dimanche 5 novembre 2017

La Conférence des Évêques Américains et l'arsenalisation ( ou l’intrumentalisalisation ) du « dialogue »




Quelques infos pour vous mettre au parfum

Le Père Thomas Weinandy a écrit une lettre au Pape le 31 juillet dernier exprimant, entre autres, les préoccupations de ses fidèles. Comme il n'a eu qu'un accusé de réception de sa lettre deux mois plus tard par la Secrétairerie d'État du Vatican sans qu'aucune argumentation quant au fond de sa lettre ne soit mentionnée, il décida de la rendre publique deux mois plus tard.

La Conférence des Évêques Américains l'ont remercié la même journée que la publication de sa lettre. Le Père Thomas Weinandy agissait comme responsable de toutes les matières doctrinales et théologiques dans cette Conférence. Pas n'importe qui, en somme...

Mais ces titres ne se limitent pas à cela. Il a été nommé personnellement par le Pape François pour siéger à la Commission Pontificale sur la Théologie sans compter le fait qu'il enseigne à la prestigieuse Université Oxford. Bien entendu, des livres sont aussi à son crédit.

Le Père Thomas Weinandy avait hésité à écrire sa lettre. Il a donc demandé préalablement à Jésus de lui donner un signe. Voyez ici cette anecdote où Jésus lui répond de façon frappante à sa demande de signe.

Nous avons une leçon à tirer de cette demande de signe. Si un si grand ecclésiastique érudit a demandé un signe, nous devrions pas nous-mêmes oublié d'en demander lorsque nos enjeux personnels présentent des difficultés de choix ou de décision. Nous oublions trop souvent d'utiliser cette approche.

La levée de boucliers !

La plupart des grands journalistes religieux et éditorialistes ont, bien entendu, commenté son renvoi. Les Modernistes affirmant qu'« il n'y avait rien là » tandis que les Traditionalistes s'insurgent comme le présumé « dialogue » qui est supposé avoir tant lieu sous François.

Vous avez donc Christopher A. Ferrara, éditorialiste en chef au Centre de Fatima, qui nous fait voir un heureux aspect de toute la situation. Il nous dit en effet que les bonzes du Vatican ont toujours affirmé que c'était seulement le « petit peuple » des fidèles qui rechignaient contre François. Eh bien, cette fois-ci, ils devront ravaler leur gomme parce qu'il est difficile d'avoir une plus sommité en doctrine et en théologie et endoctrine qui réflète exactement ce que le « petit peuple » considéré même comme « schismatique » éprouve.

Il y a aussi cette grande dame journaliste maintenant indépendante, Hilary White, qui commente le renvoi du Père Thomas Weinandy dans la première partie de son article ici.

Vous avez plus bas Steve Skojec, éditorialiste en chef de One Peter Five, qui, vous le verrez bien, est le plus véhément envers la Conférence des Évêques Américains.
Bonne lecture !



Par : Steve Skojec
Éditorialiste en chef de One Peter Five

Le 3 novembre 2017
SOURCE : One Peter Five

Dans le sillage de la dernière intervention d'un fils fidèle de l'Église qui soulignait que le Pape Empereur est nu, nous avons été traités par une autre vague d'affirmations fortes et agressives qu'il « n'y a rien là », qu’il n’existe réellement pas de confusion, et , s'il vous plaît, que tout le monde puisse arrêter d’agir de façon enfantine et qu’il faut juste continuer de l’avant ?

Pendant ce temps, ce fils fidèle — le Père Thomas Weinandy — a été viré de sa position en tant que consulteur doctrinal à la Conférence des Évêques Américains alors que leur Président de la dite Conférence, le Cardinal Daniel DiNardo, a eu l'audace de parler de son « départ » sous les auspices d’une « occasion de réfléchir sur la nature du dialogue dans l'Église ».

Dialogue ? Vraiment ? Depuis quand le dialogue inclut-il le renvoi immédiat d'un homme qui a évoqué ses préoccupations — enracinées dans sa conscience laquelle, sommes-nous constamment informés par nos supérieurs dans l'Église, peut servir d'arbitre de toutes les vérités morales critiques — préoccupations exprimées avec une telle déférence et de respect au Pape que les gens lui ont reproché d'être trop obséquieux ?

Bien sûr DiNardo n'était pas assez homme pour sortir et admettre qu’on avait demandé au Père Weinandy de démissionner : il se référait plutôt à son « départ » comme si son ancien chef d'état-major sur les questions doctrinales s'était simplement éloigné inexplicablement par une douce brise comme Mary Poppins.

Soyons clairs : la Conférence des Évêques Américains est une honte pour les Catholiques de partout — une organisation essentiellement progressive qui s'est enrichie par des centaines de millions de dollars de l’argent du gouvernement fédéral reçu pour la réinstallation des réfugiés tout en s'opposant à des lois sensées pour restreindre l’immigration — un fait qui ressemble beaucoup, comme le Catholique et auteur John Zmirak l’a souligné hier, à de la simonie politique. « Combien devrions-nous payer pour que les Évêques enseignent ce que le Catéchisme dit sur l’immigration ? » a-t-il demandé. Pour le dire plus franchement, j'aimerais savoir combien nous devrions leur payer pour être simplement Catholiques.

