samedi 14 mai 2016

Le Pape infailliblement puissant



par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 13 mai 2016

Tout juste quand vous pensez que le Mont Bergoglio a cessé d’être en éruption, du moins pour un certain temps, un autre nuage de cendres éclate et couvre le paysage avec encore plus de confusion.

Cette fois, nous apprenons que le tristement célèbre Hans Küng, dépouillé de sa license de théologien Catholique au début du pontificat de Jean-Paul II, affirme que, dans une lettre privée reçue de François, François lui a donné le feu vert pour commencer « une discussion sans restriction sur le dogme de l'infaillibilité ».

Küng ne laisse pas personne voir la lettre et il y a peu de doute qu’il en exagère sa portée. D'autre part, il y a peu de doute que François, l'intelligent Jésuite, a donné l'impression à Küng qu’un dogme infailliblement défini puisse maintenant être remis en question. Disons simplement que François opère sur des clins d'œil et des hochements de tête.


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Mais il y a un paradoxe apparent ici. Comme le fait remarquer Sandro Magister, à la fin du Synode Bidon de 2014, ayant fustigé ses opposants « inflexibles » dans le Hall du Synode, François lui-même fait allusion du « pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel dans l'Église ...» par le Pape. En effet, observe Magister, François est « le pontife au cours du dernier demi siècle qui a exalté plus que tout autre cette suprême autorité ...»

Magister note ainsi le paradoxe apparent : « Au sujet du dogme de l'infaillibilité, cependant, il n'y a pas de comparaison entre son faible et hésitant soutien à reconsidérer le dogme d'une part et sur la puissante et tonitruante proclamation de sa propre autorité suprême qu’il a utilisée plus d'une fois et toujours dans des occasions d'une grande importance d’autre part ».

Mais est-ce vraiment un paradoxe ? Magister, je crois, a négligé la distinction entre le pouvoir et l'infaillibilité. Il semble que François soit peu intéressé à être un Pape infaillible par opposition à être suprêmement puissant. Il est beaucoup trop intelligent pour insister pour qu’aucune de ses nouveautés soit considérée infaillible car cela aboutirait à un résultat impossible où l’enseignement infaillible préalable pourrait alors être contredit par un autre enseignement plus tard infaillible. François sait très bien que l'infaillibilité est limitée aux dogmes de l'Église formellement définis et à son enseignement constant sur la foi et la morale, y compris les sujets tels que le mal grave de l'avortement, la contraception et le divorce. Et il sait qu’il ne peut pas affirmer quoi que ce soit dénommé comme « infaillible » contre ces enseignements infaillibles sans porter atteinte à sa propre prétention à l'autorité papale.

Et François préfère fonctionner dans un nuage de cendres volcaniques d'ambiguïté où la puissance brute de la papauté lui sert le mieux. Dans le même temps, cependant, il est content de permettre à des termites comme Küng de grignoter le dogme de l'infaillibilité pour voir ce à quoi ils peuvent en arriver qui pourrait être utile. Car c’est précisément l’infaillibilité papale qui sous-tend les mêmes dogmes que le programme Bergoglien a contesté indirectement : à savoir, l'indissolubilité du mariage et la Présence Réelle du Christ dans l'Eucharistie (devant laquelle François ne s’agenouille jamais et à laquelle il souhaite donner l’accès aux adultères publics).

Ici, nous voyons le vrai paradoxe émerger : que François veut être infaillible sans le dogme de l'infaillibilité — c’est-à-dire une infaillibilité en termes de puissance incontestable par rapport à l'immuable Dépôt de la Foi que François n’oserait même pas modifier apertis verbis ( note : prononcé clairement et ouvertement ?).

Sandro saisit le paradoxe dans le titre amèrement ironique de son article : « François, le Pape. Plus infaillible que lui, il n'y en a pas ». Ici Magister reflète l'alarme toujours plus forte et même le dégoût que ce que Antonio Socci a si bien surnommé le « Bergoglianisme » parmi les fidèles laïcs ainsi que de nombreux membres du clergé et même certains Évêques et Cardinaux (bien qu'ils se recroquevillent dans le silence de peur de voir leurs têtes rouler). Du point de vue Fatima, ce développement ne peut être que seulement considéré comme encourageant.