dimanche 29 mai 2016

La « publication » du Troisième Secret de Fatima
révéré ou outragé ?



par John Vennari
SOURCE : Fatima Network News
Le 26 mai 2016

Note : Avec le Troisième Secret de retour dans les nouvelles, nous revisitons les nombreuses anomalies qui ont accompagné la « publication » originale du Troisième Secret le 26 juin 2000.

Ce qui suit est une adaptation éditée d'un discours prononcé par l'auteur à la Restauration Conference Catholique de Phoenix, Arizona en octobre 2000.




Je prends pour acquis que le public sait ce qui suit au sujet du Troisième Secret :

  • Que Sœur Lucie, quand elle a finalement écrit sur le Secret en 1944, sous obéissance, elle avait beaucoup de mal à le faire à cause de son contenu perturbateur. Le conflit intérieur de Sœur Lucie était si grand que le 2 janvier 1944, Notre-Dame est apparue à Sœur Lucie et lui a dit que, oui, le Ciel a voulu qu'elle écrive sur le Secret ;
  • Que, le 9 janvier 1944, Sœur Lucie a écrit à Mgr da Silva de Fatima en disant qu'elle avait écrit le Secret dans une enveloppe scellée et dans son carnet de notes ;
  • Que l'enveloppe contenant le Secret a été remise en main propre à l'Évêque da Silva le 17 juin 1944,
  • Qu'en 1957, le Secret a été transféré au Saint-Office du Vatican ;
  • Que le Secret était censé être publié en 1960.

  • Quand on a demandé à Sœur Lucie « Pourquoi l’année 1960 ? » Elle répondit : « Parce que la Sainte Vierge le veut ainsi ». De même, en 1955, le Cardinal Ottaviani a visité Sœur Lucie et lui a demandé pourquoi le Secret ne devait être publié qu'en 1960. Soeur Lucie a répondu : « Parce qu'alors, il deviendra plus clair ».

    Le monde entier attendait l'année 1960, pour le Secret d'être publié. Et en 1960, le Pape Jean XXIII a lu le Troisième Secret, et a décidé de ne pas le publier au monde. Il est rapporté qu'il a dit du Secret : « Cela ne concerne pas mon pontificat ». 1

    Je prends également pour acquis que le public est familier avec le magnifique livre du Frère Michel de la Sainte Trinité, « Toute la Vérité sur Fatima », dans lequel il fait valoir que le contenu du Troisième Secret est probablement une allusion à la crise actuelle de la Foi dont notre Sainte Église souffre depuis l'époque du Concile Vatican II. Frère Michel, bien sûr, fonde une grande partie de son travail sur les meilleurs chercheurs de Fatima, en particulier le Père Joaquin Alonso — probablement le meilleur dans le domaine.

    Et donc, le 13 mai 2000, à Fatima, à la cérémonie de béatification de Jacinta et de Francisco Marto, l'annonce surprise est venue. Le Secrétaire d'État du Vatican, le Cardinal Sodano, a annoncé, au nom du Pape Jean-Paul II, que le Vatican prévoyait divulguer le contenu du Troisième Secret.

    Ce jour-là, le Cardinal Sodano a révélé ce qui semblait être une petite partie du Secret.

    Il a parlé du Secret contenant la Vision d'un « Évêque vêtu de blanc » qui, tout en faisant son chemin parmi les cadavres des victimes : « tombe à terre apparemment mort, sous une rafale de coups de feu ». (Paroles du Cardinal Sodano)

    Une semaine plus tard, le 21 mai, le porte-parole du Vatican, Navarro-Valls, semblait révéler la pensée derrière la décision de divulguer le Troisième Secret :

    « La publication de la prophétie ne fournira pas de soutien au Pape pour le traditionalisme anti-œcuménique qui a mal saisi certains aspects du Message de Fatima, spéculant sur une clé millénaire sur le présumé, mais pas réel, contenu de ce texte inédit.

