lundi 21 novembre 2016

Il se moque des critiques d’Amoris Laetitia.
« Il bout de colère » envers les quatre Cardinaux.
Il déclare que ce n’est pas « noir et blanc » dans le « flux de la vie ».
Il esquive une réunion lors du consistoire.



par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 19 novembre 2016

Maintenant que quatre éminents Cardinaux ont publiquement interrogé François si, en promulguant Amoris Laetitia, il entend contredire l’« Écriture Sacrée ... la Tradition de l'Église, [et] l'existence de normes morales absolues », les Catholiques qui se sont engagés dans l'orthodoxie semblent avoir deux alternatives dans leur approche de ce Pape imprévisible. La première alternative est de se retirer dans le pur positivisme papal, déclarant (comme Jeff Mirus a fait) que « nous n'avons pas de moyens certains de savoir ce qui fait partie de la Tradition (avec un grand « T ») et ce qui est seulement de la tradition humaine (avec un petit « t ») à part le Magistère de l'Église — c’est-à-dire l'autorité d'enseignement du Pape ».


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.



En d'autres termes, la Tradition est tout ce que le Pape dit qui est plutôt un dépôt objectivement connaissable de la Foi, y compris les Dogmes définis. Alors que cette opinion est évidemment absurde, la seconde alternative se dessine : François doit être un hérétique, un antipape ou les deux parce que son enseignement dans Amoris Laetitia suggère en effet une contradiction de l'Écriture, de la Tradition et des absolus moraux, incitant ainsi l'intervention publique sans précédent des quatre Cardinaux.

Mais il y a une troisième alternative, à savoir que François, c’est triste à dire, est incompétent pour exercer la fonction papale. Que ce soit en raison d'une déficience mentale, d’un trouble psychologique ou d'un défaut de personnalité ( qu’il attribue constamment aux autres, y compris les jeunes attirés par la Messe Traditionnelle ), un profond manque de formation théologique adéquate ou une combinaison de tous ces facteurs, François est incapable de comprendre ses fonctions en tant que Pape ainsi que les limitations correspondantes de son autorité. Il opérerait sous l'illusion que l'autorité du Pape sur l'Église est non seulement suprême mais absolue et qu’il n’est pas seulement le tuteur ou le gardien de la Tradition mais qu’il est un vaisseau actif de ce qu’il nomme « l'Esprit » dont chaque décision est un ordre de Dieu : « Je n'ai pas de plan. Les choses se passent. Je me laisse tout simplement conduire par l'Esprit. L'Église est l'Évangile, ce n’est pas un voyage d'idées ».

Autrement dit, pour François, ce serait littéralement le cas que ni la doctrine, ni la discipline ne posent le moindre obstacle à son agenda. Ce ne sont que des « idées » alors qu’il est un instrument de la Volonté Divine dont les paroles et les actes sont incorporés dans l'Évangile tel qu'il doit être compris aujourd'hui. L'illusion en question est une sorte de mégalomanie qui remplace la mission essentiellement conservatrice de la fonction pétrinienne que François voit comme une entreprise « rigide » et « légaliste » de simplement défendre et de protéger des « idées ».

Ce serait l'explication la plus charitable pour le comportement de François : à savoir qu'il est si illusionné de penser qu’il sert la mission de l'Église selon la volonté continue de Dieu qui dirigerait chacun de ses paroles et de ses gestes. S’il en était autrement, il ne pourrait alors être considéré que comme un ennemi volontaire de l'Église, agissant avec préméditation et selon un plan.

Dans tous les cas, il devient clair à un nombre rapidement croissant de Catholiques que nous avons un Pape qui est déséquilibré. Comme le rapporte le respecté vaticaniste, Edward Pentin, dans le sillage de la publication de la lettre des quatre Cardinaux : « Je comprends à partir de certaines sources situées dans la Casa Santa Marta que le Pape n’est pas content du tout. En fait, il est ... bouillant de colère. Il n’est vraiment pas content du tout avec cela ».

Comme Sandro Magister a écrit le 14 novembre concernant le consistoire des Cardinaux du monde maintenant en cours :

« L'ensemble du collège des Cardinaux se réunira à Rome .... Et inévitablement l'appel des quatre Cardinaux deviendra l'objet de discussions animées entre eux ». François, cependant, n'a pas été intéressé par une telle discussion. Il a annulé la réunion traditionnelle pré-consistoire avec les Cardinaux. Le respecté vaticaniste Marco Tosatti présume raisonnablement que, si la réunion avait eu lieu, les dubia des quatre Cardinaux lui auraient été présentés à lui personnellement « non seulement par les signataires de la demande de clarification, mais aussi peut-être par d'autres Cardinaux, avides d'une parole décisive du Pape ».

