jeudi 17 août 2017

Prenons l'Écriture à coeur
La grande leçon de Josué







par : Dr. Jeff Mirus ( Droit Canon)
Le 16 août 2017


SOURCE : Catholic Culture





On s’en souvient généralement du livre scripturaire de Josué, qui suit immédiatement le Pentateuque et commence à raconter l'histoire Juive après Moïse, à cause de quelques moments dramatiques. Le livre raconte l'arrêt des eaux du Jourdain pour que le Peuple puisse se rendre dans la terre promise — un miracle comme celui qui s'est produit lors de la traversée de la Mer Rouge lors de la fuite de l'Égypte. Ici aussi, nous apprenons comment Jéricho a été livré à Josué en encerclant la ville par la marche chaque jour pendant sept jours et en jouant des trompettes. Et tandis que plusieurs sont perplexes par cela, personne n'oublie le jour où Josué a immobilisé la course du soleil.

Le livre consigne les événements amenant à la conquête de la terre promise, y compris même certaines des stratégies utilisées, mais une grande partie de celui-ci est un simple récit à propos de quels rois ont été vaincus et quelles tribus Juives ont pris chaque territoire, un résumé avec très peu de drame. Le but spirituel plus large de l’oeuvre semble être une récapitulation des principales leçons transmises aux Israélites par Moïse. Par exemple, les hommes Juifs sont encore circoncis puisque tous les circoncis sous Moïse sont morts dans le désert pendant leurs quarante ans d'errance, une punition imposée pour leur désobéissance.

La circoncision est un signe de l'Alliance, un signe d’un peuple mis à part. De plus, peu avant sa mort, Josué souligne que Dieu a accompli son marché en donnant aux Israélites la possession de la terre. Josué amène les tribus à renouveler l'Alliance, en rappelant aux gens le besoin absolu d'obéir à toutes les Lois de Dieu et d'être fidèles à Lui seul, s'ils souhaitent prospérer dans la terre que Dieu leur a donnée. Pourtant, il y a un autre côté de cette leçon spirituelle, car même en prenant possession de ce que Dieu a promis, le Peuple échoue à aimer et à obéir à Dieu alors qu’ils ont promis de le faire. Ces trahisons en présence du don réel sont certainement plus sérieuses que leurs grognements en cours de route alors que ce qu'ils devaient recevoir, cette terre promise, était uniquement acceptée par la Foi à ce moment-là.

En d'autres termes, maintenant que la promesse est accomplie, le Peuple n’est pas à la hauteur. Le résultat direct est que leur vie devient beaucoup plus une lutte que ça aurait été autrement le cas. Voici une leçon qui s'applique directement à chacun de nous.

Exhortation

La leçon devient plus évidente lorsque nous considérons la manière dont Josué amène les tribus à se renouveler dans l'Alliance. D'abord, il dit :

À vous maintenant de reconnaître l'autorité du Seigneur pour le servir de tout votre coeur, avec fidélité. Débarrassez-vous des dieux que vos ancêtres adoraient quand ils étaient de l'autre côté de l'Euphrate ou en Égypte, et mettez-vous au service du Seigneur. Si cela ne vous convient pas, alors choisissez aujourd'hui les dieux auxquels vous rendrez votre culte… » [Josué 24 : 14-15]

Comme nous pouvons nous y attendons, le Peuple répond : « Il n'est pas question que nous abandonnions le Seigneur... Nous donc aussi nous servirons le Seigneur, car c'est lui qui est notre Dieu ». [ Josué 24 : 16-18]. Mais écoutez ce que Josué dit en réponse

« Vous ne serez pas capables de servir le Seigneur. C'est le vrai Dieu et il exige d'être votre seul Dieu . Il ne supportera ni vos révoltes ni vos fautes. Si vous l'abandonnez pour adorer des dieux étrangers, il se retournera contre vous, vous fera du mal et vous exterminera, après vous avoir fait tant de bien ». [Josué 24 : 19-20]

Néanmoins, le Peuple insiste : « Mais non, répondit le peuple, c'est bien le Seigneur que nous servirons ». (verset 21). Et Josué proclame : « Vous êtes donc vos propres témoins : vous avez choisi vous-mêmes de servir le Seigneur ». (verset 22).

Des témoins contre nous-mêmes

Ne sommes-nous pas des témoins contre nous-mêmes ? Je pense ici surtout à nous, les Catholiques, qui professons notre Foi à chaque Messe ou, même si nous professons rarement notre Foi, nous revendiquons encore le nom de « Catholiques ». Nous, qui apportons un soutien de façade à la vertu, puis commettons le péché, ne sommes-nous pas des témoins contre nous-mêmes ? Nous qui avons mis la main à la charrue seulement pour regarder en arrière (Luc 9 :62) ?

