samedi 9 avril 2016

L'Exhortation Apostolique

Une des descriptions qui donne le goût de se marier !





TITRE ORIGINAL : L'Exhortation Apostolique et l'abolition du péché de présomption

Écrit par Michael J. Matt et Thomas More
SOURCE : The Remnant

Il n'y a pas d'autre façon de dire ceci : en dépit de ses protestations du contraire, Amoris Laetitia représente une tentative pour réaliser une révolution dans le Catholicisme au détriment de l'enseignement d’auparavant de l'Eglise sur l'indissolubilité du mariage et la réception de l'Eucharistie.

En outre et à un niveau plus banal, c’est une oeuvre amatrice de sociologie post-moderne déconstructiviste mal écrite et mal pensée fastidieusement longue et verbeuse.

Afin d'atteindre son objectif de déconstruire les Sacrements du Mariage et de l'Eucharistie, le livre peint l'image de l'amour conjugal sacramentel comme une chambre de torture et de violence, de domination, de sexisme, d'exploitation et de déboires financiers et émotionnels sans fin.

Le Sacrement du Mariage, est-il affirmé, assujettit ses participants à un besoin de se mendier mutuellement pardon constamment et de se donner mutuellement miséricorde sur une base continue.

En effet, dans ce qui pourrait paraître un langage extrêmement inquiétant représentant une grande confusion sur la nature de l'amour conjugal, le livre tente de souligner que les obstacles à demeurer marié pour la vie comprennent la laideur croissante et l'infirmité qui accompagnent la vieillesse. De telles affirmations sont tout simplement incompréhensibles et reflètent ce qui, à la lumière du comportement récent de la hiérarchie, pourrait être interprété comme étant une glorification inquiétante et une fascination pour la jeunesse.

S’abreuvant de ces sources diverses et significatives que sont les « maîtres de l'Est », Erich Fromm, Martin Luther King, le Festin de Babette (note : film danois de1988 primé meilleur film étranger), et aussi des nombreuses et une pléthore de déclarations antérieures propres à François et, à l'occasion même des citations sélectives de la Bible, l'auteur exige que l’Église accepte et n’émette pas de commentaires négatifs à propos du divorce et de l'adultère. Ceci, affirme-t-il, permettra de minimiser la fréquence de ces phénomènes.

En outre, malgré la nature horrible du mariage sacramentel qu’il décrit, l'auteur prétend néanmoins présenter le tout afin d’encourager ceux qui sont en unions irrégulières à devenir sacramentellement mariés. La question de savoir pourquoi quelqu'un « vivant dans le péché » chercherait à entrer dans une telle institution horrible n’est pas facile à répondre d’autant que, paraît-il, l'institution n’est plus à considérer comme étant indissoluble de facto même si elle est actuellement et théoriquement de jure (note : en droit) indissoluble. En effet, à un endroit dans le document, le mariage est appelé « contrat ».

De plus, en ce qui concerne le soi-disant concept de gradualité, il doit être noté que, de ce concept, il en résulte effectivement l’affirmation dans Laetitia Amoris que toutes les actions sont plus ou moins équivalentes. Il s’ensuit que même dans les mauvaises choses, de bonnes choses subsistent. Il en résulte donc que les mauvaises choses sont vraiment bonnes. La cohabitation, par exemple, reflète l'affection, l'affection est bonne, donc, la cohabitation est bonne.

De plus, le soi-disant concept de gradualité facilite la réception de la Communion aux adultères (qui sont dans un péché grave). Ce qui doit être accompli en fonction des faits de la situation. Mais une chose est fortement affirmée : personne ne doit être tenu à l'écart de la Communion pour toujours.

Bien que le rapprochement de ceux qui sont en « relations irrégulières » soit considéré, il n'y aurait pas, semble-t-il, aucune base rationnelle pour refuser d'étendre cette logique et l’impliquer à tous ceux en état de péché grave. La réception de la Communion par tous les pécheurs graves, quel qu'il soit, est laissée à la conscience du pécheur et à son pasteur. C'est incontestablement une bombe à retardement qui est sur une pente glissante, ce qui est contenu dans Amoris Laetitia ; l'autre est la justification d'un sacerdoce marié ; et, qui sait, peut-être même un prêtre gay et marié. Les vannes se sont ouvertes et qui sommes-nous pour juger ?

Enfin, personne dans l’assemblée a le droit d'être scandalisé par cela, semblerait-il. Le scandale et l'interdiction de la Communion ne sont à appliquer peut-être qu’à ceux qui se livrent à l'injustice sociale, quelque chose pour laquelle le Pape François exprime un profond dédain sans surprise.

En termes de discernement, il semble que tous les Catholiques, les Évêques Catholiques compris, ont maintenant un certain discernement propre à faire. Nous attendons maintenant le leadership qui a fait cruellement défaut jusqu'ici.

En attendant, nous sommes laissés à nous-mêmes pour se rassurer que, eh bien, l'Exhortation n’est pas aussi mauvaise qu’elle aurait pu être. Comme dit un observateur jubilatoire : « Hé, nous avons vraiment esquivé une balle ici ! »

Vraiment ? Est-ce bien la profondeur du trou du lapin dans lequel nous avons plongé, où est-ce que les « balles hérétiques esquivées » dans l’Exhortation papale est un motif suffisant pour déclarer victoire ? (Est-ce que ces commentateurs s’entendent encore parler ?)

Aucune balle n'a été esquivée ici, bien sûr. Tout est exactement comme prévu. Cette Exhortation est l'acte I dans un « processus synodal » en cours visant à établir le « Nouvelle Église » dont nous avons tant entendu au Synode sur la famille à Rome en octobre dernier.

A la fin de la conférence de presse, le Cardinal Peter Turkson a expliqué comment ce nouveau processus va se dérouler, comment cela va prendre des années pour mettre en place cette « Nouvelle Église » et comment le Synode de l'année prochaine, par exemple, abordera la question des unions de même sexe :

Donc, bouclez-vous fort !

Est-il exagéré de suggérer que la Folle Miséricorde de Rome représente l'abolition de facto de l'un des deux péchés contre le Saint-Esprit ? L'Encyclopédie Catholique note que la présomption est un « vice opposé à la vertu théologale de l'espérance. Elle peut également être considérée comme un produit de l’orgueil. Elle peut être définie comme la condition d'une âme qui, en raison d'une dépendance mal réglée sur la Miséricorde et la Puissance de Dieu, espère le salut sans rien faire pour le mériter ou espère le pardon de ses péchés sans se repentir d'eux ».

Familier pour vous ?

Il semblerait que ce n'est pas la fin mais plutôt le début de la crucifixion du Corps Mystique du Christ dans le monde moderne.

« Eli, Eli, lama sabachthani ? »