    « Au contraire, la décision de publier est née de la conviction que l'on ne pouvait pas permettre à Fatima de devenir l'otage d'une position partisane (positione di parte). Quand il sera publié, chaque aspect du Message de Fatima va récupérer ses justes proportions et, pris dans son ensemble, il sera plus intelligible pour tout le monde ».2

    Ceci semble alors être la principale motivation. C’est une tentative d'éteindre une fois pour toutes la spéculation chez les Catholiques à l’esprit traditionnel que le contenu du Troisième Secret parle de la crise de la Foi dont l'Église a souffert depuis l'époque du Concile Vatican II.

    Et Navarro-Valls affirme qu'une fois que le Secret sera publié, le Message de Fatima sera « plus intelligible pour tout le monde ».

    Voyons voir s'il a raison.

    Ici, alors, est la Vision du Troisième Secret qui a été publié par le Vatican le 26 Juin, 2000 :

    « Sur le côté gauche de Notre-Dame, un peu plus en hauteur, un Ange avec une épée de feu dans la main gauche; elle scintillait et émettait des flammes qui, semblait-il, devaient incendier le monde; mais elles s'éteignaient au contact de la splendeur qui émanait de la main droite de Notre-Dame en direction de lui; l'Ange, indiquant la terre avec sa main droite, dit d'une voix forte: Pénitence! Pénitence! Pénitence! Et nous vîmes dans une lumière immense qui est Dieu: “Quelque chose de semblable à la manière dont se voient les personnes dans un miroir quand elles passent devant” un Évêque vêtu de Blanc, “nous avons eu le pressentiment que c'était le Saint-Père”. Divers autres Évêques, Prêtres, religieux et religieuses monter sur une montagne escarpée, au sommet de laquelle il y avait une grande Croix en troncs bruts, comme s'ils étaient en chêne-liège avec leur écorce; avant d'y arriver, le Saint-Père traversa une grande ville à moitié en ruine et, à moitié tremblant, d'un pas vacillant, affligé de souffrance et de peine, il priait pour les âmes des cadavres qu'il trouvait sur son chemin; parvenu au sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande Croix, il fut tué par un groupe de soldats qui tirèrent plusieurs coups avec une arme à feu et des flèches; et de la même manière moururent les uns après les autres les Évêques les Prêtres, les religieux et religieuses et divers laïcs, hommes et femmes de classes et de catégories sociales différentes. Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux Anges, chacun avec un arrosoir de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des Martyrs et avec lequel ils irriguaient les âmes qui s'approchaient de Dieu ».

    L'interprétation officielle du Vatican de cela est que c’est une prophétie sur la tentative d'assassinat en 1981 contre le Pape Jean-Paul II [note : l'ensemble du public a ri quand il l'a dit — jv]. Et bien sûr, la plupart d'entre vous le savent, le Cardinal Ratzinger a déclaré (je suppose qu'il le devait vraiment) que les Catholiques ne sont pas dans l'obligation d'accepter cette interprétation.

    En ce qui concerne ce que le Vatican a publié, il ne semble y avoir aucune raison de douter que cela est en fait une partie du Troisième Secret. Les problèmes, cependant, se montrent dans d'autres domaines.

    Premièrement : la façon dont le Secret nous a été livré. Il a été livré par étapes. Et la façon dont il a été livré semblait être une tentative de forcer sur nous le point de vue de l'interprétation du Vatican sur la Vision du Secret.

    Comme je l'avais dit, le 13 mai 2000, lorsque le Cardinal Sodano a annoncé qu'il serait publié, il a dit que le Secret contenait une Vision où le Pape tombe apparemment mort sous une rafale de coups de feu : la prophétie de ce Troisième Secret, par conséquent, a été accomplie en 1981 avec la tentative d'assassinat contre le Pape Jean-Paul II.

    Ensuite, pendant 5 ou 6 semaines, avant le 26 juin, ce mythe a été autorisé à être développé et à circuler et à imprégner les médias, à savoir que le Troisième Secret a été réalisé : c’était la tentative d'assassinat contre le Pape Jean-Paul II .

