samedi 12 août 2017

Quo Vadis ?



Par : Steve Skojec
Éditorialiste en chef de One Peter Five

Le 11 août 2017
SOURCE : One Peter Five





Vous avez peut-être remarqué que notre publication a été légère cette semaine. J'ai aussi remarqué. Ce qui me demandait quelques heures à écrire semble prendre plusieurs jours. Mes réserves sont à sec. Je sens que chaque jour commence à être comme du déjà vu à nouveau— les mêmes histoires ou une certaine variation sur les mêmes thèmes, encore et encore et encore jusqu'à ce que vous ne soyez pas sûrs si vous l'avez déjà vue. Je ne suis pas sûr de savoir combien de raclées ce cheval mort peut recevoir. Y a-t-il un Catholique honnête sur la terre qui ne reconnaît pas la folie totale de ce qui se passe dans l'Église ? Lorsque j'ai commencé ce boulot, les défenseurs de cette papauté et les mesures prises dans son « programme de réforme » étaient légion. Le défi à l'époque était de les réveiller.

Maintenant, le défi est de garder les gens qui se sont réveillés de ne pas sauter par-dessus bord du navire.

J'ai eu une conversation avec quelqu'un l'autre jour qui m'a raconté une histoire. Il a dit que, lorsqu’il était jeune, il est allé se confesser et, pour une raison quelconque, il a demandé à son confesseur la question : « Que se passerait-il si nous avions un mauvais Pape qui endommagerait vraiment l'Église ? Que ferions nous ? »

« Je n'aurais jamais pu imaginer que cela n'arrive » m'a-t-il dit. « Je ne sais pas pourquoi j'ai demandé cela, mais je l’ai fait ».

Le bon vieux sage confesseur lui a dit : « Qu’est-ce que vous pensez que les gens ont fait au Moyen-Âge quand les Papes accusaient d’autres Papes et se battaient pour le trône et qu’il y avait des antipapes qui rivalisaient avec de vrais Papes ? Ils ont baissé la tête, ils ont prié, ils ont étudié, ils ont enseigné à leurs enfants, ils ont vécu leur Foi et ils ont protégé ceux qui deviendraient la prochaine génération de prêtres, d'Évêques et de Cardinaux ».

« Jusqu'à tout récemment, je pensais qu'il fallait former une sorte de résistance organisée » m'a dit mon ami. « Mais maintenant, je me rends compte que c'est ce que nous devons faire ».

Cette même personne m'a raconté une autre histoire à propos d'un sage Évêque qui avait de grands défis dans son diocèse : une perte de Foi, des personnes désintéressées, des paroisses en gâchis ... juste une série de problèmes apparemment insolubles.

« Que pouvez-vous faire ? » lui a demandé mon ami.

« Concentrez-vous pour devenir un saint » a déclaré l'Évêque. « L'action ne peut qu’accomplir tant, mais un saint peut convertir un pays entier ».

Il semble que c'est là que nous nous trouvons. C'est peut-être ce que veut dire l’Évêque Athanasius Schneider quand il nous dit que ce sont les laïcs qui sauveront l'Église. Ou quand il exhorte :

« Je voudrais dire à ces prêtres, séminaristes, jeunes et familles : « C'est un honneur et un privilège d'être fidèles à la Vérité Divine et aux Traditions spirituelles ainsi que liturgiques de nos ancêtres et des saints et donc d’être marginalisés par ceux qui occupent actuellement le pouvoir administratif dans l'Église. Cette fidélité même et votre courage constituent le véritable pouvoir dans l'Église. Vous êtes la véritable périphérie ecclésiastique qui, avec le pouvoir de Dieu, renouvelle l'Église. De vivre la vraie Tradition du Dogme, de la liturgie et de la sainteté est une manifestation de la démocratie des Saints car la Tradition est la démocratie des saints. Avec Saint Athanase, je voudrais vous dire ces paroles : « Ce qui vous attriste, c'est que les autres ont occupé les églises par violence tandis que vous, pendant ce temps, vous êtes dehors. C’est un fait, ils ont les locaux : mais vous avez la Foi Apostolique. Ils prétendent qu'ils représentent l'Église, mais en réalité, ils s’en expulsent eux-mêmes et s'égarent (voir Lettre à son troupeau) ».

Pour ma part, je ne veux plus vous raconter les mêmes mauvaises histoires jour après jour. Je ne veux pas que ce soit l'endroit où vous allez lire le dernier outrage, raviver les feux du mécontentement, perdre votre paix d'âme. J'ai demandé récemment si vous étiez dans ce combat. Mais ce que je pense que j’en viens à comprendre, c'est que la bataille a réellement viré sur un front différent, et c'est l'heure où nous l'avons fait aussi.

