mercredi 9 novembre 2016

Mais quelle est cette religion ?





par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 8 novembre 2016

Dans une brève allocution à un « public interreligieux » au Vatican le 3 novembre, François a parlé sur « le thème de la miséricorde » mais sans une seule référence au Roi de la Miséricorde, Jésus-Christ, l'unique Sauveur Miséricordieux de l'humanité, ni à aucune référence aux Sacrements de l'Église que le Christ a précisément établis pour faire preuve de Sa miséricorde envers les hommes de bonne volonté.

Faisant allusion vaguement au « message Chrétien » tout en ne disant absolument rien au sujet de la grâce du repentir qui doit précéder la grâce de la justification et la régénération de l'âme de l'homme déchu, François ébauche au lieu de cela un concept de miséricorde apparemment conçu pour accommoder toutes et n’importe laquelle religion, soi-disant.


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

La Miséricorde, a dit François, n'est pas le pardon de Dieu du péché par le Baptême ou l'absolution d'un pécheur repentant dans le confessionnal de la manière que le Christ l’a ordonné quand Il a mandaté Son Église. (cf. Jean 20 :23). Au contraire, il a exprimé l'avis que « le mystère de la miséricorde ne consiste pas à être célébré par des mots seulement, mais surtout par des actes, par un chemin de vie vraiment miséricordieux marqué par l'amour désintéressé, le service aux frères et le partage sincère ».

Qu'est-ce que cela a à voir avec la Divine Miséricorde pour le pécheur qui se repent et qui se tourne vers Dieu, ce qui était censé être le thème de l'Année de la Miséricorde qui tire à sa fin maintenant ? L'allocution semble au contraire amalgamer la Divine Miséricorde avec des actes humains de bonté dépourvus de tout motif de la grâce surnaturelle.

En effet, François poursuit en disant que « l'Église désire de plus en plus à adopter ce mode de vie, également dans le cadre de son « devoir de promouvoir l'unité et la charité » parmi tous les hommes et les femmes… » L'Église est dépeinte comme une organisation qui a seulement commencé récemment à découvrir pleinement ce que signifie la miséricorde ! Elle signifie, selon François, un « mode de vie » — encore une fois, sans référence à la Divine Miséricorde envers les pécheurs repentants.

La Miséricorde comme un « mode de vie » — plutôt qu'une action Divine envers le pécheur — c'est quelque chose que quelqu'un, peu importe ce qu’il croit, peut posséder. Ainsi, dit François, « les religions sont même appelées à ce mode de vie afin d'être, en particulier de nos jours, des messagers de paix et bâtisseurs de communion ainsi que de proclamer, en opposition à tous ceux qui sèment des conflits, de la division et de l'intolérance, que la nôtre est un temps de fraternité ».

Notez bien : « les religions » sont référencées indifféremment, comme si elles étaient toutes sur un même pied d'égalité en ce qui concerne la qualité de la miséricorde qui est réduite, en substance, au travail social et à la fraternité.

Poursuivant ce refrain pan-religieux et d’indifférentisme, François déclare que la « miséricorde », comme il la conçoit — se citant lui-même — est cette qualité qui est « plus ouverte au dialogue, pour mieux se connaître et se comprendre les uns les autres ; qui élimine toute forme d'étroitesse d'esprit et de manque de respect ; et qui chasse toute forme de violence et de discrimination (Misericordiae Vultus, 23) C’est ce qui est agréable à Dieu et qui constitue une tâche urgente qui répond non seulement aux besoins d'aujourd'hui mais surtout aux invitations à l'amour qui est l'âme de toute religion authentique ».

Pas un mot ici à propos de la grâce surnaturelle de charité obtenue et maintenue par les Sacrements institués par le Christ, ni de l'action Divine impliquée dans la Miséricorde de Dieu ainsi obtenue. Nous ne voyons plutôt, encore une fois, qu'un appel à faire des bonnes actions naïves qui sont dépeintes comme « l'âme de toute religion authentique ».

Comme François encore le déclare (se citant lui-même encore une fois), la « miséricorde » signifie aussi la pratique de conservation de l'environnement :

« La Miséricorde s’étend aussi au monde autour de nous, à notre maison commune laquelle nous sommes appelés à protéger et à préserver de la consommation effrénée et rapace. Notre engagement est nécessaire pour une éducation à la sobriété et au respect vers une façon plus simple et ordonnée de la vie dans laquelle les ressources de la création sont utilisées avec sagesse et modération, avec un souci de l'humanité dans son ensemble et des générations à venir, et non pas simplement pour les intérêts de notre groupe particulier et les avantages de l'instant présent. Aujourd'hui, en particulier, la gravité de la crise écologique exige que nous nous tournions tous vers le bien commun, en se lançant sur la voie du dialogue qui exige de la patience, de l'auto-discipline et de la générosité » (Laudato Si, 201).