    Donc, au moment du 26 juin venu, le monde avait déjà été pré-conditionné à accepter la prophétie du Troisième Secret comme étant rien de plus que cette tentative d'assassinat de 1981.

    Heureusement, pas tout le monde n’a accepté cette interprétation ; principalement parce que ça ne concorde pas vraiment avec la Vision du Secret. Et je ne parle pas des écrivains Catholiques seulement. Il y avait ceux de la presse laïque qui pouvait voir que tout cela ne concordait tout simplement pas :

    Par exemple, le 1 juillet, le Washington Post a observé :

    « Le 13 mai, le Cardinal Angelo Sodano, un haut responsable du Vatican, a annoncé la sortie imminente du texte soigneusement gardé. Il a dit que le Troisième Secret de Fatima ne prédit pas la fin du monde, comme certains l'avaient spéculée, mais les coups de feu sur le Pape Jean-Paul II le 13 mai 1981 sur la Place Saint-Pierre.

    « Sodano dit le manuscrit ... parle d'un « Évêque vêtu de blanc » qui, tout en faisant son chemin au milieu des cadavres de martyrs », tombe sur le sol, mort, sous une rafale de coups de feu ».

    « Mais le texte publié lundi (26 Juin) ne laisse aucun doute sur le sort de l'Évêque, en disant qu'il a été tué par un groupe de soldats qui ont tiré des balles et des flèches sur lui ». Tout le monde avec le pontife meurt aussi — les Évêques, les prêtres, les moines, les religieuses et les laïcs. Jean-Paul a survécu à sa fusillade aux mains d'un seul homme armé, Mehmet Ali Agca, et personne dans la foule n’a été blessé dans l'attaque ».3

    En tant de mots, ce journal laïque ne peut pas s’empêcher de regarder le Cardinal Sodano d'un mauvais œil et de dire : «Vous n’êtes pas tout à fait honnête avec nous. Vous nous avez dit le 13 mai que le Pape tombe apparemment mort. Mais le texte publié le 26 juin ne dit pas qu'il tombe apparemment mort, il dit clairement qu'il est tué. Donc, vous ne nous avez pas vraiment dit la vérité. Vous nous avez donné une image faussée de ce que le Secret dit réellement et vous nous forcez à adopter votre interprétation de celui-ci ».

    Maintenant, je ne cite pas le Washington Post comme si c’est un bastion de l'intégrité journalistique. Je signale simplement que ce qu'ils disent est une réaction de bon sens à l'interprétation du Vatican.

    Si l'on regarde plus loin, nous voyons que le Washington Post déclare que, selon tout le reste qui se passe dans la Vision du Secret, l'interprétation du Vatican ne correspond pas :

    Dans la Vision du Secret, l'Évêque en blanc est tué.

    En 1981, Jean-Paul II n'a pas été tué ; il a survécu à la fusillade.

    Donc, cela ne correspond pas.

    Dans la Vision, les coups de feu proviennent d'un groupe de soldats.

    En 1981, les coups de feu ne provenaient pas d'un groupe de soldats, mais d'un seul tireur.

    Donc, cela ne correspond pas.

    Dans la Vision, le Pape est tué ainsi que des Évêques, des prêtres, des religieux et des laïcs.

    En 1981, personne d'autre, sauf le Pape n’a été blessé pendant la fusillade.

    Donc, cela ne correspond pas.

    Ce ne sont que quelques-unes des anomalies qui causent l'homme de la rue, Catholique ou non, à questionner l'interprétation du Vatican. (Je pourrais citer beaucoup de citations similaires, en particulier de la presse européenne et italienne, qui ont réagi de la même manière tout comme le Washington Post.)

    Deuxièmement : Si la tentative d'assassinat de 1981 contre Jean-Paul II est l'accomplissement du Troisième Secret, alors nous avons un vrai problème avec quelque chose que Soeur Lucie a écrit un an plus tard, en 1982. Parce que le 12 mai 1982, un an après l'attentat à la vie du Pape, Sœur Lucie écrivit au Pape :

    « ... Si on n'a pas encore vu la réalisation complète de la dernière partie de la prophétie [Troisième Secret], nous allons vers elle peu à peu à grands pas. Si nous ne rejetons pas le chemin du péché, de la haine, de la vengeance ... Ce sont les gens eux-mêmes qui préparent leur propre punition ».

