mardi 20 décembre 2016

CONFUSION ET MANIPULATION DES PROPOS DU PAPE.
SILENCE DE ROME


TRADUCTION
« Les femmes qui ont des avortements : il y en a des milliers au Brésil.
Toutes pardonnées par le Pape François »


Annonce de la nouvelle
par Life Site News


19 décembre 2016 (LifeSiteNews) - Un institut Brésilien de « bioéthique » pro-avortement affilié à Planned Parenthood a lancé une campagne dans les médias sociaux mettant affichant un sourire du Pape François et le slogan : « Les femmes qui ont des avortements, il y en a des milliers au Brésil. Toutes pardonnées par le Pape François ».

L'annonce, provenant de l'Instituto de Bioetica, ou ANIS, apparaît sur Facebook, Twitter et Whatsapp.

Selon des rapports de l'analyste Italien Marco Tosatti et d'autres, ANIS a lancé la campagne pour encourager les femmes à avoir un avortement sans se sentir coupables en conscience dans un pays où plus de 60 pour cent de la population est Catholique.

L'annonce fait référence à une récente Lettre Apostolique à la clôture de l'Année de Miséricorde, intitulée Misericordia et misera, dans laquelle le Pape déclare au numéro 12 que chaque prêtre dans le monde entier peut offrir l'absolution de l'excommunication liée à l'acte d'accomplir ou de collaborer à un avortement. Alors que l'enseignement de l'Église considère la gravité d'un avortement comme si sévère qu'elle sanctionne le pécheur par une excommunication automatique, l'annonce donne l'impression que la sévérité d'un avortement est diminuée.

Mais ce n'est pas du tout le cas. Le seul aspect qui a changé est le prêtre, après avoir entendu la confession du péché de l'avortement, peut maintenant — sans recourir à l'Évêque, ce qui était nécessaire jusqu'à présent — pardonner le péché et lever l'excommunication en même temps. Tant la péché que la punition (l’excommunication) subsistent ; la seule chose qui change est le mode d'absolution.

Au Brésil, la bannière publicitaire a été publiée avec l'interview de l'anthropologue Débora Diniz intitulée « Le Pape François et le pardon de l'avortement ».

Dans l'article, l'auteure a mal interprété la récente lettre du Pape et a déclaré que « les femmes ne sont plus menacées des douleurs de l'enfer après un avortement ».

Ce qui a changé, c'est la réglementation de qui peut absoudre le péché de l'avortement. Or tout prêtre peut administrer le Sacrement de la Réconciliation pour l'avortement. Mais Diniz arrive à une conclusion très différente : « La prochaine étape sera que notre système juridique sera inspiré par le Pape François et considérera donc l'avortement comme un crime sans punition ».


Rédigé par : Jan Bentz
SOURCE:Life Site News
Commentaire sur cette nouvelle
par Diakonos


L'Anis-Istituto di Bioteca est une organisation Brésilienne pro-avortement affiliée au Planned Parenthood américain, le plus grand avorteur du monde. Depuis peu, cette organisation fait campagne avec l'image du Pape souriant avec cette phrase: « Il y a des milliers de femmes qui avortent au Brésil. Elles sont toutes pardonnées par le Pape François ».

Cet épisode fait suite au cas des Évêques Canadiens qui accompagnent les candidats au suicide assistés par les Sacrements. Ce cas est en réalité pire puisqu'on peut dire que dans le premier cas, ce sont des ennemis de l'Église qui ne font que leur métier alors que dans le cas des évêques canadiens, il s'agit de la hiérarchie de l'Église même qui se réclame du Pape François afin de légitimer l'euthanasie.

A Saint-Jacques de Compostelle en Espagne, l'Évêque a ordonné prêtres deux homosexuels déclarés et cohabitants, s'abritant derrière le « qui suis-je pour juger ? » du Pape qui, pour de nombreuses personnes, a donné le signal du « tout est permis ». Pourtant, les dernières instructions approuvées par le Pape François sur la formation des prêtres confirment explicitement l'interdiction d'ordonner ceux qui manifestent des tendances homosexuelles enracinées.

Comment expliquer cette série de manipulations et de déformations qui n'ont fait qu'ajouter de la confusion au sein de l'Église aux dépens de sa mission?

Selon le journaliste Caccioli, la première raison est à chercher dans le style du Pape François qui aime utiliser ces expressions populaires qui font les choux gras des journalistes en quête de gros titres. Quoi qu'on en dise, ce sont les gros titres qui forgent l'opinion publique. Mais les documents magistériels du Pape lui-même proposent une « pensée incomplète », sans conclusion, avec le résultat que le même document donne lieu à des interprétations radicalement opposées comme Amoris Laetitia vient de le démontrer.

La seconde raison, qui entraîne des conséquences dramatiques, c'est le silence du Saint-Siège. Personne n'intervient pour corriger ou pour prendre ses distances même par rapport aux instrumentalisations les plus flagrantes, leur donnant ainsi une forme de légitimité. C'est ce qui s'est produit lors de la présentation de Misericordia et Misera à la presse. Face aux titres des journaux du monde entier qui laissaient croire que le Pape aurait autorisé l'avortement, personne ne s'est senti obligé de réagir. Tant et si bien que même parmi les proches de Sainte Marthe, certaines voix ont exprimé leur perplexité sur le silence des médias officiels. Il est pourtant évident que cette campagne pro-avortement Brésilienne n'aurait pas pu voir le jour si la salle de presse du Saint-Siège était intervenue pour démentir certaines interprétations.

Le silence sur le cas des Évêques Canadiens et l'euthanasie est encore plus grave parce qu'il pourrait inciter d'autres Évêques à suivre le même chemin, sans compter qu'ils induisent en erreur le Peuple Chrétien.


On dira que ce n'est pas le genre du Saint-Siège de réagir aux « interprétations » indésirables mais nous savons tous que ce n'est pas vrai: quand le sujet l'intéresse, le Saint-Siège n'hésite pas à intervenir. Il suffit de se souvenir comment la Salle de Presse est immédiatement intervenue en juillet dernier pour démentir le Cardinal Sarah, le Préfet de la Congrégation du Culte Divin, par rapport à sa proposition de prier vers l'Orient comme le veut la Tradition Catholique. Le Cardinal Sarah, reprenant une expression du Pape Benoit XVI, parlait de la « réforme de la réforme » en matière de liturgie mais il a été brusquement arrêté dans son élan par le Pape.

Donc, le Saint-Siège n'hésite jamais à démentir quand il le souhaite.

Reste cette question : pourquoi cette obstination à laisser déformer les propos du Pape? Et surtout, dans quel but?

SOURCE : Diakonos