mercredi 9 août 2017

Le problème de la parole qui est Oui, Non et Non, Oui



par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 9 août 2017

« Si c'est oui, dites « oui », si c'est non, dites « non », tout simplement ; ce que l'on dit en plus vient du Mauvais ». (Matthieu 5 :37) C’est ainsi que Notre Seigneur a conseillé ceux qui ont été bénis d'entendre Son Sermon immortel sur la Montagne, qui nous vient aujourd'hui comme Son Commandement à chaque personne.

Qu'arrive-t-il, cependant, si le discours de quelqu’un est oui, non ou non, oui ? Le résultat est une confusion, bien sûr. Et si la source de la confusion est un Pape, les effets peuvent être catastrophiques. Considérons, comme l'un des innombrables exemples de ce pontificat, les déclarations contradictoires de François sur le mal du « transgenderisme ».

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

D'une part, selon la transcription de la conversation privée du Pape avec les Évêques Polonais lors de sa visite dans ce pays le 27 juillet 2016, François a condamné la « colonisation idéologique » sous la forme d'un enseignement dans les écoles publiques selon laquelle le sexe de quelqu’un est une question de choix, pas une biologie divinement dotée. Voici la citation de François :

« Et je voudrais terminer ici avec cet aspect car, derrière cela, il y a des idéologies. En Europe, en Amérique, en Amérique latine, en Afrique, dans certains pays d'Asie, il existe des colonisations idéologiques. Et l'une d'entre elles — je le dis clairement avec son nom et son surnom, c’est le genre ! Aujourd'hui les enfants, les enfants apprennent ceci à l'école que l'on peut choisir son sexe ! Et pourquoi enseignent-ils cela ? Parce que les livres [utilisés] sont ceux qui proviennent d’individus et d’institutions qui donnent de l'argent ».

« Ce sont des colonisations idéologiques, soutenues aussi par des pays très influents. Et ceci est terrible. En parlant avec le Pape Benoît, qui se porte bien et a une réflexion claire, il m'a dit : « Sainteté, c'est l'époque du péché contre Dieu le Créateur ! » Il est intelligent ! Dieu a créé l'homme et la femme ; Dieu a créé le monde ainsi, et ainsi, et donc ... Nous devons réfléchir à ce que le Pape Benoît a dit : « C'est l'heure du péché contre Dieu le Créateur ! » Et cela nous aidera ».

Nous avons ici une déclaration directe sur le mal abominable de tenter d'imposer une idéologie « transgenre » sur les enfants influençables. Mais alors, seulement deux mois plus tard, lors de la conférence de presse en vol de l'Azerbaïdjan, le 2 octobre 2016, François a été invité à faire marche arrière concernant ses déclarations antérieures contre l'idéologie du genre par un journaliste qui a posé cette question majeure :

« Merci, mon Père. Dans ce même discours hier en Géorgie, vous avez parlé, comme dans de nombreux autres pays (y compris la Pologne) de la théorie du genre, disant que c'est un grand ennemi et une menace contre le mariage. Mais, je voudrais vous demander, qu'est-ce que vous dites à quelqu'un qui a lutté avec sa sexualité depuis des années et estime qu'il y a vraiment un problème de biologie, que son aspect ne correspond pas à ce qu'il ressent qui est son identité sexuelle. Vous, en tant que pasteur et ministre, comment allez-vous accompagner ces gens ? »

Prenant l'appât avec l’hameçon, la ligne et le plomb, François a parlé du « couple marié » transgenre qu'il avait personnellement reçu à sa résidence et a déclaré que, outre ce que ce qui est enseigné aux enfants dans les écoles sur le sujet, l'Église doit « accompagner » et « intégrer » les adultes qui « choisissent leur sexe » et ont même subi des mutilations chirurgicales dans le processus :

« Ce que j'ai dit, c'est cette méchanceté qui se fait aujourd'hui dans l'endoctrinement de la théorie du genre ... un père Français m'a dit qu'il parlait avec ses enfants à la table, lui et sa femme étaient des Catholiques, des « Catholiques à l’eau de roses », mais des Catholiques ! Et il a demandé à son fils de 10 ans : « Que veux-tu être quand tu seras grand ? » — « Une fille ». Le père s'est rendu compte qu'à l'école, ils lui enseignaient la théorie du genre et c'est contre les choses naturelles » .

