mardi 24 mai 2016

Commentaire d'un vaticaniste
suite à l'affaire Dollinger-Ratzinger



Par : Maike Hickson
SOURCE : One Peter Five





Note de l'éditeur : Marco Tosatti, journaliste italien et expert du Vatican, a écrit dans La Stampa, Italie, concernant le récent article du Dr Maike Hickson sur le Père Ingo Dollinger, le Cardinal Ratzinger, et le Troisième Secret de Fatima. Dr. Hickson a ensuite rejoint M. Tosatti — lui-même auteur d'un livre sur Fatima — qui a accepté l'interview qui suit.


DR MAIKE HICKSON : Vous avez déjà écrit un livre en 2002 sur le Troisième Secret de Fatima, intitulé Il Segreto non Svelato ( « Le Secret non révélé »). Le titre en lui-même indique que vous étiez déjà venu à la conclusion que le Troisième Secret de Fatima dans son intégralité n'a pas été publié en juin 2000. Est-ce vrai ? Croyez-vous que le texte qui a été publié en l’an 2000 est une partie authentique du Troisième Secret de Fatima, et si oui, pourquoi ?

MARCO TOSATTI : Oui. Je pense que ce que nous avons lu, c'est authentique ; il semble nous souvenir que Sœur Lucie en personne reconnaissait l'authenticité des pages que nous avons vues. Et c’est précisément à partir de ce que nous avons vu que nous pouvons encore avoir certains doutes.

DR MAIKE HICKSON : Quelles sont les principales raisons pour lesquelles vous êtes venu à la conclusion que le Troisième Secret de Fatima dans son intégralité n'a pas encore été révélé ?

MARCO TOSATTI : Dans le document que nous avons vu, à un certain moment, la narration s'arrête avec un « Et cetera ». Tout d'abord, il me semble étrange que la Vierge aurait utilisé ces mots. Et puis nous n’avons jamais vu la partie du secret à laquelle le « Et cetera» est relié.

Ensuite, il y a le problème des enveloppes ; il serait trop long d’éluder cette question maintenant, mais il y a des problèmes soit avec les dimensions des enveloppes envoyées du Portugal à Rome, puis avec l'enveloppe sur laquelle le Pape Jean XXIII a écrit son commentaire personnel sur le secret après l’avoir lu.

Et puis il y a eu une conversation qu’un érudit, Solideo Paolini, a eu avec Mgr Capovilla, qui était le secrétaire personnel du Pape Jean XXIII. Solideo Paolini a déclaré :

« J'ai rencontré l’Archevêque Mgr Loris Francesco Capovilla le 5 juillet 2006 à Sotto il Monte [nom d'une ville] dans sa maison. Depuis cette première rencontre, au cours de notre conversation privée, il m’a fait comprendre implicitement mais sans aucune équivoque toutefois quelque chose à propos de l'existence de deux textes ou, du moins, au sujet de certaines choses qui n’ont pas été révélées en ce qui concerne le Troisième Secret. Quand je lui ai posé la question [au sujet du secret], il m’a littéralement répondu : « Non, regardez, puisque ce fut révélé officiellement, je dois respecter ce qui a été déclaré dans les documents officiels même si je sais quelque chose de plus ». Et lorsqu’il a prononcé ces paroles « même si je sais quelque chose de plus », il a souri ironiquement. Puisque j’étais sur place, je pouvais voir par ses gestes que c’était clair : il y a quelque chose de plus que ce qui a été révélé pendant l'Année Sainte 2000 [par le Vatican]. Mais ce que Mgr Capovilla m’a dit au cours d'un appel téléphonique était un indice révélateur encore plus mortel. Quand il m'a envoyé ses réponses [par courrier aux questions que je lui avais envoyées], je l'ai appelé au téléphone et il m'a donné la réponse à une de mes questions qui était littéralement : « Alors, Votre Excellence, en ce qui concerne les deux dates au cours desquelles le Pape Paul VI aurait lu le Troisième Secret, le 27 mars 1965 et le 27 juin 1963, qui sont confirmées par des sources différentes, sont-elles toutes deux correctes parce que, en fait, il existe deux textes concernant le Troisième secret ? I Je lui ai demandé cela à brûle-pourpoint. Il est resté silencieux pendant un moment, à y penser et puis il m’a dit littéralement : « Précisément (Per l'appunto). Ceci est la confirmation la plus explicite que pouvait donner quelqu'un ».

Ces paroles me semblait une confirmation de ce que j'avais écrit dans mon livre.

DR MAIKE HICKSON : Vous avez rapporté récemment sur mon propre blog à propos du Père Ingo Dollinger qui affirme que le Cardinal Ratzinger d’alors lui a dit qu’il n’a pas publié tout le secret. Avez-vous une explication possible pour expliquer pourquoi ils ne publient le texte intégral ? Pourrait-il y avoir une sorte de réserve mentale impliquée ?

MARCO TOSATTI : Je vais vous dire ce que le secrétaire personnel de Saint Jean Paul II [Mgr Stanislaw Dziwisz] m'a dit une fois quand je lui demandé au sujet de Fatima. Il m’a répondu : « Le problème est de comprendre ce que la Vierge a dit et ce que Sœur Lucie a dit ». Mon opinion personnelle est à l’effet que tous les problèmes liés à Fatima, aux Papes et au Vatican sont centrés sur cette question. Est-ce que Sœur Lucie a ajouté, même involontairement, quelque chose au message ? Et quoi ? Je pense que c’est l'élément qui a rendu tant de gens dans l'Église méfiants à propos du phénomène global.

DR MAIKE HICKSON : Considérez-vous encore important pour nous, Catholiques, aujourd'hui de découvrir toute la vérité sur le Troisième Secret ?

MARCO TOSATTI : Oui, bien sûr. Lorsque vous avez une révélation soutenue par de tels faits ....

DR MAIKE HICKSON : Quel est votre propre conclusion à propos du contenu possible de cette partie du Troisième Secret qui n’est pas encore publié ?

MARCO TOSATTI : Vraiment, je n'ai aucune idée.

DR MAIKE HICKSON : Avez-vous une idée de la façon dont Rome pourrait finalement dévoiler le Secret complet ?

MARCO TOSATTI : Je pense que, pour autant que le Saint-Siège est concerné, le problème est clos. Je ne pense pas voir pendant ma vie quelque chose de plus de la part du Vatican.