dimanche 27 novembre 2016

TEXTE IMPORTANT
Quelle devrait être notre attitude envers François ?
Deux positions opposées ici : à vous de discerner...


Dr Jeff Mirus :
« Ne faites pas attention à ce Pape derrière le rideau »


par Christopher A. Ferrara
SOURCE : The Remnant
Le 25 novembre 2016

Alors que quatre Cardinaux défient le Pape François publiquement pour répondre à cinq dubia qui se réduisent à la seule question : « Voulez-vous signifier prêcher l'hérésie et subvertir l'ordre entier moral ? » Dr Jeff Mirus a énoncé la dernière position « dominante » concernant un Pape indocile qui ne peut plus être défendu sérieusement par tout Catholique croyant : à savoir l'ignorer.

Mirus commence assez bien en résumant les motifs d'opposition légitime, voire moralement obligatoire, envers un Pape qui semble avoir l'intention de réaliser son « rêve » de « tout transformer » dans l'Église pour répondre à une « vision » idiosyncrasique que Antonio Socci a justement surnommée le « Bergoglianisme ». Mirus écrit :


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

« Nous avons essayé de traiter François comme un fils ; de donner à François le bénéfice de tout doute ... Mais nous avons également été forcés d'admettre les lacunes du Pape et, en particulier, la confusion qu’il provoque quand les fidèles comparent ce que l'Église a toujours demandé d'eux avec ce que François leur demande ».

« Cela a été une source de douleur pour beaucoup de Catholiques profondément engagés et bien informés. En outre, le problème tout entier a été exacerbé par la fâcheuse tendance de François à rejeter ses critiques — ou même seulement ceux qui demandent des éclaircissements — comme « rigides », « méchants » et souffrants de « problèmes psychologiques » ».

.... « Qu'il suffise de dire ici que ce n'est pas du « prosélytisme » de vouloir amener des Chrétiens non- Catholiques dans l'Église Catholique afin qu'ils puissent profiter de la gamme complète des dons de Dieu pour notre salut ; et ce n’est pas « rigide » ni « légaliste » d'affirmer, comme nous le disons à Dieu dans l’Acte de Foi, à savoir que nous croyons fermement « toutes les vérités que vous nous avez révélées et que vous nous enseignez par votre Église, parce que vous ne pouvez ni vous tromper ni nous tromper. » ».

« Contrairement à ce que François insinue souvent, l'enseignement Catholique sur la Foi et la morale n’est pas une question de « lois » ou « règles », mais de la conformité de l'esprit avec la réalité qui est la définition de la vérité. Lorsque le Pape François traite les autres de tous les noms, alors, nous pouvons à peine nous empêcher de déployer la célèbre stratégie défensive que la plupart d'entre nous utilisions étant enfants. Je veux parler du petit poème qui commence ainsi : « Je suis le caoutchouc et tu es la colle ». ( Note : en français, on aurait peut-être davantage tendance à dire : « Celui qui le dit, c’est celui qui l’est ! » )

Réfléchissez à ce que Mirus admet ici : que l'Église est affligée par un Pape qui répand la confusion, qui rejette les efforts pour convertir les non-Catholiques, qui rabaisse l'enseignement Catholique sur la Foi et la morale comme de simples « règles » et qui calomnie publiquement et à plusieurs reprises les défenseurs de l'enseignement comme étant des légalistes rigides avec des défauts de la personnalité et même des troubles psychologiques. En bref, Mirus concède que nous avons un Pape qui attaque l'Église ! Mais alors Mirus conseille que nous ignorions l'attaque :

« Malheureusement, à un certain point, notre souci sérieux à propos du Pape François peut devenir une préoccupation — une préoccupation malsaine .... Satan ne désire rien de plus que nous devenions si absorbés par ce que nous percevons souvent être de l'imprudence du Pape que nous oublions nos propres vocations, notre propre mission Catholique, nos propres apostolats ».

« L’inquiétude à propos de la confusion quotidienne et de la douleur que François introduit dans nos vies peut nous gêner à travailler sur notre première priorité — qui est de vivre notre vie Catholique en Christ autant que nous le pouvons... »

« Je voudrais suggérer qu'il est temps de tourner la page sur François. La plupart d'entre nous n’avons pas de cartes à jouer dans le jeu de l'amélioration de la papauté... »

« Je reconnais qu’il n'y a aucun moyen de se cacher de ces problèmes et nous devrions vouloir demeurer informés. Le point ici est que nous devrions être en mesure de tout prendre cela sans sourciller ni perdre notre sérénité. Il y a beaucoup, beaucoup plus à la vie de l'Église que ce qui peut être entravé ou aidé par quiconque même si cette personne est le Pape... »

En substance, la prescription de Mirus pour la peste du Bergoglianisme est une sorte de sédévacantisme de facto. Comme François ne peut pas être défendu ou suivi dans ses erreurs, nous devons agir comme s'il n'y avait pas de Pape et se concentrer sur nos vies spirituelles personnelles de peur que ce pontificat désastreux ne devienne une « préoccupation » malsaine.

