jeudi 15 décembre 2016

Veille culturelle :

Le piège de la cohabitation






Écrit par Anna Priore
SOURCE : The Remnant
Le 14 décembre 2016





Il est difficile de décrire l'énorme pression exercée aujourd'hui sur les jeunes couples non mariés afin qu’ils cohabitent et économisent de l'argent en combinant leurs finances et leur loyer. La cohabitation est sans aucun doute l'option la plus efficace et la plus facile que de nombreux couples ont : pas besoin de payer le loyer à deux endroits distincts, plus de compagnons de maison ennuyeux et de nécessité d’une chambre plus grande afin d’installer un lit king-size pour nous deux ! Je peux vous l’assurer par expérience : les couples chastes d'aujourd'hui peuvent se sentir comme s’ils avaient été étiquetés par la société comme une étrange race de personnes sexuellement frustrées. C'est comme si la morale Chrétienne d'un couple affectait sa capacité mentale. Vous voulez dire que vous ne vivez pas ensemble? Mais qui ne FAIT pas ça de nos jours ?

Si vous ou un couple que vous connaissez hésitez entre la cohabitation ou pas de cohabitation du tout, vous devez réaliser qu'il y a des implications très graves à cette décision que notre société moderne méprise, minimise ou pousse sous le tapis. La solution contraire à la situation de cohabitation est compliquée et le monde n'aime pas les réponses compliquées. En fait, il n'aime pas les réponses du tout parce qu'il aime faire semblant qu'il n'y a jamais de conséquences pour les actions d'un individu. Si vous tombez enceinte, vous pouvez obtenir un avortement. Si vous vivez au-delà de vos moyens, vous pouvez déclarer faillite. Si vous voulez tricher votre conjoint ou une personne chère, c'est votre droit. À notre âge de commodité, nous exigeons un mode de vie de gratification instantanée sans conséquences. Notre génération oublie malheureusement qu'une vie sans conséquences en elle-même engendre des conséquences. C'est la nature de la bête et l'un des fruits en décomposition de la condition humaine universelle. Nous ne pouvons jamais éviter la souffrance et, même si nous le faisions temporairement, quelqu'un d'autre souffre toujours : l’enfant à naître assassiné, la femme maltraitée, la famille brisée.

Beaucoup de gens encouragent les jeunes couples à « tester » leur mariage avant même qu'il ne commence en vivant ensemble. Cela ne fonctionne pas parce que le mariage n'est pas quelque chose que vous pouvez sortir de son contexte et l'examiner avant qu'il ne se passe réellement. Après qu’un couple se soit sacramentellement et légalement engagé l’uns envers l’autre, une foule de différentes possibilités, de défis et de surprises sont en attente et ne peuvent pas être trouvés quand un couple partage simplement un lit et une salle de bains. Le problème avec la cohabitation est qu'il offre une évasion, une porte de sortie, une seconde route si le couple se rend compte qu'il n'était pas vraiment destiné l'un à l'autre. Si le sexe devient ennuyeux, si les finances deviennent serrées, si les futurs beaux-parents deviennent trop autoritaires, le couple peut se laisser à tout moment. Est-ce une bonne pratique pour le mariage ? Certainement pas. Le mariage est pour le meilleur ou pour le pire, pendant la maladie et pendant la santé, dans les bons et les mauvais moments. Quand le couple échange des vœux à l'autel, ils ne se disent pas : « Je t’aimerai et je t’honorerai tant que je me sentirai bien et que ça me sera commode ».

Mais une relation qui échoue vaut mieux qu'un mariage qui échoue, non ? L'excuse que beaucoup de couples utilisent est : « Nous essayons juste pour voir si nous sommes compatibles avant le mariage, donc nous n'aurons pas à passer par un divorce difficile plus tard ». Mais comme je l'ai mentionné plus tôt, la cohabitation n'est pas un reflet fidèle de ce que le mariage d'un couple sera réellement. C'est un peu comme des adolescents qui ne veulent jamais pleinement s'engager pour un événement un vendredi soir au cas où quelque chose de plus excitant apparaîtrait. Demandez-leur s'ils viennent à votre fête d'anniversaire et ils répondront avec un « peut-être ». La cohabitation est le « peut-être » du mariage.