    Donc, nous voyons qu’un an après la tentative d'assassinat, Soeur Lucie a précisé que la prophétie du Troisième Secret n'a pas encore été complètement accomplie, que le monde évolue à grands pas vers une plus grande punition à cause du péché ; et elle ne fait pas de connexion dans sa lettre entre la tentative d'assassinat d'un an plus tôt et la Vision du Pape étant abattu par un groupe de soldats.

    Troisièmement : Il y a des difficultés concernant le manuscrit lui-même. De cette façon :

    En 1957, juste avant que l'enveloppe contenant le Troisième Secret n’ait été transférée du Portugal au Vatican, l'Évêque auxiliaire Venancio du Portugal a momentanément tenu le Secret dans sa main. Il a eu l'occasion de tenir l'enveloppe scellée contre la lumière.

    Mgr Venancio a vu que cette enveloppe contenait une enveloppe plus petite et, à l'intérieur, qu’il y avait un plus petit morceau de papier plié avec de l'écriture sur lui. Mgr Venancio pouvait voir, alors, que le Troisième Secret était d'environ 20 à 25 lignes manuscrites sur un petit morceau de papier marginé.

    En revanche, ce qui a été publié par le Vatican le 26 juin était quatre feuilles de papier, 64 lignes.

    Je recommande un article dans l'édition d’Été 2000 du Fatima Crusader, numéro 64, intitulé « Y a-t-il deux manuscrits originaux du Troisième Secret ? » L'article traite de la possibilité réelle qu'il peut y avoir deux textes différents, mais complémentaires, du Troisième Secret — celui qui a été écrit dans le cahier de Sœur Lucie, l'autre sur une feuille de papier. Cette thèse soutient que le 26 juin, le Vatican a publié les quatre pages de son carnet, mais n'a pas encore publié le contenu de la feuille de papier.

    Et pourquoi y a-t-il deux textes ? Voici comment le Père Nicholas Gruner explique :

    Il souligne que chaque fois que Notre-Dame de Fatima a donné une Vision pour les enfants, elle a toujours fourni l'explication.

    Le 13 juillet, 1917, Notre-Dame de Fatima a donné aux enfants la Vision de l'Enfer. Et même si cette Vision semblait explicite, Notre-Dame a également fourni l'explication : « Vous avez vu l'enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à Mon Cœur Immaculé ».

    De même le 13 juin 1917, Notre-Dame a ouvert ses mains et une lumière est sortie de Ses Mains. La lumière d'une main est tombée sur Jacinta et Francisco, puis est allée vers le haut vers le ciel mais la lumière de l'autre main de Notre-Dame a réfléchi sur Lucie et s’est étalée sur la campagne. Lucie a dit qu’ils ont compris que cela signifiait que Francisco et Jacinta seraient pris au ciel bientôt et que Lucie resterait sur terre afin de diffuser le Message de Fatima. Même si les enfants comprenaient, Notre-Dame a expliqué encore la Vision : Elle a dit : « Je vais prendre Jacinta et Francisco bientôt. Mais vous (Lucie) resterez ici un peu plus longtemps pour propager la dévotion à Mon Cœur Immaculé ».

    Donc, il y a de bonnes raisons de croire que le Troisième Secret peut être structuré selon les mêmes lignes. Le texte de 64 lignes qui a été libéré le 26 juin était la Vision, mais on ne nous a pas encore été donné l'explication, qui peut être contenue dans le texte de 25 lignes — qui peut, en fait, se référer à la crise de la Foi de notre temps ; surtout si la ville à demi ruinée mentionnée dans la Vision représente la Cité de Dieu, l'Église Catholique. (Le Pape Léon XIII, après Saint Augustin, a rappelé que l'Église Catholique est la Cité de Dieu. Ça se trouve dans le premier paragraphe de l'encyclique 1884 contre la franc-maçonnerie, Humanum Genus.)