Le scandale est addictif. Nous ne le fabriquons pas ici, mais nous l'avons mis en évidence. Nous croyons que les fidèles ont le droit — et même le devoir — d'être informés. Mais à un moment donné, nous devons tracer une ligne. Nous devons choisir l'endroit où nous concentrons nos efforts. Nous avons réveillé autant de personnes que nous pouvions espérer réveiller.

Donc que faisons-nous maintenant ? Où allons-nous maintenant ?

Ce sont les questions que je n'arrête pas de me poser. Notre devise ici est notre énoncé de mission : « Reconstruire la Culture Catholique ». Restaurer la Tradition Catholique. Pourquoi ai-je choisi cette phrase ? Parce que la culture Catholique a construit la civilisation Occidentale, a préservé la connaissance des anciens, a apporté des innovations en science et technologie, a inventé le système universitaire, a inspiré les plus grands artistes, musiciens et artisans de tous les temps et a rempli d'innombrables âmes d’un zèle pour Dieu qui les a menées à vivre des vies saintes et même à prêcher l'Évangile au prix de leur sang. Chaque réponse à chaque problème que nous avons maintenant peut être trouvée dans nos racines abandonnées depuis longtemps. Et la Tradition Catholique — les enseignements, les dévotions, les pratiques et, surtout, la Messe de tous les temps, est ce qui soutient et nourrit une culture Catholique authentique.

Nous pouvons revenir sur ces choses. Nous pouvons les rendre présentes à nouveau et leur permettre, une fois redécouvertes, de prospérer à nouveau.

Au cours des années, j'ai parfois mentionné que je voulais concentrer davantage nos efforts sur les choses intemporelles. En explorant la beauté de notre Foi Catholique et en apprenant de ces personnes et des lieux dans le monde où elle se manifeste de façon la plus impressionnante aujourd'hui. Nous n'avons jamais cessé de produire ce genre de contenu — le genre qui nous rappelle pourquoi nous nous battons, mais dans nos tentatives de nous tenir au courant de l'avalanche des événements actuels, cela a continué à glisser à la dernière place dans notre liste de priorités.

À cet égard, nous vous avons fait faux bond.

Mon amie Hilary White m'a dit récemment qu'elle pensait que nous avons été trompés et que nous avons joué le jeu de l'ennemi. Ils font quelque chose d'horrible et nous réagissons. Encore et encore, ce cycle se répète, jusqu'à ce que nous nous rendions soudainement compte que nous avons joué à leur petit jeu depuis longtemps. Vous avez peut-être remarqué qu'elle a fermé son blog, What's Up With the Synod ? [ Qu’advient-il du Synode ? ] Ces réalisations — et la conscience alarmante que cela ne convient pas à chacun d'entre nous — ont été parmi les raisons pour lesquelles elle a pris cette décision.

Ce que je vous dis c’est que je pense qu'il faut trouver un moyen de revenir. Revenir du cloaque que nos prétendus bergers ont creusé pour nous. Nous devons étudier notre Foi. La réapprendre ou même l'apprendre pour la première fois. Il y a beaucoup de jeunes Catholiques qui cherchent à connaître maintenant la Tradition. Ils n'ont pas lu de livres. Ils sont trop jeunes pour se rappeler ce à quoi ça ressemblait avant Summorum Pontificum. Ils n’ont pas la mémoire d'avoir regardé l'astéroïde frapper. Ils veulent juste savoir, apprendre, comprendre.

Nous pouvons les aider.

Tant et aussi longtemps que très peu de publications sont disposées à s’interposer, nous ne serons jamais affranchis de couvrir les histoires les plus importantes. Mais on ne peut plus se concentrer sur chaque scandale du jour à Rome. Ça me tue. Je suis misérable. Je ne veux pas penser à rien d’autre que les maux qui ont infesté le Corps Mystique du Christ. Je tiens à me rappeler pourquoi la Sainte Mère Église est belle, aimable, une créature majestueuse digne d'une œuvre minutieuse de restauration.

