mercredi 25 mai 2016

Le Cardinal Müller s'attend
à ce que la FSSPX reconnaisse
les enseignements controversés de Vatican II



Par : Edward Pentin
SOURCE : National Catholic Register



Le Cardinal Gerhard Müller a déclaré qu'il s’attendait à ce que la Fraternité Saint Pie X, qui s’est toujours opposée aux déclarations du Concile Vatican II portant sur la liberté religieuse et l'œcuménisme, « reconnaisse sans réserve » la liberté de religion comme un droit de l’homme et d’une obligation à l'oecuménisme.

Dans une interview dans le numéro de juin de la publication allemande Herder Korrespondenz, le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a dit que si l'on « veut être pleinement Catholique, il faut reconnaître le Pape et le Concile Vatican II ».

Le Cardinal Müller a déclaré qu'il s’attend à une reconnaissance de toutes les déclarations du Concile qui traitent de ces questions, selon l'interview rapporté sur le site catholique Autrichien, Kathpress, le 24 mai.

Ses commentaires viennent suite à des rapports qui affirment que la Fraternité Saint Pie X, qui continue à s’opposer aux enseignements clés du Concile Vatican II concernant l'oecuménisme, la liberté de religion et des aspects de la réforme liturgique, serait près d'être reconnue par le Saint-Siège.

En 1988, le fondateur de la Fraternité, Mgr Marcel Lefebvre, ainsi que Mgr De Castro Mayer, ont ordonné quatre évêques expliquant ce geste par la nécessité, mais cet acte est allé contre la volonté expresse du Pape Saint Jean-Paul II. Le Pape avait donné son autorisation pour qu’un évêque soit ordonné. Tous les cinq ont encouru l'excommunication automatique et, bien que Benoît XVI ait levé les excommunications des quatre évêques en 2009, la société est restée dans une situation canoniquement irrégulière.

Plus tôt ce mois-ci, le Supérieur Général de la FSSPX, Mgr Bernard Fellay, a dit au site National Catholic Register que certains à Rome signalaient à la Fraternité qu'il était maintenant possible de remettre en question les enseignements du Concile sur ces questions « et de rester Catholiques ».

« Cela signifie aussi que les critères qu'ils nous imposeraient, pour leur prouver que nous sommes Catholiques, ne seront plus ces points » a-t-il dit. « Cela, pour nous, serait très important ».

En outre, il a souligné que Rome avait deux approches différentes : « Nous devons distinguer la position du Pape qui est une chose, puis la position de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi » a déclaré Mgr Fellay, qui a également insisté sur le fait que la FSSPX ne compromettrait pas sa position . « Ils n'ont pas la même approche mais ils ont la même conclusion, à savoir : Finissons-en avec ce problème en donnant la reconnaissance à la Fraternité ».

Il a ajouté qu'il était « persuadé, au moins en partie, par une approche différente » qui signifie donner « moins d'importance au problème que nous considérons important, qui est le Concile : ce qui signifie en diminuant le lien avec le Concile ». Le Pape, a dit Mgr Fellay, voit la Doctrine comme « tout un obstacle quand on transige avec des personnes » et, dans son souhait de voir « tout le monde sauvé », il dénoue une corde sécuritaire « pour arriver à nous ». Mais le Cardinal Müller, dont l'insistance de la FSSPX à adhérer à l'enseignement du Conseil est nettement plus prononcée que celle du Saint-Père dit, selon le Herder Korrespondenz, que l'on ne peut pas écarter le Concile comme « ayant été seulement un bavardage pastoral » juste parce qu'il n'a pas adopté de dogmes contraignants.

Le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a dit qu’aucun Pape n'a jamais proclamé la Résurrection du Christ comme un dogme ex cathedra [infaillible] et pourtant ça « appartient au coeur de la Foi, c’en est le fondement ».

« Les déclarations clés, même si elles ne sont pas annoncées ex cathedra [et donc infaillibles] sont, pour nous, Catholiques, reste toujours essentielles » a-t-il dit, ajoutant qu'il n’est « pas acceptable d’en prendre une et d’en rejeter une autre ».

Le Cardinal Müller a également déclaré dans l'interview que l'on ne doit pas être fasciné par chaque homélie d'un Évêque ou d’un Pape. Seul le magistère, qui est une déclaration de la Foi, doit être accepté, a souligné le Cardinal, selon le rapport Kathpress.

« La liberté religieuse comme droit de l’homme fondamental et la liberté de protéger la religion en ce qui concerne la révélation surnaturelle en Jésus-Christ sont reconnues par tous les Catholiques sans réserve » a-t-il dit en référence aux déclarations pertinentes du Concile.

La reconnaissance du Concile Vatican II n’est « pas un obstacle déraisonnable si élevé » à surmonter, a-t-il dit, ajoutant que c’était plutôt « le remède adéquat pour entrer dans la pleine communion avec le Pape et les Évêques en communion avec lui ».

Le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a en outre affirmé que la relation de François avec la FSSPX ne diffère pas de celle du Pape Benoît XVI Émérite. « Il les voit ainsi que des groupes similaires comme des Catholiques, mais encore sur le chemin vers la pleine unité Catholique ».

Plus tôt ce mois-ci, François a laissé entendre que la réconciliation pouvait être proche, en disant au quotidien Catholique français La Croix le 16 mai que la FSSPX sont « des Catholiques sur le chemin vers la pleine communion » et qu’un « bon dialogue et du bon travail sont en cours ».

Il a également reçu Mgr Fellay pour la première fois en audience privée le mois dernier et a dit à La Croix qu'il est « un homme avec qui on peut dialoguer ».

L'an dernier, le Pape a fait sa première ouverture à la Fraternité en annonçant que les confessions de la Fraternité seraient valides et licites pendant et après l'Année Jubilaire de la Miséricorde. Jusqu'à ce moment-là, Rome les considérait comme canoniquement invalides parce qu'ils ne disposaient pas de la compétence juridictionnelle nécessaire.