mercredi 19 juillet 2017

Quand les vagues déferlent sur la Barque de Pierre
Belle analyse de la succession des Papes jusqu'à aujourd'hui


Par : Christine de Marcellus Vollmer

Christine de Marcellus Volmer, nouvelle collaboratrice à « The Catholic Thing » est présidente de « PROVIVE » au Vénézuela, coordinatrice de « Curriculum Alive mondial », et a été membre du Conseil Pontifical de la Famille (1990 - 2016) et de l’Académie Pontificale pour la Vie (1994 - 2016). Elle a également été membre de la délégation du Saint-Siège à l’ONU (1990 - 1995).

Le 12 juillet 2017
SOURCE : France Catholique


Les fidèles de l’Église qui ont vécu attentivement et avec enthousiasme les papautés de Paul VI, St. Jean-Paul II et Benoît XVI sont dans l’angoisse. Soudain, avec bien des jolis discours, la clarté de l’enseignement Catholique semble troublée. Que se passe-t-il ? Que faire pour nous tenir sans peur attachés à la lumière ?

Lucidité et vérité qui avaient marqué la seconde moitié du XXe siècle par l’enseignement de ces grands Pontifes, touchant des millions d’hommes Catholiques ou non, suscitaient amour et respect envers l’Église Catholique de Rome qui avait eu tendance à somnoler après la seconde guerre mondiale puis était remise brutalement en question dans les années 1960 et 1970. Une grande révolte s’emparait de la culture occidentale. La Doctrine était rejetée, la famille, bouleversée, la tradition, renversée, au lieu de refléter la sagesse lentement accumulée au fil des siècles, ridiculisée au point que la morale devenait « intolérance », « fanatisme », et que la maîtrise de soi perdait tout sens.

Les années 1980 virent alors le commencement de changements dans les mœurs comme dans les législations, qui emplissaient les croyants de toutes religions de confusion et de détresse. Au sein de l’Église Catholique, la hiérarchie — formée précédemment — maintint un semblant d’orthodoxie ; mais les écarts étaient tolérés et (pour les jeunes de cette époque) la coexistence de deux catégories de prêtres était évidente.

Prêtres et Évêques fidèles adhérèrent à l’Encyclique prophétique de Paul VI en 1968, Humanae vitae même s’ils ne la comprenaient pas totalement alors. À l’opposé, ceux formés à la permissivité et au relativisme des années 1960 la toisaient de haut. S.S. Paul VI nota avec justesse que « les fumées de Satan s’étaient infiltrés dans l’Église. » C’était alors une rude époque pour les jeunes couples, et pour les parents qui voyaient de plus en plus leurs jeunes adopter une morale sexuelle contraceptive.

L’enseignement adouci dans les séminaires amena nombre de jeunes prêtres à croire que « l’autorité » n’a aucun droit à imposer des normes de morale, et il a participé à l’apparition de prêtres homosexuels qui commettaient d’horribles actes de pédérastie. Les efforts pour camoufler cette honteuse réalité par l’appellation « maladie » (pédophilie) taisait qu’en une grande majorité de cas il s’agissait de jeunes adolescents. Certains Évêques, par lâcheté (ou pire) protégeaient ces prêtres, comme chacun sait. Pourquoi le tolérait-on ?

On le tolérait car la génération des années 1960 - 1970, alors en position de force, était hostile à l’obligation de morale et de discipline. La permissivité dominait ses convictions.

L’apparition surprenante, captivante, de Carol Wojtyla, St. Jean-Paul II, avec sa présentation saisissante des vérités de toujours des Évangiles, et sa remise des pendules à l’heure dérangeait la génération « 1960 ». Mais elle souleva et stimula la génération suivante, les fidèles prêtres, religieux, laïcs, partout dans le monde.

