vendredi 11 novembre 2016

Pape
Les membres de l’Académie Pontificale pour la Vie
ne sont plus tenus de signer la déclaration pro-vie






         Jan Bentz


SOURCE : Life Site News

ROME, Italie, le 10 novembre 2016 (LSN) — Les membres de l'Académie pontificale pour la Vie ne seront plus tenus de signer une déclaration par laquelle ils défendent les enseignements pro-vie de l'Église.

Dans les nouveaux statuts pour cette institution du Vatican promulgués le 4 novembre, François a aussi élargi sa mission pour inclure un focus sur l'environnement.

François a approuvé les statuts le mois dernier comme le site web du Vatican l’a annoncé.

Les lois antérieures ont été émises en 2004 et énumèrent les « tâches spécifiques » (paragraphe § 2) de l'Académie en trois points : étudier « les questions et les enjeux liés à la promotion et à la défense de la vie humaine dans une perspective interdisciplinaire », « éduquer dans une culture de la vie » et « informer l'Église et le public [...] à propos des résultats les plus pertinents de ses études et de ses activités de recherche ».

Dans les nouveaux statuts, le paragraphe §3 a reçu une addition : ce paragraphe énonçait précédemment que la recherche à caractère scientifique doit « être orientée vers la promotion et la défense de la vie humaine », le nouveau paragraphe se lit comme suit :

« L'Académie a une primauté de tâche de nature scientifique, orientée vers la promotion et la défense de la vie humaine (cf. Mysterium Vitae, 4). En particulier, elle étudie les différents aspects qui ont trait à la prise en charge de la dignité de la personne humaine aux différents âges de l'existence, au respect mutuel entre les genres et les générations, à la défense de la dignité de chaque être humain, à la promotion d'une qualité de vie humaine qui intègre les valeur matérielles et spirituelles, en vue d'une « écologie humaine » authentique qui peut aider à retrouver l'équilibre d’ origine de la Création entre la personne humaine et de l'univers entier (cf. Chirographe, le 15 août 2016) ».

La surprise est l'inclusion du mot « genre » au lieu du mot plus précis et moins chargé « sexe », ainsi que la prise en compte de la qualité de la vie humaine dans une relation de dépendance avec l ' « univers entier ». Cela laisse la porte ouverte à toutes sortes de tendances modernes telles qu’élever la vie animale à un statut égal à la vie humaine ou à mettre la notion du genre sociologique de l’avant par rapport au sexe naturel d'une personne. Dans le même temps, il y a l'ambigüe équilibre « origine de la Création » qui est introduit et qui a besoin d’un exposé plus théologique afin que ce ne soit pas confondu avec une notion païenne du cosmos.

Un autre changement radical pour l’Académie Pontificale pour La Vie est la suppression de l'obligation pour les membres de signer une « Déclaration des Serviteurs de la Vie », une déclaration adaptée aux membres qui sont des médecins et des chercheurs médicaux qui rend explicite la volonté des membres à suivre l’enseignement de Église sur le caractère sacré de la vie humaine et sur l'obligation de ne pas effectuer de « recherche destructrice sur l'embryon ou le fœtus, ni sur les avortements électifs ou l'euthanasie ».

La suppression d'une telle déclaration ne peut guère être considérée comme le fait d’enlever quelque chose de superflu. La fondation même de l’Académie Pontificale pour La Vie visent à contrer les tendances culturelles de la « culture de la mort » comme le Pape Saint Jean-Paul II a appelé la culture sécularisée moderne.

Historiquement, l’Académie Pontificale pour La Vie a été connue principalement pour son adhésion aux Catholiques Orthodoxes qui défendent les enseignements pro-vie de l'Église, mais d'autres académies pontificales ont été critiquées dans le passé pour accueillir des membres qui s'opposent aux enseignements de l'Église.

Cependant, la direction de l’Académie Pontificale pour la Vie a elle-même essuyé les feux de l’opinion au cours des dernières années. En 2009, le Président d’alors, Mgr Rino Fisichella, a publié un article dans L'Osservatore Romano, le journal du Vatican, s’opposant à un Archevêque Brésilien qui avait excommunié les médecins pour avoir commis un avortement sur une fillette de 9 ans, enceinte de jumeaux. Cet article avait déclenché une révolte de plus de la moitié des membres de l'Académie.

En 2012, la direction de l’Académie Pontificale pour la Vie a fait face à la critique de ses membres lors d’une conférence sur l’infertilité au cours de laquelle ils ont accueilli des orateurs qui ont suggéré que la reproduction artificielle des procédures comme la fécondation in vitro étaient « naturelles » et acceptables.

Un autre changement dans les nouveaux statuts — possiblement le plus significatif — est que les membres ne seront plus nommés à vie. Ils seront nommés pour un mandat renouvelable de cinq ans se terminant lorsque le membre atteint 80 ans.

Les nouveaux statuts, qui ont été en préparation depuis plusieurs années, sont censés « permettre à l'Académie de répondre plus efficacement aux nombreux défis que l'Éthique de la Vie présente aux croyants et à tous les hommes et les femmes qui se demandent ce que cela signifie de vivre une vie vraiment humaine » comme son site Web l’énonce.

Mgr Vincenzo Paglia, le président récemment nommé à l’Académie, a expliqué que les nouveaux statuts aideront à coordonner les travaux de l'Académie avec les autres organes de la Curie, mais se ne se limiteront pas à cela. Il a ajouté que l’Académie collaborera désormais aussi avec « ... d'autres institutions académiques, y compris celles qui reflètent des croyances dans des systèmes et des cultures différentes de la nôtre, qui sont actives dans comme nous dans ce domaine d'étude très sensible et en développement ».

Mgr Renzo Pegoraro, chancelier de l'Académie, a ajouté que l'Académie poursuivra ses travaux. « Dans le même temps, cependant, ce développement dans la vie de l'Académie est destiné à répondre à la nécessité d'une approche élargie pour les questions pressantes et complexes face à la vie elle-même d’aujourd'hui — une approche qui assure que la vie est toujours prise en charge, protégée et respectée ».

Les nouveaux statuts entreront en vigueur le 1er janvier.