lundi 27 mars 2017




Par John-Henry Westen

SOURCE : Life Site News
Mon 27 mars 2017 - 13h03 EST


Life Site News - Pendant des mois, le Vatican a envoyé aux Catholiques un flot constant d'indications que le Pape François est d'accord avec l'opinion des Modernistes permettant la Communion des Catholiques divorcés et remariés.

Nous avons eu sa signature sur une lettre d'appui à l'interprétation des Évêques de Buenos Aires concernant Amoris Laetitia. Nous avons eu le témoignage de l'opinion du Pape par le Cardinal Marx d’Allemagne, l'un du Conseil des Neuf Cardinaux du Pape. Nous avons eu les Évêques Maltais dire ainsi. Nous avons eu l'interprète principal des textes législatifs au Vatican dire ainsi. Et nous avons vu de nombreux articles publiés dans le journal du Vatican prônant cette rupture avec la Tradition.

Il y a eu quelques voix opposées comme celle du Cardinal Muller, le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et plus récemment les Évêques Chiliens.

Alors que les déclarations du Cardinal Muller semblaient plus être son opinion que celle du Pape, les Évêques Chiliens ont fait récemment des commentaires à l'un des principaux journaux du Chili qui semblaient indiquer que le Pape François lui-même leur a donné une interprétation conservatrice de son Exhortation à l’effet qu’il interdisait la Communion des divorcés et remariés Catholiques. En outre, certains blogueurs Catholiques ont interprété les déclarations des Évêques Chiliens pour indiquer que le Pape François s’oppose aussi à ce que la Communion soit donnée aux hommes politiques Catholiques qui soutiennent l'avortement. Certains ont même retenu des remarques des Évêques que le Pape rejette un sacerdoce des prêtres mariés, contredisant ce qu'il a dit au journal Allemand Die Zeit dans une interview seulement peu de temps après leur rencontre.

De trier tout ça n'est pas facile. Une clé vient de Dan Hitchens du Catholic Herald. Il souligne à juste titre que le journaliste qui a interviewé les Évêques Chiliens et ceux qui commentent les remarques de ces Évêques, peuvent effectivement être engagés à prendre leurs désirs pour des réalités.

L'article original dans El Mercurio entremêle les déclarations personnelles des membres de la Conférence des Évêques du Chili avec des compte rendus de tierces personnes au sujet de ce que le Pape a dit à ces mêmes Évêques. Pour une grande part, les seules déclarations imputables au Pape sont des anecdotes vagues.

Mais comme nous l'avons établi ci-dessus, il y a une confusion massive dans l'Église à savoir où exactement le Pape se positionne sur la question. Même si une évaluation approfondie démontre clairement le soutien du Pape en faveur de la Communion aux divorcés et remariés Catholiques, il y a des Cardinaux et des Évêques qui suggèrent que le Pape signifie le contraire.

Pour ceux qui ont connu le Cardinal Jorge Bergoglio avant son élection au pontificat, ce n’est rien de nouveau. J'ai parlé à quelques prêtres de Buenos Aires qui ont travaillé avec le Cardinal Bergoglio dans différentes fonctions et j’ai appris d’eux que la confusion est emblématique de son ministère. Une anecdote en particulier a été très instructive. On m'a dit que des gens de camps opposés seraient tous les deux sortis de rencontres avec le Cardinal Bergoglio en croyant qu'il soutenait leur position. « Il est avec nous, mais il ne peut pas le dire publiquement » rapportent-ils, tout comme ceux qui se sont réunis avec lui du camp adverse.

Alors que dans un archidiocèse cela peut fonctionner pendant un certain temps, ce savant prêtre m'a dit qu’au Vatican, où à peu près tout ce que le Pape dit est claironné au monde, ce genre de divergence se manifeste plus rapidement. François, m'a dit le prêtre, est très Péroniste — du nom de l'ancien Président Juan Domingo Perón d’Argentine. Comme Perón, le Pape François joue à la fois les factions de gauche et de droite. Le prêtre m’a raconté une histoire à propos du président Peron qui aide à comprendre François. Une fois que Peron était en voiture, son chauffeur, à une bifurcation de la route, lui a demandé de de quel bord aller, auquel Peron a répondu : « Clignotez à droite, mais prenez la gauche. » Une dernière note sur Bergoglio , rapportée par le prêtre, c’est que lorsqu'il est poussé dans ses retranchements, il s’identifiera avec la gauche ayant une grande crainte d'être étiqueté de l’aile droite par les médias.

Peu de temps après la publication de Amoris Laetitia, un critique visionnaire a averti que ça deviendrait impraticable pour l'Église si les Évêques en Allemagne faisaient un clin d'oeil au divorce et au remariage alors que ce serait mortellement péché à la frontière avec la Pologne. Mais qui aurait pu prévoir que nous verrions des Évêques et des Cardinaux exprimant des opinions opposées sur ce que le Pape lui-même croit et enseigne ?

La dichotomie est une preuve claire que le Pape lui-même, en refusant de préciser malgré la demande formelle et publique des Quatre Cardinaux et d’autres suppliques associées par d'innombrables autres membres du clergé Catholique et des laïcs, est coupable de trahir toute l'Église. En laissant cette mascarade continuer, il a semé la confusion dans le cœur des fidèles. Cette confusion pourrait conduire au péché mortel et donc à la damnation éternelle.

Le Pape François joue en effet avec le feu. Avec le feu de l’enfer.