eux pas d'ignorance ; car ils suivent la doctrine de ma Vérité. En eux point de tiédeur, car ils sont embrasés du feu de ma charité. Grandeurs, situations, plaisirs du monde, tout ne leur est rien ; aussi n'ont-ils pas peur de corriger le vice. Qui n'a pas l'ambition de la puissance ou de la prélature, ne craint point de les perdre et reprend avec vigueur. Celui dont la conscience est sans reproche, n'a peur de rien.


Dialogue de sainte Catherine de Sienne, « Traité sur la prière »

Oh Marie, Secours des chrétiens, Mère de l'Église, priez pour nous ! Saint Joseph, Patron de l'Église universelle, intercède pour nous !