jeudi 20 juillet 2017

Antonio Spadaro et l'Évangile de la Conformité



par Christopher A. Ferrara
SOURCE : Fatima Network Perspectives
Le 19 juillet 2017

Antonio Spadaro, SJ, communément appelé le « porte-parole » du Pape Bergoglio, a co-écrit pour le journal semi-officiel du Pape, L'Osservatore Romano (OR), un mélange rempli de clichés de certitudes libérales désordonnées avec un une observation valable ou deux sur l'exceptionnalisme Américain et l’« Évangile de la prospérité ». Le co-auteur de Spadaro, Marcelo Figueroa, est un ami Protestant de grande ligne du Pape Bergoglio qu'il a décidé de nommer comme rédacteur en chef de l'édition de l'Osservatore Romano en Argentine.

L’article, intitulé « Le fondamentalisme évangélique et l'intégrisme Catholique aux États-Unis : un œcuménisme surprenant », est essentiellement l’invitation habituelle à une conformité placide à l'esprit du temps comme le reflète le système de l'État moderne. La conformité au statu quo politique est représentée comme une vertu civique alors que toute forme de résistance Chrétienne est un « fondamentalisme » dangereux qui n’est pas un principe différent du terrorisme d'ISIS.

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Perdue dans les préférences de Spadaro, il y a l'observation révélatrice de François Fukuyama : « L'État libéral qui sort de la tradition de Hobbes et Locke [ note : deux philosophes spécialisés dans le contrat social qui s’opposaient sur certains points circa 1588 et 1632 ] s'engage dans une lutte prolongée avec son propre peuple » (The End of History and the Last Man, p. 215.) [ La fin de l'histoire et le dernier homme, p. 215 ]. L'État libéral est le résultat final d'une traînée de sang répandu dans des révolutions violentes par lesquelles quelques éclairés ont d'abord imposé leur volonté aux masses Chrétiennes. Les personnes éclairées continuent leur oppression des Chrétiens aujourd'hui grâce au pouvoir coercitif incontestable de ce même État, qui subventionne d’office le massacre des enfants à naître et qui, maintenant, avec la folie du « mariage homosexuel » et du transgenderisme imposés par l'État, menace de ne pas effacer seulement tous les derniers vestiges de la morale Chrétienne dans la vie publique, mais la reconnaissance même de l'être lui-même.

L'Archevêque Charles Chaput a écrit une réprimande à Spadaro et Figueroa, que l’on trouve ici, qui est trop polie à mon avis ; cette réprimande suggère à juste titre qu'ils sont ce que Lénine qualifiait de « idiots utiles » de l’Occident, coopérant dans leur propre subjugation et leur destruction finale. Comme les idiots utiles du système de l'État moderne le font réflexivement, Spadaro et Figueroa récitent la litanie habituelle des craintes libérales à l'égard de tout signe d'un militantisme Chrétien qui pourrait poser un défi à l'hégémonie laïque. Par conséquent, ils dénoncent avec diligence leurs camarades Catholiques avec les Protestants Évangéliques pour les péchés suivants contre le laïcisme d'Etat :

  • « La fusion problématique entre la religion et l’État, la Foi et la politique, les valeurs religieuses et l’économie » ;

  • « Ce mélange de politique, de morale et de religion » ;

  • « Les principes fondamentalistes Évangéliques Chrétiens » ;

  • « Une influence religieuse-morale forte et déterminée sur les processus démocratiques et leurs résultats » ;

  • « Une adhésion littérale à la Bible » ;

  • Toute critique des « esprits Modernistes, du mouvement des droits civils noirs, du mouvement hippie, du Communisme, des mouvements féministes, etc. » ;

  • « Les Blancs du Sud Américain profond » ;

  • « Une compréhension littéraire des récits de la Création du livre de la Genèse qui met l'humanité dans une position de « domination » sur la Création » ;

  • « Lutter contre les menaces aux valeurs Chrétiennes Américaines » ;

  • « Le désir d'une certaine influence dans la sphère politique et parlementaire et dans les domaines juridique et éducatif afin que les normes publiques puissent être soumises à la morale religieuse » ;