    L'article dans Fatima Crusader répertorie un total de 10 raisons pour lesquelles il peut y avoir en fait deux manuscripts.4

    Quatrième : Dans les Mémoires de Sœur Lucie, à la fin du Deuxième Secret, nous trouvons l'expression, « Au Portugal, le dogme de la Foi sera toujours préservé, etc… » « De nombreux chercheurs sur Fatima ont vu cette ligne comme une entrée en matière du Troisième Secret. Elle est l'introduction d'une nouvelle idée, un nouveau point. Et elle est une indication que le Troisième Secret peut faire face à une crise de la Foi, car il semble que « le dogme de la foi » sera perdu partout ailleurs.

    Mais ce qui a été publié par le Vatican laisse cette ligne orpheline. Elle reste suspendue, sans aucun lien avec tout ce qui suit ; et ça donne l'impression que quelque chose manque.

    Curieusement, en 1984, même le Cardinal Ratzinger a parlé de la prophétie du Troisième Secret concernant les « dangers pour la Foi ».

    Pourtant, dans le texte de la Vision qui a été publié en juin 2000, il n'y a aucune mention des « dangers pour la Foi ».

    À l'heure actuelle, nous obtenons un message encore différent du Cardinal Ratzinger. Je ne vais pas spéculer sur les raisons. Je signale simplement que c’est encore un autre de ces points dans document du 26 juin qui ne tient pas debout.

    Et rappelez-vous, Navarro-Valls avait dit que ce que le Vatican a publié rendrait tout « plus intelligible ».

    Cinquièmement : Il y a quelques déclarations curieuses et décevantes du Cardinal Ratzinger dans son Commentaire du 26 juin (publié avec le Secret) qui semble être une tentative de jeter le doute sur la véracité du Troisième Secret lui-même.

    Dans le commentaire qui a accompagné la sortie du Troisième Secret, le Cardinal Ratzinger a déclaré :

    « La partie finale du« Secret » utilise des images que Lucie a pu voir dans des livres de dévotion et qui puisent leur inspiration d’anciennes intuitions de Foi ».

    Pourquoi est-ce que cette déclaration est faite ?

    Est-ce une façon subtile de suggérer que peut-être l'ensemble du Troisième Secret était simplement le fruit de l'imagination de Lucie ? Qu'elle a obtenu des idées et des images pas du Ciel qui lui parlait, mais des livres de dévotion ?

    Des déclarations comme celles-ci du Cardinal Ratzinger ne peuvent pas aider mais laissent au lecteur l'impression que cela discrédite la Vision du Troisième Secret.

    Et il n'a certainement pas aidé dans son Commentaire, le seul « expert de Fatima » mentionné par le Cardinal Ratzinger était le Père Edouard Dhanis. Or, le Père Dhanis était un Jésuite qui, au cours des années 1940 et 50, a fait une véritable carrière à essayer de discréditer Fatima. Il était influent au Vatican et ses écrits jouissaient d'une large diffusion.

    Dans les années 1940, Dhanis supposait que Lucie avait inventé le Secret de Fatima. En fait, il jette un doute sur les révélations que Sœur Lucie a reçu de Notre-Dame après 1917. D'autres chercheurs sur Fatima à l'époque ont démontré maintes et maintes fois que la thèse de Dhanis était erronée. Ils ont même invité Dhanis à venir à Fatima après la guerre afin qu'il puisse corriger ses vues erronées.

    Le Père Dhanis a refusé d'aller en Espagne et au Portugal pour examiner la documentation originale, il a refusé l'invitation d’interroger Sœur Lucie et il a collé à sa thèse. Pendant ce temps, un autre érudit sur Fatima (Père Jedin) a écrit contre Dhanis et il lui a posé la question : « Est-ce vraiment la marque d'un sain esprit critique ? »

    Bien sûr que ce ne l’est pas.

    Et il convient également de noter qu'en 1967 le Père Dhanis a été l'un des principaux auteurs du catéchisme hollandais infâme.

