lundi 6 novembre 2017

L'Apôtre des LGBT « actifs », James Martin,
considère le Père Thomas Weinandy « dissident »

SOUS-TITRE
Pourquoi le Père Martin persiste dans des tactiques
embarrassantes et pleines de passe-passe en termes de substance ?





Écrit par Carl E. Olson, Éditeur en chef

Le 3 novembre2017
SOURCE : Catholic World Report

Le célèbre prêtre Jésuite et auteur, James Martin, insiste sur le fait que le Père Thomas G. Weinandy est un « dissident ». Ce serait drôle si ce n'était pas si stupide.





Quand je publié mon premier article concernant la lettre au Pape François du Père Thomas G. Weinandy, avec l'histoire derrière la lettre, je m'attendais à ce que ça attire l'attention. Je ne pensais pas, cependant, que ça tournerait viral, avec un flux constant de commentaires, de tweets et de messages Facebook, beaucoup d'entre eux à partir de sites et de sources qui ne sont généralement pas associées à notre site Catholic World Report. Comme le Père Weinandy m'a dit plus tôt aujourd'hui , il a reçu des centaines de courriels positifs, de nombreux pays et beaucoup d'entre eux en provenance de laïcs qui ont accueilli sa lettre comme reflétant leurs propres préoccupations.

Mais, bien sûr, la réponse n'a pas été positive partout. Le Père James Martin, SJ, qui a ouvertement admis qu'il n'est pas un théologien et a allègrement soutenu que l'enseignement du Catéchisme sur l’homosexualité devrait changer, a décidé de sortir le mot « d » :

Comment quelqu'un qui a longtemps accusé les autres de dissension est maintenant dissident et ce que son propre processus de discernement pourrait nous dire sur les critiques du Pape François :

« Être en dissension, Maintenant & Alors : Thomas Weinandy et le sens du discernement Jésuite »
https ://t.co/XOjY2YLlBT
— James Martin, SJ
— (@JamesMartinSJ)
— 3 Novembre, 2017

Le Père Martin a des compétences évidentes en promotion et en marketing ( et je parle comme quelqu'un qui a passé plusieurs années dans le marketing ). En lisant son article dans la revue America sur la question, je me demandais s'il envisageait une carrière en tant que comédien. Par exemple, il écrit : « Le Père Weinandy a rendu publique une lettre cinglante au Saint-Père dans laquelle il était en désaccord avec les enseignements du Pape François ». Oh ? Et quels seraient ces enseignements, exactement ? Comme le Père Weinandy a écrit dans sa lettre à Sa Sainteté :

Tout d’abord, il y a le controversé chapitre 8 d’Amoris laetitia. Il n’est pas utile que je partage mes propres préoccupations quant à son contenu. D’autres que moi, non seulement des théologiens mais également des Cardinaux et des Évêques, l’ont déjà fait. La principale source de préoccupation concerne votre façon d’enseigner. Dans Amoris laetitia, vos orientations semblent parfois intentionnellement ambigües, et invite ainsi à la fois à une interprétation traditionnelle de l’enseignement Catholique sur le mariage et le divorce comme à une autre interprétation qui impliquerait, elle, un changement de ce même enseignement. ( notre soulignement )

Maintenant, pour faire valoir sa dissidence — en utilisant ce mot d'une manière générale, et non technique, ni canonique — il a besoin de savoir de quoi il est dissident. Le Père Weinandy note à juste titre que l'ambiguïté qui a frappé ce pontificat depuis le début et qui est notable dans certaines parties d’Amoris Laetitia mais à peine limitée à elle ; cette ambiguïté rend la dissidence réelle impossible. Après tout, si le Père Weinandy devait dire qu’Amoris Laetitia enseigne que les divorcés et remariés civilement peuvent maintenant recevoir la Sainte Communion dans certaines situations, il serait d'accord avec les Évêques de Malte, d'Allemagne et quelques autres pays ; s'il a jugé qu’Amoris Laetitia enseigne que la Communion ne peut pas, en fait, être reçue par ces mêmes personnes, sauf selon les directives déjà données par le Pape Jean-Paul II, il serait d’accord avec un certain nombre d'autres Évêques ( Archevêques Chaput et Sample, parmi beaucoup d’autres ) ainsi qu'avec l'enseignement de l'Église pérenne.