Mais comment est-il possible pour nous d'ignorer « la confusion quotidienne et de la douleur que le Pape François introduit dans nos vies » ? En tant que membres du Corps Mystique du Christ, nous ne pouvons pas vivre seuls pour nous-mêmes. La « confusion quotidienne et la douleur » que le Pape François inflige à l'Église affecte d’innombrables âmes qui sont bernées par ses nouveautés téméraires, sa démagogie incessante et ses appels émotionnels à une fausse miséricorde qui les laisserait embourbés dans une condition mortelle objective de péché qui contredit la loi naturelle que même les païens infidèles, privés des Sacrements, sont capables de suivre avec la vertu naturelle seulement.

François ne peut pas être ignoré. Au contraire, les fidèles doivent toujours être vigilants concernant chaque parole et chaque acte ; et à toutes les fois qu’il cause de « la confusion et de la douleur » dans l'Église, il doit être combattu par tous les Catholiques dignes de ce nom selon la position et les moyens de chaque membre des fidèles. Comme Saint Paul nous exhorte, les différentes parties du Corps Mystique « ont toutes un égal souci les unes des autres » car « si une partie du corps souffre, toutes les autres souffrent avec elle... » (1 Cor 12 : 25-26)

Notre devoir d’opposition n’est pas un mandat de récrimination rancunière contre un Pape qui en effet nous traite de tous les noms, avilissant ainsi honteusement son auguste Office en tant que père spirituel de l'Église universelle. Dans cette mesure, Mirus a raison. Mais nous ne devrions pas non plus affecter une pose de perplexité douce et humble, comme si nous ne savions pas cela, quelle que soit sa disposition subjective, cet étonnant Pape est clairement déterminé à imposer sa volonté égarée sur l'Église par un abus scandaleux de pouvoir après l'autre tandis qu’il diabolise et marginalise toute personne qui l'oppose à la manière d'un homme politique au milieu d'une campagne électorale.

Cette violence au Corps Mystique appelle à la réponse la plus forte possible de la part de ses victimes désignées ; la politesse courtoise ne suffit pas à l'énormité de ce que François tente de perpétrer. Pour faire allusion à la défense des quatre Cardinaux qui vient juste d’être publiée par Mgr Athanasius Schneider, notre esprit doit être celui de Saint Hilaire qui écrit au Pape Libère pour protester contre l'approbation par le pontife de la formule semi-Arienne faite au milieu de la crise Arienne : « Anathema Tibi me dictum, praevaricator Liberi » ( Je vous dis anathème, prévaricateur Libère ) ». Ici, nous pourrions nous rappeler de l'exemple historique de l'opposition furieuse du public à Jean XXII en ce qui concerne une erreur qui semble presque triviale en comparaison avec les ravages que François a causés pendant plus de trois ans.

Non, nous ne pouvons pas simplement « tourner la page sur François ». Nous ne pouvons pas rester silencieux alors que les quelques prélats qui ont eu le courage d'exprimer une opposition publique à ses erreurs sont (pour citer Mgr Schneider) en exil interne par des « stratégies pour les faire taire ... par des campagnes de diffamation » menées par des sycophantes (sycophante= dénonciateur professionnel) papaux et des ecclésiastiques subversifs avec des mitres qui n’ont aucun souci pour l'intégrité de la Foi. Nous ne pouvons pas permettre « l'intolérance, le refus du dialogue et la rage irrationnelle » pour nous écraser au point que nous permettrions tout simplement au reste de l'Église, à la suite de François, de « capituler au relativisme dans la Doctrine et la pratique, dans la Foi et la vie » qui est ce qui se passe en ce moment même nation après nation.

Quand Pierre vint à Antioche, Saint Paul « lui a résisté à la face ( note : et en public aussi) parce qu’il devait être blâmé ». Quand François vient à nous sans cesse à travers les moyens de communications modernes qui diffusent ses erreurs instantanément à toute l'Église, accompagné par les applaudissements du monde, la dernière chose que nous devons faire est ce que Mirus recommande : « Tout prendre cela sans sourciller ni perdre notre sérénité » Nous n'avons pas le luxe d'une acceptation sereine d'un Pape qui attaque l'Église. Un quiétisme épuisé ne doit pas être confondu avec une vraie sérénité de l'esprit qui a cours même au milieu de la bataille.