Sous Josué, le Peuple Juif a accepté : « Nous sommes des témoins ». Alors qu'est-ce que Josué dit après cela ? « Alors, dit Josué, débarrassez-vous des dieux étrangers qui se trouvent chez vous et attachez-vous de tout votre coeur au Seigneur, le Dieu d'Israël ». (Josué 24 :23, mon soulignement). Nous sommes pareils. Le prêtre à la Messe, après le Gloria et le Credo, pourrait bien dire : « Vous êtes des témoins contre vous-mêmes. Ainsi, débarrassez-vous des dieux étrangers que vous serviez au lieu de l'Éternel ». En effet, le prêtre pourrait bien citer les dernières paroles de Josué à son Peuple, puis faire comme Josué l'a fait :

« Il dit ensuite au peuple :

« Regardez bien cette pierre : elle servira de témoin à notre sujet, car elle a entendu toutes les paroles que le Seigneur nous a dites. Oui, elle sera un témoin contre vous pour vous empêcher d'être infidèles à votre Dieu ». Alors Josué congédia l'assemblée et chacun retourna dans la part de terre qui lui revenait. [Josué 24 : 27-28]

Quel sera alors notre héritage ? Une chose est certaine : nous y entrerons avec beaucoup plus de luttes qui auraient été nécessaires ou nous n’y entrerons pas du tout.

Engagements incomplets, vies dures

Je ne considérerai pas complètement à nouveau l'étrangeté du commandement de Dieu aux Israélites de détruire complètement les peuples qu'ils ont déplacés (j'ai abordé de tels problèmes aussi bien que je le pouvais en tentant d’en faire du sens de l'Ancien Testament). Mais, en ce qui concerne le motif, l'Écriture précise que ces peuples ont mérité un châtiment pour leur idolâtrie et beaucoup d'autres péchés et, que s'ils avaient survécu, ils auraient été un piège en Israël, d'autant plus que les hommes se mariaient avec les femmes du groupe déplacé. En outre, il est raisonnable de supposer que ceux qui ont été témoins de la force providentielle d'Israël ont pu même se raviser dans les affres de la mort, reconnaissant leur culpabilité et que le Dieu d'Israël était le seul Dieu.

Il suffit de dire que, dans la plupart des cas, c'est précisément ce que Dieu a commandé. Comme nous pouvons deviner de la conscience de Josué concernant la présence de faux dieux parmi le Peuple, beaucoup de tribus Israélites ont échoué à posséder leurs terres de la manière que Dieu l'avait prescrite. Peut-être sans surprise, le prochain livre, les Juges, commence par un compte rendu détaillé de l'échec d'Israël à compléter la conquête. Comme il s’en est retourné, les différentes tribus n'ont pas eu le haut du pavé à faire des arrangements.

La leçon spirituelle nous saute aux yeux : Qu'en est-il de nous ? Quels faux dieux abritons-nous ? Quels arrangements faisons-nous — même de façon habituelle sans même y penser du tout ?

« Si c'est oui, dites «oui», si c'est non, dites «non», tout simplement ; ce que l'on dit en plus vient du Mauvais ». (Mt 5, 37). Ainsi dit Notre-Seigneur et Sauveur. Il conseille aussi que « ton coeur sera toujours là où sont tes richesses ». (Mt 6, 21). Il a dit aussi : « Heureux ceux qui ont le coeur pur,
car ils verront Dieu ! » (Mt 5, 8).

Saint Pierre offre un aperçu de ce que cela signifie : « Ne rendez pas le mal pour le mal, ou l'insulte pour l'insulte. Au contraire, répondez par une bénédiction , car c'est une bénédiction que Dieu a promis de vous accorder quand il vous a appelés. (1 Pierre 3 : 9 ). Pierre met alors l’emphase sur le baptême qui « vous sauve maintenant ; celui-ci ne consiste pas à laver les impuretés du corps, mais à demander à Dieu une conscience purifiée . Il vous sauve grâce à la résurrection de Jésus-Christ » (1 Pierre 3 :21). Pourquoi alors un engagement incomplet est-il notre lot chrétien dans l’échange ?

Il faut beaucoup se méfier du témoignage contre nous-mêmes et nous devons être plus conscients de toutes les façons dont nous le faisons. À quelle fréquence allons-nous mentir à notre engagement théorique envers le Dieu même d'Israël ! Ce faisant, comme les Israélites, nous continuons à tout rendre beaucoup plus difficile qu'il ne le faut. C'est ça, n'est-ce pas ? C'est la très bonne leçon de Josué.