vendredi 15 avril 2016

Mgr Moyes

L’enseignement Catholique véritable sur le mariage



Écrit par Chris Jackson
Chroniqueur Remnant
SOURCE : The Remnant

Contexte de cette belle histoire


En Grande-Bretagne au début des années 1900, on a mis en place une « Commission royale sur le divorce et les causes matrimoniales » afin d'envisager une nouvelle législation libéralisant les lois sur le divorce dans le pays. Dans le cadre des études menées par cette Commission, des experts ont été appelés à comparaître devant celle-ci en vue d'acquérir diverses opinions sur la question. Le 27 juin 1910 un prêtre Catholique, Mgr James Moyes, a été appelé à témoigner devant la Commission.



Mgr Moyes est né d'Edimbourg, en Ecosse. Il a reçu son éducation en Irlande, en France, et à Rome au Venerabile (note : collège anglais à Rome). Ordonné à la prêtrise en 1875, il a ensuite été nommé professeur au Collège de St Bede à Manchester en Angleterre. Il a été nommé chanoine théologien de Salford Chapitre 1891 et du Chapitre de Westminster, 1895. En 1896, il a siégé à la Commission Pontificale à Rome sur les questions anglicanes pour laquelle il était une autorité. En 1903, il a été choisi comme sous-délégué apostolique pour la cause des Martyrs Anglais. Il a édité la revue Dublin jusqu'en 1903, a contribué une grande quantité de littérature controversée sur des sujets théologiques à la revue The Tablet, et a écrit les « Aspects de l'Anglicanisme » en 1906. Moyes est mort en 1927 à Londres en Angleterre.

Ce qui suit contient des extraits du témoignage de Mgr. Moyes à la Commission Royale concernant l'enseignement Catholique sur le mariage. Ce témoignage est particulièrement pertinent depuis la publication de l'Exhortation tragique d’Amoris Laetitia de François, qui dénature l'enseignement Catholique sur les Sacrements du mariage, de la pénitence et l'Eucharistie. Ici, Mgr. Moyes remet les pendules à l’heure concernant l'enseignement immuable de l'Église sur le mariage, le divorce, l'absolution, et la réception de l'Eucharistie.






Monseigneur Moyes est appelé et interrogé



Président — Pourriez-vous nous informer aimablement quelle est votre position exacte dans l'Église ?

Mgr Moyes —... Je suis Canon de l'Archidiocèse de Westminster et aussi Prélat de la Cour Romaine.

Président — Je pense que le Secrétaire de la Commission a communiqué avec l'Archevêque de Westminster dans le but de demander s'il voulait que quelqu'un puisse participer au nom de l'Église Catholique et vous êtes assez bon d’y assister à sa demande ?

Mgr Moyes —... Oui.

Président —... Voulez-vous bien daigner nous lire les réponses que vous désirez faire ?

Mgr Moyes — La réponse dans ma déclaration à cette première partie serait : — « Si on me demande de donner une réponse à cette question et sur les motifs sur lesquels je la fonde, je peux seulement dire que croire, en tant que Catholique, que le divorce dans son acceptation ordinaire comme une dissolution du lien du mariage une fois contracté validement et consommé est contraire à l'enseignement du Christ, et par conséquent à la Loi Divine ; le divorce est aussi contraire aux intérêts de la société, je suis consciencieusement opposé à l'octroi d'un tel divorce par tout tribunal et sous quelques conditions que ce soit. Je peux mieux exprimer ce que je ressens en ce qui concerne la proposition en déclarant en bref la Doctrine officielle de l'Église Catholique dont je fais partie. « Dois-je indiquer les motifs ? »

Président — Si vous voulez. Ceci est un moyen très pratique de considérer ce que vous voulez dire et aussi le plus court chemin.

Mgr Moyes — Eh bien, la Doctrine sur laquelle je fonde ma croyance et celle de l'Église dont je suis membre, est :

1 Le mariage entre Chrétiens est non seulement un contrat, mais un Sacrement de la Nouvelle Loi dans lequel l'union des parties est forgée et ratifiée par Dieu. Dans ce Sacrement, les parties elles-mêmes, et non pas l’Officiant ecclésiastique, sont les ministres, chacun se donnant son consentement à l'autre et alors Dieu accepte et scelle le consentement des deux.

2 Lorsqu'un tel mariage est validement célébré entre des personnes compétentes et qu’il est consommé, alors leur union est remplie des Paroles de Notre Seigneur : « « Et les deux deviendront un seul être » Ainsi, ils ne sont plus deux mais un seul être » (Marc 10:8). Il existe entre eux un lien fait par Dieu Lui-Même dans le mariage ou le vinculum matrimonii dans toute sa plénitude. Le nœud est propre à la soudure même de Dieu et le Christ enseigne que c’est Dieu lui-même qui est le « Soudeur ».

