vendredi 3 novembre 2017

L'intervention du Père Weinandy :
ce que cela signifie



par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Le Centre de Fatima
Le 2 novembre 2017

Les critiques de ceux qui ont rendu publiques leurs objections au chaos engendré par ce pontificat prétendent que seules des « instances privées » à un Pape égaré sont permises et que tout recours à la publication est « scandaleux ».

Absurdité. Comme le reconnaît le Droit Canonique, les fidèles « ont le droit et même parfois le devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l'Église et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauves l'intégrité de la Foi et des moeurs et la révérence due aux pasteurs... » Il n'y a pas d'exception exemptant les Papes de la critique publique. Au contraire, personne n'est plus soumis aux besoins et aux préoccupations des fidèles que lui.

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont The Remnant.

En outre, ce Pape a démontré qu'il est à l'abri des instances privées, et qu'il n'accordera même pas la courtoisie d'en accuser réception. François a simplement ignoré les pétitions privées de 800 000 fidèles, de 45 théologiens, des Quatre « Cardinaux des dubia » et des 60 signataires de la Correction Filiale, sans parler de nombreuses autres pétitions privées, qui lui ont toutes demandé de réaffirmer l'enseignement constant de l’Église sur l'inadmissibilité des personnes divorcées et « remariées » aux Sacrements et sur le caractère sans exception des préceptes négatifs de la Loi Naturelle — des enseignements que François est tout à fait évidemment en train de subvertir par l'ambiguïté et des clins d'œil sous-magistériels.

Or, peut-être le théologien le plus éminent s'est-il senti obligé, à ce jour, de rendre publique sa propre instance privée au Pape qui refuse de répondre. Sandro Magister a publié une lettre privée, envoyée au Pape l'été dernier, par Thomas G. Weinandy, qui a été fait membre de la Commission Théologique Internationale par le Pape François lui-même. Il a également dirigé le Secrétariat Théologique de la Conférence des Évêques Américains et a enseigné à Oxford et à l'Université pontificale grégorienne de Rome. Il est donc une figure irréprochable « du courant dominant ».

Suivant un signe clair du Ciel, décrit ici, le Père Weinandy a décidé de publier le contenu de sa lettre au Pape François, dans laquelle nous lisons cette inculpation cinglante d'un Pontife Romain par un sujet dont la loyauté envers le bureau de Pétrinien est incontestable :

« Votre Sainteté, une confusion chronique semble marquer votre pontificat. La lumière de la foi, de l’espoir et de l’amour n’est pas absente mais elle est trop souvent obscurcie par l’ambigüité de vos mots et de vos actions. Ce qui nourrit un malaise croissant chez les fidèles..... »

« Dans Amoris laetitia, vos orientations semblent parfois intentionnellement ambigües, et invite ainsi à la fois à une interprétation traditionnelle de l’enseignement catholique sur le mariage et le divorce comme à une autre interprétation qui impliquerait, elle, un changement de ce même enseignement..... Enseigner avec un tel manque de clarté apparemment intentionnel fait courir le risque de pécher contre l’Esprit Saint, l’Esprit de vérité. L’Esprit Saint est donné à l’Eglise, et plus particulièrement à vous, pour dissiper l’erreur et non pas la favoriser »

« Vous semblez censurer et même vous moquer de ceux qui interprètent le chapitre 8 d’Amoris laetitia en accord avec la tradition de l’Eglise en les traitant de pharisiens jeteurs de pierres qui incarneraient un rigorisme impitoyable. Ce genre de calomnie est étranger à la nature du ministère pétrinien. Certains de vos conseillers semblent se livrer de façon regrettable à des actions similaires. Un tel comportement donne l’impression que vos thèses ne sont pas en mesure de résister à l’examen théologique et ne peuvent donc être soutenues que par des arguments « ad hominem » ».

