mercredi 23 novembre 2016

Le Boom ! Le Cardinal Dubia et le Schisme du Vatican



Écrit par Hilary White
ex-correspondante à Rome
Le 21 novembre 2016
SOURCE : The Remnant








Eh bien ! Quelle excitante semaine ce fut ! Tout le monde du blog Catholique écume en bla-bla sur les Dubia des Quatre Cardinaux et la non-réponse du Pape. Ça m'a pris la meilleure partie d'une semaine pour terminer cette rédaction parce que les événements ne cessaient de changer si vite que je ne pouvais pas suivre. Mais il semble que nous soyons dans une autre petite accalmie.

On a pensé que François a refusé de rencontrer ses propres Cardinaux au consistoire ce week-end afin d'éviter d'être confronté personnellement dans un lieu où il lui aurait été impossible d'éviter de répondre à la question de savoir s'il est oui ou non un Catholique. Un Pape se cachant de ses propres Cardinaux afin d'éviter d'être critiqué d'hérésie — oh, pardon, d'« erreur » — est quelque chose que je ne suis pas sûr que l'Église Catholique n'ait jamais vu dans toute sa longue et étrange histoire.

Et maintenant, depuis les deux interviews du Cardinal Burke de la semaine dernière confirmant leurs intentions, tout le monde se demande : « Qu'est-ce qui se passe ensuite ? » Et le grand feuilleton du pontificat Bergoglio a fermé la semaine sur un autre suspense.

Les questions des Cardinaux ne portaient pas sur des bagatelles. En tant de mots et par implication, ils ont demandé au Pape si l'Église enseignait encore une telle chose que la réalité morale objective ; si on pouvait faire confiance à l'Écriture en tant que guide moral ; si l'Église a eu tort depuis 2000 ans ; si Dieu est un menteur. Y a-t-il encore une foi Catholique ou étions-nous tous fous ? Et, peut-être pour le moment plus immédiat, êtes-vous, Votre Sainteté, toujours intéressé à être le Pape de l'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique ?

Je ne connais personne qui ne suggère pas en privé ou en public que c’est le « début de la fin » du pontificat Bergoglien, que nous savons tous s’être dirigé tout droit vers ce précipice. Et maintenant, après cinquante ans de lutte dans notre calme guerre civile, la falaise est enfin en vue. Même si les questions — et les interviews — sont poliment formulées, la vérité est que les choix devant le Pape sont maintenant simples : abjurer ou être déchu. Les questions, malgré ce qu’il semble croire, ne peuvent pas être esquivées. Est-ce que le Pape adhère à la religion Catholique ? Est-ce qu'il tente de la renverser et de mettre quelque chose qui serait la sienne — et une de ses responsables — la manigançant à sa place ? Rester silencieux n’est pas une option.

Le Cardinal Burke a lui-même laissé entendre sur les prochaines étapes nécessaires quand il a dit à Edward Pentin : « Il y a, dans la Tradition de l'Église, la pratique de la correction du Pontife Romain. C’est quelque chose qui est clairement très rare. Mais s'il n'y a pas de réponse à ces questions, alors je dirais qu’il s’agirait de prendre un acte formel de correction d'une erreur grave ».

Aucun des Cardinaux n’utilise encore publiquement le mot composé du « D » majuscule, bien sûr, mais une recherche rapide sur Google révèlent qu'il existe un nombre croissant d'informations historiques, théologiques et canoniques de plus en plus disponibles, la plus grande partie très récemment, sur le thème de [D]estituer un Pape pour hérésie. Pour l'instant, cependant, nous sommes tous encore une grande famille heureuse qui a juste des dialogues et qui demande poliment des « clarifications » sur des « erreurs ».

Et nous ne pouvons que deviner à présent qui et combien dans l'épiscopat soutient ces recherches. Mais les conjectures peuvent être analysées. L'Archevêque Américain Thomas Gullickson, canoniste et nonce en Suisse et au Liechtenstein, par exemple, a écrit sur sa page Facebook la note suivante : « Le Père fait un excellent travail dans cet article ». Cette remarque était écrite au-dessus du désormais célèbre article de 2014 sur le site The Remnant par Robert Siscoe intitulé : « L'Église peut-elle déchoir un Pape hérétique ? » C’est un signal si jamais j’en ai vu un.