Cependant, le souci de la Conférence des Évêques Américains de se dissocier d'un penseur mal dégrossi ne va que jusqu’à un certain point. Par exemple, ils n'ont toujours pas demandé Ralph McCloud de démissionner. McCloud est le responsable de la Campagne Catholique pour le Développement Humain de la Conférence des Évêques Américains, qui a divisé sa première année de travail pour les Évêques Américains avec sa fonction de Trésorier pour la campagne politique de Wendy Davis, une candidate approuvée par Planned Parenthood [ la plus importante organisation pratiquant des avortements aux USA --- des centaines de succursales ] pour le Sénat du Texas qui était à cette époque en train de défaire un titulaire pro-vie.

Davis continuera à être connue pour son obstruction parlementaire systématique de 11 heures de temps à la législature du Texas pour bloquer des règlements d'avortement plus restrictifs. Sous la direction de McCloud, le CCHD [ Catholic Campaign for Human Development --- Campagne Catholique pour le développement humain ] a été lié au financement des organisations affiliées à Planned Parenthood et d'une organisation effectuant des mariages homosexuels.

Aucun « départ » pour M. McCloud pendant que des réflexions songées sur le dialogue ont été émises.

Le Catholic Relief Services (CRS) [ Les Services d’aide Catholiques ], filiale de la Conférence des Évêques Américains, ont été récemment exposés comme étant impliqués dans le développement d'un programme d'éducation sexuelle en Afrique « destiné aux enfants de 10 ans qui encourage l'utilisation du préservatif, qui favorise la contraception abortive, qui normalise l'homosexualité et la masturbation et qui liste Planned Parenthood comme une ressource ».

Des mesures ont-elles été prises ? Nan.

Sur cette question, que diriez-vous de Jessica Garrels, une « coordonnatrice de la qualité du programme » pour le CRS, qui, comme Michael Hichborn de l'Institut Lépante nous l’a rappelé hier : « a fortement soutenu et promu Planned Parenthood sur sa page Facebook ». Parmi d’autres exemples cités par Hichborn — y compris une photo de profil avec une superposition graphique de Planned Parenthood sur son compte Twitter — le 9 janvier 2016, Garrels « a écrit « Bien dit ! » acclamant la déclaration de la représentante des États-Unis Gwen S. Moore dans sa défense de maintenir des fonds pour Planned Parenthood ». Hichborn continue :

« Peu de temps après que l'article sur Garrels ait été publié et envoyé aux Évêques des États-Unis, La page Facebook de Garrels était publiée de façon restreinte pour cacher ses messages à la vue du public. Le CRS n'a jamais publié de réponse au rapport, et quand LifeSiteNews a contacté le CRS pour un commentaire sur la question, « le CRS n'a pas répondu à l'enquête du site Life Site News sur les informations concernant le soutien public de ses employés pour Planned Parenthood ».

Il s'avère que Garrels est toujours employée chez CRS plus d'un an plus tard.

Juste cet été, Garrels a donné une interview au Huffington Post pour le compte de Catholic Relief Services. Clairement, ils pensent qu'elle est une ambassadrice parfaitement acceptable pour la marque.

Vous soutenez l'avortement ? Ne vous inquiétez pas ! Vous pouvez rester à l’emploi de la Conférence des Évêques Américains.

Si vous demandez respectueusement au Pape de considérer les dommages qu'il cause à l'Église en citant des exemples spécifiques soulevés par le travail pastoral par le biais des préoccupations des fidèles ? La réponse est simple : DEHORS.

Sachant bien à quel point il est impossible de faire ce que j'aimerais vraiment voir arriver — à savoir couper les budgets de la Conférence des Évêques Américains — rend le combat difficile. Après tout, avec un raz-de-marée d'argent venant du gouvernement fédéral, nous ne pouvons que faire si peu de dommages en les privant de revenus des fidèles. Et nous devrions les affamer de quelque façon que nous pouvons. Pas un seul centime ne devrait être transféré des fidèles à un seul programme de la Conférence des Évêques Américains. En fait, nous devrions probablement commencer à mettre la pression sur nos propres Évêques à travers leurs appels de fonds annuels. Peut-être devrions-nous tous mettre des lettres dans ces enveloppes au lieu de chèques, en disant à nos Évêques que, s'ils ne règnent pas à la Conférence, ils ne recevront plus d'argent de notre part. Mais pour être honnête, il m'est difficile de trouver un point d'action spécifique à cet égard, parce que toute la chose devrait simplement être éviscérée, mise à feu et jetée dans l'océan le plus proche. (Et bombardé à partir d’une orbite, juste pour être sûr.)

