jeudi 12 mai 2016

Une allocution délirante pour un prix délirant



par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 11 mai 2016

Pas une semaine ne passe sans que François ne soit le centre de l'attention dans le monde Catholique. Tout d'abord, parce qu'il est le Pape, mais surtout parce que son pontificat est une affaire événementielle qui passe d’un événement « chaud » à un autre comme un ouragan qui a besoin de trouver des eaux chaudes de peur de perdre sa force et de se dissiper.

Ainsi donc, François a été fêté le 6 mai par les pouvoirs en place en Allemagne, ils lui ont conféré le Prix Charlemagne d'Aix au Vatican. Je vais laisser Antonio Socci expliquer comment ridicule fut cette remise de prix : « La remise du Prix Charlemagne au Pape Bergoglio vous induit à l'hilarité. Ce serait comme l'attribution du Prix de Saint Thomas d'Aquin Eugenio à Scalfari ».


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Scalfari, l'athée et le confident notoire de François dont les entrevues avec le volubile pontife ont à maintes reprises secoué le monde Catholique avec scandale, est aussi loin du Docteur Angélique que François puisse l’être de Charlemagne le Grand, le premier Saint Empereur Romain de la civilisation Chrétienne qui s’est défendu encore et encore des assauts de l'Islam.

L’allocution de François lors de la cérémonie de remise du prix démontre le délire qui a affligé tant le présentateur que le récipiendaire du prix. Résolument inconscient de l'invasion islamique d'une Europe post-chrétienne, François a exhorté les dirigeants européens présents à « construire des ponts et à abattre les murs ». Le reste de l’allocution était même un exercice de rectitude politique par François qui a réécrit l'histoire de la Chrétienté puisque « du fait qu’au cours de son histoire qu’elle a appris à intégrer dans une synthèse toujours neuve les cultures les plus diverses et sans lien apparent entre elles. L’identité Européenne est, et a toujours été, une identité dynamique et multiculturelle ».

Complètement faux. Jusqu'à la fin de son effondrement sous les chenilles des chars du président Truman à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Chrétienté était unie dans une culture Chrétienne unique même si elle présentait des variations ethniques parmi les différents peuples Chrétiens d'Europe. « Le multiculturalisme », d'autre part, est un leitmotiv de la modernité politique. Comme le fait remarquer Socci, ce terme sert comme un « masque pour le relativisme, souvent même pour la haine anti-chrétienne et surtout il est la porte ouverte à l'islamisation ».

Mais, sans arrêt, François part avec sa harangue contre les « murs », parfaitement ignorant de la réalité historique (noté par Socci) que ce furent précisément des murs — littéralement des murs en pierre — qui ont retenu les hordes musulmanes pendant le siège de Vienne en 1683, lorsque Jean Sobieski III le Grand repoussait les envahisseurs contre toute attente et qui a sauvé l'Europe occidentale du sort de l'Empire d'Orient dans lequel les Musulmans avaient conquis Constantinople, devenue Istanbul et aussi la Basilique Sainte-Sophie qu’ils ont transformée en mosquée. N’eût été de ces « murs », écrit Socci, « aujourd'hui nous serions tous Turcs... »

Là où François s’est approché le plus de mentionner que l'Europe avait déjà été Chrétienne, c’est sa remarque que « seule une Eglise riche en témoins pourra redonner l'eau pure de l'Évangile aux racines de l'Europe ». Mais même ici, le délire se faufile : « En cela, le chemin des Chrétiens vers la pleine unité est un grand signe des temps, mais aussi l’exigence pressante de répondre à l’appel du Seigneur « pour que tous soient un » (Jn 17, 21).».

Comment est-il possible pour un observateur rationnel de considérer l'état des sectes Protestantes d’aujourd'hui et de voir en elles un mouvement vers l'unité avec l'Église Catholique ? Ou peut-être François voulait dire que, sous sa direction et en ligne avec les cinquante dernières années de dérive ecclésiale au nom du « dialogue œcuménique », l'Église Catholique est en mouvement vers l'unité avec les dénominations Protestantes dans leur décrépitude morale et doctrinale. Ici, humainement parlant, François a un point.

Qu'est-ce que ce babillage politiquement correct a à voir avec Charlemagne le Grand ? Absolument rien, bien sûr. Une Europe mal avisée donne à un Pape mal avisé un prix pour présider de concert avec les dirigeants laïques de l'Europe la destruction de la chose même que Charlemagne a combattu à construire et à défendre : la Chrétienté. Ainsi, François n'a pas dit à son auditoire que l'Europe devait faire l'objet d'une reprise de la culture Chrétienne pour se sauver de la destruction. Au contraire, à part un peu d’« arrosage » sous la forme de témoignage « œcuménique », ce fut sa recommandation pour un retour vers le passé :

« Cette transfusion de la mémoire nous permet de nous inspirer du passé pour affronter avec courage le complexe cadre multipolaire actuel, en acceptant avec détermination le défi d’‘‘actualiser’’ l’idée de l’Europe. Une Europe capable de donner naissance à un nouvel humanisme fondé sur trois capacités : la capacité d’intégrer, la capacité de dialoguer et la capacité de générer ».

« S’il y a un mot que nous devons répéter jusqu’à nous en lasser, c’est celui-ci : dialogue. Nous sommes invités à promouvoir une culture du dialogue en cherchant par tous les moyens à ouvrir des instances afin qu’il soit possible et que cela nous permette de reconstruire le tissu social. La culture du dialogue implique un apprentissage authentique, une ascèse qui nous aide à reconnaître l’autre comme un interlocuteur valable ; qui nous permette de regarder l’étranger, le migrant, celui qui appartient à une autre culture comme un sujet à écouter, considéré et apprécié ».

Que peut-on dire sauf demander à Dieu de nous venir en aide ?