jeudi 9 mars 2017

Pourquoi aller à Fatima ?



Par : Roberto de Mattei, vaticaniste
SOURCE : Rorate Caeli
Également publié dans « IL TEMPO »
Traduction de l'Italien vers l'Anglais : Contributrice Francesca Romana


Ceux qui vont en pèlerinage à Lourdes le font pour se plonger dans l'atmosphère surnaturelle de l'endroit. La Grotte où Notre-Dame apparut à Sainte Bernadette en 1858 et les bassins où les malades continuent d'être immergés dans l'eau miraculeuse, sont des franges d'une terre bénie dans une société maintenant impie. Ceux qui vont à Fatima, de l'autre côté de la frontière, pour obtenir un rafraîchissement spirituel non pas d'un lieu, mais d'un Message céleste : le soi-disant « secret » que Notre-Dame a confié aux trois petits bergers il y a cent ans, entre mai et octobre en 1917. Lourdes guérit principalement les corps, Fatima offre la direction spirituelle aux âmes désorientées.

Le 13 mai 1917, à la Cova de Iria — lieu isolé de rochers et d'oliviers, près du village de Fatima, au Portugal, « une dame tout de blanc vêtue, plus brillante que le soleil, irradiant des rayons, clairs et plus solides que du verre de cristal rempli d'eau la plus pétillante, percée par les rayons brûlants du soleil » *, apparut à trois enfants qui surveillaient leurs brebis, Francesco, Jacinta et leur petite cousine Lucia dos Santos. Cette Dame s’est révélée comme la Mère de Dieu qui était chargée d'un message pour l'humanité et qui a donné un rendez-vous aux trois bergers pour le 13 de chaque mois suivant jusqu'à octobre. La dernière apparition s'est terminée par un grand miracle atmosphérique, nommé « la danse du soleil », vu même à partir de 40 kilomètres par des dizaines de milliers de personnes.

Le secret révélé par Notre-Dame de Fatima contient trois parties qui forment un ensemble organique et cohérent. Le premier est une vision terrifiante de l'enfer dans lequel les âmes des pécheurs sont précipitées ; la miséricorde du Cœur Immaculé de Marie contre cette punition [qui est] le remède suprême offert par Dieu à l'humanité pour le salut des âmes.

La deuxième partie implique une alternative historique dramatique : la paix — fruit de la conversion du monde et l'accomplissement des demandes de Notre-Dame — ou un terrible châtiment attendrait l'humanité si elle restait obstinée dans ses voies pécheresses. La Russie serait l'instrument de ce châtiment.

La troisième partie, divulguée par le Saint-Siège en juin 2000, développe la tragédie dans la vie de l'Église, offrant une vision d'un Pape et des Évêques, des religieux et des laïcs morts par des persécuteurs. Les discussions qui se sont ouvertes ces dernières années sur ce « Troisième Secret » risquent cependant d'obscurcir la force prophétique de la partie centrale du Message résumée en deux phrases décisives : la Russie « répandra ses erreurs dans le monde entier » et « à la fin, Mon Cœur Immaculé triomphera ».

Le 13 juillet 1917, alors que Notre-Dame donnait ces paroles aux enfants de Fatima, la minorité Bolchévique n'avait pas encore atteint le pouvoir en Russie. Cela se produira quelques mois plus tard avec la « Révolution d'Octobre » qui marquera le début de la diffusion mondiale d'une philosophie politique qui propose d’enlever de ses gonds les fondements de l'ordre naturel et Chrétien des choses. « Pour la première fois dans l'histoire — a déclaré Pie XI dans son encyclique Divini Redemptoris du 19 mars 1937 —, nous assistons à une lutte froidement voulue et savamment préparée de l'homme contre « tout ce qui est divin » » (2 Thess. 1,4). Au XXe siècle, il n'y a pas d'autres crimes comparables au Communisme quant à l'espace temporel dans lequel il s'est répandu, pour les territoires qu'il a embrassés, pour la qualité de haine qu'il a pu sécréter. Après l'effondrement de l'Union Soviétique, ces erreurs ont été comme si elles avaient été libérées de l'emballage qui les contenait pour se propager comme un miasme idéologique sur tout l'Occident sous la forme d'un relativisme culturel et moral.

Les erreurs du Communisme semblent avoir pénétré à l'intérieur même de l'Église Catholique. Le Pape Bergoglio a récemment reçu au Vatican les représentants des soi-disant « Mouvements Populaires », des représentants de la nouvelle gauche Marx-Écologiste et il a exprimé sa sympathie pour les régimes pro-marxistes des frères Castro à Cuba, Chàvez et Maduro au Venezuela, Morales En Bolivie, Rafael Correa en Équateur et José Mujica en Uruguay, oubliant les paroles de Pie X dans l'encyclique Divini Redemptoris du 19 mars 1937, qui définissait le Communisme comme « intrinsèquement pervers ».

Le Message de Fatima représente un antidote contre la pénétration de ces erreurs. Six Pontifes ont reconnu et honoré les apparitions à la Cova da Iria. Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI ont visité le sanctuaire comme Papes tandis que Jean XXIII et Jean-Paul Ier sont allés là quand ils étaient encore Cardinaux, Roncalli et Luciani. Pie XII y envoya son délégué, le Cardinal Aloisi Masella.

Ceux qui ne sont jamais allés à Fatima ne devraient pas manquer d’y aller cette année, le centenaire de l'événement. Ceux qui ont été là une fois ou même plus, [devraient] faire ce que j'ai fait : y retourner. Au moins jusqu'à Pâques vous ne trouverez pas des masses de pèlerins. Ignorez le nouveau sanctuaire, qui dans sa laideur rappelle celui de San Pio da Pietrelcina à San Giovanni Rotondo et limitez vos visites à la Chapelle des Apparitions et à l'ancien sanctuaire qui abrite les restes mortels des Bienheureux Jacinta et Francesco ainsi qu’à la colline de Cabeco où, en 1916, l'Ange du Portugal prévoyait les apparitions aux trois petits bergers.

Fatima révèle à ses dévots l'importance de la tragédie de notre temps, mais ouvre aussi les cœurs à une espérance invincible dans l'avenir de l'Église et de toute la société.

* Selon leurs paroles