lundi 18 avril 2016

Est-ce que François vient tout juste de défendre Judas ?





Écrit par : David Martin
SOURCE : The Remnant

François n’est pas heureux avec ses bons Évêques. Depuis plusieurs mois, il a montré de l’irritation envers les conservateurs du Vatican qui s'opposent à ses propositions synodales afin que nous montrions une plus grande ouverture aux homosexuels et aux Catholiques se sont remariés civilement. Il semble qu’il soit engagé dans une diatribe fouettant constamment les Cardinaux traditionnels lesquels il les compare aux « docteurs de la loi » qui « sont fermés aux prophéties et à la vie des personnes » mais il fait cela indirectement par des petits coups de bêche à la surface de ses homélies.

Son homélie du 11 avril au matin à la Maison Santa Marta du Vatican ne fait pas exception à cela. Là, il a défendu Judas comme le « pauvre homme » tout en déplorant que « les docteurs de la lettre » n’avaient eu aucune compassion pour lui. « Ça fait mal quand je lis ce petit passage de l'Évangile de Matthieu où Judas, qui est repenti, va aux prêtres et leur dit : « J'ai péché » et il veut leur donner ... et leur donne les pièces d’argent. « Mais qui s’en soucie ! » — lui disent-ils : ce ne sont pas nos affaires ». Ils ont fermé leurs cœurs devant ce pauvre homme repentant ».


Tout d'abord, il est important de noter qu'il n'y avait pas de contrition dans le repentir de Judas. S’il en était autrement, il serait allé directement à Jésus et se serait excusé auprès de lui. Il est allé plutôt se pendre avec un licol (harnais de cuir ou de corde), qui était un acte d’impénitence finale — un péché mortel. L’Apocalypse déclare qu’il est maintenant l'un des démons de l'enfer qui tente les fidèles sur terre, Dieu n’aurait jamais permis cela s’il avait été innocent et vraiment contrit.

Et alors que les principaux prêtres étaient des plus méchants, ils n'étaient pas inhumains envers Judas, Judas ne cherchait pas leur pardon ni leur compréhension. Judas leur retournait simplement l'argent parce qu’il ne voulait pas porter le blâme de la Crucifixion ; il ne pouvait pas faire face à ce qu’il avait fait. Ce fut une tentative pour lui de se laver les mains. Comme Pilate, il savait que Jésus était innocent et il leur dit : « Occupez-vous en vous-mêmes, je ne veux pas de votre argent.

On ne peut pas éviter aussi de noter comment François déplore profondément la dureté de cœur avec laquelle les grands prêtres se sont comportés envers Judas, mais il ne dit rien de la cruauté et la dureté qu’ils ont démontrées envers le Fils de Dieu qu'ils étaient sur le point de tuer. Où dans l'histoire de l'Église a-t-il été dit ou enseigné que les grands prêtres étaient mauvais parce qu'ils ont été méchants envers Judas ?

L'homélie du Pape le 11 avril suivait de près son Exhortation Apostolique Amoris Laetitia largement critiquée et publiée le 8 avril dans laquelle il confirme les propositions des Synodes sur la famille d’octobre 2014-15, à savoir que l'Église soit ouverte à la vie des gays et des impénitents adultères. L’avancée de François est que nous les acceptions dans l'Église comme ils sont, mais malheureusement cela bénit le péché devant les fidèles — quelque chose que Dieu ne ratifiera jamais. « Malheur au monde à cause des scandales ? » (Mt 18 : 7)

Comme prévu, Amoris Laetitia rompt avec 2 000 ans de tradition en permettant à certains Catholiques divorcés et remariés civilement de recevoir la Communion avec aucune stipulation à vivre comme frère et sœur. (Paragraphe 300, note 336). La note 351 à l'article 305 stipule explicitement que « l'aide » offerte par l'Église à ceux qui vivent dans l'adultère peut « dans certains cas ... inclure l'aide des Sacrements ». Autrement dit, l'Église aide les adultères en leur donnant la Communion.

