mardi 10 novembre 2015

Pied de nez au Synode

25 ans comme frère et soeur
La Communion valait ce prix



Un prêtre dit : « Mes parents ont vécu comme « frère et sœur » pendant 25 ans afin qu'ils puissent recevoir la Communion ».

Écrit par : Pete Baklinski
Pine Beach, New Jersey, le 9 Novembre 2015
SOURCE : Life Site News


Alors qu’un mouvement de Cardinaux et d'Évêques au franc parler ont suggéré que ce n’est non seulement « irréaliste » pour les couples en situation irrégulière de s’abstenir de relations sexuelles, mais que ça exige un « héroïsme qui n’est pas pour le chrétien moyen » de vivre comme frère et sœur, c’est exactement ce que Pierre et Anne Stravinskas ont décidé de faire pour qu'ils puissent conformer leur vie aux normes de Dieu et être capables de recevoir Jésus dans la Sainte Communion.

Seul enfant du couple, le Père Peter Stravinskas, a déclaré à Life Site News dans une interview exclusive sur l'histoire de la décision de ses parents. Le Père Stravinskas, fondateur de la Société sacerdotale du Vénérable John Henry Cardinal Newman, des Éditions Newman House Press et The Catholic Response, est un érudit, auteur et apologiste respecté.

C’était dans les années 1940. Lorsque le mariage catholique du papa du Père Stravinskas, aussi nommé Peter, a frappé un mur et est tombé en lambeaux. La femme de Peter l'avait abandonné. Même si Pierre était un ouvrier ordinaire et un homme largement autodidacte, il connaissait la Foi Catholique assez bien à cause de sa passion de lire les grands penseurs catholiques comme G.K. Chesterton et John-Henry Newman au point de comprendre que se marier à nouveau serait pour lui s'éloigner de Dieu et de l'Église.

Il connaissait les Paroles du Christ dans l'Évangile de Luc qui déclarent : « Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre, commet un adultère ». Il connaissait aussi le sixième commandement donné par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï qui déclare : « Tu ne commettras pas l'adultère ».

Malgré cela, Peter est allé de l'avant et a épousé civilement Anne, une catholique non pratiquante. Lorsque Peter Jr. est né en 1950, le couple a décidé qu'il irait à l'école catholique.

C’était lors de la préparation pour recevoir les Sacrements de la Confession et de la Première Communion en sa deuxième année à l’école que la vie de foi de ses parents a été bousculée de façon inattendue. Le Père Stravinskas le raconte ainsi :

« Je rentrais de l'école un jour et j’ai dit : « Maman, je t’aime beaucoup ».

« Je t'aime aussi » répondit-elle.

« Maman, quand je mourrai, je veux aller au Ciel ! »

« Bien sûr, nous le voulons tous » dit-elle.

« Eh bien, nous avons un problème. Si je meurs et que je vais au Ciel, et si toi et papa ne sont pas là, est-ce que ce sera le Ciel ? »

« Eh bien, pourquoi papa et moi n’y serions-nous pas ? »

« Parce que Sœur Rita Gertrude a déclaré aujourd'hui dans la classe que les gens qui ne vont pas à la Messe le dimanche vont en enfer quand ils meurent ».

Le Père Stravinskas a dit que sa mère a immédiatement terminé la conversation en lui disant d'aller prendre son lait et des biscuits.

Plus tard ce soir-là, lorsque le père de l'enfant est rentré du travail, Peter Jr. (fils) a été envoyé dans sa chambre alors que ses parents ont discuté de la conversation tenue plus tôt. Mais Peter, fils, se souvient bien des paroles qu'il a entendues en écoutant près de la porte :

« Nous avons un problème avec fiston » dit la maman.

« Qu'est-ce qu’il y a ? » demanda le père.

« Cette nonne folle à l'école nous cause des ennuis » dit-elle. « Elle a dit à Peter aujourd'hui que nous irons en enfer parce que nous n’allons pas à la Messe le dimanche ».

« Eh bien, qu'est-ce que tu t’attends à ce qu'elle dise ? »

« Quand j’irai à l'école demain pour aider avec le travail bénévole, je vais lui dire de se mêler de ses propres affaires et de rester en dehors de notre maison ».