En d'autres termes, dans le cas d’Amoris Laetitia, il est impossible de faire une dissidence parce que ce qui est enseigné ou ce qui n'est pas enseigné n'est pas clair !

Ce qui, bien sûr, est pourquoi le Père Weinandy fait des remarques sur « la manière » d’enseigner du Pape François. Maintenant, peut-on être dissident de la manière d'enseigner du Pape ? Je pense que même les plus naïfs théologiquement parmi nous pourraient être en mesure de le comprendre. Mais le Père Martin, comme est son style lâche et glissant, ne s'intéresse pas tout à fait à la clarté ou aux détails. Un autre exemple démontre ce fait : concernant la critique du Père Weinandy — quand il travaillait pour l'USCCB [ Conférence des Évêques Américains ] comme responsable du Comité sur la Doctrine — concernant la méthode théologique de Terrence Tilley en ce qui concerne la Christologie, le Père Martin déclare :

À propos du Professeur Tilley, il avait écrit : « Ceux qui argumentent de la même manière que Tilley en ce qui concerne le contenu de la Foi adoptent souvent la contraception, l'avortement, la fornication ». En d'autres termes, parce que le Professeur Tilley argumente d'une manière particulière, il soutient également l'avortement — un saut de logique à couper le souffle.

Mais voici ce que le Père Weinandy a effectivement écrit :

Cependant, ses propres critères [ de Tilley ] [ qui consistent à évaluer des modèles doctrinaux et des formulations sur la base de ce qui est considéré comme leurs « fruits » ] ont sapé toute sa proposition théologique. Ceux qui se réclament d'une manière similaire à Tilley en ce qui concerne le contenu de la Foi adoptent souvent la contraception, l'avortement, la fornication, l'adultère, le divorce et le remariage, la masturbation, l'activité homosexuelle, le mariage homosexuel, l'euthanasie, les cellules souches embryonnaires. Tilley lui-même déclare dans une note de bas de page : « Les laïcs semblent avoir été mécontents de la prédication des Évêques sur la moralité sexuelle qui est de plus en plus incroyable ». Bien que Tilley ne soit pas spécifique, on peut supposer qu'il en inclurait certains au moins de la liste ci-dessus. Cependant, l'énumération ci-dessus n'est guère le fruit d'une vie sainte fondée sur la vérité de l'Évangile de Jésus-Christ.

Remarquez, contrairement au Père Martin qui affirme que le Père Weinandy dit que Tilley soutient réellement l'avortement — le Père Weinandy ne fait aucune revendication de ce genre. Il remet en question la légitimité de la méthode de Tilley en notant comment les autres qui argumentent d'une manière qui est similaire — qui emploient une méthode théologique similaire pour vérifier des modèles théologiques solides — épousent aussi des choses telles que la contraception, l’avortement, et ainsi de suite. Le plus proche que le Père Weinandy vient à faire ce que le Père Martin prétend être la citation du Père Weinandy sur Tilley à laquelle il fait référence est qu'il considère comme la désaffection apparente des laïcs de l'enseignement des Évêques sur la moralité sexuelle que Tilley caractérise comme « de plus en plus incroyable » et Weinandy dit que « on peut supposer qu'il en inclurait certains au moins de la liste ci-dessus ».

Ainsi, encore une fois, le Père Martin conclut de cette déclaration que « parce que le Professeur Tilley arrive à argumenter d'une certaine manière, il soutient aussi l'avortement — un saut de logique à couper le souffle ». Il y a en effet un saut de logique à couper le souffle — mais il vient du Père Martin ! Mais peut-être suis-je méchant à l'égard de la logique, qui n'a probablement aucun intérêt à être associée à des prouesses si évidentes de sophismes médiocres et maladroits.

Une perle de plus du Père Martin :

La lettre du Père Weinandy révèle encore une fois le double standard souvent employé par beaucoup de critiques du Pape François. Sous les Papes Jean-Paul II et Benoît XVI, aucune dissidence n'était tolérée. Maintenant, certaines des mêmes personnes qui étaient chargées d'appliquer les règles contre la dissidence sont elles-mêmes dissidentes.