Il y a un long chemin encore à parcourir. L’« Erreur », même l’erreur grave, n’est pas la même chose que l'hérésie, encore moins l’hérésie « obstinée, formelle ». Mais Rorate Caeli et d'autres tombent pile quand ils disent qu'il est étonnant, presque sans précédent, que les Évêques ou Cardinaux ont été contraints de demander effectivement que le Pape affirme qu’il est un Catholique et qu’il n’agit pas pour renverser délibérément la Foi Catholique . Et l’indice du Cardinal Burke concernant ce qu’ils seront obligés de faire si le Pape refuse de répondre maintenant, à la suite des singeries papales de ce week-end, doit être sérieusement envisagé.

Quel que soit le résultat à plus long terme que nous pouvons espérer, chaque étape doit être prise avec le plus grand soin. De prouver une hérésie formelle — particulièrement l'hérésie formelle d'un Pape — c’est en effet une question grave et de veiller à ce que l'histoire retienne qu'ils ont agi du côté de la Vérité, ces hommes ne peuvent pas se permettre de faire une seule erreur. Ce n’est donc pas quelque chose qui sera résolu dans quelques semaines. Mais le fait que les Cardinaux ont rendu leur intervention publique — et qui ont dit qu'ils ont fait ainsi parce que le Pape a refusé de répondre — signifie que nos craintes qui ne se faisaient rien se sont révélées erronées, grâce à Dieu.

Qu'est-ce qui se passe ensuite est vraiment la question de l'heure, mais c’est évident aussi compte tenu de ce que nous savons à propos de cet homme et de sa détermination à mettre en œuvre son agenda. Nous avons vu en ce week-end crucial que François Bergoglio n'a pas la moindre intention de changer son cours. Il a suivi son schéma habituel, donnant ses réponses obliquement, officieusement dans une autre entrevue et, dans son adresse consistoire, en utilisant des ambiguïtés et des insultes pointues, jouant toujours la victime. Ses porte-voix ont choisi même d’aller jusqu'à insulter ouvertement et à ridiculiser les Cardinaux et leur lettre. Si je devais faire partie de ces derniers, ma réponse serait simple : « Qu’il en soit ainsi. Vous vous l‘êtes attiré sur vous-mêmes ».

Ce qui se passera ensuite n’est pas difficile conséquemment à discerner, car c’est dicté par les réalités qui continueront de faire avancer les premiers élans en fonction de leur logique. C’est comme la catastrophe du Titanic : le navire avait une vitesse et un cap particuliers cette nuit-là ainsi qu’un ensemble particulier de restrictions dictées par la physique et les mathématiques. Il se déplaçait à une vitesse particulière, il pesait tant de tonnes, il était long de tant de mètres ; la taille du gouvernail était de cette dimension précise et de nulle autre ; le rayon de braquage était exactement de cette largeur ; il y avait exactement ce temps disponible entre apercevoir l'iceberg et modifier le cap. Autrement dit, au moment où ils ont vu la glace, il était trop tard. Les maths sont les mathématiques et rien ne peut les modifier.

Nous en sommes au point où les décisions ont été prises et, avec toutes les mesures prises, l'Église est simplement un projectile, soumise aux exigences inexorables de la logique et de la réalité comme le Titanic l’était aux lois de la physique. Les camps ont été choisis, les lignes de bataille tirées et les escarmouches d'ouverture ont commencé, avec les Évêques choisis favoris de François attaquant ouvertement ceux qui maintiennent la Foi historique Catholique. Jusqu’à cette semaine, la petite guerre civile calme et froide de l'Église Catholique, qui a été en cours depuis 1965, a fleuri en quelque chose de beaucoup plus ouvert et de plus vicieux.

Mais comme toujours avec ce pontificat, le bon côté béni des choses est la clarté. François Bergoglio va entrer dans l'histoire comme la Grande Clarificateur, peu importe ce qu’il dit ou ne dit pas au Cardinal Burke. Bien que la lettre ait été adressée au Pape, de fait les dubia des Cardinaux sont destinés à l'Église entière ; tous les Catholiques du Pape jusqu’à celui assis sur le banc d’église doivent croire et professer le même Évangile. Cela signifie que les questions sont destinées à tous les Évêques tout aussi bien et, quoiqu’en décide le Pape, ils vont être obligés de prendre la même décision à savoir soit pour ou contre le Christ. Si rien d'autre n’est accompli, ce sera très facile, à partir de ce moment, de clarifier qui est oui ou non un Évêque Catholique. Tout comme Amoris Laetitia a été conçu comme un test décisif de conformité envers le Nouveau Paradigme ainsi les dubia des Cardinaux rendent un service similaire au Christ.

