mardi 27 juin 2017

L’homélie du Pape François le 8 mai
Est-ce une réponse aux dubia des Cardinaux ?


Dans sa première occasion de prêcher après avoir reçu la demande des Cardinaux pour une audience, le Pape a mis en garde contre la résistance au Saint-Esprit et la crainte des « nouveautés de l'Église ».


Par : Edward Pentin
Le 21 juin 2017

SOURCE : National Catholic Register




Bien que le Pape François n'ait pas répondu officiellement aux dubia — ni au souhait des Quatre Cardinaux d'avoir une audience — l'homélie qu'il a donnée à la résidence Santa Marta peu de temps après avoir reçu sa demande de rencontre pourrait indiquer comment il voit le problème.

En la matinée du lundi 8 mai — cette première occasion eut lieu lorsque le Pape a prêché librement après que la lettre des Cardinaux demandant une audience lui a été remise le samedi 6 mai — François a mis en garde contre la résistance au Saint-Esprit et à être au lieu ouvert toujours au « Dieu des surprises ».

Selon un rapport de la Radio Vatican, il a déclaré que le Saint-Esprit fait des miracles et crée des choses nouvelles, et « certainement dans l’Église, certains avaient peur de ces choses nouvelles ». Un Dieu qui nous surprend, poursuit-il, peut créer des « difficultés », tout comme Pierre quand il a été contesté par les autres Apôtres, car « des païens eux-aussi ont pu entendre la Parole de Dieu ».

Pierre se faisait gronder, François a rappelé à ceux qui étaient présents, parce que, selon ses critiques, c’était « un scandale » qui les a amenés à demander : « Toi, Pierre, la Pierre de l’Église ! Où nous conduis-tu ?».

Mais Pierre, dit le Pape, a vu sa vision « comme un signe de Dieu » qui lui fait « prendre une décision courageuse ». Le Premier Vicaire du Christ « capable d’accueillir la surprise de Dieu » et face à tant de surprises du Seigneur « les Apôtres doivent se réunir et discuter pour parvenir à un accord » afin d’accomplir « le pas en avant que veut le Seigneur » a déclaré François.

Le Pape a poursuivi :

« Toujours, depuis les temps des prophètes jusqu’à aujourd’hui, il existe un péché qui consiste, selon François, à résister à l’Esprit Saint ». C'est le péché pour lequel Étienne accuse les membres du Sanhédrin : « Toi et tes pères ont toujours résisté au Saint-Esprit. » Non, cela s’est toujours fait ainsi et il faut le faire ainsi. Ils disent à Pierre de ne pas apporter cette nouveauté, de rester calme ... de prendre une « une pastille calmante » et de se calmer les nerfs ... d’être calme ... alors voilà comme on est hermétique à la voix de Dieu. Dans le psaume, le Seigneur parle au peuple : « N’endurcissez pas vos cœurs comme vos pères ».

Il a ensuite châtié ceux qui disent : « On a toujours fait ainsi », qui éteignent et résistent au Saint-Esprit « qui agit toujours en allant de l’avant, accompagnant l’Église » a déclaré le Pape.

Se demandant comment peut-on discerner si ces innovations proviennent du Saint-Esprit ou d'un esprit de mondanité et du diable, le Pape a déclaré qu'il fallait demander l'esprit de discernement. Pour cela, il a déclaré que les Apôtres «« se sont réunis, ils ont parlé et ils ont vu ce qu'était la route de l’Esprit Saint » — peut-être une allusion aux Synodes de la Famille et comment il voit ces rencontres. Mais le Pape a ajouté que « ceux qui n’avaient pas ce don, n’avaient pas prié pour l’obtenir et ils sont restés renfermés et immobiles ».

« La Foi », a souligné le Pape, « ne change jamais. Elle reste la même. Mais parce qu’elle est en mouvement, elle croît et s’élargit ».

Il a ensuite cité le Père de l'Église primitive du Ve siècle, Saint Vincent de Lérins, souvent considéré comme l'autorité en matière de développement authentique de la Doctrine, qui a déclaré : « Les « vérités de l’Église » vont de l’avant. Elles se consolident avec les années, se développent avec le temps et s’approfondissent avec l’âge parce qu’elles sont plus fortes avec le temps et les années, elles s’élargissent et deviennent plus élevées avec l’âge de l’Église ».

La Radio Vatican a déclaré que le Pape a conclu en exhortant les participants à « demander la grâce du discernement afin de ne pas se tromper de chemin et à être pris au piège de l'immobilité, de la rigidité et de la fermeture du cœur ».

Les Quatre Cardinaux des dubia — Carlo Caffarra, Raymond Burke, Walter Brandmüller et Joachim Meisner — demandent au Saint-Père plus de clarté sur les passages litigieux clés dans Amoris Laetitia après que les Évêques du monde entier ont interprété largement le document, notamment en ce qui concerne l'important problème d'admettre des Catholiques civilement remariés sans nullité à la Sainte Communion. Certains chercheurs voient de sérieux problèmes avec le document lui-même.

En février, le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le Cardinal Gerhard Müller, a averti les Évêques d'arrêter d'interpréter Amoris Laetitia de manière à contredire la Doctrine immuable de l'Église.

