lundi 14 novembre 2016

SOCCI

« FRANÇOIS : UN « CORPS ÉTRANGER » DANS L'ÉGLISE ? »




par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 14 novembre 2016

Les lecteurs de Perspectives de Fatima seront au courant de la mesure dans laquelle les paroles et les actes du Pape François ont dominé cet espace par le passé depuis au moins deux ans. Les raisons de cela devraient être évidentes :

Tout d'abord, au cœur de chaque grande crise dans l'Église telle que celle que nous vivons actuellement, il y a un Pape qui est soit irrésolu (par exemple, le Pape Libérius pendant la crise Arienne) ou positivement nuisible au bien commun de l'Église (par exemple, le Pape Urbain VI pendant le Grand Schisme d'Occident). Ces grandes crises ne peuvent se comprendre sans référence au rôle du Pape dans celles-ci.


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Deuxièmement, la fonction de la papauté se dresse au cœur du Message de Fatima. C’est le Pape seul qui a le pouvoir, concédé par le Ciel, de mettre fin à la crise actuelle en réalisant la Consécration définitive de la Russie. L'échec des Papes successifs de le faire explique les crises que nous endurons aujourd'hui.

Troisièmement, le Pape Bergoglio, contrairement à tout autre Pape avant lui, a l'intention très claire de refaire l'Église selon le « rêve » qu’il a énoncé dans son manifeste Evangelii Gaudium :

« J’imagine un choix missionnaire capable de transformer toute chose, afin que les habitudes, les styles, les horaires, le langage et toute structure ecclésiale devienne un canal adéquat pour l’évangélisation du monde actuel, plus que pour l’auto-préservation... »

« Plus que la peur de se tromper j’espère que nous anime la peur de nous renfermer dans les structures qui nous donnent une fausse protection, dans les normes qui nous transforment en juges implacables, dans les habitudes où nous nous sentons tranquilles, alors que, dehors, il y a une multitude affamée, et Jésus qui nous répète sans arrêt : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». (Mc 6, 37)

L'ambition pure et l'audace de ces mots sont à couper le souffle. Aucun Pape n'a jamais parlé en des termes si désobligeants de pratiquement tout ce qui a été transmis dans l'Église en termes de tradition ecclésiastique. Les résultats de ces sentiments incroyablement téméraires dans la pratique, comme ces pages l’ont rapporté, sont le chaos et la division dans l'Église accompagnés par la louange quasiment universelle du monde pour la « révolution François ».

Nulle part l'éloge du monde n’été plus somptueux, cependant, que lorsqu’il en vient à l'agenda politique duquel le Pape Bergoglio semble beaucoup plus préoccupé que les affaires strictement ecclésiales : à savoir, l'ouverture des frontières, « le changement climatique » l’environnementalisme, « l'inclusion », l'élimination des « inégalités », l’abolition de la peine de mort et même des peines à vie, s’opposant au capitalisme (mais jamais au communisme ni au socialisme), montrant de la solidarité avec les dictateurs socialistes (Castro, Morales, Maduro, etc.), condamnant les riches, exaltant les pauvres, etc. . Et, en même temps, reculant, sinon abandonnant pratiquement ce que Benoît XVI a appelé « les non-négociables », à savoir : l’opposition à l'avortement, l'euthanasie et le « mariage gay ». François a mis ça bien au clair que les « guerres culturelles » n’étaient pas pour lui.

En bref, le programme de ce Pape des plus politiques correspond presque parfaitement à celle de la Gauche globaliste. C’est si frappant l’engagement de François à un agenda politique de la Gauche que l’expert Catholique Italien respecté Roberto de Mattei a fait la surprenante observation — mais à la réflexion tout à fait révélatrice —qu’avec la défaite de Hillary Clinton et la montée étonnante du populisme Trumpien, François « maintenant reste le seul point de référence pour la gauche internationale qui est privée d'un leader ».

Reprenant ce thème, cependant, Antonio Socci note que l'élection de Trump est le « énième » dans une série de revers pour l'agenda politique Bergoglien y compris la défaite du candidat présidentiel préféré de François aux élections Argentines et l'élection de Mauricio Macri, une sorte de Trump Argentin, ainsi que la défaite de son « accord de paix » chéri entre le gouvernement Colombien et la guérilla des FARC communistes lors d'un référendum populaire.

En fait, avec l'élection de Trump, François a, « en raison du vote Catholique massif [pour Trump], subi le énième coup mortel et maintenant sa surexposition comme étant la bannière de l'extrême Gauche, en particulier sur le thème de l'immigration, va accentuer ses problèmes dans l'Église où il est toujours plus perçu comme un homme politique et un corps étranger ».

Toute une remarque étonnante ! Mais à la réflexion des plus intelligentes, étant donné les trois dernières années de notre expérience avec ce que Socci a surnommé le « Bergoglianisme » qui est à ne pas confondre avec la religion Catholique.

Que Notre-Dame de Fatima bientôt nous délivre de cette situation sans pareil!