Si tous les facteurs restent stables — autrement dit, si François Bergoglio ne se repent pas et que les Cardinaux ne perdent pas courage — ce qui va arriver, ce qui doit arriver, c’est ce qui suit :

— Bergoglio continuera de ne pas répondre, permettant à ses fondés de pouvoir de parler en son nom comme toujours. Il va continuer à attaquer comme « ennemis » et « détracteurs » toute personne qui tente de le rappeler à son devoir.

— Les Cardinaux, après un intervalle au cours duquel ils peuvent émettre un autre avertissement, doivent faire leur devoir et dénoncer ses hérésies pour le bien de l'Église et le salut des âmes. Cela doit se produire si ce n‘était pour aucune autre raison que les fidèles sont conduits par ce Pape sur la falaise du péché mortel.

— Après la dénonciation formelle donc, l'épiscopat, le clergé et les laïcs se diviseront en deux groupes. Le camp Catholique sera très petit et semblera faible, impuissant et stupide aux yeux du monde. Ils auront seulement la Vérité de la Foi comme arme et bouclier.

— Le second camp aura toutes les institutions matérielles de l'Église, toutes ses ressources monétaires, l'actif psychologique du patrimoine matériel des églises, des écoles, des universités, des hôpitaux, etc. et le pouvoir politique due à la reconnaissance et au soutien par le monde séculier ainsi que par l'adhésion de presque tous ceux qui continuent à s'appeler Catholiques.

— Bergoglio exigera l'assentiment des Catholiques avec ses menaces et ses insultes habituelles. Il va responsabiliser ses partisans au niveau national à punir les prêtres, les séminaristes, les enseignants, les professeurs d'université, etc., s’ils n'embrassent pas le Nouveau Paradigme.

— Le bras de fer ne peut être possiblement brisé que par ce que les canonistes appellent une « sentence déclaratoire » qui stipule que Bergoglio est un hérétique formel et obstiné ou opiniâtre et que, par ses propres actions, il a perdu la fonction de Pape.

— Leur devoir sera alors simple. L'Église Catholique ne peut fonctionner sans Pape et ils seront obligés d'appeler un conclave.

À quoi les choses vont ressembler après que le schisme soit complet ? Nous pouvons facilement l’extrapoler à partir de ce que les choses ressemblent maintenant. La grande majorité du monde Catholique, laïc et clérical, n’a aucun problème du tout avec François ou avec l'ensemble du Nouveau Paradigme du Vaticanoaisme. L'Église ( note : le Petit Reste) sera composée, comme elle l'a toujours été, de croyants, mais il n'y aura pas de bâtiments. La réalité, visible aux yeux de Dieu, sera que le plus grand corps sera ce que nous pourrions appeler la secte Bergoglienne. Ils auront toutes les apparences de la légitimité, ils seront enfin respectés et embrassés par le monde qui pensera que le petit groupe des objecteurs sont des imbéciles et des « dissidents ».

La nécessité de ce résultat — sauf toujours des interventions miraculeuses, des conversions ou la Parousie — était claire pour ceux qui ont connu la Foi dès le lendemain de l’allocution de Walter Kasper au Consistoire de février 2014. Cet hérétique déjà notoire a établi le parcours de cette cabale, la «Mafia Sankt Gallen », dont Bergoglio est simplement l'instrument choisi et, à partir de ce jour-là, aucun d'entre eux n’en a dévié d’un seul iota depuis.

Le Père Brian Harrison a peut-être été le premier à le mentionner clairement. Dans une lettre à Robert Moynihan, le Père Harrison a prévenu :

« De l'immensité, d’une menace massive et imminente qui semble percer, pénétrer et fendre en deux la Barque de Pierre — la ballottant déjà dangereusement au milieu de mers orageuses et glacées ».