Sentant cette frustration hier et cherchant à faire entendre notre voix, j'ai commencé à encourager les gens sur les réseaux sociaux à aller sur la page Facebook de la Conférence des Évêques Américains et à laisser des critiques après en avoir vu d'autres encourager la même chose. En un rien de temps, leur page a été inondée de gens se plaignant de leur traitement du Père Weinandy avec d'autres problèmes. De toute évidence, il y a beaucoup de frustration refoulée parmi les fidèles.

Mais la Conférence des Évêques Américains ne semblait pas pigé la situation. Ils ont commencé par interdire toute personne qui a laissé un commentaire négatif d'interagir dans leur page, ce qui rend impossible de commenter d'autres commentaires ou des messages ou même de cliquer sur le bouton « J'aime ». Aujourd'hui, étant donné que Facebook ne permet pas à un propriétaire de page de modifier ou de supprimer des avis négatifs, ils ont plutôt trouvé un moyen de supprimer entièrement la fonction de révision. ( Mais n’ayez crainte. J’ai sauvegardé un tas d'entre eux dans une belle capture d’écran longue. Télécharger le PDF ici . Pour la postérité ! )

Alors. Voilà pour le dialogue !

Vous pouvez toujours aller à leur page de contact et leur donner une petite pensée. La plupart du temps, cependant, ce sera une irritation mineure à laquelle les membres du personnel de niveau inférieur devront faire face. Après tout, les membres importants de la Conférence des Évêques Américains — comme le Cardinal Blase Cupich, qui est en lice pour le comité pro-vie de la Conférence des Évêques Américains, malgré des collusions répétées avec les politiciens pro-avortement et une déclaration scandaleuse sur les vidéos d’infiltration chez Planned Parenthood — doivent donner des entretiens critiques comme cette semaine dans le programme « Dialogue [ encore ce mot ! ] à la Clé du Pape François » dans lequel il est vu défendre le Père James Martin, SJ, et nous dire que si nous voulons « entreprendre du discernement » selon le mode du Pape François, nous devons « être prêts à abandonner les croyances chéries et les préjugés de longue date ».

Et qu'en est-il de ce bijou, tiré du même discours ?

« Nous devons aussi être ouverts à la réorganisation de nos structures ecclésiales et aux processus qui nous empêchent d’être une Église synodale. Le Pape François et les Cardinaux le conseillant sur les réformes travaillent dur à la tâche et le récent Motu Proprio Magnum Principium a été un signal sur la façon dont ils procèderont. Comme je l’ai noté suivant sa publication, j’ai dit que le Motu Proprio a donné le signal sur la méthodologie qui sera utilisée pour amener les réformes qui sont considérées par le Conseil des Cardinaux qui conseillent le Pape. Nous devons anticiper que toutes ces réformes seront considérées comme des interprétations d’autorité du Concile Vatican II les enracinant par là même dans la Tradition et leur donnant aussi leur pérennité ».

Cupich, bien sûr, fait ici un point important sur l'évolution des structures ecclésiastiques décentralisées. Beaucoup de gens rejettent simplement le rôle de la Conférence des Évêques Américains parce qu'il n'a « aucun pouvoir » et « aucune autorité officielle » au sein de l'Église. Mais rappelez-vous, François veut changer cela aussi. De son Exhortation, Evangelii Gaudium, nous pouvons lire (32) :

« Le Concile Vatican II a affirmé que, d’une manière analogue aux antiques Églises Patriarcales, les Conférences Épiscopales peuvent « contribuer de façons multiples et fécondes à ce que le sentiment collégial se réalise concrètement ». Mais ce souhait ne s’est pas pleinement réalisé, parce que n’a pas encore été suffisamment explicité un statut des conférences épiscopales qui les conçoive comme sujet d’attributions concrètes, y compris une certaine autorité doctrinale authentique. Une excessive centralisation, au lieu d’aider, complique la vie de l’Église et sa dynamique missionnaire.

En fait, le Pape a fait un grand pas vers l'octroi d'une autonomie significative aux Conférences Épiscopales dans son Motu proprio Magnium Principium, qui, comme il l'a précisé dans sa réprimande très publique au Cardinal Sarah, leur accorde l'autorité d'effectuer leurs propres traductions régionales de la Messe sans l'approbation préalable de Rome. ( Déjà, l'excitation dans certaines régions d'Europe est en pleine effervescence avec ces nouvelles possibilités ! )

Pendant ce temps, les fidèles sont laissés sans recours devant ce style de « dialogue », ce qui revient en fait à crier vers le bas de la hiérarchie et à nous dire de connaître notre place, sous la poigne de fer de la Dictature de la Miséricorde . En plus de continuer à parler, la prière et la pénitence sont probablement la ligne de conduite que les Saints nous recommanderaient. Certes, cependant, une telle réponse semble incroyablement maigre face à l'implosion continue de tout ce que nous considérons comme sacré.