Il vint ayant connu la guerre, le nazisme, le communisme, et toutes sortes de perversités, et il détenait la logique Évangélique et la Bonne Nouvelle concernant la personne humaine et le salut. De plus, son savoir s’était approfondi par les peines endurées par les jeunes et les couples, parmi les malheureux, héros comme simples gens. Il électrisait le monde, suscitant par ses explications un mode de vie à suivre. Il ne proposait pas de solutions faciles, mais bonnes. Il nous offrait des explications claires sur ce que nous sommes et devrions être pour vivre le message de l’Évangile de nos jours. Succédant à Jean-Paul II, Benoît XVI s’occupa du mal qui s’était infiltré aux niveaux les plus élevés de l’Église. Il sanctionna et exclut le Père Marcial Maciel et ouvrit une enquête sur les rumeurs alors répandues d’homosexualité et de malversations financières au sein de la Curie. Nous n’avons pas connaissance du contenu du rapport établi alors, mais nous savons qu’il déclencha une immense panique au sein de certains cercles à Rome.

Les trois décennies de brillante évangélisation mondiale par les Papes Jean-Paul II et Benoît XVI eurent un succès fantastique parmi les laïcs et dans toute une génération nouvelle de prêtres désireux de pouvoir enseigner la vraie foi Catholique et sa morale.

Mais au sein de la génération précédente un grand nombre déplorait la renaissance des convictions et la force de la foi revenue. Nombre d’Évêques et Cardinaux dans le monde moderne étaient mal à l’aise alors que leur laisser-aller permissif se heurtait à cette nouvelle vigueur. Certains de ces prélats âgés et fort influents, décidèrent, nous l’avons appris, de « préserver » l’Église de ce qu’ils considéraient comme un enseignement vieillot et rigide.

On nous dit qu’ils constituèrent le « Club St. Galien » — une « mafia » — afin de planifier les manœuvres pour imposer un changement de cap à la Barque de Pierre. Profitant de la tolérance des Papes précédents, qui ne les avaient jamais repris pour leur laxisme doctrinal, ce « Club St. Galien » réussit à promouvoir une candidature au Saint-Siège. Jorge Bergoglio fut élu.

La génération des années 1970 détient maintenant le pouvoir dans l’Église. De cette génération, dans le monde des affaires comme en politique, beaucoup sont à la retraite. Beaucoup d’entre eux furent frappés par les drames — sexe, drogue — qui ont détruit leurs propres enfants. Mais au sein de l’Église il en reste bon nombre — et ils tiennent les rênes.

La scandaleuse fresque « homoérotique* voir petite note » commandée par Mgr. l’Archevêque Vincenzo Paglia pour sa cathédrale à Terni [N.d.T. : exécutée par un « artiste » homosexuel, cette gigantesque fresque représente hommes, femmes et enfants nus enlacés dans des positions obscènes.] n’a pas empêché sa désignation de responsable pour changer radicalement les services du Vatican concernant la Vie et la Famille, le Conseil Pontifical pour le Famille, l’Académie Pontificale sur la Vie, et l’Institut Jean-Paul II pour les Études sur la Famille.

L’archevêque Paglia (sûrement un prochain Cardinal) a également mis en place un « Programme d’Éducation Sexuelle » en cinq langues, qui contredit d’importants principes de l’enseignement de l’Église en matière sexuelle.

Nous assistons actuellement ainsi à une large fracture au sein de l’Église. Le troupeau des fidèles Catholiques pratiquants est encore plus motivé que jamais pour vivre et répandre l’authentique doctrine sociale et morale Catholique. Mais il assiste à la promotion de prélats formés à la permissivité et à la relativité. Les scandales « drogue et sexe » au sein même du Vatican ne semblent pas freiner le rejet et le remplacement des catégories traditionnelles de morale et de genre si merveilleusement confirmées par nos récents grands Pontifes.

Notre cap nous dirige vers des eaux très agitées, et nous ne devons pas céder au découragement. Restons fidèles à notre Seigneur, vivant, et à Son enseignement en ces temps d’épreuve. De jeunes prêtres et laïcs et les nombreux mouvements de fidèles doivent s’accrocher fermement à la Vérité, unis dans la prière et l’action jusqu’à ce que se calme la tempête. Jésus, nous avons confiance.

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Source originale : https://www.theCatholicthing.org/2017/07/15/when-waves-break-over-the-barque-of-peter/

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* À mon avis, il vaut mieux se rincer l’œil avec de l’eau bénite qu’avec une telle fresque.