vendredi 23 décembre 2016

Un Joyeux Noël qui fait peur
François donne une conférence à la Curie Romaine




par Christopher A. Ferrara
SOURCE : The Remnant
Le 22 décembre 2016

C'est Noël encore. Cela signifie qu'il est temps pour le Pape qui dit « Mais ne jugez jamais. Jamais ». C’est le temps pour lui d ‘émettre ses jugements annuels sur les défauts de caractère et les maladies spirituelles des membres de la Curie romaine qui résistent à ses « réformes ».

Dans ses « Salutations de Noël » annuelles, (davantage des « condamnations de Noël ») François rappelle à la Curie qu'il a déjà diagnostiqué deux fois (2014 et 2015) leurs « maladies » de l'âme et a prescrit « un catalogue de vertus [l’emphase est dans le texte original] pour les fonctionnaires Curiaux et pour tous ceux qui souhaitent que leur consécration ou service à l'Église devienne plus fructueux ».


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Cette année, François accumule plus d'insultes sur la montagne de blâmes bruts par lesquels il a tenté d'enterrer toute opposition à ce qu'il voudrait faire sous la rubrique du slogan Protestant « Semper Reformanda » [ sens : « une Église réformée, toujours à réformer à nouveau» --- le Pape ajoute : « devant être réformée parce que vivante » ] ( slogan faussement attribué à Saint Augustin, qui n’a rien dit d'une Église qui doit constamment se réformer par opposition à maintenir ou à restaurer ce qui a été transmis).

Selon François, « le ‘Semper Reformanda’ doit aussi devenir, dans le cas de la Curie, un processus de croissance et surtout de conversion », c'est-à-dire une réforme qui ne finit jamais, le mobilisme incessant de la théologie Moderniste. Mais il y a ceux qui résistent au ‘Semper Reformanda’ à cause de « maladies » pour laquelle il doit y avoir « des soins parce que toute opération, pour être un succès, doit être précédée de diagnostics approfondis, d’analyses soignées et doit être accompagnée et suivie de prescriptions précises ». La Curie n'ayant pas encore répondu au traitement, François réitère maintenant son diagnostic et sa prescription pour le traitement des Maladies de Résistance à la Réforme ( MRR ) difficiles à soigner.

Tout d'abord, François permet qu’« il peut y avoir des cas de résistance ouverte [ l’emphase est dans le texte original ] souvent nés de la bonne volonté et d’un dialogue sincère » — souvent, mais pas toujours, comme nous le verrons. Mais il y a aussi des « cas de résistance cachée »,« qui naissent des cœurs effrayés ou pétrifiés qui s’alimentent des paroles vides du “gattopardisme spirituel” ( sens : création de réformes plus apparentes que substantielles) de celui qui en paroles se dit prêt au changement, mais veut que tout reste comme avant ». Ce serait la forme modérée du MRR, subie par ceux dont la chair est prête à subir le processus d'une réforme sans fin mais dont l'esprit est faible. Ils entretiennent un discours sur une réforme sans fin, mais n’entreprennent pas la marche eux-mêmes.

La forme sévère de la MRR, d'autre part, implique le symptôme de « résistance malveillante [ l’emphase est dans le texte original ] », qui est clairement le principal chef d’accusation de la doléance de François. La forme malveillante du MRR — comme si nous ne le savions pas après trois ans de propagande — se manifeste chez ceux qui sont attachés à la Tradition : les « résistances malveillantes... qui germent dans des esprits déformés et apparaissent quand le démon inspire des intentions mauvaises (souvent “déguisées en agneaux”). Ce dernier type de résistances se cache derrière les paroles de justification, et souvent accusatoires, en se réfugiant dans les traditions, dans les apparences, dans la formalité, dans le connu ». Il ne doit pas y avoir de cachette derrière les traditions ! Le patient doit prendre son médicament amer et être prêt à laisser tout ce qui est derrière alors que le traitement prend effet.

Les « résistances bonnes », dit François, « sont nécessaires et méritent d’être écoutées, accueillies et encouragées à s’exprimer, parce que c’est un signe que le corps est vivant » — bien que, bien sûr, cette bonne résistance ne dissuadera pas François pour le moins. C'est plutôt une fièvre chez le patient, un signe que le corps combat la maladie. Mais la forme malveillante des MRR doit être éliminée par l'élimination et la quarantaine des patients infectés si nécessaire.

À cet égard, il faut rappeler à tous que la guérison des MRR n'est pas seulement « avec beaucoup de prière —beaucoup de prière, dans une profonde humilité » mais aussi « l'exercice responsable du pouvoir, l'obéissance inconditionnelle », ce qui signifie « soutenir le Pontife Romain dans l’exercice de son pouvoir singulier, ordinaire, plénier, suprême, immédiat et universel ».

Bizarre, n'est-ce pas ? — comment la personne du « Pontife Romain » apparaît soudainement quand François exige l'obéissance à ses nouveautés. Mais le même Pontife Romain n'est nulle part visible quand il s'agit d'obéir aux Dogmes définis, aux Doctrines et aux Disciplines pérennes de la Sainte Église Catholique.