Si par « dissidence », le Père Martin veut dire contester ouvertement, remettre en question ou nier l'enseignement de l'Église concernant, par exemple, l'ordination des femmes, la moralité sexuelle, la contraception, la nature de l'Eucharistie, etc., alors faisons la queue pour en rire. En fait, le pontificat de Jean-Paul II a vu d'innombrables théologiens et professeurs dissidents — et rarement, voire jamais, appelés pour être réprimandés. La remarque du Père Martin n'est pas drôle, mais elle est très trompeuse, voire fallacieuse. Se pourrait-il que ce soit de la magie et non pas de la comédie qui soit l'objectif du Père Martin ?

Mais, encore une fois, la grande question est la suivante : qu'est-ce que la « dissidence » ? On peut à juste titre questionner et critiquer la façon ou le timing du Père Weinandy — et je dis cela comme quelqu'un qui pense que sa lettre est tout à fait exacte et précise sur tous les points. Mais on ne peut pas, avec quelque intégrité intellectuelle que ce soit, faire valoir que le Père Weinandy a été dissident de la Doctrine ou du Dogme de l'Église. ( Les personnes intéressées par un article bref mais plutôt technique sur la dissidence devrait lire « Autorité et Dissidence dans l'Église Catholique --- en anglais » par le regretté Dr William E. May. ) Au contraire, comme beaucoup l’ont déjà noté, la préoccupation du Père Weinandy est que l'enseignement authentique, clair et cohérent de l'Église est obscurci, miné, ou rejeté par le Pape actuel et il n’a donc pas une vue certainement faible et même antagoniste de la théologie ni de la Doctrine.

Comme je l’ai fait remarquer dans un éditorial du mois de mai, alors que je réfléchissais sur quelques commentaires à François :

... Comment la Doctrine devient une idéologie ? Le problème, en partie, est que l'utilisation du terme « idéologie » par François s'apparente à une fusillade : ça semble puissant et ça attire l'attention, mais la cible exacte peut être difficile à localiser. Mais il est clair, en accord avec le premier point, que François voit l'idéologie comme étant fermée à l'Esprit Saint. Cependant, la vraie Doctrine peut-elle être idéologique ? C'est une question intéressante. D'une part, il est vrai d’affirmer qu’une déclaration doctrinale capte l'intégralité du Mystère de la Foi est incorrect, voire dangereux ; il est vrai que de dire qu'une école de théologie particulière exprime parfaitement et complètement la Foi a un caractère idéologique ; c'est malsain et imprudent. Mais il me semble que l'adhésion à la vraie Doctrine ne peut pas être idéologique simplement en restant fidèle à la vraie Doctrine. ( Il y a, après tout, une raison pour laquelle le Credo est récité tous les dimanches, pour ne donner qu'un exemple ). Au contraire, défendre et maintenir la Doctrine n'est pas seulement pas idéologique, cela fait partie intégrante d'être Chrétien. Ainsi, par exemple, si quelqu'un affirmait que l'enseignement de l'Église était que Dieu est Un ( en nature ) et Trin ( dans les Personnes ) devait être ouvert à d'autres points de vue, serait-il idéologique d'adhérer à la Doctrine fondamentale de l'Église ? Bien sûr que non.

Un dissident ne cherche pas à soutenir l'enseignement de l'Église, ne protège pas la Doctrine contre les fausses déclarations, ne défend pas les enseignements pérennes de l'Église, ne suggère pas que l'Église reste ferme face aux modes fantaisistes et aux passions populaires. Non, un dissident tend probablement à parler constamment de « dialogue » sans but précis ou ferme pour un tel dialogue, il se précipite sans doute pour assurer ses disciples que l'Église va bientôt « se mettre à jour » et « changera », il soutient peut-être que le Catéchisme doit être réécrit pour signifier quelque chose de contraire à ce qu'il a déjà dit, et peut-être même qu’il encourage des actions qui sont directement contraires aux enseignements et aux pratiques de l'Église.

Le Père Weinandy proteste au nom de l'enseignement de l'Église. Le Père Martin proteste apparemment en frustration vis-à-vis l'enseignement de l'Église ; il ferait bien de discerner la poutre dans son oeil avant de chercher aveuglément la paille inexistante dans les yeux de quelqu'un d’autre.