dimanche 25 juin 2017

Une commission papale reconsidérant Humanae Vitae ?
Non mais...




Par: Phil Lawler

Phil Lawler a été journaliste Catholique depuis plus de 30 ans. Il a édité plusieurs revues Catholiques et écrit huit livres. Fondateur de World Catholic News, il est le directeur des nouvelles et analyste en chef à CatholicCulture.org.

SOURCE : Catholic Culture
Le 23 juin 2017


La bonne nouvelle, c’est que, contrairement à une rumeur répandue, le Pape François n'a pas ordonné à une commission pour reconsidérer l'enseignement de Humanae Vitae à la lumière d'Amoris Laetitia.

La mauvaise nouvelle est que la commission existe. Appelez-la un « groupe d'étude » si vous préférez, mais il y a un panel d’académiciens qui travaille sous les auspices d'un Institut Pontifical en vue de préparer une réévaluation de Humanae Vitae.

Mgr. Gilfredo Marengo, qui préside le groupe, a déclaré à Catholic News Agency que « la question d'une conciliation entre Amoris Laetitia et Humanae Vitae n'est pas à l'ordre du jour ». Moins rassurant, il a dit qu'il n'était pas intéressé à trouver « des réponses à des questions inutiles » et qu’« il favorisait « la décentralisation des problèmes doctrinaux » ».

La commission de Mgr Marengo est parrainée par l'Institut Pontifical Jean-Paul II pour les Études sur le Mariage et la Famille qui, comme son nom l'indique, avait été établi comme un rempart de soutien pour le travail révolutionnaire du grand Pontife Polonais sur la sexualité humaine et la « théologie du corps ». Mais l'Institut Jean-Paul II Paul a été éviscéré et remodelé sous le Pape François, ainsi que son institution mère, l'Académie Pontificale pour la Vie.

L'Archevêque Vincenzo Paglia, président de l'Académie Pontificale pour la Vie, a déclaré au journaliste Andrea Gagliarducci de Catholic News Agency que « nous devrions regarder positivement toutes ces initiatives comme celle du Professeur Marengo de l'Institut Jean Paul II, qui vise à étudier et à approfondir [Humanae Vitae] dans le cadre du cinquantième anniversaire de sa publication ». Mais nous aurions pu compter sur le « vieil » Institut Jean-Paul II pour produire une défense solide de l'argumentation centrale de Humanae Vitae. Nous ne pouvons pas nous attendre à la même chose aujourd'hui.

L'Archevêque Paglia a assuré Gagliarducci « qu'il n'y a pas de commission pontificale appelée à relire ou à réinterpréter Humanae Vitae ». D’accord, le Pape François n'a pas nommé la commission. Il n'avait pas besoin de le faire. En nommant l'Archevêque Paglia et en nommant les nouveaux membres de l'Académie Pontificale pour la Vie, il s’est assuré que ces institutions prendraient une nouvelle direction.

Ou disons-le de cette façon : le Pape François n'a pas nommé la commission qui étudie maintenant Humanae Vitae. Mais cette commission n'existerait pas au Vatican si elle n'avait pas l'approbation implicite du Pape.