Le Pape est divinement ordonné pour être le centre de l'unité de l'Église — une unité dans la vérité et non pas dans sa volonté personnelle. François, au contraire, est une source constante de confusion et de désunion qui l'entourent comme un ouragan entoure son oeil. Certes, il est presque certainement le pire Pape que l'Église n'ait jamais vu même au milieu des pires crises que l'Église ait jamais vues. Mais alors que la triste réalité de ce pontificat destructeur devient indéniable, nous voyons parmi les grands commentateurs néo-Catholiques un ajustement soudain de leur approche de longue date envers la papauté : le dicton néo-Catholique « Ne contredisez jamais le Pape » est remplacé par « Le Pape, ne vous en faites pas… »

La polémique néo-Catholique a trouvé une nouvelle façon de défendre l'indéfendable — en l'ignorant, ce qui est maintenant présenté comme l'approche spirituellement supérieure aux assauts Bergogliens incessants. La prétention néo-Catholique à la morale supérieure sera donc maintenue en suggérant que ceux qui « ne tourneront pas la page » sur François— signifiant les Traditionalistes, bien sûr — souffrent d'une « préoccupation spirituelle malsaine » avec les actions du Pape. Pour rappeler ce que Mirus dit de la nouvelle approche : « Il y a beaucoup, beaucoup plus à la vie de l'Église que ce qui peut être entravé ou aidé par quiconque même si cette personne est le Pape...». Malgré des décennies de papolâtrie, les Progressistes veulent maintenant nous dire que la papauté n’est vraiment pas un si gros problème après tout.

Mais ce stratagème rhétorique est un canard qui ne lèvera pas du lac. Le fait que Mirus ne peut plus supporter ce pontificat et qu’il tente maintenant de justifier l’idée de minimiser ce spectacle horrible et apparemment sans fin de tout cela, ne fait que confirmer la nécessité de ne pas « tourner la page » sur François. Au contraire, en tant que Soldats Confirmés dans le Christ, nous devons lui faire face dans la défense de la vérité — non seulement pour notre propre bien, mais pour le bien de l'Église, pour le bien des âmes et, surtout, pour la gloire et l'honneur dus à Dieu Tout-Puissant.

Addendum
Article original de Jeff Mirus


SOURCE : Catholic Culture

Le site CatholicCulture.org a essayé d'être à la fois précis et franc dans ses rapports et ses commentaires sur les paroles et les actions du Pape François. Nous avons essayé de traiter François comme un fils ; de donner à François le bénéfice de tout doute ... Mais nous avons également été forcés d'admettre les lacunes du Pape et, en particulier, la confusion qu’il provoque quand les fidèles comparent ce que l'Église a toujours demandé d'eux avec ce que François leur demande.

Cela a été une source de douleur pour beaucoup de Catholiques profondément engagés et bien informés. En outre, le problème tout entier a été exacerbé par la fâcheuse tendance de François à rejeter ses critiques — ou même seulement ceux qui demandent des éclaircissements — comme « rigides », « méchants » et souffrants de « problèmes psychologiques »

Je ne compte pas récapituler tous les malheureuses controverses. Qu'il suffise de dire ici que ce n'est pas du « prosélytisme » de vouloir amener des Chrétiens non- Catholiques dans l'Église Catholique afin qu'ils puissent profiter de la gamme complète des dons de Dieu pour notre salut ; et ce n’est pas « rigide » ni « légaliste » d'affirmer, comme nous le disons à Dieu dans l’Acte de Foi, à savoir que nous croyons fermement « toutes les vérités que vous nous avez révélées et que vous nous enseignez par votre Église, parce que vous ne pouvez ni vous tromper ni nous tromper ».

Contrairement à ce que François insinue souvent, l'enseignement Catholique sur la Foi et la morale n’est pas une question de « lois » ou « règles », mais de la conformité de l'esprit avec la réalité qui est la définition de la vérité. Lorsque le Pape François traite les autres de tous les noms, alors, nous pouvons à peine nous empêcher de déployer la célèbre stratégie défensive que la plupart d'entre nous utilisions étant enfants. Je veux parler du petit poème qui commence ainsi : « Je suis le caoutchouc et tu es la colle ». ( Note : en français, on aurait peut-être davantage tendance à dire : « Celui qui le dit, c’est celui qui l’est ! » )

Malheureusement, à un certain point, notre souci sérieux à propos du Pape François peut devenir une préoccupation — une préoccupation malsaine .... Nous pouvons devenir tellement attachés dans des noeuds que nous avons comme l’impression de ne pas pouvoir pas continuer nos vies et surtout d’accomplir ce que Dieu nous appelle personnellement à faire jusqu'à ce que le « problème François » soit réglé. Mais une telle préoccupation ne sert à aucune bonne fin. En fait, c’est une tentation terrible. Satan ne désire rien de plus que nous devenions si absorbés par ce que nous percevons souvent être de l'imprudence du Pape que nous oublions nos propres vocations, notre propre mission Catholique, nos propres apostolats.

