samedi 22 juillet 2017

Mgr Athanasius Schneider

L’abus de Vatican II conduit à une protestantisation de l'Église
Abandonnez l'expérience malheureuse
de « l’herméneutique de la continuité »




par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 21 juillet 2017

Mgr Athanasius Schneider, que j'ai eu le privilège d'interviewer longuement pour le Centre Fatima, est peut-être la seule voix claire de l'opposition envers l'épiscopat aux tendances ecclésiales des quatre dernières années, qui ont aggravé de façon alarmante ce qui était déjà, comme le dit son Excellence, une « crise sans précédent de l'Église comparable à la crise générale au 4ème siècle quand l'Arianisme a contaminé la majorité écrasante de l'épiscopat, en prenant une position dominante dans la vie de l'Église. »

Assurément, ce n’est pas un hasard que l'Évêque Schneider soit nommé du même prénom que Mgr Athanasius d'Alexandrie, celui qui était essentiellement la seule voix ferme et inébranlable de l'opposition épiscopale à l'hérésie arienne.

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Le point de vue de l'Évêque Schneider sur Vatican II, présenté dans une interview exclusive avec Rorate Caeli, est régi par l'optimisme que chaque Catholique devrait avoir en ce qui concerne l'état de l'Église aujourd'hui : « Nous devons renouveler notre Foi en croyant que l'Église est dans les mains sûres du Christ et Il interviendra toujours pour renouveler l'Église dans ces moments où la Barque de l'Église semble chavirer, comme cela est le cas évident de nos jours ».

Cet optimisme, cependant, ne dispense pas du devoir Catholique de s’opposer à l’erreur et de défendre la vérité en temps de crise ecclésiale, comme Saint Athanase a fait au 4ème siècle et comme l’Évêque Athanasius le fait aujourd'hui. Ainsi, concernant Vatican II, l'Évêque conseille à juste titre que « Vatican II était une assemblée légitime présidée par les Papes et que nous devons maintenir une attitude respectueuse envers ce Concile. Toutefois, cela ne signifie pas qu’il nous est interdit d’exprimer des doutes bien fondés ou des suggestions d'amélioration respectueuses en ce qui concerne certains éléments spécifiques, tout en faisant cela en fonction de la tradition de l'Église et du Magistère constant ».

Nous avons beaucoup entendu parler d’une « herméneutique de la continuité » concernant de nombreuses déclarations problématiques contenues dans de nombreux documents du Concile. Mais le besoin d'une « herméneutique » pour démontrer « la continuité » du Concile avec l'enseignement constant préalable du Magistère indique de graves lacunes dans les documents du Concile. Face à ces lacunes, dit l'Évêque, la seule « herméneutiques » appropriée — à savoir, le principe directeur d'interprétation — est de faire référence à des « déclarations doctrinales Traditionnelles et constantes du Magistère au cours de la période des siècles » qui « constituent un critère de vérification en ce qui concerne l'exactitude des déclarations magistérielles ultérieures », signifiant ici les nouveautés dans les textes du Concile Vatican II.

Comme l'Évêque l’explique davantage:

« En cas de doute, les déclarations du Magistère constant (les Conciles précédents et les documents des Papes, dont le contenu démontre être une tradition sûre et répétée pendant des siècles dans le même sens) l'emportent sur ces déclarations objectivement ambiguës ou nouvelles de Vatican II qui [sont difficiles à] concorder avec les déclarations spécifiques du Magistère constant et précédent (par exemple le devoir de l'État de vénérer publiquement le Christ qui est le Roi de toutes les sociétés humaines, le vrai sens de la collégialité épiscopale en rapport avec la Primauté pétrinienne et le gouvernement universel de l'Église, la nuisibilité de toutes les religions non-Catholiques et leur dangerosité pour le salut éternel des âmes) ».

De plus, « Vatican II doit être vu et reçu tel qu'il est et comme il était vraiment: un Concile pastoral principalement. Ce Concile n'avait pas l'intention de proposer de nouvelles doctrines ou de les proposer définitivement ». De même, aucune Pape ou Concile approuvé par un Pape ne possède aucune autorité de proposer de nouvelles doctrines. Car, comme le Premier Concile du Vatican l’a déclaré: « Le Saint-Esprit n'a pas été promis aux Successeurs de Pierre afin que, par Sa révélation, ils puissent faire connaître une nouvelle doctrine mais, par Son aide, ils puissent conserver inviolablement et exposer fidèlement la Révélation, le Dépôt de la Foi, transmis par les Apôtres ».