« Une chose est qu'une personne a cette tendance, cette condition et même change de sexe, mais c'est une autre chose d’enseigner cela dans les écoles afin de changer la mentalité. C'est ce que j'appelle la colonisation idéologique ».

« L'année dernière, j'ai reçu une lettre d'un Espagnol qui m'a raconté son histoire d'enfant, un jeune homme, il était une fille, une fille qui avait tellement souffert parce qu'il se sentait comme un garçon mais était physiquement une fille. Il a dit à sa mère et à la grand-mère... (la fille) avait environ 22 ans qu'elle souhaitait subir l’intervention chirurgicale et toutes ces choses. Et la mère lui a dit de ne pas le faire pendant qu'elle était encore en vie. Elle était âgée et elle mourut peu de temps après ».

« Elle a subi la chirurgie et un employé d'un ministère dans la ville d'Espagne est allé à l'Évêque, qui a beaucoup accompagné (cette personne). Un bon Évêque. J'ai passé du temps à accompagner cet homme. Alors (l'homme) s'est marié, il a changé son identité civile, s'est marié et m'a écrit une lettre disant que pour lui, ce serait une consolation de venir avec sa femme, lui qui était elle, mais lui ! ... »

« La vie est la vie et les choses doivent être prises comme elles viennent. Le péché est le péché. Et les tendances ou les déséquilibres hormonaux ont beaucoup de problèmes et nous devons faire attention de ne pas dire que tout est pareil. Allons faire la fête. Non, cela non, mais dans tous les cas, je l'accepte, je l’accompagne, je l'étudie, je le discerne et je l'intègre. C'est ce que Jésus ferait aujourd'hui. Ne dites pas : « Le Pape sanctifie les transgenres ». S'il vous plaît, hein ! Parce que je vois les couvertures des journaux. Y a-t-il un doute sur ce que j'ai dit ? Je veux être clair ! C'est un problème moral. C'est un problème humain et il faut le résoudre peut-être toujours avec la Miséricorde de Dieu ».

Dans ce dérangement confus de commentaires, nous trouvons les éléments typiquement Bergogliens suivants :

  • Une insulte gratuite des Catholiques à « l'eau de rose » [par laquelle il veut dire « tièdes » ] avec des détails suffisants pour les identifier et les humilier publiquement ;

  • L'acceptation de l'idée que les adultes peuvent « changer leur sexe », subir une chirurgie de mutilation sexuelle, prétendre changer leurs identités sexuelles dans les archives publiques et même « se marier » avec une personne du même sexe en prétendant être un couple hétérosexuel ;

  • Un appel à l'accompagnement et à l'intégration des « transgenres » en tant que tels, sans aucune suggestion qu'ils devraient être prévenus de ne pas se mutiler, mais chercher plutôt une aide professionnelle avec leur maladie mentale tout en implorant l'aide de la grâce de Dieu ;

  • La protestation contradictoire selon laquelle le Pape ne bénit pas précisément ce qu'il vient de tolérer — dans le processus de faire plaisir à un reporter insistant.

Ici, dans ce microcosme, on retrouve la calamité actuelle de ce pontificat : un discours qui évite soigneusement un simple oui ou non, qui essaie de l'avoir dans les deux sens et finit par favoriser le mal plutôt que le bien. « Si c'est oui, dites « oui », si c'est non, dites « non », tout simplement ; ce que l'on dit en plus vient du Mauvais ».

Que Notre-Dame de Fatima délivre bientôt l'Église de la crise pontificale qui l'afflige maintenant.