Ainsi donc, la « religion authentique » s’émancipe maintenant pour inclure non simplement la seule et unique religion que Dieu a établie, mais aussi toutes et n’importe laquelle religion dont les adhérents font du bien, y compris les soins de l'environnement. La « miséricorde » ainsi définie serait donc un élément, selon François, de presque toutes les religions qui prônent de faire le bien :

« Le thème de la miséricorde est familier à de nombreuses traditions religieuses et culturelles, là où la compassion et la non-violence sont des éléments essentiels qui pointent vers le mode de vie ; selon les paroles d'un ancien proverbe : « La mort est dure et raide, la vie est douce et souple » ( Tao Te Ching, 76). De se prosterner avec un amour compatissant devant les faibles et les nécessiteux fait partie de l'esprit authentique de la religion, qui rejette la tentation de recourir à la force, qui refuse de troquer des vies humaines et qui voit les autres comme des frères et des sœurs, et jamais comme de simples statistiques. Pour attirer près de nous tous ceux qui vivent dans des situations qui appellent à notre préoccupation, telle que la maladie, le handicap, la pauvreté, l'injustice et les conséquences des conflits et des migrations : ceci est une invitation qui s’élève du cœur de chaque véritable tradition religieuse. C’est l’écho de la Voix Divine entendue dans la conscience de chaque personne, lui demandant de rejeter l'égoïsme et d’être ouvert... »

Lorsque François en arrive finalement à mentionner la Miséricorde Divine, il semble rendre le pardon de Dieu disponible à tous ceux qui pratiquent la miséricorde sur le plan humain, que ça implique ou non un acte de charité surnaturelle motivé par la grâce divine :

« Comme cela est important, lorsque l'on considère la peur généralisée d'aujourd'hui qu'il est impossible d'être pardonné, réhabilité et racheté de nos faiblesses. Pour nous Catholiques, parmi les rites les plus significatifs de l'Année Sainte est celle de la marche avec humilité et confiance à travers la porte — la Porte Sainte —. et de nous trouver pleinement réconciliés par la Miséricorde de Dieu qui pardonne nos offenses. Mais ça exige que nous aussi pardonnions à ceux qui nous ont offensés (cf. Mt 6,12), les frères et les sœurs qui nous ont offensés. Nous recevons le pardon de Dieu afin de partager avec les autres. Le pardon est certainement le plus grand cadeau que nous pouvons donner aux autres parce qu'il est le plus cher. Mais, en même temps, il est ce qui nous rend le plus comme Dieu ».

Mais, comme l'Église a toujours enseigné, dans l'homme déchu, il y a l'imago Dei — la ressemblance à Dieu — peut être restaurée que par la grâce de la justification après la grâce du repentir pour les péchés. Et les moyens ordinaires de justification sont le Baptême et, après le Baptême, l'absolution du péché mortel par la Confession, au sujet desquels François n'a rien à dire à un public désespérément en besoin d’aide que la seule l'Église que le Christ a établie peut fournir.

Ainsi la Foi Catholique — l'unique, la vraie religion divinement révélée — s’efface dans l'insignifiance devant le grand schéma de la « religion authentique » réduite à faire du bien et à pardonner les autres sans aucune obligation de consentir à la vérité révélée, sans se prévaloir des Sacrements divinement institués, ou encore même à ne professer aucune croyance religieuse du tout. Les Catholiques peuvent être réconciliés avec leur manière Catholique (certainement pas en marchant simplement par une Porte Sainte avec humilité et confiance), mais quiconque qui simplement pardonne, sur le plan humain, atteint la ressemblance divine.

Faisons le point : de peur que quelqu'un ne le manque, François conclut en déclarant :

« Que les religions soient le sein de la vie, apportant l'amour miséricordieux de Dieu à l'humanité blessée et en besoin ; qu'elles soient les portes de l'espoir qui aident à pénétrer les murs érigés par l'orgueil et la peur ».

Toutes les religions « portent l'amour miséricordieux de Dieu », peu importe ce les erreurs ou les superstitions qu'elles impliquent. Tout ce qui importe, selon François, est que leurs adhérents démontrent un esprit de pardon et de fraternité envers les autres et se soucient de l'environnement.

Se référant à la récente débâcle de la visite du Pape en Suède pour « commémorer » la Rébellion Protestante lancée par Luther, le savant Catholique traditionnel respecté Roberto de Mattei a observé : « Ce qui a fait surface lors de la rencontre œcuménique entre François et la Fédération Luthérienne Mondiale le 31 octobre à Lund, semble être une nouvelle religion ».

Une nouvelle religion en effet. Et certainement pas la religion établie par le Dieu incarné qui est Une, Sainte, Catholique et Apostolique. Mais alors que Pie XI nous a prévenus à propos de ceux qui embrasseraient le « mouvement œcuménique » alors naissant avec ses rassemblements pan-chrétiens :

« De telles entreprises ne peuvent, en aucune manière, être approuvées par les Catholiques, puisqu'elles s'appuient sur la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables, en ce sens que toutes également, bien que de manières différentes, manifestent et signifient le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance. En vérité, les partisans de cette théorie s'égarent en pleine erreur, mais de plus, en pervertissant la notion de la vraie religion ils la répudient, et ils versent par étapes dans le naturalisme et l'athéisme. La conclusion est claire : se solidariser des partisans et des propagateurs de pareilles doctrines, c'est s'éloigner complètement de la religion divinement révélée ».

Comme l'élément humain de l'Église en est venu à accepter et à participer non seulement dans des spectacles non seulement pan-chrétiens, mais aussi pan-religieux et comme cette allocution par François, nous pouvons considérer l'avertissement de Pie XI comme une prophétie accomplie, avec la prophétie sans doute contenue dans Troisième Secret intégral de Fatima.