3 Parce que l'union est donc réalisée par Dieu et que c’est une Oeuvre Divine, elle a le caractère primordial et immuable de la Loi Divine et est absolument indissoluble sauf par la mort de l'une des parties. Elle ne peut pas être défaite par un acte des parties elles-mêmes vu que c’est une alliance qu'ils n’ont pas eux-mêmes seuls faite mais qui est celle dans laquelle Dieu lui-même est entré comme « Soudeur ». Sa nature relevant de la Loi Divine ou de la propre ordonnance de Dieu, elle est intangible par aucune puissance créée et aucune autorité humaine ni ecclésiastique ou civile n’a le pouvoir de la dissoudre ; tout comme ni Pape, ni l'Église ne peut prétendre remplacer ou modifier quoi que ce soit qui est de la Loi Divine, ni aucun pouvoir de dispense ne peut exercer une perte du lien complet et consommé du mariage. « Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas ». L'Église Catholique enseigne que ce principe énoncé par le Christ est absolu et, par conséquent, que les Paroles du Christ, « sauf pour infidélité » (Matt. 19 :9) et pour « l'exception pour cause de fornication » (Matt. 5 : 32), qui constituent une clause d'exception, s’appliquant uniquement à l'illégalité de la séparation ou au renvoi de l'épouse ou du mari, mais pas à l'illégalité d’un nouveau mariage au cours de la durée de vie de n'importe lequel des deux conjoints. Autrement dit, l'infidélité peut justifier la séparation mais ne dissout pas le lien du mariage par lequel ils sont toujours mari et femme ; et tout remariage avec d'autres au cours de la durée de vie de la part de quelque conjoint que ce soit devient adultère. Les textes de Saint Matthieu, ainsi interprétés, sont en en harmonie avec ceux de Saint-Marc (10 :11) et Saint-Luc (16 :18) et de Saint-Paul (1 Cor. 10), dans laquelle l'interdiction est dite absolue et sans exception.

4 Tout ce qui est appelé par le nom de « divorce » dans l'Église Catholique ne peut jamais comprendre toute dissolution du lien du mariage conclu et consommé. Par ce lien, l'homme reste le mari de la femme et la femme reste la femme du mari et, comme aucun Chrétien ne peut avoir en même temps deux femmes ou deux maris, il s’ensuit que toute tentative de remariage soit au cours de la durée de vie de l'autre conjoint avec une tierce personne est nulle ipso facto et toute cohabitation avec une telle personne est adultère. Le terme divorce est cependant parfois appliqué aux deux causes suivantes qui ne comportent pas de dissolution du lien du mariage :

(A) la séparation de corps et de biens, qui peuvent être accordés pour des motifs suffisants comme l'infidélité ou la cruauté, etc…

(B) Le décret de nullité, dans lequel un prétendu mariage, en raison de certains défauts initiaux, est déclaré avoir été nul dès le début. Cette nullité doit résulter d'une cause antécédente et non de toute cause survenant après le mariage. Le jugement n’affecte pas la nullité mais se borne à déclarer qu'il ne se dissout pas le vinculum (lien), mais affirme qu'il n'a jamais existé ...

En ce qui concerne, par conséquent, tout divorce qui prétend rompre le lien du mariage une fois valide et consommé et rendre les parties libres de se remarier, est un mal qui est contraire à l'enseignement du Christ, qui a forgé la régénération de la société principalement en établissant l'unité et l’indissolubilité du mariage et, par voie de conséquence, la stabilité de la famille Chrétienne ; les Catholiques désirent son abolition (du divorce) et, surtout, que les classes les plus pauvres puissent être protégées de sa désintégration, et nous espérons que toute législation entreprise en ce qui concerne celui-ci puisse plutôt limiter que d'étendre sa facilité selon une permissivité qu'ils croient être moralement répréhensible et socialement perturbatrice »...

Sir Frederick Treves — Je voudrais simplement demander en quoi l'enseignement de l'Église Catholique dans cette affaire soutient que le divorce est contraire aux intérêts de la société ?

Mgr Moyes — Ce que nous croyons est que le foyer Chrétien est le centre et la source ou la cellule de l'organisme social, pour ainsi dire, et que tout dépend de sa pureté et de sa stabilité pour l'état de santé de la société ; et nous croyons que le Christ, dans Sa régénération et Sa guérison de la société, a commencé par fixer l’indissolubilité du lien du mariage, le ramenant à son état d'origine et en assurant la relation permanente entre le mari et la femme ainsi que le droit de la femme de se tenir droite dans son titre au côté de son mari et que les deux doivent exercer une fonction permanente d'éducation à l'égard de leurs enfants ; et que nous avons un intérêt important pour la société qui est gravement menacée par le divorce.

Sir William Anson — Je comprends que, regardé comme une question sociale, vous considérez la famille comme fondement de la société ?

Mgr Moyes — Oui.

Sir William Anson — Et la sécurité du mariage comme pratiquement la base de l'existence de la famille ?

Mgr Moyes — Tout à fait ...

Sir William Anson — Dans ce pays, pourriez-vous me dire comment fonctionne le système ? En supposant un mariage Catholique et que le mari, disons, ait fait du tort, s’il devait aller à la Cour des divorces et obtenir un divorce de sa femme en raison d'adultère, qu’est-ce qui devrait être fait ?

Mgr Moyes — En premier lieu, il commettrait un péché contre la Loi de l'Église ; aussi longtemps qu'il ne se repent pas de son péché, il ne peut pas recevoir l'absolution ou la Sainte Communion ; ou si le scandale a été publiquement connu, il serait considéré comme un pécheur public qui ne peut pas recevoir selon la Loi de l'Église la Sainte Communion.

Sir William Anson — S'il se repent, il pourrait être absous ?

Mgr Moyes — Oh, certainement.

Sir William Anson — En supposant qu’il est allé plus loin et qu’il a procédé à se remarier, il serait alors excommunié, je suppose ?

Mgr Moyes — S'il a épousé une autre personne que la personne dont il a divorcé, dans ce cas, selon l'esprit et l'enseignement de l'Église Catholique, il serait considéré comme un pécheur public et incapable de recevoir l'absolution ou la Sainte Communion.

Sir William Anson — S'il entreprend de quitter sa seconde épouse et de ne jamais cohabiter avec elle, peut-il obtenir l'absolution ?

Mgr Moyes — Oui, à condition qu'il ait fait cause de satisfaction pour le scandale donné.

Sir William Anson — Même si le mariage a eu lieu ?

Mgr Moyes — Oui ; s'il a déclaré à l'Église sa peine pour ce qu'il a fait et son intention de ne pas vivre avec ou cohabiter avec cette personne, dans ce cas, il serait absous.