« Eh bien oui, tu peux le faire » répondit-il. « Je ne sais pas quel bien il va en ressortir ».

Comme Peter écoutait tranquillement derrière la porte, il se souvient d'un bref instant qui s’est passé avant que son père ajoute :
« Je pense qu'il y a probablement une solution plus simple. Je pense que ce serait plus facile pour nous de commencer à aller à la Messe le dimanche, c’est à nous de convaincre la Sœur qu’on n’ira pas en enfer ».

Le dimanche suivant, toute la famille Stravinskas a assisté à la messe pour la première fois.

Ça a commencé alors à tracasser Anne que le moment est venu pour les fidèles de recevoir la Sainte Communion au cours la messe, elle était incapable d’y participer. Même si elle éprouvait un désir de Jésus, elle savait que son activité sexuelle avec un homme qui, aux yeux de l'Église, a été marié à une autre femme la rendait indigne de recevoir Jésus dans son âme.

Le Père Stravinskas se souvient de sa mère qui a dit une fois : « Je ne sais pas pourquoi je vais à la messe à tout prix si je ne peux pas recevoir la Sainte Communion ».

Le couple a finalement amené cette difficulté à leur curé. Il leur a dit qu'une façon de procéder serait de demander aux autorités de l'Église à Rome d’examiner le premier mariage pour déterminer si oui ou non ce fut un véritable mariage qui avait été contracté. Si le mariage était jugé invalide, alors Pierre et Anne seraient libres de se marier et ainsi leur relation se conformerait aux normes établies par Dieu et suivies par l'Église. Il s’ensuivrait alors que les deux seraient en mesure de recevoir la Sainte Communion.

Mais le curé leur a aussi dit le processus de nullité était non seulement long, mais coûteux.

Le prêtre fidèle a ensuite présenté au couple une solution beaucoup plus simple.

« Il a dit la solution la plus facile pour eux de participer pleinement dans la Foi Catholique serait de renoncer aux relations de couple et de vivre comme frère et sœur » raconte le Père Stravinskas.

« Et, à partir de ce moment, c’est ce qu'ils ont fait » a-t-il dit.

Ce ne fut qu’au cours de ses années de lycée, tout en discutant avec son papa de l'enseignement catholique sur le mariage que le Père Stravinskas a appris la vérité à propos de la décision de ses parents.

« Et mon père m'a dit : « Eh bien, oui, des situations irrégulières se produisent. Mais, pour être fidèles au Christ, ta mère et moi avons vécu comme frère et sœur depuis maintenant 10 ans ».

« Et ils vécurent de cette façon pendant tout le reste de leur mariage » a déclaré le Père Stravinskas. Peter, le père, est décédé en 1983 à l'âge de 71. Anne a vécu jusqu'à l’âge de 87 ans et est décédée en 2005.

« Cheval de Troie »

Le Père Stravinskas appelle le terme « intégration » mentionnée dans le rapport final du Synode sur la famille — qui a pris fin récemment à Rome — un « Cheval de Troie » conçu pour attaquer au cœur même l'enseignement de Jésus sur l'indissolubilité du mariage.

« S’il est vrai qu'une personne reste liée à son conjoint, même si le mariage échoue, ça signifie que toute activité sexuelle ultérieure dans laquelle s’implique la personne, c’est un péché d'adultère. Voilà ce que dit Jésus dans les Évangiles » a-t-il dit.

Les gens qui sont en désaccord avec cet enseignement ont un contentieux avec Dieu non pas avec l'Église » a-t-il dit.

« Quand les gens me disent qu'ils n’acceptent pas l'enseignement de l'Église sur le divorce et le remariage, je leur dis : « Précisons votre affirmation : ce que vous dites vraiment, c’est que vous n’acceptez pas l'enseignement de la Seconde Personne de la Très Sainte Trinité sur cette question ». S’ils sont prêts à dire cela, alors je vais leur dire que je vais m ‘écarter rapidement d’eux avant que la foudre ne tombe ».