Cela rompt non seulement avec l’ancienne discipline des siècles de l'Église sur la réception de la Communion, mais constitue un changement de Doctrine puisqu’en modifiant la discipline, l'Église proclame maintenant que l'adultère n’est plus un péché mortel.

Mais ça défie également l'avertissement de Saint Paul à ceux qui approchent le Saint-Sacrement en état de péché grave. «C'est pourquoi, celui qui mange le pain du Seigneur ou boit de sa coupe de façon indigne, se rend coupable de péché envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun donc s'examine soi-même et qu'il mange alors de ce pain et boive de cette coupe ; car si quelqu'un mange du pain et boit de la coupe sans reconnaître leur relation avec le corps du Seigneur, il attire ainsi le jugement sur lui-même.». (1 Corinthiens 11 : 27-29)

Dès le début, le focus du Pape n'a jamais été d’admettre les gays et les adultères à la Communion, mais à leur intégration. Les rôles « liturgiques, éducatifs, pastoraux et institutionnels » prônés par le Synode d’octobre 2015 ont été présentés par le Pape il y a deux ans comme nous le lisons dans la publication du Catholic News Service (CNS) le 8 décembre 2014: « François a dit que l'Église Catholique doit envisager différentes façons d'intégrer les divorcés remariés civilement dans la vie de l'Église non seulement en leur permettant de recevoir la Communion mais en les laissant servir comme parrains et marraines ainsi qu’en tant que ministres Eucharistiques ».

Ces tentatives sont vaines. La voie de l'intégration a déjà été établie par la sainte tradition. Ceux qui vivent dans le péché doivent tout simplement renoncer à leur mode de vie et à leur partenaire, aller à la confession afin que leur intégration soit complète. Ils peuvent alors être réintégrés dans l'Église et même recevoir la Communion de sorte que l'Eucharistie pourra maintenant les aider et non les condamner comme Saint Paul met en garde.

Mais, à admettre les couples en union irrégulière dans l'Église comme ils sont, ça ne fait que maintenir leur offense si bien qu’ils restent séparés de Dieu et sont incapables d'être sauvés sans repentance s’ils devaient mourir. Ça les trompe et ça trompe les fidèles, ce qui n’est pas de la charité.

La vraie charité signifie convertir les égarés afin qu'ils puissent quitter leur état malheureux et être joints au Christ dans son Église mais François voit cela comme une imposition. Jésus a purifié les lépreux qu'ils pouvaient être libérés de leur affliction, mais François laisse les affligés moraux dans leur lèpre à souffrir, puis il appelle cela de l’amour et de la miséricorde.

L'amour est dans le maintien fidèle des Lois de Dieu, exprimée par le Christ : « Si vous M’aimez, vous garderez Mes Commandements ». (Jean 14 :15) Pourtant, François exprime une irritation envers les Catholiques avec l’esprit de tradition qui gardent fidèlement la Loi, les comparant aux Pharisiens hypocrites et aux grands prêtres qui ont suivi la Loi à « la lettre ». Il ne faut pas oublier que les Pharisiens n’étaient pas les docteurs de la loi mais des apostats qui avaient complètement abandonné la loi juive, comme en témoigne leur sorcellerie, leur violence envers les enfants et leur assassinat du Messie qui leur a donné la Loi. Les Pharisiens n'ont jamais obéi à la Loi de Dieu, mais ils ont fait seulement semblant. C’était leur faux-semblant et leur hypocrisie qui ont contrarié Notre Seigneur.

Faisant allusion à nos Évêques traditionnels, le Pape le 11 avril a parlé de ces grands prêtres calleux, en disant que tout ce qui était important pour eux « étaient les lois, tant de mots et tant de choses qu'ils avaient construits ». Ce qui est implicite ici est que les saintes doctrines et traditions de la Foi Catholique ne sont que des « traditions des hommes » sur lesquelles les conservateurs Pharisaïques d'aujourd'hui ont construit en leur faveur. Est-ce que François n'a pas considéré qu’il est le Pharisien qui persécute ces saints hommes ?

