mercredi 19 juillet 2017

Le Cardinal Müller

Le Pape Benoît XVI « déçu » du licenciement de Müller


Le Cardinal Müller et le Pape Émérite Benoît XVI



Rédigé par : Dr Maike Hickson

SOURCE : One Peter Five
Le 19 juillet 2017


Aujourd'hui, le 19 juillet, il y a eu une nouvelle entrevue avec le Cardinal Gerhard Müller, l'ancien Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. C'est une interview qu'il a donnée au début du mois de juillet à l'agence de presse Allemande laïque DPA ; cela signifie que cette interview est maintenant reprise par de nombreux sites de nouvelles. Nous citons maintenant le journal Allemand Die Welt et son propre article sur cette interview.

Bien que beaucoup d'histoires publiées dans les médias aient souligné une partie de la nouvelle interview dans laquelle le Cardinal Müller se défend en particulier en ce qui concerne des accusations selon lesquelles il a été négligent dans le traitement des cas de violence sexuelle quand il était l'Évêque de Regensburg et plus tard Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) — nous soulignerons d'autres aspects pertinents et appropriés de cette interview plus complète.

Dans cette interview — qui a été menée début juillet dans l'appartement de Müller (c'est-à-dire, probablement après son retour de sa visite du 1 au 2 juillet en Allemagne dans sa ville natale, Mainz) — le Cardinal Müller touche à sa révocation récente de son poste à la Curie en tant que Préfet de la CDF. Fait important, il révèle que le Pape Emérite Benoît XVI lui-même était « déçu » de ce licenciement. Comme le dit Die Welt :

« C'est triste [selon Müller] qu'aucun Allemand ne se trouve plus dans une fonction de haut niveau. C'est aussi le même point de vue du Pape Émérite Benoît : lui aussi, dit Müller, est « déçu » que son contrat [de Müller] [mandat de cinq ans] n'ait pas été prolongé » .

Dans l'interview, le Cardinal Müller explique également que la fonction a été « un bon ajustement et était bien adaptée » pour lui. Certains « cercles intéressés », cependant, ont affirmé qu'il existait « des tensions présumées », « mais le Pape m'a toujours assuré qu'il ne croyait pas à ces rumeurs et qu'il avait pleinement confiance en moi » explique le Cardinal Allemand. Mais il ignore toujours les « raisons exactes » de ce licenciement, selon Die Welt ».

Cependant, le Cardinal Müller a utilisé cette interview pour critiquer le phénomène du carriérisme et des courtisans au Vatican et pour prévenir du « culte de la personnalité du Pape ». Selon Die Welt :

« Certaines personnes pratiquent une « dévotion hypocrite envers le Pape » selon le slogan : « Le Saint-Père a une idée et nous la suivons sans condition, et tout le monde est plein d'admiration » [selon Müller]. « Le Pape n'est aussi qu'un être humain. C'est-à-dire que pas tout ce qu'il fait et dit est de prime abord parfait et insurpassable.

Müller lui-même « ne se considère pas comme un opposant au Pape, ni comme un « agitateur » selon les écrits de Die Welt. Il dit :

« Je crois que je n'ai jamais été un conservateur, ni partisan de ligne dure. De catégoriser la vie spirituelle et religieuse en termes conservateurs et progressistes est un signe de pensée immature [« Armutszeugnis »] ; ça trahit simplement l'agression de ceux qui préfèrent discriminer les autres plutôt que de discuter de leurs arguments.

En réfléchissant sur son propre rôle à Rome — il avait été appelé à Rome à l'époque par le Pape Benoît XVI lui-même en 2012 — Müller dit, selon Die Welt :

« Au début, on lui a dit : « Un professeur Allemand typique qui ne comprend pas cela, s'il le faut, que 2 + 2 peut aussi être faire cinq » raconte Müller. « Je n'ai pas grandi à Rome ; Je ne suis pas un de la Curie [prélat]. J'insiste sur cela. Je suis un Évêque venu de l'extérieur. Peut-être, en tant que Nordique, on restera toujours un corps étranger [« Fremdkörper »] ».

Comme l'explique Die Welt, Müller ne dit pas « une mauvaise parole du Pape Argentin » et il « a eu une relation avec le Pape qui était « bonne dès le début », je crois [Müller] ».

