vendredi 23 juin 2017

L’ancien chef de la Banque du Vatican

Le silence du Pape François est
un audacieux déni de la vérité objective



par : Ettore Gotti Tedesc
SOURCE : Life Site News
Le vendredi 23 juin 2017 — 11h42 HNE


Pourquoi le Pape ne répond-il pas aux dubia ? L'ancien directeur de la Banque du Vatican pense qu'il sait pourquoi. Dans un essai mordant dans le site/journal La Verità d’Italie, traduit ci-dessous, Ettore Gotti Tedeschi suggère que François envoie deux messages dans son silence : qu'il peut se contredire si ça lui plaît et qu'il veut imposer une « Nouvelle Morale Catholique » sur l'Église. Cette nouvelle morale ne reposerait pas sur la Doctrine, mais sur les opinions subjectives de la conscience individuelle. Pendant ce temps, le déni d'Amoris Laetitia concernant la condamnation éternelle contredit les affirmations de Jésus dans l'Évangile selon lesquelles les pécheurs sont en danger de ce sort. En fin de compte, le silence de François — qui permet aux doutes de continuer à prospérer — est un déni de la vérité objective.

23 juin 2017 (LifeSiteNews) — Je vois deux messages implicites dans l'échec du Pape à répondre aux dubia. Le premier message implicite est « je peux me contredire si je le veux ». Au début du Synode sur la Famille (octobre 2014), le Pape a invité les Cardinaux à parler ouvertement et franchement, sans crainte d'embarrasser le Pape (la fameuse Parrhésie). Et pourtant, depuis des mois, le Pape a refusé de répondre en privé ou en public aux dubia exprimés par Quatre Cardinaux qui représentent une grande partie des fidèles.

Le deuxième message implicite semble être une déclaration d'intention d'imposer une « Nouvelle Morale Catholique ». Cela se fondera sur les circonstances embarrassantes des nouvelles exigences éthiques (ou demandes) des nouvelles situations créées par le monde sécularisé et non sur les Commandements, le Catéchisme et le Magistère invoqués par l’« obsolète » Veritatis Splendor.

Dans le passé, l'inquiétude de l'Église était de garder les fidèles « forts dans la Vérité » afin de préserver la Foi. Elle a donc découragé une disposition pour interpréter la Doctrine et le Magistère d'une manière subjective et dangereusement trompeuse. En effet, à l'époque, la tâche des Pasteurs était de confirmer les certitudes de la Foi en « enseignant » et pas seulement en « écoutant ».

Aujourd'hui, on pourrait dire que vous devriez avoir des doutes subjectifs et non résolus pour démontrer que vous avez une « Foi authentique ». Vous ne devez pas essayer de les résoudre ni de trouver des réponses à des questions sur des points d'interprétation ambiguë parce que cela serait insolent et arrogant. Les doutes sont nécessaires car il semble que nous ne voulons pas affirmer une vérité unique, absolue et objective. Une vérité pluraliste et dialectique a pris sa place parce que cette dernière vérité, une vérité basée sur les conclusions d'une conscience individuelle « autodidacte », a remplacé la Doctrine en tant que juge des actions (praxis).

On pourrait dire que la morale traditionnelle a été supplantée par les circonstances (et non par l'idéal), et comme nous ne devons plus juger (c'est-à-dire évaluer objectivement les circonstances), l'Église semble vouloir renoncer à la possession de la vérité et de son enseignement ( à moins que ça ne concerne l'environnement, la pauvreté et l'immigration). Ainsi, un échec à répondre aux dubia confirme que la Doctrine est abstraite et qu'elle est inutile pour le salut parce que la vérité est transitoire, subjective et ouverte à différentes interprétations. Il est préférable de dialoguer que d'enseigner quelque chose qui n'est plus éternel.

Pendant des mois, les théologiens ont été forcés ou ont été obligés de ne souligner que quelques parties d'Amoris Laetitia, négligeant les parties qui laissent des doutes et génèrent des interprétations subjectives. Cela signifie qu’Amoris Laetitia ne semble pas être aussi « objectif » que certains le supposent. Mais les points controversés ne sont pas si marginaux, mineurs ou sans importance par rapport aux nombreuses bonnes parties. Je suggère aux lecteurs de lire eux-mêmes les paragraphes en question (Amoris Laetitia # 297, # 299, # 301, # 305, # 329 ...) et se poser les questions qui ont été posées par les Quatre Cardinaux et les Catholiques qui se réfèrent au Catéchisme, à l'Évangile et au Magistère spécifique (Casti Connubi, Veritatis Splendor, Familiaris Consortio ...).

Les dubia se préoccupent de ce qui est un péché grave (mortel) ici : à savoir la possibilité de recevoir l'absolution sacramentelle et la Sainte Eucharistie par ceux qui vivent illégitimement comme mari et femme et ne veulent pas s'arrêter. Les dubia demandent quelle est la chasteté conjugale et si des situations existent dans lesquelles nous devons pécher parce qu'il y a des tentations supérieures à notre force. Ils demandent si des situations existent dans lesquelles une forme d'ignorance justifie le péché.

Chers lecteurs, les dubia demandent si une nouvelle morale est ou n'est pas proposée et si l'aide de Dieu, qui ne manque jamais, vise à nous empêcher de pécher ou de nous empêcher de nous sentir coupables après avoir péché. Les dubia ne sont pas une démonstration bizarre ni méchante des Quatre Cardinaux.

Il faut se méfier ! Dans les Évangiles, Jésus dit 15 fois qu'il existe un risque de damnation éternelle si quelqu'un persiste dans un péché grave tandis que le paragraphe # 297 d’Amoris Laetitia affirme que personne ne peut être condamné pour toujours car ce n'est pas la logique de l'Évangile. Ainsi, la damnation éternelle semble devenir une hérésie. Cependant, le paragraphe # 304 d’Amoris Laetitia dit aussi que les règles générales dans leurs formulations ne peuvent pas embrasser toutes les situations particulières, admettant implicitement l'existence de tant de doutes laissés à une interprétation subjective et dangereuse.

L'échec du Pape à répondre aux dubia illustrerait le fait que les doutes doivent être résolus subjectivement parce que la vérité n'est plus objective. Ainsi, l'Église aujourd'hui semble déclarer qu'elle ne veut pas avoir une Doctrine à proposer au monde. Elle croit que la circonstance détermine la Doctrine plutôt que le contraire. Par conséquent, la nouvelle Église semble vouloir donner des suggestions morales mais sans préceptes, sans lois. Il est inutile de se demander si tel est le cas.