« Votre façon de faire semble trop souvent dévaloriser l’importance de la doctrine de l’Eglise. Encore et encore, vous dépeignez la doctrine comme étant poussiéreuse, livresque et éloignée des préoccupations pastorales de la vie quotidienne. Ceux qui vous critiquent ont été accusés, selon vos propres mots, de transformer la doctrine en idéologie. Alors que c’est justement la doctrine chrétienne – y compris les distinctions subtiles concernant des croyances centrales comme la nature trinitaire de Dieu, la nature et la finalité de l’Eglise, l’Incarnation, la Rédemption et les sacrements – qui libèrent les gens des idéologies du monde et assure qu’ils prêchent et enseignement réellement l’Evangile authentique, qui donne la vie. Ceux qui dévalorisent les doctrines de l’Eglise se séparent eux-mêmes de Jésus, l’auteur de la vérité. Alors tout ce qu’ils possèdent et ne pourront jamais posséder, ce n’est qu’une idéologie – et qui plus est une idéologie qui se conforme au monde du péché et de la mort ».

« Les fidèles Catholiques ne peuvent qu’être décontenancés par votre choix de certains évêques, des hommes qui semblent non seulement ouverts à ceux qui défendent des thèses contraires à la foi Chrétienne mais qui les soutiennent et même les défendent. Ce qui scandalise les croyants, ce n’est pas seulement le fait que vous ayez nommé de tels hommes pasteurs de l’Église mais également que vous restiez muet face à leur enseignement et à leurs pratiques pastorales. Cela affaiblit le zèle de beaucoup d’hommes et de femmes qui défendent l’enseignement catholique authentique depuis tant d’années, souvent au prix de leur propre réputation et de leur santé. Avec pour résultat que de nombreux fidèles qui incarnent le « sensum fidelium » perdent confiance en leur Pasteur Suprême ».

« L’Église forme un seul corps, le Corps mystique du Christ et vous avez reçu du Seigneur lui-même la mission de promouvoir et de renforcer cette unité. Mais vos actions et vos déclarations semblent trop souvent avoir l’effet inverse ».

« Vous avez souvent encouragé, particulièrement au cours des deux derniers synodes, chaque personne et en particulier les évêques, à exprimer sa pensée sans avoir peur de ce que le pape pourrait penser. Mais ... les évêques apprennent vite et ce que beaucoup ont appris de votre pontificat ce n’est pas que vous êtes ouvert à la critique mais bien que vous ne l’admettez pas.... Ils sont nombreux à craindre que, s’ils disent ce qu’ils pensent, ils seront marginalisés ou pire ».

« Je me suis souvent demandé : « Pourquoi Jésus laisse-t-il tout cela se produire ? ». La seule réponse qui me vient à l’esprit c’est que Jésus veut montrer combien la foi de tant de personnes dans l’Eglise est faible, même parmi trop de ses évêques. Paradoxalement, votre pontificat a donné à ceux qui soutiennent des thèses pastorales et théologiques nuisibles la permission et le courage de sortir au grand jour et d’exposer leur obscurité qu’ils dissimulaient jusqu’ici ».

Qu'un théologien du « courant dominant » d'une telle importance doive consentir à la publication d'accusations si graves contre un Pontife Romain, devrait mettre fin, au moins pour l'observateur raisonnable, à l'affirmation que l'opposition à ce que dit et fait le Pape François se limite à élément marginal de l'Église ayant une mentalité « schismatique ». L'intervention de Weinandy, inspirée par un signe du Ciel, n'est rien de moins qu'un repère dans l'histoire de l'Église. Il représente une confirmation objective, s'il en était encore besoin, que ce pontificat présente un danger clair et présent pour la Foi, et que les fidèles ont le devoir de s'opposer à ses tendances absolument sans précédent.

Notre-Dame de Fatima, priez pour nous !

MISE À JOUR : Immédiatement après la publication de sa lettre, le Père Weinandy a été prié de démissionner de son poste actuel de consulteur auprès de la Conférence Épiscopale des États-Unis. Il l'a fait. Comme l'a écrit le Catholic World Report, une autre voix du « courant dominant » de ce pontificat : « En faisant une telle demande, la Conférence Épiscopale des États-Unis, semble-t-il, renforce le Père Weinandy lorsqu’il parle justement de la peur et du manque de transparence ». Il semblerait que par « miséricorde », le Pape François veuille utilser la suppression immédiate et impitoyable de toute critique éminente de son assaut sur l'enseignement de ses prédécesseurs, y compris le Pape même qu'il a canonisé.