Cependant, Die Welt continue, Müller indique dans l'interview « ce qu'il pense de certaines décisions personnelles du Pape » : « Le travail d’un individu ne peut réussir qu'avec des employés qualifiés » Müller en est convaincu. Il poursuit en disant : « Autrefois, on disait toujours qu'un bon gouvernant se caractérise par le fait qu'il s’associe les meilleurs —parfois aussi gênants — des conseillers à ses côtés, et non les personnes opportunistes et médiocres qui ont essayé en tout temps de se rapprocher de ceux qui sont au pouvoir ». Selon Die Welt, Müller se considère être parmi le « cercle des conseillers gênants ». Il n’a pas une haute opinion du « comportement des courtisans » au Vatican, ni de la conduite des « carriéristes qui tentent, avec l'aide de la flatterie, d'entrer dans une sorte de petites positions [« Pöstchen »]. « Plutôt prendre le risque de certains inconvénients que d’assouplir sa conscience » a déclaré M. Müller.

En parlant de l'un des sujets de l'Exhortation apostolique Amoris Laetitia — l'admission apparemment indulgente des divorcés « remariés » aux Sacrements — Müller précise clairement qu'il est contre. « Dieu est la mesure de la réalité » dit Müller dans l'interview « et pas simplement de ce qui est factuel. Ce qui existe réellement n'est pas automatiquement bon ». De manière similaire, le Cardinal Müller rejette l'idée d'un « mariage de promiscuité pour tous ».

Le thème de ne pas assouplir sa conscience — comme cela a été discuté dans cette nouvelle interview du 19 juillet — a également été soulevé lors d'une récente interview de Müller, qui a eu lieu juste après les funérailles du Cardinal Joachim Meisner à Cologne le 15 juillet. En parlant de la digne cérémonie funéraire du Cardinal Meisner, le Cardinal Müller a alors déclaré :

« Nous croyons que nous serons récompensés pour les mérites que nous gagnons ici sur terre. Nous sommes, après tout, des collaborateurs avec Dieu ; nous aidons à construire Son Royaume, aussi contre les résistances ou le manque de compréhension. Mais c'est aussi un signe que nous sommes sur le bon chemin avec le Christ qui a également parcouru ce chemin sur lequel les gens ne l'ont pas souvent compris. C'est un chemin qui a conduit à la Croix mais aussi à la Résurrection, au triomphe du mal, de la mort et de l'aliénation de l'homme de Dieu » .

En outre, le Cardinal Müller a souligné dans cette interview du 15 juillet que :

« Chacun de ceux qui sont présents [à la messe funèbre] a été particulièrement touché par la parole du Pape Benoît XVI ; il est vraiment — comme il l'a clairement montré une fois de plus — un maître de la parole qui parle à partir d'une Foi profonde et qui nous donne courage pour continuer sur le chemin de la Foi ».

Le Cardinal Müller a ensuite conclu ce court entretien du 15 juillet à Cologne avec des paroles sur le Cardinal Meisner lui-même — l'un des quatre Cardinaux des dubia : « Il est pour moi un grand témoin de notre Foi Chrétienne au milieu de notre monde ».

Ces paroles font écho aux paroles de l'Archevêque Georg Gänswein qui, le même jour, a également donné des interviews et a dit les paroles suivantes au sujet du Cardinal Meisner :

« On a fait un adieu à un géant; ou un géant spirituel devait partir. Je ne peux qu'espérer que lui, maintenant d’en-haut, intercède de façon gigantesque pour nous ».

Gänswein a également expliqué que le Cardinal Meisner « a vécu du spirituel et pour le spirituel » et qu'il pourrait « déjà voir des fruits spirituels ». Gänswein a souligné que le message aujourd'hui célèbre du Pape Emérite Benoît XVI — tel que récité par Gänswein publiquement — était « un encouragement spirituel pour tous ceux qui l'ont écouté ; et des encouragements spirituels pour notre temps sont très bons et très nécessaires ».

Toutes ces déclarations différentes — qui nous montrent un lien étroit entre le Cardinal Müller, l'Archevêque Gänswein, le défunt Cardinal Meisner et le Pape Benoît lui-même — peuvent devoir être vus à la lumière de quelques démentis récents et des licenciements. Peut-être qu'ils devraient être encore plus pleinement vus dans le contexte de la plus grande crise actuelle au sein de l'Église catholique sous la papauté du Pape François.