Le danger de la paralysie Catholique

L’inquiétude à propos de la confusion quotidienne et de la douleur que François introduit dans nos vies peut nous gêner à travailler sur notre première priorité — qui est de vivre notre vie Catholique en Christ autant que nous le pouvons. Avec des exceptions seulement extrêmement rares, nous ne sommes pas en mesure d'offrir une correction Saint-Père. En conséquence, cela nous fera peu de bien de s’engager dans des arguments sans fin sur ce qui est erroné, à qui est la faute et comment les problèmes posés par la papauté actuelle pourraient être résolus. Et non seulement ça ne nous fera rien de bon, mais ça pourrait être une source importante de scandale pour les autres, la plus grande partie de ces gens n’ayant peu ou pas de prise de conscience des enjeux.

Je voudrais suggérer qu'il est temps de tourner la page sur François. La plupart d'entre nous n’avons pas de cartes à jouer dans le jeu de l'amélioration de la papauté. Mais nous avons nos propres appels, nos propres talents donnés par Dieu, nos propres opportunités de se livrer à des œuvres spirituelles et corporelles de miséricorde, d’enseigner la vérité et de favoriser le bien. Quand on peut utiliser quelque chose qu’a dit ou a fait le Pape François dans notre propre service Catholique, alors nous devrions le faire — pour le mieux ! Mais quand nous ne pouvons pas nous inspirer de François, nous pouvons encore faire référence à Notre Seigneur et à l'Église qu'Il a fondée. On n'a pas besoin d’en venir contre François et d’en découdre jusqu’à une halte. Voilà ce que je veux dire par tourner la page.

CatholicCulture.org ne s’arrêtera pas ni ne cessera de rapporter les nouvelles pour analyser les questions clés. Mais à l'avenir, je crois fermement que nous devons tous mettre davantage l'accent sur le bien à faire que sur les obstacles qui le rendent plus difficile à faire. Dans la mesure où François nous préoccupe, il est devenu une distraction. En conséquence, nous devons recentrer nos propres énergies. Nous constaterons que nous pouvons faire cela sans aucun danger de désobéissance puisque ni le mal ni le mensonge ne nous seront jamais imposés par le Magistère — et très peu d'entre nous recevons nos missions directement du Pape. Si nous sommes prudents, nous pouvons tous continuer nos missions Catholiques privées que Dieu nous appelle à assumer sans avoir besoin de jeter le discrédit sur quiconque.

Je reconnais qu’il n'y a aucun moyen de se cacher de ces problèmes et nous devrions vouloir demeurer informés. Le point ici est que nous devrions être en mesure de tout prendre cela sans sourciller ni perdre notre sérénité. Il y a beaucoup, beaucoup plus à la vie de l'Église que ce qui peut être entravé ou aidé par quiconque même si cette personne est le Pape. Il y a tellement de façons que nous pouvons servir le Christ, tant de façons dont nous pouvons témoigner de Sa Bonté et de Son Amour, tant de possibilités pour lesquelles les seuls obstacles sont dans nos propres cœurs. Nous devons prier ; nous avons besoin de discerner la Volonté de Dieu ; et nous devons agir.

Notre Seigneur nous a avertis que « Celui qui se met à labourer puis regarde en arrière n'est d'aucune utilité pour le Royaume de Dieu ». (Lc 9 ;62), mais il me semble pour moi qu’une préoccupation paralysante au sujet du Pape François est une sorte de regard en arrière. Je crois que ceci est quelque chose que nous devons considérer avec le plus grand soin possible. Dans la bataille entre le bien et le mal, quand nos propres préoccupations nous empêchent d'avancer, alors nous regardons vraiment en arrière. Et quand cela arrive, ce n’est pas le Christ qui gagne.


Jeffrey Mirus est titulaire d'un doctorat dans l'histoire intellectuelle de l'Université de Princeton. Un co-fondateur du Christendom College, il a également lancé des services Internet Catholiques. Il est le fondateur de Trinity Communications et CatholicCulture.org.