En ce qui concerne la tant vantée « herméneutique de la continuité » Mgr Athanasius note que cela ne fonctionne tout simplement pas avec certaines des déclarations du Concile — telles que celles relatives aux nouveautés de la « collégialité, de la liberté religieuse, du dialogue œcuménique et interreligieux, et de l'attitude envers le monde » — qui manquent d’« un caractère définitif, [et sont] en apparence ou vraiment non concordant avec les déclarations traditionnelles et constantes du Magistère ». Quant à ces déclarations, constate-t-il à juste titre, les diverses tentatives de les concilier avec l'enseignement préalable ne produisent que des « interprétations forcées qui ne sont pas convaincantes et ne sont pas utiles pour en arriver à une meilleure compréhension des vérités immuables de la Foi Catholique et de son application concrète ».

Au contraire, dit l'Évêque, il faut tout simplement reconnaître honnêtement qu’ « il y a eu des cas dans l'histoire, où des déclarations non définitives de certains Conciles œcuméniques ont été plus tard — grâce à une discussion théologique sereine — raffinées ou tacitement corrigées... » L'Évêque cite comme exemple « les déclarations du Concile de Florence en ce qui concerne la question du Sacrement de l'Ordre, à savoir que le signe du Sacrement était la transmission des instruments alors que la tradition plus sûre et constante déclarait que l'imposition des mains de l'Évêque suffisaient, une vérité qui a été confirmée finalement par Pie XII en 1947 ».

Supposons, affirme l'Évêque, qu’« après le Concile de Florence les théologiens auraient aveuglément appliqué le principe de l’« herméneutique de la continuité » à cette déclaration concrète du Concile de Florence ( une déclaration objectivement erronée [ qui, comme les nouveautés proposées dans le deuxième Concile du Vatican, n'a pas été pris en charge par un décret définitif ] ), en défendant la thèse que la transmission des instruments comme étant le signe du Sacrement de l'Ordre concorde avec le Magistère constant, probablement qu’ils n'auraient pas atteint le consensus général chez les théologiens en ce qui concerne la vérité qui dit que l'imposition des mains de l'Évêque est le vrai élément du Sacrement de l'Ordre ».

Le même processus de correction doit être appliqué aux nombreuses déclarations dans les documents problématiques du Concile Vatican II, un Concile dont les textes « pastoraux » ambigus sont différents de tout autre Concile dans l'histoire de l'Église. « Il faut » conclut Mgr Athanasius « qu’il soit créé dans l'Église un climat serein de discussion doctrinale en ce qui concerne ces déclarations de Vatican II qui sont ambiguës ou qui ont causé des interprétations erronées. Dans une telle discussion doctrinale il n'y a rien de scandaleux, mais au contraire, ce sera une contribution afin de maintenir et d'expliquer de façon plus sûre et complète le Dépôt de la Foi immuable de l'Église ».

En effet, sans ce processus de correction, l'Église continuera à souffrir des crises provoquées par l’« infallibilisation » de « quelques déclarations de Vatican II ... qui sont objectivement ambiguës ou ... difficilement [sic] concordantes avec la Tradition du Magistère constant de l'Église », tel qu'« une saine discussion avec une correction implicite ou tacite nécessairement a été bloqué ».

Pis encore, met en garde l'Évêque, les partisans Modernistes du « renouveau » de Vatican II de l'Église « abusent des déclarations doctrinales moins claires ou ambiguës [du Concile] afin de créer une autre église — une église d'un type relativiste ou Protestante ».

En somme, l'Évêque déclare : « Nous devons nous libérer des chaînes de l'absolutisation et de l’« infallibilisation » totale de Vatican II ».

Ce à quoi je ne peux qu’ajouter un Amen chaleureux et une prière pour le jour où l'élément humain de l'Église puisse finalement dépasser le Concile malheureux et revenir sur le chemin de la Tradition. Ce jour-là est aussi inévitable que le Triomphe du Cœur Immaculé de Marie.