lundi 11 avril 2016

« Plus Catholique que le Pape »

Nous Vous en supplions, Seigneur, de recevoir avec miséricorde les prières de votre Église pour qu’Elle puisse, toute adversité et erreur étant détruites, Vous servir dans la sécurité et la liberté. Par notre Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne avec Vous dans l'unité du Saint-Esprit, Dieu, un monde sans fin. Amen.

O Dieu, le Pasteur et le Souverain de tous les fidèles, regarde favorablement ton serviteur François que Vous avez été heureux de nommer Pasteur sur Votre Église. Accordez, nous Vous en supplions, qu’il puisse bénéficier à la fois de la parole et de l’exemple auprès de ceux sur qui Vous l’avez établi et qu’il atteigne ainsi la vie éternelle, ensemble avec le troupeau que Vous confié à ses soins. Par notre Seigneur Jésus-Christ, qui vit et règne avec Vous dans l'unité du Saint-Esprit, Dieu, un monde sans fin. Amen.




En raison de la publication de l'Exhortation papale, Amoris laetitia, les Catholiques qui cherchent à s’en tenir aux enseignement pérennes de l'Église et qui sont incompatibles avec les réflexions et les conseils de François vont inévitablement se retrouver assaillis car on pensera qu’ils sont « plus Catholiques que le Pape ».

La vieille expression « plus Catholique que le Pape » a historiquement référé à la sorte de Catholiques (généralement à leur insu) qui se reposent sur leur propre perception limitée ou défectueuse de la Foi et de leurs propres dévotions Catholiques et pratiques religieuses préférées comme étant la règle par laquelle ils mesurent l'orthodoxie et l'orthopraxie. Si quelqu'un est décrit comme se croyant ou agissant comme s’il se pensait « plus Catholique que le Pape, « c’est censé signifier qu’il est bien-pensant, prude, rigoriste ou qu’il souffre peut-être de scrupule — dirait plus ou moins son accusateur.

L'expression, bien sûr, est associée aux Doctrines Catholiques de la primauté pétrinienne et de l'infaillibilité pontificale ainsi que de la compétence universelle. Prise à la lettre, cependant, l'expression « plus Catholique que le Pape » suggère que la façon dont les Catholiques déterminent ce qu’est le Catholicisme ou ce qu'il n’est pas, est de connaître ce que le Pape dit et fait dans sa vie quotidienne.

Cela, cependant, ne pourrait pas être plus éloigné de la vérité. Comme il est expliqué dans la Constitution dogmatique Pastor Aeternus Première du Concile Vatican II, l'Église soutient fermement que « le Saint Esprit n'a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu'ils fassent connaître, sous sa révélation, une nouvelle doctrine, mais pour qu'avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c'est-à-dire le Dépôt de la Foi ».

La Foi Catholique n’est pas quelque chose qui est inventée à nouveau par chaque prêtre selon ses opinions propres, ses prédilections, sa compréhension ou ses caprices. Le Pape est seulement bon comme un « étalon » quand il enseigne formellement en conformité avec « la Foi jadis transmise aux Saints » comme l'Apôtre Saint Jude l’a écrit.

Lorsque le Pape Libère consentit à l'excommunication injuste de Saint Athanase le Grand et qu’il l’a approuvée selon une formule ambiguë du Credo qui pouvait être accommodante aux hérésies ariennes ou semi-ariennes, tous les Fidèles Catholiques étaient alors « plus Catholiques que le Pape ».

Lorsque le Pape Honorius I exprima de fausses opinions théologiques et qu’il a échoué à corriger et à condamner les hérétiques Monothélites, tous les fidèles Catholiques étaient alors « plus Catholiques que le Pape ». En effet, ils étaient tellement plus Catholiques que Honorius que l'Église, à titre posthume, le condamna comme hérétique, une décision que le successeur d’Honorius, Saint Léon II, a approuvé. « Nous anathématisons les inventeurs de la nouvelle erreur qui sont Théodore, Sergius ... et aussi Honorius qui n'a pas essayé de sanctifier cette Église Apostolique avec l'enseignement de la tradition apostolique mais a permis par une trahison profane que sa pureté soit entachée ». Pendant une grande partie de l'histoire de l'Église, les prêtres qui priaient les Offices ont répété l’anathème prononcé contre le Pape Honorius.

Lorsque le Pape Étienne VII a désacralisé les restes du Pape Formose au cours du hideux et honteux Synodus Horrenda (note : latin pour le « Concile cadavérique »), tous les Catholiques qui cherchaient à pratiquer la justice et qui respectaient le caractère sacré du corps humain étaient alors « plus Catholiques que le Pape ».

Lorsque le Pape Jean XII a effectivement « transformé le palais de Latran en un bordel », comme les historiens contemporains le rapportent de façon si colorée, et quand le Pape Benoît IX se livra à l'impudicité et l'effusion de sang, chaque Fidèle Catholique qui cherchait à cultiver les vertus de chasteté, de pureté, de miséricorde et de paix dans leur conduite personnelle était alors « plus Catholique que le Pape ».

Lorsque le Pape Jean XXII prêchait l'erreur dans ses prédications à savoir que les fidèles défunts ne bénéficient pas de la Vision Béatifique pas avant que le jour du jugement à la fin du monde ne survienne, tous les fidèles Catholiques étaient alors « plus Catholiques que le Pape » — et le cri fort et outragé des Fidèles contre lui l'a amené à se rétracter de son erreur et son successeur a alors infailliblement défini l'opinion de Jean XXII comme une hérésie.

L’infaillibilité papale ne signifie pas l'impeccabilité ou l'omniscience papale du Pape. Les obligations de docilité et d'obéissance des Fidèles ne vont pas si loin que l'on doive se tenir debout sur sa tête et croiser ses yeux afin de voir comment un énoncé papal scandaleux et erroné est en fait vrai, après tout. La grande partie de ce que dit un Pape n’est pas infaillible et l'autorité papale n'a jamais été étendue au point d’avoir le droit d'introduire des enseignements et des lois qui contredisent ou vont à l'encontre de la Foi. Il n'y a pas de déshonneur, de manque de respect ou de désobéissance envers le Saint-Père à souligner et à croire ces vérités de la Foi Catholique.

« Plus Catholique que le Pape » vous dites ? C’est qui est arrivé de nombreuses fois dans l'histoire de l'Église. C’est grandement à regretter quand cela arrive — mais pourquoi devrait-on croire que ça ne peut pas se produire aujourd'hui ou même d’être offensé par la simple suggestion que c’est arrivé encore ?

Plus que jamais, priez pour l'Église. Priez pour le Pape.

Par conséquent, que celui qui pense être debout prenne garde de ne pas tomber. (1 Corinthiens 10,12)


SOURCE : Rorate Caeli