jeudi 24 novembre 2016

Le Président de la Conférence des Évêques Grecs accuse

Les quatre Cardinaux
d’hérésie, d’apostasie et de schisme




Par : Steve Skojec
Le 22 novembre 2016
SOURCE : One Peter Five





Voir la réaction contraire du Cardinal Farrell ici

Le nombre d'attaques envers les quatre Cardinaux à cause leur présentation des dubia relatives à Amoris Laetitia sont en rapide ascension. Deux des trois nouveaux Cardinaux Américains — le Cardinal Joseph Tobin de Newark et le Cardinal Cupich de Chicago — se sont prononcés hier contre les quatre Cardinaux. Tobin a décrit les dubia comme « problématiques » et a poursuivi en disant :

« Le Saint-Père rassemble le travail de deux Synodes, donc si quatre Cardinaux disent que les deux Synodes étaient erronés ou qu’en quelque sorte le Saint-Père ne reflète pas ce qui a été dit dans ces Synodes, je pense que cela devrait être remis en question... À juste réduire simplement cela à un « dubium », je pense que c’est au mieux naïf ».

Le Cardinal Cupich a pris une ligne plus directe d'attaque :

« Je pense que si vous commencez à remettre en question la légitimité de ce qui est dit dans un tel document, alors vous remettez en question tous les autres documents qui ont été publiés par les autres Papes avant ? Donc, je pense vraiment que ce n’est pas au Pape de répondre à cette question. Je pense que c’est un moment pour quiconque qui doute qu’il a besoin d'examiner comment est-ce qu'il en est venu à cette position car c’est un document du Magistère de l'Église ».

Que ces Cardinaux nouvellement nommés questionnent si ouvertement la naïveté et la prudence de ceux qui leurs sont supérieurs depuis plusieurs années est indicatif du pouvoir qu’ils se sentent être investis du fait d’avoir été la sélection personnelle de François. Du fait qu'ils posent des questions cherchant à placer les quatre Cardinaux en contradiction avec le Magistère signifie qu'il y a une implication là-dedans au moins de schisme — et même d'hérésie.

Mais un Évêque a fait ouvertement ces charges.

Fragkiskos Papamanolis, l'Évêque Émérite de Syros, Santorini et Crète, et le Président de la Conférence des Évêques Grecs, a écrit une lettre ouverte aux quatre Cardinaux. Son langage est frappant et direct, et les accusations qui y sont faites sont incroyablement sérieuses.

Pour être franc, c’est le genre de langage que tant de Catholiques auraient espéré voir des prélats fidèles de l'Église et qui aurait pu être envoyé dans la direction de Rome.

Qu'il ne soit pas dit que les commissaires de la Dictature de la Miséricorde ne sont pas des hommes de conviction. Voici notre traduction du texte intégral de la lettre :

Chers frères dans l'Épiscopat,

Ma foi en notre Dieu me dit qu’Il ne peut manquer de vous aimer. Avec la sincérité qui vient de mon cœur, je vous appelle « Très chers frères ».

La lettre que vous avez envoyée à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et qui était publiée lundi dernier sur le site de L'Espresso s’est même rendue en Grèce.

Avant de publier le document et, plus encore, avant même que vous le conceviez, vous auriez dû vous présenter au Saint-Père François et lui demander qu’il vous retire en tant que membres du Collège des Cardinaux.

De plus, vous n’auriez pas dû utiliser le titre de « Cardinal » pour donner du prestige à ce que vous avez écrit, et cela à cause de votre cohérence avec votre conscience et pour alléger le scandale que vous avez donné par votre écrit en privé.

Vous écrivez que vous êtes « profondément préoccupés par le vrai bien des âmes » et, indirectement, vous accusez le Saint-Père François de « Promouvoir une certaine forme de politique dans l'Église ». Vous demandez à ce « que personne ne vous juge, injustement ». Celui qui dirait explicitement le contraire de ce que vous écrivez vous jugerait injustement. Les mots que vous utilisez ont leur signification. Le fait que vous vous vantez de votre titre de Cardinaux ne change pas le sens des mots gravement offensants pour l'Évêque de Rome.

Si vous êtes « profondément préoccupés par le vrai bien des âmes » et émus par « une préoccupation passionnée pour le bien des fidèles », Très chers frères, moi, je suis « profondément ému pour le vrai bien de vos âmes », pour votre péché grave double :

Le péché d'hérésie ( et de l'apostasie ? Ceci, en fait, est la façon dont les schismes commencent dans l'Église ). De votre document, il apparaît clairement que, dans la pratique, vous ne croyez pas à l'autorité magistérielle suprême du Pape, renforcée par deux Synodes des Évêques venus du monde entier. Il semble que le Saint-Esprit ne vous inspire que vous seulement et pas le Vicaire du Christ ni même les Évêques rassemblés en Synode.

Et aussi le péché le plus grave de scandale, affiché publiquement au Peuple Chrétien dans le monde entier. En ce qui concerne Jésus a dit cela : « Malheur à l'homme par qui le scandale arrive » (Mt 18 : 7). « Il vaudrait mieux pour lui qu'on lui attache au cou une grosse pierre et qu'on le noie au fond de la mer ». (Mt 18, 6).

Poussé par la charité du Christ, je prie pour vous. Je demande au Seigneur de vous éclairer pour que vous acceptiez avec la simplicité du cœur l'enseignement magistériel du Saint-Père François.

Je crains que vos catégories d'esprit trouveront des arguments sophistiqués pour justifier votre travail au point même de ne pas le considérer comme un péché d'être soumis au Sacrement de la Pénitence et que vous « continuerez à célébrer chaque jour la Sainte Messe et à recevoir de façon sacrilège le Sacrement de l'Eucharistie, alors que vous êtes scandalisés si, dans des cas spécifiques, une personne divorcée et remarié reçoit l'Eucharistie et que vous osez accuser le Saint-Père François d'hérésie.

Vous savez que j’ai participé aux deux Synodes des Évêques sur la famille et j’ai écouté vos interventions. J'ai aussi entendu les commentaires que l'un d'entre vous a fait, pendant la pause, au sujet d’une affirmation contenue dans mon intervention dans la salle du Synode quand j’ai dit : « Pécher n’est pas facile ». Ce frère (un de vous quatre), parlant avec ses interlocuteurs, a modifié mes affirmations et m’a fait dire des paroles que je n’ai pas dites. En outre, vous avez donné à ma déclaration une interprétation qui ne pouvait ressembler en aucune façon à ce que j'avais affirmé.

Très chers frères, que le Seigneur vous éclaire à reconnaître le plus tôt possible votre péché et à réparer votre scandale que vous avez causé.

Avec la charité du Christ, je vous salue fraternellement.

+ Frankiskos Papamanolis, o.f.m.

Évêque émérite de Syros, Santorini et Crète
Président de la Conférence épiscopale de la Grèce