Les Cardinaux des dubia ont demandé au Pape en septembre dernier de résoudre ce manque de clarté d'interprétation en répondant à cinq questions concernant le texte de l'Exhortation pour vérifier si l'enseignement papal précédent sur ces questions reste en vigueur. Le Pape n'a pas encore répondu à leur demande ni ne les a rencontrés.

Lundi 8 Mai 2017

Homélie intégrale à Ste Marthe
Prier pour recevoir le don du discernement

Ce lundi 8 mai 2017, lors de la messe qu’il célèbre chaque matin dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe au Vatican, le Pape a demandé aux fidèles de se garder du péché qui consiste à résister à l’Esprit Saint, les invitant au contraire à se montrer plus ouverts aux surprises de Dieu. François commentait la première lecture de ce jour tirée du livre des Actes des Apôtres (Ac 11, 1-18) qui narre la confrontation entre saint Pierre et la première communauté chrétienne étonnée de constater la manière dont celui-ci ouvrait l’Église aux païens. Dieu nous surprend toujours

L’Esprit Saint fait bouger l’Église et la communauté chrétienne. Il accomplit des miracles et «certainement dans l’Église, certains avaient peur de ces choses nouvelles». L’Esprit est le don de Dieu, a souligné le Pape François, notre Père qui nous surprend toujours. Pourquoi est-ce «le Dieu des surprises» ? Parce que c’est «un Dieu vivant, qui vit en nous, qui émeut notre cœur, qui est dans l’Église et qui marche avec nous. Et ce chemin, toujours, nous surprend». Dieu a eu la créativité de créer le monde, a expliqué François, et il a la créativité de créer des choses nouvelles tous les jours.

Le fait que Dieu soit un Dieu des surprises peut créer des «difficultés» reconnaît le Pape. C’est le cas dans la lecture de ce jour quand Pierre est contesté par les autres apôtres, car «des païens eux-aussi ont pu entendre la Parole de Dieu». Pour eux, Pierre avait été trop audacieux et il se faisait gronder. Selon eux, c’était «un scandale», d’autant plus qu’il était de «toi, Pierre, la pierre de l’Eglise ! Où nous conduis-tu ?». Ne pas résister à l’Esprit Saint

Pierre leur raconte sa vision, «un signe de Dieu» qui lui fait prendre «une décision courageuse». Pierre, répète François, est «capable d’accueillir la surprise de Dieu». Face à tant de surprises du Seigneur, «les apôtres doivent se réunir et discuter pour parvenir à un accord» afin d’accomplir «le pas en avant que veut le Seigneur». «Toujours, depuis les temps des prophètes jusqu’à aujourd’hui, il existe un péché qui consiste, selon François, à résister à l’Esprit Saint». Le Pape condamne également l’attitude de ceux protestent en affirmant que «cela s’est toujours fait ainsi» ou de ceux qui voudraient donner «une pastille calmante» à saint Pierre pour qu’il se tienne tranquille. Voilà comme on est hermétique à la voix de Dieu. Demander la grâce du discernement

Évoquant l’Évangile de ce lundi (Jn 10, 11-18), le Pape affirme que le Seigneur nous demande sans cesse de ne pas endurcir notre cœur. C’est la volonté du Seigneur, il existe d’autres peuples qui «ne nous appartiennent pas», mais au bout du compte «il n’y aura qu’un seul troupeau et un unique pasteur», explique François. Le Pape poursuit : même lorsque les païens devenaient croyants, ils étaient considérés comme des «croyants de seconde classe». On ne le disait pas, mais c’était un fait. Or, estime François, «le renfermement, la résistance à l’Esprit Saint» ou cette phrase «on a toujours fait ainsi», voilà qui tue. Cela tue la liberté, la joie, la fidélité à l’Esprit Saint qui agit toujours en allant de l’avant, accompagnant l’Église.

«Mais comment puis-je savoir si une chose me vient de l’Esprit Saint ou de la mondanité, de l’esprit du monde ou du diable ? Il faut demander la grâce du discernement, tel est l’instrument qu’offre le Seigneur aux fidèles. Il faut toujours discerner ce qu’il convient de faire et comment», affirme le Pape. C’est d’ailleurs ce qu’ont fait les apôtres. «Ils se sont réunis, ils ont parlé et ils ont vu ce qu'était la route de l’Esprit Saint. En revanche, ceux qui n’avaient pas ce don, n’avaient pas prié pour l’obtenir et ils sont restés renfermés et immobiles». La vérité de l’Église

«Nous chrétiens, a poursuivi François, nous devons parmi tant de nouveautés discerner ce qui est la vérité, le vin nouveau qui vient de Dieu, et la nouveauté qui vient de l’esprit du monde ou du diable». La foi ne change jamais, ajoute-t-il. Elle reste la même. Mais parce qu’elle est en mouvement, elle croît et s’élargit. En évoquant un moine des premiers siècles, Saint-Vincent de Lérins, le Pape soulgine que les «vérités de l’Eglise» vont de l’avant. «Elles se consolident avec les années, se développent avec le temps et s’approfondissent avec l’âge parce qu’elles sont plus fortes avec le temps et les années, elles s’élargissent et deviennent plus élevées avec l’âge de l’Église».

Le Pape prie le Seigneur pour que chacun puisse recevoir la grâce du discernement «afin de ne pas se tromper de route pour ne pas tomber dans l’immobilité, la rigidité et la fermeture de son cœur».
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Source : http://fr.radiovaticana.va/