lundi 30 novembre 2015

Obama déteste-t-il les Chrétiens ?

Obama est erroné
Les Chrétiens arabes persécutés devraient avoir la priorité d'asile

Par Phil Lawler
Le 18 novembre 2015
SOURCE : Catholic Culture.org

Avec des milliers de réfugiés en provenance du Moyen-Orient qui demandent d’entrer aux USA, le Président Obama a dit qu'il est « honteux » de suggérer que les réfugiés Chrétiens devraient être préférés. Cette déclaration est erronée : légalement, politiquement et moralement répréhensible.

Bien qu’Obama condamne les « critères religieux » qui risquent de favoriser les réfugiés Chrétiens, les politiques de son administration semblent actuellement travailler fort contre les Chrétiens en quête d'asile. En octobre, les États-Unis ont admis 187 réfugiés en provenance de Syrie : 183 Musulmans et 4 Chrétiens. La Syrie avait (ou avait avant que l'effusion de sang ne commence) environ 10% de Chrétiens. L'année dernière, les réfugiés syriens admis aux États-Unis étaient à 97% Musulmans.

Nous savons que des dizaines de milliers de Chrétiens ont fui la Syrie et l'Irak pour échapper aux persécutions de l'État Islamique. Pourquoi n’ont-ils pas trouvé leur chemin aux États-Unis ? Pourquoi ne devraient-ils pas trouver refuge ici ?

Lors d'une conférence de presse le 16 novembre, le Président Obama a déclaré : « Quand j'entends des dirigeants politiques qui suggèrent qu'il devrait y avoir un test de religion afin qu’une personne qui a fui un pays déchiré par la guerre soit admise ... c’est honteux. Ce n’est pas américain. Ce n’est pas qui nous sommes. Nous ne disposons pas de critères religieux pour notre compassion ».

Faux. En fait la loi fédérale exige un test de religion pour les personnes en quête d'asile le cas échéant. L'administration est tenue par la loi de prendre en considération « la crainte bien fondée de persécution » d'un réfugié pour des motifs religieux.

Est-ce que les Chrétiens ont une « crainte fondée des persécutions » par l'État Islamique ? Évidemment. Certains Musulmans peuvent être les cibles des fanatiques Islamiques mais tous les Chrétiens sont des cibles. Donc le test de religion fait sens dans ce cas en vertu du droit existant. Pourquoi l'administration Obama faillit à reconnaître ce fait ? Probablement parce que les Chrétiens Américains ne sont pas intervenus assez fortement pour sauver leurs frères arabes.

Dans le sillage des attentats terroristes à Paris, les Américains ont une crainte légitime que, dans la vague arabe des réfugiés, il puisse s’immiscer des agents d'Al-Qaïda ou de l'État Islamique disposés à lancer de nouvelles attaques sur le sol américain. Le processus de sélection des demandeurs d'asile — qui est à des années-lumière plus sévère aux États-Unis que dans les pays Européens devrait réduire théoriquement ce danger. Un test de religion pourrait atteindre le même résultat. Un réfugié qui peut démontrer une histoire de culte dans une assemblée Chrétienne a très peu de probabilité d'être un fanatique Islamique et (bien que l'administration Obama est étrangement réticente à l’admettre), nous ne sommes pas inquiets au sujet des terroristes Chrétiens.

Si les Chrétiens persécutés recevaient la préférence dans les demandes d'asile, l'opposition politique à l'acceptation des réfugiés diminuerait et les États-Unis seraient plus capables faire ce qu'ils doivent faire, ce qu'ils ont toujours fait : accueillir les personnes cherchant un refuge sûr. L'impératif moral dans ce cas est particulièrement fort puisque la politique étrangère de notre pays a contribué à attiser la violence chaotique que ces personnes désespérées fuient désormais.

Pour les Chrétiens Américains en particulier — et les Chrétiens représentent encore une solide majorité des résidents du pays — la politique officielle accordant un traitement préférentiel aux Chrétiens qui sont des cibles de persécution permettrait d'éliminer une excuse plausible à notre hésitation. Comment pourrions-nous ne pas aider nos frères et sœurs qui ont souffert pour la foi ? Comme nous nous dirigeons vers la saison de l'Avent — et d'ailleurs vers l'année de la Miséricorde — nous devons réaliser que ce n’est pas le meilleur moment pour annoncer qu'il n'y a pas place à l'auberge.

Beaucoup d’organisations de bienfaisance qui servent les réfugiés — y compris des agences parrainées par l'Église — se vantent qu'elles aident aux demandeurs dans le besoin indépendamment de leur affiliation religieuse. Voilà une politique admirable mais, en période d'incertitude radicale, la prudence est une grande priorité. Et à tout moment, alors que nous devrions faire de notre mieux pour sauver tout le monde dans une crise, nous devons sauver notre propre famille en premier.