Le Pape a dit : « L'histoire nous raconte que de nombreuses personnes ont été jugées et tuées bien qu'elles étaient innocentes : elles [ont été] jugées selon la Parole de Dieu, contre la Parole de Dieu. Pensons à la chasse aux sorcières ou à Sainte-Jeanne d’Arc et à beaucoup d'autres brûlés à mort qui ont été condamnés parce que, selon les juges, ils n’étaient pas droits avec la Parole de Dieu ».

François semble penser que le Cardinal Burke et de bons Évêques sont les « juges » qui persécutent les innocents — qu’il pense être les gays, les pauvres, les Judas et les adultères, car ces derniers ne respecteraient pas la version de la Parole de Dieu de ces juges au « cou raide ». Il néglige le fait que tous les martyrs à travers les siècles et ce, sans exception, ont été des Catholiques fervents qui adhéraient strictement aux lois, aux doctrines et à la tradition de la Foi si bien qu'ils ont choisi de mourir plutôt que de compromettre un seul point de tradition. Nous parlons de ces coriaces et saints Évêques, vierges, ermites et combattants pour le Ciel qui ont absolument refusé de changer avec le temps. Ceci est la raison pour laquelle ils sont saints.

François a oublié que, dans tous les cas sans exception, c’était l'aile gauche des dissidents Catholiques, les hérétiques, les marxistes, les infidèles, les adultères, les homosexuels, en somme les ennemis de la tradition, qui ont infligé cette persécution aux Catholiques. Cette persécution a maintenant atteint des sommets sans précédent.

Nous assistons aujourd'hui à la re-crucifixion du Christ, le Corps mystique passant vraiment par sa Passion. C’est une réponse à la Crucifixion alors que les scribes et les grands prêtres du Novus Ordo vaquent à remuer le Peuple contre Jésus et ses Traditions. Tristement, nous voyons François à la barre à persécuter les innocents tout en louant les noms des martyrs qui rappelle les Pharisiens qui prétendaient honorer la mémoire des prophètes, mais qui étaient « les descendants de ceux qui ont assassiné les prophètes ». (Matthieu 23 :31)

Nous avons vu la répétition de la Crucifixion ; maintenant nous avons besoin de la répétition de Damas. Jésus crie aujourd'hui en disant : « François, François, pourquoi me persécutes-tu ? » Nous prions pour qu’il ouvre son cœur et reconnaisse qui sont ses vrais amis — l’Évêque Schneider, le Cardinal Burke, et le Cardinal Sarah — qu’il puisse ouvrir ses yeux et voir leur amour véritable pour le Peuple de Dieu comme en témoigne leurs efforts inlassables pour apporter les eaux pures de la tradition au troupeau assoiffé.

Que François fasse ainsi. Puisse-t-il ouvrir ses yeux et comprendre que s’il aime les âmes, il va travailler avec toute sa volonté pour donner au Peuple les trésors de la foi Catholique dans toutes ses facettes — la connaissance du Ciel, les saints, les mystiques, les miracles, les dogmes, les lois, la Messe tridentine — afin qu’ils puissent être enrichis et édifiés comme aucun autre peuple sur terre.

Et puisse-t-il de même daigner tendre la main et répandre les beautés de la Foi à tous les peuples afin qu'ils laissent de côté leurs idées individuelles, leurs misères, leurs idoles et leurs religions et qu’ils rejoignent le Christ dans le sein de son Église. Les bijoux de la tradition sacrée de n’ont pas à être thésaurisés mais ont à être partagés. Quelle plus grande miséricorde peut le Pape démontrer pour les pauvres pécheurs en les enrichissant avec les gloires de la Seule Vraie Foi !

Jésus a dit à Pierre : « Simon, fils de Jean, M’aimes-tu ? » Pierre répondit : « Tu sais que je T’aime ». Jésus a dit : « Pais mes brebis ». Nous prions pour que François puisse embrasser la mission de l'Église de convertir le monde et ne pas voir cela comme une « compétition » ou des pompeux étalages de paons pharisaïques qui veulent ventiler leurs plumes de façon ostentatoire. Puisse-t-il voir cela plutôt comme la mission de l'Église de miséricorde telle qu’elle nous fut donnée par Jésus-Christ il y a 2000 ans.