jeudi 3 août 2017

Roberto de Mattei se rallie
à Perspective de Fatima [ ou Centre de Fatima ] sur Vatican II




par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 3 août 2017

À mesure que le phénomène toujours étonnant de ce pontificat progresse, les principaux commentateurs Catholiques, se réveillant au drame incontournable de tout cela, offrent maintenant leurs francs diagnostics de ce qui ne va pas avec ce qu’Antonio Soccio a baptisé le « Bergoglianisme ». Un tel commentateur est James Patrick qui écrit dans Crisis Magazine.

Patrick reconnaît à juste titre que « toute théologie incorpore nécessairement une philosophie car il y aura toujours une façon naturelle de penser qui sous-tend l'exposé d’une révélation ». Il continue ainsi : « Comme tous les hommes, les Papes ont des philosophies et bien que ce ne soit pas l'affaire d'un Pape de défendre quelque philosophie que ce soit, la philosophie que chaque Pape présuppose influencera sa représentation de la Foi Catholique et de son gouvernement de l'Église ».

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

À chaque jour qui passe, l'évaluation par le Père Nicholas Gruner de l'état post-Vatican II de l'Église, vu à la lumière du Message de Fatima et du Troisième Secret en particulier, reçoit une autre justification. Maintenant, l'estimable Roberto de Mattei relie explicitement la catastrophe qui a suivi le Concile à l'échec de consacrer la Russie à l'Immaculée de Marie, tout comme le Père Gruner l'a fait.

En écrivant pour Corrispondenza Romana (traduction par Rorate Caaeli), le Professeur De Mattei fait les distinctions habituelles concernant les documents les plus inhabituels du Concile : à savoir ce qui est de nature pastorale et donc provisoire et temporaire ; ce qui est ambigu et qui doit donc être lu conformément à l'enseignement constant de l'Église ; et ce qui contredit apparemment l'enseignement antérieur et qui ne peut donc pas être accepté comme tel parce que le Magistère authentique de l'Église ne peut se contredire sur une question de Foi et de morale pas plus que Dieu ne peut changer d'avis.

Le fait qu'un document conciliaire appartient à l'une des trois catégories énumérées est un sujet de débat équitable. Pour Vatican II, contrairement à tout concile œcuménique antérieur, Vatican II a évité délibérément la précision classique des documents conciliaires — ses schémas préparatoires traditionnels ont été rejetés lors d'une rébellion dans les premiers jours du Concile — ainsi que toute condamnation formelle d'erreur. Le Concile employait à la place le langage d'un récit pastoral assez décousu susceptible d'être mal interprété et mal appliqué par les ennemis de l'Église tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.

Mais — et voici l'opinion décisive de Mattei — ce qui n'est pas discutable, c'est que :

« Au niveau historique, cependant, Vatican II constitue un bloc non décomposable : il a sa propre unité, son essence, sa nature. Considérée dans ses origines, sa mise en œuvre et ses conséquences, il peut être décrit comme une révolution dans la mentalité et le langage, qui a profondément changé la vie de l'Église, initiant une crise morale et religieuse sans précédent. Si le jugement théologique peut être vague et exhaustif, le jugement de l'histoire est sans merci et sans appel. Le Concile Vatican II n'a pas seulement échoué ou été un échec : il fut une catastrophe pour l'Église ».

Est-ce qu'un observateur Catholique raisonnable et croyant sur la scène ecclésiale, en particulier au cours des quatre dernières années, conteste cette évaluation ? Si nous ne sommes pas au milieu d'une catastrophe ecclésiale, alors ce serait quoi ?

En écho au Père Gruner, le Professeur de Mattei relie cette catastrophe à l'échec de l'Église à correspondre à la demande de Notre-Dame de Fatima pour la Consécration de la Russie à Son Cœur Immaculé. Il fournit peu de détails sur le refus du Concile d'honorer la demande de Notre-Dame :

« Comme cette année est le centenaire des Apparitions de Fatima, considérons ce point seulement. Lorsque le Vatican II a ouvert ses portes en octobre 1962, des Catholiques du monde entier attendaient la révélation du Troisième Secret et la Consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie. L'armée bleue de John Haffert [ The Blue Army | a mené une campagne de masse pendant des années à cet égard. Quelle meilleure occasion pour Jean XXIII (décédé le 3 juin 1963), Paul VI et avec environ 3000 Évêques rassemblés autour d'eux, au cœur de la Chrétienté, de donner suite aux demandes de Notre-Dame de manière solennelle et unanime ? Le 3 février 1964, Monseigneur Geraldo de Proença Sigaud a remis personnellement à Paul VI une pétition signée par 510 prélats de 78 pays, qui imploraient le pontife, en union avec tous les Évêques, de consacrer le monde et de manière explicite, la Russie , au Cœur Immaculé de Marie. Le Pape et la plupart des Pères du Concile ont ignoré l'appel ».

Les conséquences du rejet par le Concile de l'appel de Notre-Dame pour la Consécration de la Russie ont été immenses et terribles :

«Si la demande de consécration avait été faite, de grandes grâces se seraient répandues sur l'humanité. Un mouvement de retour à la loi naturelle et Chrétienne aurait commencé. Le Communisme serait tombé plusieurs années plus tôt, de manière non fictive mais authentique et réelle. La Russie aurait été convertie et le monde aurait connu un âge de paix et d'ordre. Notre Dame l'avait promis ».

«La consécration échouée a permis à la Russie de continuer à répandre ses erreurs dans le monde entier et ces erreurs ont conquis les plus hauts rangs de l'Église, en invitant un terrible châtiment à toute l'humanité. Paul VI et la majorité des Pères du Concile ont assumé une responsabilité historique dont nous évaluons aujourd'hui les conséquences ».

Et, en effet, aujourd'hui, ces conséquences s'étendent même à une attaque contre le Sixième Commandement, dont on nous dit maintenant que l’on admet des exceptions dans la « pratique pastorale » basée sur des « circonstances concrètes » à être « discernées » au cours d'un processus d'accompagnement — des mots à la mode sans signification déguisant une incroyable campagne de sédition contre la loi morale immuable de Dieu.

C'est ce que Sœur Lucie de Fatima, avec sans doute le Troisième Secret en tête, a signifié quand elle a averti le Cardinal Caffarra : « La bataille finale entre le Seigneur et le royaume de Satan sera à propos du Mariage et de la Famille ». Certes, ce n'est pas un hasard que le Cardinal Caffarra a été le fondateur de l'Institut Pontifical pour la défense du Mariage et de la Famille que le Pape François a effectivement neutralisé.

La dernière bataille dont Sœur Lucie a parlé a commencé à Vatican II. Et cela ne se terminera que lorsque l'Église aura fait ce que Notre-Dame de Fatima a demandé.