    Pourtant Dhanis était le seul « expert sur Fatima » que le Cardinal Ratzinger a choisi de mentionner de nom dans le Commentaire sur Fatima du 26 juin. Pourquoi ne pas mentionner le Père Alonso, probablement le meilleur érudit sur Fatima à ce jour ? Est-ce que c’est la façon du Cardinal Ratzinger de nous dire qu'il est d'accord avec la thèse erronée du Père Dhanis ?

    Son Commentaire peut nous amener à le croire.

    En outre, le Commentaire du Cardinal Ratzinger sur Fatima du 26 juin ne contient aucune mention sur la nécessité de réciter le Rosaire, le Scapulaire Brun, les cinq premiers samedis — tous les éléments constitutifs du Message de Fatima.

    Pas étonnant que, le 27 juin, le Los Angeles Times a déclaré ce qui suit au sujet du traitement de Ratzinger de Fatima : « Le suprême théologien du Vatican a minimisé en douceur le culte de Fatima ». 5

    De la même manière, l'Associated Press a fait paraître le titre suivant : « Le Vatican ferme son livre sur le Mystère de Fatima ». 6

    L'impression donnée est qu’avec la sortie du « Secret », Fatima est terminée, les prophéties sont toutes remplies, y compris la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie et la Conversion de la Russie.

    En ce qui concerne la Consécration de la Russie, le document du Vatican du 26 juin déclare que Sœur Lucie affirme maintenant qu’en 1984 la Consécration du Pape Jean-Paul II du MONDE a effectivement satisfait la demande de Notre-Dame au sujet de la Consécration de la Russie.

    Voici ce que le document du Vatican du 26 juin dit :

    « Sœur Lucie confirma personnellement que cet acte solennel et universel de Consécration correspondait à ce que voulait Notre-Dame (Sim, esta feita como tal Nossa Senhora a pediu, desde o dia 25 de Marco de 1984 ») « Oui, ça a été fait juste comme Notre Dame a demandé, le 25 mars 1984 (Lettre du 8 Novembre 1989). Par conséquent toute discussion ou demande est sans fondement ».7

    Il y a quelques problèmes avec cette déclaration.

    Tout d'abord, elle contredit le témoignage précédent de Sœur Lucie dans lequel elle a dit à plusieurs reprises que la Consécration de 1984 ne stisfaisaitt pas les demandes de Notre-Dame au sujet de la Consécration de la Russie.

    Voici trois exemples :

    Premièrement : juste avant la Consécration de 1984, Lucie a reçu et lu le texte du Saint-Père. Interrogé par une vieille amie, Mme Maria Eugenia Pestana à propos de la Consécration à venir, Lucie fit un geste négatif et elle a répondu : « Cet acte de consécration ne peut être décisif parce que la Russie ne figure pas en tant que seul objet de la consécration ». 8 L'autre problème, bien sûr, est que les Évêques du monde entier n’ont pas expressément ordonnés de participer à la Consécration, et ils ne l’ont pas fait.

    Deuxièmement : c’est le témoignage d'un parent de Soeur Lucie qui a assisté à la célébration d'anniversaire de ses 80 ans de Lucie en 1987. À l'époque, Lucie a été interrogée au sujet de la consécration, mais a refusé de répondre. Ensuite, et ceci est une citation de Frère François :

    « Et vient le tour d'un certain cousin, qui vit à Fatima ... et qui, surtout, savait très bien ce qui devait être demandé et dans quelles conditions ça devait être dit. Ce cousin, voulait entendre de la bouche même de Sœur Lucie de Fatima si la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie avait été vraiment faite selon les spécifications de Notre-Dame. La réponse est venue très drue, comme un boulet de canon et d'une manière soudaine : « Non !» 9

    Troisième : En 1989, le Cardinal Law a visité Lucie et lui a demandé à propos de la Consécration de la Russie. Elle a répondu en demandant et en répondant à une question. Elle a dit : « Est-ce que ça a été fait par la route étroite de la consécration collégiale qu’Elle [Notre-Dame] a demandée et a voulue ? Non, cela n'a pas été fait ».10

    Ainsi, en 1984, 1987, 1989, et dans d'autres témoignages aussi, Sœur Lucie confirme que la Consécration de 1984 ne remplissait pas les conditions données par Notre-Dame.

