samedi 7 novembre 2015

Préparez-vous pour la Vérité régionale



SOURCE : par Christopher A. Ferrara
Fatima Network Perspectives
Le 6 novembre 2015

Je l'avoue : je suis un avocat. Et parce que je suis un avocat et j’ai une habitude profondément ancrée de vouloir aller immédiatement au cœur du sujet afin de le résumer succinctement dans l'espoir de révéler son essence.

En ce qui concerne le Synode que j’ai appelé le Synode du Malheur ou le Synode Bidon, le coeur de la question est la suivante : François a conçu, mis en mouvement et contrôlé de bout en bout une cabale de Modernistes subversifs qui ont tenté de renverser l'édifice moral de l'Église mais ne s’en sont pas tout à fait tirés — cette fois.

Malgré la manipulation du Synode de 2015, en dépit de l'empilement de votes de l'électorat synodal avec 45 Progressistes triés sur le volet par François...


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

... pour contrebalancer les Conservateurs et assurer le triomphe de sa volonté — ridiculement considérée comme l’« Esprit » à l'œuvre dans le Hall du Synode — la majorité du Synode a encore rejeté la tentative de forcer dans la gorge des Pères Synodaux l'abominable Instrumentum Laboris pour qu’il devienne « leur » Relatio Final. L’Instrumentum Laboris, entre autres éléments atroces, appelait au « cas par cas » concernant la Communion sacrilège pour les adultères publics, suggérait aussi une ouverture à l'acceptation des « unions homosexuelles » dans la société civile et réduisait le mal intrinsèque de la contraception à une question de conscience personnelle.

Face à une rébellion comme celle de 2014, François a été forcé de retirer l'Instrumentum Laboris des débats, de le remplacer par un version dite « compromis » rédigée à la hâte qui faisait tout reculer d'un pas après que le « parcours synodal » avait déjà progressé de deux pas vers la destination que François demandait si clairement, à savoir : qu’aux adultères qui prétendent s’être « remariés » civilement, il leur soit accordé l'absolution et l’admission à la Sainte Communion sans engagement de cesser leurs relations sexuelles adultères.

Excédé par la nécessité de battre en retraite, François a condamné son opposition épiscopale conservatrice au dernier jour du Synode en déclarant que le Synode « avait mis à nu les cœurs fermés qui souvent se cachent jusque derrière les enseignements de l’Église ou derrière les bonnes intentions pour s’asseoir sur la cathèdre (Chaire) de Moïse et juger, quelquefois avec supériorité et superficialité, les cas difficiles et les familles blessées ». Oui, assez incroyablement, nous avons un Pape qui condamnent des Évêques pour se « cacher » derrière la Doctrine Catholique.

C’était Moïse qui avait permis le divorce et c’est le Christ qui l’a interdit une fois pour toutes ; ça semble avoir été oublié par François qui semble déterminé précisément à revenir à quelque chose ressemblant à la Loi de Moïse. Les paragraphes « de compromis » sur ce sujet, les numéros 84-86, qui ont à peine atteint les 2/3 de la majorité requise malgré l'empilement des voix, ouvrent clairement la porte à ce résultat ultime. Comme le courageux défenseur de la foi, Mgr Athanasius Schneider, l’écrit dans un article publié ici sur ce site, les rédacteurs du document de « compromis » — aussi triés sur le volet par François — « ont masqué de façon pratique leur déni de l'indissolubilité du mariage et ont amené une suspension du Sixième Commandement au cas par cas sous le couvert de la notion de la miséricorde en utilisant des expressions telles que : « voie du discernement », « accompagnement », « orientations de l'Évêque », « dialogue avec le prêtre », « for interne », « grâce à une plus grande et entière intégration dans la vie de l’Église » ; ils ont amené une éventuelle suppression de l'imputabilité en ce qui concerne la cohabitation dans les unions irrégulières ».

Ici, je me concentre sur l'expression « les orientations de l'Évêque » — qui veut dire quoi que ce soit que l'Évêque local souhaite faire concernant l'admission des adultères publics aux Sacrements. Ceci, apparemment, sera la porte arrière par laquelle François espère obtenir le résultat qu'il demande. Comme il a dit à son ami athée militant Eugenio Scalfari par téléphone après le Synode : « L'opinion variée des Évêques fait partie de cette modernité de l'Église et des différentes sociétés dans laquelle elle fonctionne, mais l'objectif est le même et, en ce qui concerne l'admission des divorcés aux Sacrements, ça confirme que ce principe a été accepté par le Synode. Ceci est le résultat final, à savoir que les évaluations de facto sont confiées aux confesseurs, mais à la fin de chemins plus rapides ou plus lents, tous les divorcés qui le demandent seront admis ».

Après que cette bombe fut publiée dans le journal préféré du Pape, La Repubblica, le Père Lombardi a publié son habituelle tentative boiteuse de « démenti officiel » qui ne nie rien en fait mais qui questionne simplement la crédibilité de Scalfari en général — même si les grands entretiens de Scalfari avec François ont été publiés sous forme de livre avec le consentement du Pape. Remarquablement absente, comme toujours, était toute indication à l’effet que Lombardi a demandé à François, même indirectement, si ce que le Pape a dit est bel et bien ce que Scalfari lui attribue. Bien sûr, Lombardi n'a pas rien demandé parce qu'il ne voulait pas connaître la réponse. Le jeu François-Scalfari-Lombardi continue.

Donc, à ce stade, il semble évident ce qui va se passer, à moins d'un miracle. Préparez-vous pour la dernière avance du « régime de nouveauté » post-conciliaire : la vérité régionale ! Par le biais d'une exhortation apostolique post-Synodale ou autrement, il serait laissé aux Évêques de chaque pays de décider selon leurs « orientations » dans des « sociétés différentes » s’il faut suivre l'enseignement de Jean-Paul II et de Benoît XVI ainsi que toute la tradition bimillénaire de l'Église sur l'impossibilité d'admettre les adultères publics à la Sainte Communion sans une modification de leur vie. Selon l'endroit où l'on vit, un enseignement intrinsèquement lié à l'indissolubilité du mariage sera défendu comme une vérité essentielle ou abandonné comme François aime à l’appeler : un « barrage routier. »

Si cela se produit — à Dieu ne plaise — l'Église sera immédiatement fragmentée dans de nombreux schismes avec des pratiques qui saperont l'indissolubilité du mariage dans certains diocèses ou pays alors que, dans d'autres, la pratique va continuer à défendre l'indissolubilité du moins pour un temps. L'enjeu ici n’est rien de moins que l'universalité de l'Église Catholique qui la distingue de toutes les autres instances religieuses.

Pas étonnant que Sœur Lucie de Fatima a dit au Cardinal Caffara que « la bataille finale entre le Seigneur et le règne de Satan sera sur le mariage et la famille ». Le résultat de cette bataille finale sera bien sûr la victoire du Christ. Mais chaque bataille a ses victimes et ici les victimes pourraient être bien nombreuses avant que la bataille ne soit terminée et que la folie jaillissant du Hall du Synode à Rome ne soit exorcisée de l'Église par le seul instrument humain issu de la grâce de Dieu qui peut accomplir l'exploit : un saint, orthodoxe et courageux Pape.