Il y a aussi quelques couples qui croient qu'ils ont une maîtrise personnelle supérieure. Nous pouvons vivre ensemble, disent-ils, parce que cela nous sauvera tant d'argent, mais nous n'aurons pas de relations sexuelles. Nous aurons des chambres séparées même. Je vais dormir sur le canapé ! Mais quiconque a déjà eu des colocataires sait qu'il est difficile de maintenir son intimité lorsque vous vivez dans des quartiers étroits avec quelqu'un. C’est quelque chose de très intime de partager exclusivement un petit appartement ou une maison avec le sexe opposé qui devrait être réservé pour l'engagement ultime du mariage. Cet engagement — et la grâce reçue par le Sacrement du Mariage — vous donne la force de supporter les ronflements et les taches de dentifrice de votre partenaire dans l'évier. Il ne vous donne pas la possibilité de reculer si vous réalisez soudainement que les mauvaises habitudes de votre conjoint et ses compétences de cuisson sont insupportables. Le mariage vous donne l'environnement idéal pour passer à travers vos problèmes ensemble plutôt que de prendre la poudre d’escampette pour les éviter. Et ne parlons même pas de la bonne vieille phrase qui est l’« occasion de péché ». Les embrassades et les étreintes innocentes sur le canapé peuvent rapidement s’escalader si personne n'est autour pour vous tenir responsable, même pour les couples les plus rigoureusement chastes.

J'ai entendu quelqu'un décrire la cohabitation comme étant un « piège ». Je pense que c'est une affirmation exacte car elle montre comment vivre ensemble peut littéralement vous prendre dans un mode de vie qui est très difficile à en sortir. Vivre séparément avant le mariage représente beaucoup de travail, mais de combiner de manière précaire deux ménages en un est encore plus de travail. Qui paie pour l'épicerie ? Qui paie les services publics ? Partagez-vous le loyer ? Comment diviser la facture Internet ? De plus, si la relation finit par un échec, l'un de vous doit quitter et traîner tous ses bagages physiques et émotionnels avec lui. En sauvegardant l'intimité sexuelle et émotionnelle pour le mariage, les couples sont capables de se concentrer sur d'autres choses qui leur apportent la vraie joie et la satisfaction. Plutôt que de laisser l'aspect physique de leur relation consommer tout ce qu'ils font, les couples chastes permettent ainsi d’enguirlander tout ce qu'ils font.

Il y a beaucoup de vérité à l'expression « vite arrivé, vite parti ». Les couples qui cohabitent ont des noms distincts et des comptes bancaires distincts ; il y a un accord implicite à l’effet que chacun peut sortir de la relation. En bref, ils répètent un engagement de faible intensité. Mais le mariage implique un engagement de haute intensité. Rien qui vaut la peine d’avoir n’est facile.

Une discussion sur la cohabitation ne serait pas complète sans mentionner le scandale. La plupart des gens ne voient que ce mot sur la couverture du magazine People, annonçant un nouveau divorce / affaire / divorce avec telle ou telle personne célèbre. Pour un Catholique, le scandale est quelque chose de tout à fait différent et de très sérieux. Si vous vous identifiez comme Catholique et pratiquez sérieusement votre Foi et si vos amis, votre famille et vos collègues savent que vous êtes Catholique et que vous vivez dans le péché avec quelqu'un, qu'est-ce qu’ils diront de vous ? Qu'est-ce qu’ils diront des Catholiques en général ? Comment cela se reflètera-t-il sur vous quand quelqu'un verra la croix autour de votre cou pendant que vous sortez de l'appartement de la personne qui vous est chère le samedi matin pour aller chercher le journal ? Les Catholiques ont déjà reçu assez de critiques pour avoir été hypocrites ces derniers siècles passés. Pourquoi perpétuer la blitzkrieg [ guerre éclair en allemand ] ?

Mais la question des avantages économiques de la cohabitation apparaît toujours en arrière plan. En tant que Catholiques, nous devons faire un choix. Qu’est-ce qui est plus important pour moi : mon argent ou mon âme ? Certains pourraient se moquer et dire que ce n'est pas aussi noir et blanc que cela. Permettez-moi de le dire d'une autre façon : si vous suivez la Volonté de Notre Seigneur, peu importe comment impossible ou même stupide que ça puisse sembler, Il va subvenir. Il viendra par vous. L'argent sera pris en charge. Notre Seigneur ne néglige jamais ceux qui le suivent fidèlement même si tout le monde leur dit qu'ils sont fous pour le faire.

Nous devons aimer notre futur époux (se) en faisant ce qui est vraiment le meilleur pour lui (elle), en ne mettant pas en danger leur âme et en leur donnant une chance de nous aimer pour notre caractère et non pas pour ce que nous pouvons apporter dans leur lit. Surtout, les couples doivent prier ensemble, avoir un engagement ferme à rester chaste jusqu'au mariage et s'aider mutuellement à s'y tenir. Prenez courage; n'ayez pas peur. Dans le monde, nous aurons des difficultés, mais Il a conquis le monde.