    Alors, qu'en est-il de cette lettre du 8 novembre 1989 qui est contenue dans le document du Vatican du 26 juin où Sœur Lucie dit qu'il a été fait ?

    Vous remarquerez que le Vatican n'a pas indiqué en note de bas de page la source de cette lettre. Ils n’ont donné que la date. On ne nous dit pas à qui c’était écrit ou quoi que ce soit d'autre à ce sujet. Et je suis sûr que la raison pour laquelle ils n’ont rien mis en note de bas de page, c’est parce qu'ils savent qu'il y a longtemps cette même lettre a été discréditée comme un faux, pas écrite par Sœur Lucie du tout. Ce qui a été cité dans le document du Vatican est une lettre supposée de Sœur Lucie à un homme nommé Walter Noelker, en date du 8 novembre 1989. Si toute cette lettre avait été citée dans son intégralité, le lecteur n’aurait pas de mal à comprendre pourquoi les experts de Fatima ne peuvent pas prendre la lettre au sérieux.

    Dans cette même lettre du 8 novembre, l'auteur (prétendument Lucie) fait référence à une consécration faite par le Pape Paul VI lors de sa visite en 1967 à Fatima. Le problème avec cela, c’est qu'il n'y a pas eu une telle consécration et Lucie devait savoir parce qu'elle était là.

    En outre, dans la même lettre, l’« auteur» (prétendument Lucie) déclare que la Consécration de la Russie ne pouvait pas se faire au cours d'un Councile.11 Ceci est une contradiction flagrante avec les déclarations antérieures faites par Lucie et d'autres experts de Fatima qui ont dit qu’un rassemblement des Évêques du monde est un cadre idéal pour la Consécration de la Russie au Coeur Immaculé de Marie.12 En fait, plusieurs tentatives infructueuses ont été réalisés au cours de Vatican II pour inciter Paul VI à effectuer la consécration collégiale, mais il a refusé.

    Donc, cette lettre douteuse, qui a toutes les apparences d'être un faux maladroit, est la seule « preuve» que le document du Vatican offre pour déclarer que la Russie a été consacrée avec succès. Ceci est la « base factuelle solide » sur laquelle le document du Vatican du 26 juin déclare avec une grandiloquence injustifiée : « Par conséquent toute discussion ou demande (pour la Consécration de la Russie) est sans fondement ».



    notes :

    Frère François, Fatima : Intime Joy, Événement, Livre IV, Ch. 2.
    Citation de « La divulgation du Troisième Secret de Fatima » par Frère François, Reformations Contre Catholiques, Août an 2000.
    « Troisième Spurs secrètes Plus Questions : Fatima Interprétation Départ de Vision », Washington Post, 1er juillet 2000.
    « Y at-il deux manuscrits sur le Troisième Secret ? » Fatima Crusader, numéro 64, été 2000. Egalement disponible sur le Web à www.fatimacrusader.com/cr64/cr64pg03.asp.
    « Troisième Secret de Fatima 'Église Catholique dévoile», Los Angeles Times, 27 Juin 2000.
    « Vatican ferme son livre sur Fatima Mystery », Associated Press, le 5 Juillet 2000.
    Mgr Tarcisio Bertone, SDB, « Introduction», Le Message de Fatima, le 26 Juin, 2000, p. 8.
    Fatima : Intime Joy, Événement, Livre IV, pp 167-168..
    Fatima : Intime Joy, Événement, Livre IV, pp 188-189..
    Ibid.
    Voir CRC, en mai 1990, p. 2 ; et CRC, Août 1990 « Fatima Inquest » par David Boyce. (Cité de Fellows, CFN, Septembre 2000.)
    Voir CRC, en mai 1990, p. 2, et le CRC n ° 318, Avril 1999, p. 12 (cité de Ibid.).