  • « Les dirigeants politiques qui apparaissent triomphants avec une Bible dans leurs mains » ;

  • Une « religion en toute liberté » perçue comme un défi virtuel direct à la laïcité de l'État » ;

  • « La tentation persuasive d'une alliance fallacieuse entre la politique et le fondamentalisme religieux » ;

  • « Exagérer le désordre, agiter les âmes des gens en peignant des scénarios inquiétants au-delà de tout réalisme » ;

  • L'idée que « la Religion [est] une garante de l'ordre et qu’une partie politique pourrait incarner ce besoin » ;

  • « Une étrange forme d'œcuménisme surprenant ... entre les fondamentalistes Évangéliques et les intégristes Catholiques réunis par le même désir d'influence religieuse dans la sphère politique » ;

  • « Une nécessité théocratique : soumettre l'État à la Bible avec une logique qui n'est pas différente de celle qui inspire le fondamentalisme Islamique ... le même culte d'une apocalypse qui doit se faire le plus tôt possible ».

Bref, nos idiots utiles exigent la disqualification totale — en effet, la véritable criminalisation comme le « terrorisme » de l'ISIS — de n'importe quel rôle pour le Christianisme en politique. C'est précisément l'antithèse de l'enseignement constant de l'Église sur la Royauté Sociale du Christ, reconnue (même si imparfaitement) même par les Protestants Évangéliques plus conservateurs en tant qu’impératif sociopolitique de l'Incarnation, forcé par la raison elle-même. Comme l'a déclaré le Pape Léon XIII dans Immortale Dei (sur la Constitution Chrétienne des États) : « Telle est, d'après l'esquisse sommaire que nous en avons tracée, l'organisation Chrétienne de la société civile, et cette théorie n'est ni téméraire ni arbitraire ; mais elle se déduit des principes les plus élevés et les plus certains, confirmés par la raison naturelle elle-même.

L'abandon post-Vatican II de la Doctrine de la Royauté Sociale du Christ, en faveur d'un divorce irrationnel et finalement fatal de la Loi de l'Évangile de la vie publique, est symptomatique de la maladie terminale de notre civilisation autrefois Chrétienne, que Jean-Paul II a déploré (trop peu, trop tard) comme l’« apostasie silencieuse ». Comme Pie XI a averti en 1922 dans son encyclique historique sur la Royauté Sociale du Christ, Ubi Arcano :

« Ce que nous avons dit au début de notre Pontificat concernant le déclin de l'autorité publique et le manque de respect pour la même autorité, est tout aussi vrai de nos jours ». « Dieu et Jésus-Christ ayant été exclus de la législation et des affaires publiques, et l'autorité ne tirant plus son origine de Dieu, mais des hommes, les lois ont perdu la garantie de sanctions réelles et efficaces ».

Le Jésuite libéral Spadaro et son co-auteur Protestant libéral caractérisent la certitude autosuffisante du conformisme doctrinaire qu'ils assimilent au Christianisme éclairé. En louant le Pape Bergoglio sans se rendre compte qu'en fait ils l'accusent en tant que traître à la Mission de l'Église de faire des disciples de toutes les nations, ils déclarent : « François veut briser le lien organique entre la culture, la politique, l'institution et l'Église ». Ils applaudissent sans réfléchir la désintégration délibérée et auto-infligée du corps politique Chrétien. Ils prêchent, non pas l'Évangile de Jésus-Christ, mais L'Évangile de la Conformité à l'Esprit du Temps.

Spadaro et Figueroa se considèrent sans doute comme des défenseurs intellectuellement subtils, de concert avec Bergoglio, d'un Catholicisme moderne « réaliste ». En fait, ils se posent en bouffons qui se verrouillent eux-mêmes dans une cellule de prison, puis jettent la clé à leurs geôliers, tout en condamnant les Catholiques qui ne consentiront pas à leur propre emprisonnement. Le triomphe actuel de la modernité politique sur l'Église dépend en grande partie de l'assistance de tels collaborateurs ecclésiastiques. Mais à la fin, bien sûr, Dieu « se met à rire d'eux, Il se moque de tous ces païens ». (Psaume 59).