Évacuant sa fureur envers les quatre Cardinaux obliquement sur les pages du journal Avvenire, le quotidien de la Conférence des Évêques Italiens, François a tout fait sauf de les nommer dans un autre élan démagogique contre le « légalisme » qui a été soi-disant surmonté au cours du Grand Réveil Mythique de Vatican II quand l'Église sclérosée a enfin redécouvert sa vraie nature :

« Lors du Concile, l'Église a ressenti la responsabilité d'être dans le monde le signe vivant de l'Amour du Père. Avec Lumen Gentium, l'Église est revenue aux sources de sa nature, à l'Évangile. Cela déplace l'axe de la conception Chrétienne loin d’un certain légalisme qui peut devenir idéologique vers la personnalité de la Divinité qui est devenue miséricorde dans l'incarnation du Fils ».

« Certains — je pense à certaines réponses à Amoris Laetitia — continuent de ne pas comprendre — même en noir et blanc— que dans le flux de la vie, on doit discerner. Le Concile a dit cela. Les historiens disent que pour qu’un Concile soit bien absorbé par le corps de l'Église, on a besoin d'un siècle ... Nous sommes à mi-chemin ».

Donc, nous avons un Pape qui pense clairement qu’il a le pouvoir de déclarer, au nom de la « miséricorde » et de « l'Esprit », une révision de l'ordre moral entier auquel le Christ Lui-Même a exigé notre adhésion sans compromis. François déclare l'élimination du « noir et blanc » en faveur de sa notion de « discernement » dans « le flux de la vie ». L'illusion est sans limite alors que le sentiment exprimé, pour être tout à fait franc, présente un degré alarmant de dégénérescence morale, pas si différente de l'éthique pop d’Oprah Winfrey. Et François prétend trouver ce sentiment moral dégradé quelque part dans les pénombres miasmatiques « du Concile », qu’un talisman gnostique tout usage issu du soulèvement de l'Église post-conciliaire moderniste dont dans la dernière phase est « la révolution François ».

Plus tard dans l'entrevue, François a fustigé les critiques qui, comme l'intervieweur l’a noté, « disent que vous voulez 'Protestantiser' l'Église ». Faisant plaisir encore une fois, son penchant pour la psychanalyse de fauteuil et la diabolisation des Catholiques Orthodoxes qui s’opposent à ses abus de pouvoir, il répondit :

« Je ne perds pas le sommeil. Je procède sur la route qui m’a précédé. Je suis le Concile .... Quand il n'y a pas un mauvais esprit, ils [les critiques] peuvent aider au voyage. D'autres fois, on voit immédiatement que les critiques prennent une position que leur justification a déjà prise ; ils ne sont pas honnêtes ; ils agissent avec un mauvais esprit pour fomenter la division. On voit immédiatement que certains rigorismes sont nés d'un échec, la volonté de se cacher derrière l'armure de leur propre et triste mécontentement. Si vous regardez le film Le Festin de Babette, vous verrez ce comportement rigide ».

Incroyablement, l'Église souffre maintenant sous le règne tyrannique d’un Pape dont la vue de l'orthodoxie est représentée par un film danois, basé sur une histoire écrite par un agnostique. Le film dépeint l'illumination spirituelle de deux vieilles filles Luthériennes par le génie culinaire de Babette, une réfugiée Française de la contre-Révolution, dont les fêtes les ouvrent à la joie et à la grâce qu'elles avaient perdues à cause de leur religiosité aride, imposée par leur père, un ministre du culte. Voilà comment François considère les Orthodoxes Catholiques préoccupés par l'intégrité de sauver leur Foi pour laquelle des générations ont donné leurs vies : comme caricatures cinématographiques en besoin de libérer ses chaînes de piété sans joie.

Le bizarre pontificat de François est une insulte permanente aux fidèles Catholiques et aux légions de saints qui se séparèrent de leur vie plutôt que de renier un iota de la vérité qui nous rend libres. Comme François le dirait, cependant, peut-être que Saint Thomas More aurait eu besoin de Babette pour se libérer de sa fixation « rigoriste » sur l'indissolubilité du mariage plutôt que de subir une mort inutile à la défendre.

Que Dieu bénisse les quatre Cardinaux pour avoir eu le courage de rendre leur provocation salutaire publique, contribuant ainsi à susciter de François des révélations toujours plus dramatiques de l’étendue dans laquelle une conception dangereusement désordonnée de l'enseignement et de la mission de l'Église, et de sa propre autorité, anime son pontificat sans précédent. François est déséquilibré. Celui qui ne le savait pas auparavant n’a plus d’excuse de ne plus le savoir maintenant. Convenablement armés par la connaissance avec quoi nous avons affaire, nous, les laïcs, avons le devoir d'exiger à la hiérarchie de prendre des mesures pour répondre à la menace d'une papauté détraquée.