Pour tout malade d’une MRR qui n'accepte toujours pas le diagnostic et le traitement, il y a la prescription gnostique globale de « l’abandon à la conduite sûre de l’Esprit Saint, en s’en remettant à son soutien indispensable ». C'est-à-dire que résister aux réformes de François, c’est résister à la volonté même du Dieu des Surprises dont le Pontife Romain ad hoc est le seul oracle des derniers augures. Il n'y a jamais de suggestion que le même Saint-Esprit ne pourrait jamais informer François qu'il est sur la mauvaise voie. Tout comme la version Protestante de l'Esprit Saint, la version promue par François confirme infailliblement ce que l'on veut entendre — sauf dans le cas de ceux qui souffrent d’une MRR qui ne sont jamais en contact avec « l'Esprit » mais seulement avec leur propre rigidité et orgueil.

Parmi les réformes que le Dieu des Surprises réclame par François — dans l'Église qui ne cesse jamais de se réformer —, c'est ce que François décrit comme « une simplification et un allègement de la Curie ». Voici comment François décrit son travail de « simplification » :

  • ... Le Conseil des Cardinaux (Consilium Cardinalium Summo Pontifici) ... a été annoncé ...
  • ... La Commission Référente sur l’Institut pour les Œuvres de Religion a été érigée ...
  • ... Le COSEA ( Commission pontificale référente d’étude et d’orientation sur l’organisation de la structure économico-administrative ) a été instituée ...
  • ... Le Comité de Sécurité financière du Saint-Siège a été créé ...
  • ... L’Autorité d’Information Financière (A.I.F.), instituée par Benoît XVI,... a été consolidée.
  • ... Le Secrétariat pour l’Économie et le Conseil pour l’Économie ont été érigés en remplacement du Conseil des 15 Cardinaux...
  • Le Bureau du Réviseur général (URG) a été a été érigé comme un nouvel organisme du Saint-Siège...
  • ... La Commission Pontificale pour la protection des Mineurs a été instituée ...
  • ... La Section Ordinaire de l'Administration du Patrimoine du Siège apostolique a été transférée au Secrétariat pour l'Economie ...
  • ... Les Statuts pour les nouveaux Organismes économiques ont été approuvés ....
  • ... Le Secrétariat pour la Communication a été érigé ...
  • ... Le Statut du Secrétariat à la communication a été promulgué ...
  • ... Le Dicastère pour les laïcs, la famille et la iev a été constitué ...
  • ... Le Dicastère pour le Service du développement humain intégral a été constitué ... quatre Conseils Pontificaux : Justice et Paix, Cor Unum, la Pastorale des migrants et la Pastorale des Services de santé se rejoindront, au premier janvier 2017, dans ce Dicastère ...
Cette « simplification » de la Curie romaine pourrait sembler être une multiplication d'agences bureaucratiques et un remaniement de certains organismes existants, accompagnée d'un blizzard de nouvelles règles et règlements du Vatican. Mais ce serait la perspective de quelqu’un qui souffrirait d’une MRR modérée à sévère. Toute personne en contact avec l’« Esprit » saurait que « simplifier » ne signifie pas nécessairement « rendre plus simple ». Simplifier pourrait également signifier compliquer. De même, défendre l'indissolubilité du mariage pourrait aussi signifier ignorer l'indissolubilité du mariage en permettant aux personnes en « seconds mariages » invalides de recevoir la Sainte Communion alors que leurs Mariages Sacramentels valides subsistent.

Qu'on ne croie pas que François limite son diagnostic et sa prescription aux membres de la Curie. D'une manière plus générale, il appelle au « gradualisme (discernement) » dans le processus global de la réforme sans fin. Par cela il entend « le discernement indispensable qui implique processus historique, scansion de temps et d’étapes, contrôle, corrections, expérimentations, approbations ad experimentum. Donc, dans ces cas, il ne s’agit pas d’indécision mais de la flexibilité nécessaire pour pouvoir atteindre une véritable réforme ». Et qu'est-ce qui constitue exactement une « vraie réforme » ? Évidemment, c'est pour François connaître et pour les membres de la Curie (et le reste de l'Église) de découvrir la nature de ce que le Dieu des Surprises révèle dans sa volonté dans le cadre d’un téléchargement gnostique continu de ses dernières instructions lors d’un dérapage hégélien de type « processus historique », mais toujours des instructions pour favoriser le changement et jamais la restauration qui est l'ancienne idée de la réforme que François a diagnostiquée comme une maladie qui doit être guérie.

Comme insulte de séparation, François distribua à tous les membres de la Curie, un texte Jésuite classique « ad curandos animae morbos » — pour s'occuper des maladies de l'âme. Rien n'indique que quiconque qui y assistait — dans un « esprit du dialogue », naturellement — n’a osé proposer à ce très humble des Papes un remède auquel notre Seigneur Lui-Même faisait allusion dans le Sermon sur la Montagne : « Comment peux-tu dire à ton frère : « Laisse-moi enlever cette paille de ton œil », alors que tu as une poutre dans le tien ? »