Et je sais dans mes os que l'ennemi nous a coopté — nous tous qui sommes frustrés et désillusionnés — dans ses projets pour la papauté. François est peut être celui qui détruit la crédibilité de cette fonction mais il le fait avec notre aide. De même qu’aucun de nous qui a vécu la crise des abus sexuels ne fera jamais confiance à un prêtre autour de nos enfants même si nous le voulons, de même ceux d'entre nous qui ont vécu cette crise de la papauté auront probablement toujours un réflexe de méfiance envers le Successeur de Saint-Pierre. Nous oublions comment respecter la fonction parce que l'homme occupant cette fonction s'est comporté de manière irrespectueuse. Nous perdons une partie essentielle du sensus fidei. Nous devons faire très attention à nous protéger contre une amertume qui ne peut pas être déracinée.

Je ne sais pas exactement comment aller de l'avant. Je peux être le capitaine de ce navire, mais il n'y a pas de carte définitive pour savoir où nous sommes ou où nous devons aller, même si on nous a donné quelques indices. Si nous voulons vraiment nous engager dans le travail de restauration de ce qui a été rendu moche en quelque chose de nouveau, nous allons devoir nous relever nos manches. Nous allons devoir en savoir plus, rechercher davantage, consacrer beaucoup plus de temps à réfléchir à quoi et comment nous devrions discuter, mettre en évidence et partager. Nous devons nous efforcer sérieusement de fournir des ressources pour que les gens grandissent dans leur Foi, pas seulement leur montrer le spectacle d'horreur à Rome et espérer qu'ils ne perdent pas la Foi.

Cela peut signifier moins d’articles mais de meilleurs avec plus de temps entre les deux. Cela peut signifier de nouvelles fonctionnalités ajoutées sur le site qui ont été en second plan pendant des années. Cela impliquera plus de collaboration avec vous pour nous dire ce que nous pouvons faire pour vous aider.

Êtes-vous une maman enseignante à domicile ? Que cherchez-vous ?

Êtes-vous un mari et un père essayant de trouver un moyen de réseautage avec d'autres hommes à l'esprit semblable ? Comment pouvons-nous vous connecter ?

Êtes-vous un curé qui a besoin de ressources pour vos paroissiens ? Que pouvons-nous faire ?

Êtes-vous un nouveau Catholique — ou tout simplement nouveau dans la Tradition — essayant de comprendre ce que vous devriez lire et où vous devriez aller ? Dites-nous ce que vous manquez.

Qui que ce soit que vous êtes, tout ce dont vous avez besoin, aidez-nous à vous aider. Notre site devrait être plus qu'un endroit où vous venez pour juste de l’information. Cela devrait être une véritable communauté. L'Internet rend possible le réseautage et la répartition des ressources qui, il y a tout juste une génération, étaient inimaginables. Utilisons-le ! Nous avons des centaines de milliers de visiteurs ici chaque mois. Comment pouvons-nous nous aider ensemble les uns les autres ?

Je serai franc : j'ai peur d'ouvrir cette porte. Je me sens déjà accablé, brûlé et émotionnellement dragué dans mes limites absolues. Mais de la façon dont je le vois, je peux abandonner et jeter la serviette ou je peux creuser et trouver une nouvelle façon de faire plus et mieux. À ce moment où notre petite publication a atteint un public étonnamment large, comment pouvons-nous utiliser nos superpuissances pour le bien ?

Et alors que ce que je demande ici, c'est votre contribution et vos suggestions — en sachant très bien que je ne peux pas toutes les mettre en œuvre — je vous rappellerai également que nous avons besoin de votre soutien financier. Nous avons atteint notre objectif le mois dernier, grâce en grande partie à un donateur anonyme. Mais c'est un nouveau mois, avec de nouvelles factures, et nous n’avons pas tellement bien réussi la dernière campagne. Rappelez-vous qu’un moindre pécule aide. (Et pour ceux qui se demandent souvent : oui, vous pouvez faire un don par mail).

Il est temps de tourner la page. Tout en moi crie que nous avons eu tellement d'élan dans la lutte contre la révolution que nous nous sommes trop engagés sur ce chemin-là. Nous avons gagné des batailles majeures. La vague d'opinion publique chez les Catholiques orthodoxes a définitivement tourné.

Mais nous ne pouvons pas laisser tous ces gens à cligner des yeux dans la lumière du soleil avec nulle part où aller. La question qu’on me demande toujours est : « Que faisons-nous maintenant ? »

La réponse, je la soupçonne, est : « Ce que nous avons toujours fait. Vivre notre Foi et, ce faisant, changer le monde ».

Priez pour que je trouve la force et les conseils pour tracer une nouvelle et meilleure orientation. Nous devons faire un meilleur travail pour aider les gens à aller au paradis. Si nous échouons à cela, le reste est une perte de temps.