« Cet enseignement sur divorce et sur le remariage n’est pas dans le pouvoir de l'Église à changer. Il vient de Dieu lui-même. L'Église a pris au sérieux cette Doctrine, à savoir qu'elle était prête à renoncer à toute l'Église en Angleterre dans les années 1530 en raison de sa croyance sur l'indissolubilité du mariage » a-t-il dit.

Le Père Stravinskas a expliqué pourquoi il est gravement erroné pour les Catholiques qui sont divorcés remariés de se présenter à la Sainte Communion.

« C’est le péché de sacrilège. Le péché de sacrilège rend indigne le fait d’approcher le plus Saint des Sacrements. Saint-Paul est très clair sur ce point dans son Épître aux Corinthiens. Il a dit qu’une personne doit d'abord examiner elle-même et que si elle n’est pas dans la bonne disposition, elle ne doit pas recevoir le Corps et le Sang du Seigneur. Si elle le fait — et voici la peine — elle mange et boit sa propre condamnation pour elle-même. C’est le plus grave des péchés » a-t-il dit.

Il a aussi contesté l'utilisation abusive que certains Pères Synodaux ont fait de l'histoire que l’on trouve dans l'Évangile de Luc en la citant comme un modèle pour « accompagner » ceux en situation irrégulière à une pleine participation dans les Sacrements.

« La première chose à propos de l’ « accompagnement », c’est-ce que c’est vraiment un travail spirituel de miséricorde, à savoir admonester les pécheurs pour les prévenir de la nature de leur péché. Si nous regardons comment Jésus accompagne les deux disciples sur la route d'Emmaüs, tout d'abord, il les appelle « stupides » pour avoir l'esprit fermé. Il les accompagne ensuite sur la route et leur ouvre les Écritures et met leurs coeurs en feu pour la Vérité qu'elles contiennent ».

« Voilà le genre d'accompagnement pastoral que l'Église doit donner aux personnes en situation irrégulière. Et pas seulement ces personnes, mais toute personne vivant dans toute sorte de péché » a-t-il dit.

Le Père Stravinskas dit que le témoignage de ses parents sur la possibilité de vivre dans une situation irrégulière, tout en étant fidèle à l'enseignement de Jésus est pertinent pour l'Église d'aujourd'hui.

« Quand nous avons comme Cardinaux des Kasper et des Marx disant que l'abstention de relations sexuelles est « irréaliste » et que c’est un « héroïsme » que les laïcs ne peuvent pas vivre, ce n’est non seulement ridicule mais même odieux, et ça va à l'encontre de l'Appel Universel à la Sainteté si magnifiquement exprimé par Vatican II ».

« C’est une orientation qui déshonore mes parents et des milliers d'autres couples comme eux qui ont décidé de mettre leur confiance pour avancer dans la grâce de Dieu. Notre foi nous enseigne que Dieu donne à chacun la grâce d'éviter le péché. Les gens le vivent cela » dit-il.

Il a dit que les prêtres devaient commencer à utiliser leur propre exemple de vivre une vie pleinement heureuse en s’abstenant sexuellement pour être un exemple d’encouragement aux gens à être fidèles au dessein de Dieu sur le mariage et la sexualité tel qu’exprimé dans l'enseignement de l'Église.

« En utilisant leur propre témoignage du célibat, les prêtres peuvent dire aux jeunes qu’il est possible d'attendre jusqu'au mariage. Il ne leur demande pas de faire quelque chose qu'il ne fait pas lui-même. De même, il peut encourager les personnes avec une attraction au même sexe de s’abstenir d’être actives. Encore une fois, il peut dire aux couples vivant fidèlement l'enseignement de l'Église contre la contraception, mais aux prises avec une continence périodique, que l'Église ne leur demande que de s'abstenir pour une période de temps tandis que le prêtre s’abstient toute sa vie ».

« Il y a toutes sortes de situations où les gens ne peuvent pas avoir des relations sexuelles pour une période de temps prolongé ou même de façon permanente. Nous devons être capables de leur donner un exemple, même si c’est seulement à un niveau naturel, que cela est possible ».

« Comme l'a dit Saint Paul : « Je peux faire toutes choses par le Christ qui me fortifie » a-t-il dit ».