jeudi 23 mars 2017

Les fermetures de paroisse sont rarement,
si — jamais — « inévitables ».
C’est une alternative.


Saint Patrick
Le saint patron de la fermeture des paroisses ?



Par: Phil Lawler

Phil Lawler a été journaliste Catholique depuis plus de 30 ans. Il a édité plusieurs revues Catholiques et écrit huit livres. Fondateur de World Catholic News, il est le directeur des nouvelles et analyste en chef à CatholicCulture.org.

SOURCE : Catholic Culture
Le 17 mars 2017


(Cette chronique, rédigée il y a cinq ans, est affichée de nouveau sur demande.)

Inutile de le dire, il n'y a pas de saint Patron de la fermeture des paroisses.

La fermeture d'une paroisse est une tragédie. Une église paroissiale est plus qu'un simple bâtiment. Elle est un dépôt de souvenirs : des enfants baptisés là, des couples heureusement mariés, des parents qui ont pleuré et enterré des proches. Elle est un témoignage de la Foi des familles Catholiques qui ont grappillé, épargné et se sont sacrifiés pour construire une maison convenable de culte pour leur communauté. Elle est un lieu de prière, sanctifié par les supplications ferventes des personnes en difficulté, par la joie exultante de ceux à qui des faveurs ont été accordées, par la louange innocente des jeunes enfants et les soucis anxieux de leurs parents et grands-parents. Avant tout, c’est une Maison de Dieu, où notre Seigneur Eucharistique a régné de Son humble Trône dans le Tabernacle. De fermer un tel bâtiment — pour le remettre à utilisation séculière — afin de louer des condos et des boutiques qui s’installent dans un espace où la Foi a jadis fleuri—est indiciblement triste.

La fermeture d'une paroisse est un aveu de défaite. Si les fidèles ont pu soutenir une paroisse sur ce site à un moment donné, pourquoi ne peuvent-ils pas soutenir une paroisse aujourd'hui ? Les villes américaines sont parsemées de structures d'églises magnifiques, construites avec des sous et des centimes que les familles d'immigrants serrées pouvaient à peine se permettre de faire un don. Aujourd'hui, les petits-enfants riches de ces immigrants ne sont pas disposés à assumer les factures d’huile à chauffage de la paroisse — et, encore plus au cœur du problème, à encourager leurs fils à envisager une vie de prêtrise.

Les fermetures des paroisses sont monnaie courante en Amérique d'aujourd'hui et les prélats sont félicités pour leur bonne gestion de ce qui est considéré comme une contraction « inévitable » de l'Église. Pourquoi est-elle inévitable ?

Il y a des cas, comme je m’en rends compte, que les paroisses sont condamnées par des changements démographiques. J'ai vu des endroits où deux églises Catholiques ont été construites, littéralement l’une en face de l'autre : l'une pour le bénéfice des familles francophones, l'autre pour leurs voisins germanophones. Les quartiers ont changé et, maintenant que tous les habitants parlent la même langue espagnole, il n'y a plus besoin de deux églises.

De tels cas, cependant, ne représentent qu'une faible proportion des fermetures de paroisses que nous voyons aux États-Unis aujourd'hui. Plus généralement, la paroisse prévue pour être fermée est située dans un quartier peuplé et confortable avec aucune autre église Catholique particulièrement à portée de main, et aucune raison particulière pour laquelle la communauté qui a soutenu une paroisse florissante en 1960 ne pourrait pas maintenir la même paroisse maintenant, 50 ans plus tard. Aucune raison sauf à cause du déclin de la Foi Catholique. Les paroisses ferment parce que les familles Catholiques ne se soucient pas assez de la Foi pour les maintenir ouvertes.

Dans d'autres cas, les paroisses ferment parce que, même si le quartier est encore peuplé, les familles Catholiques ont déménagé et les nouveaux résidents viennent de différents milieux religieux ou y viennent sans croyances religieuses. Dans de tels cas, nous dit-on, l'Église doit accepter la nouvelle réalité et se rendre compte que le quartier ne peut pas soutenir une paroisse. Mais pourquoi devrions-nous faire une telle concession ? Pourquoi devrions-nous admettre qu'il est impossible de convertir les nouveaux résidents à notre Foi Catholique ?

Les fermetures de paroisse sont rarement, si — jamais — « inévitables ». C’est une alternative. Nous pourrions ramener les Catholiques qui ne pratiquent plus à l'Église. Nous pourrions amener de nouveaux Catholiques dans la bergerie. Les Évangiles résonnent avec la Mission du Seigneur à Ses Apôtres d’évangéliser, non pas de faire des économies.

Non, il n'y a pas de saint patron de la fermeture de la paroisse, et il n'y en aura jamais. Mais Saint Patrick, que nous honorons aujourd'hui, pourrait bien être appelé le saint patron de l'alternative.

Lorsque Saint Patrick, ayant échappé à l'esclavage en Irlande, est arrivé à nouveau en tant que missionnaire, le pays était païen. Au moment où il est mort, le pays était Catholique. Il est entré dans un « quartier » — façon de dire une nation toute entière — qui ne pouvait pas soutenir une paroisse. Mais il n'a pas accepté ce que de moindres âmes auraient considéré comme inévitable. Au lieu de cela, il a changé les conditions du quartier, et bientôt une paroisse a été créée. Et une autre et une autre. Au cours de ses années de ministère dans le pays jadis païen, il est dit qu’il a consacré plus de 300 Évêques. (Le nombre de prêtres qu'il a ordonnés n’est pas aux archives, peut-être que les calculateurs du 5ème siècle ne disposaient pas suffisamment de chiffres ! ) En Irlande aujourd'hui, il y a sept diocèses—non pas des paroisses mais des diocèses — qui remontent aux années du travail missionnaire de Saint Patrick.

Si Saint Patrick a pu convertir toute une nation, pourquoi pas nous ? Nous avons des avantages matériels qui auraient laissé Saint Patrick haletant : la capacité de faire des centaines de miles en une journée, la capacité de communication instantanée à travers le monde. Est-ce que le contenu de la Foi Catholique d’aujourd'hui est moins viable qu'elle ne l'était au 5ème siècle ? Est-ce que l’influence du Saint-Esprit a moins de valeur ? Je sais comment Saint Patrick aurait répondu à ces questions.

Oui, il existe une alternative à la fermeture des paroisses. Deux alternatives, en fait, et ils ne sont pas mutuellement exclusives :

1) Nous devons prier pour l'émergence de nouveaux missionnaires Catholiques aujourd'hui avec les mêmes grands dons que Saint Patrick,

et

2) Nous devrions tous—chacun de nous, à partir d'aujourd'hui — nous efforcer d'agir plus comme Saint Patrick.