« L'ampleur choquante de la crise Doctrinale et pastorale qui se cache sous cette dispute poliment formulée entre les prélats Allemands ne peut guère être surestimée. Car ce qui est en jeu ici, c’est la fidélité à un enseignement de Jésus-Christ qui affecte directement et profondément la vie de centaines de millions de Catholiques : l'indissolubilité du mariage ».

Le Père Harrison était capable de faire sa prédiction non pas parce qu’elle reposait sur un don surnaturel de prévoyance, mais en employant tout simplement son intelligence rationnelle sur des réalités objectives. C’est de la nature de la réalité que les actions ont des conséquences logiques inévitables. La mathématique est simple : ils veulent laisser derrière le Christ ; nous ne pouvons pas aller là où ils s’en vont parce que nous aimons le Christ et nous ne Le laisserons pas.

Maintenant, il faut reconnaître que François Bergoglio a quelques options et qu’il est possible que ça n’aille pas aussi loin que cet aboutissement extrême. Il se peut qu’il rechigne à envisager une peine réelle d'hérésie. Il est difficile de savoir à coup sûr, dans une partie avec de tels enjeux inimaginables, ce que tout homme va faire. Il pourrait en clignoter des yeux. Il est possible à un moment donné qu’il puisse accepter d'affirmer la Foi Catholique, du moins publiquement.

Je m’attends à ce que les Cardinaux lui offrent la possibilité de rester silencieux et inactif. Cela en soi serait un soulagement béni. Et alors, ils pourraient y avoir une gouvernance de facto de l'Église qui se mettrait à corriger ses « erreurs » publiquement. Cela mettrait un terme à la plus petite crise immédiate Bergoglienne. La révolution serait à tout le moins mise en attente jusqu'à la cabale puisse trouver une autre voie à suivre, peut-être avec un autre Pape. Mais, bien sûr, ce serait plus difficile de corriger le problème plus vaste duquel Bergoglio n’est seulement qu’un symptôme plus menaçant.

Une autre possibilité est qu’il accomplira sa menace qu’il a faite lors de son dernier éclat de rage apoplectique lors du dernier Synode. En effet, lorsque treize Cardinaux lui ont poliment prié de remplir ses promesses d'une démarche synodale ouverte et transparente, il aurait vécu un effondrement complet en hurlant qu’il « les jetera dehors ». Si tel est le cas, les quatre Cardinaux pourraient être retirés du Collège Épiscopal et tout le monde comprendrait bien que Bergoglio ne se rétractera pas et que nos pires craintes sont vraies au sujet de ses intentions. Après cela, ce sera à quelqu'un d'autre de choisir si c’est le genre d'homme qu'ils veulent suivre.

Néanmoins, tout cela, même si ça vient à tout passer, il y a bien du chemin à faire. Nous devrons attendre et voir si Jorge Bergoglio a le culot de veiller aux plans des révolutionnaires jusqu'à la fin. (Personnellement, je parie qu’il le fera. Les narcissistes de son calibre abjurent rarement, même stratégiquement.) À l'heure actuelle, cependant, nous l’avons vu être rusé et audacieux avec son refus de répondre aux dubia et de faire des insultes et des attaques pointues par le biais de ses fondés de pouvoir.

Il nous a emmené au bord du précipice jusqu’à maintenant avec une campagne minutieusement orchestrée d’indices et d’ambiguïtés, avec des avances et des reculs, avec des déclarations qui frisaient à peine les bords de l'hérésie manifeste, des obscurcissements, des déviations et des mensonges purs et simples. Tous ses pires outrages — particulièrement ses blasphèmes — ont été donnés « non officiellement » dans les commentaires « improvisés » de ses homélies, de ses allocutions publiques et dans ses interviews notoires, toujours avec un clin d'oeil, un coup de pouce et un petit coup de coude. Il continue, jusqu'à hier, sa stratégie éprouvée de permettre à ses sous-fifres de tirer les conclusions nécessaires à partir de ses ambiguïtés comme un groupe de prêtres Delphi qui interpréteraient ses oracles.

Cela signifie, bien sûr, que la balle est maintenant de retour dans la cour des quatre Cardinaux tandis que le reste d'entre se précipitons sur le micro-ondes pour un autre lot de pop-corn. Ayez vos chapelets prêts, mesdames et messieurs, parce qu’on n’a pas fini.