vendredi 9 décembre 2016

AMORIS LAETITIA
IL FAUT CHANGER LE CATÉCHISME !


Malgré la diatribe du P. Spadaro contre les cardinaux qui ont souhaité obtenir des éclaircissements sur la conformité d'Amoris Laetitia avec la tradition de l'Eglise, le directeur de Crux, John L. Allen Junior affirme qu'on ne peut pas nier qu'une grande partie de l'Eglise, y compris au plus haut niveau, pense que l'exhortation n'est pas claire et qu'on ne peut donc pas balayer leur doutes d'un simple revers de la main.

Une preuve supplémentaire que ce n'est pas clair, outre les interprétations divergentes d'un diocèse à l'autre, vient d'être apportée par le P. Martin Maria Lintner, professeur de théologie morale à l'institut théologique d'Innsbruck en Autriche pour lequel il ne fait aucun doute qu'Amoris Laetitia constitue un point de non retour en matière de théologie morale.

"Il faut reconnaître que le pape a ouvert une route pour les divorcés remariés, on ne peut plus affirmer aujourd'hui qu'il y ait une interdiction pour eux de bénéficier des sacrements même s'ils ne s'abstiennent pas de rapports sexuels avec leur nouveau partenaire."

Or cette déclaration est l'exact opposé de ce que vient de déclarer le Préfet pour la Congrégation de la foi il y a quelques jours.

Selon le P. Lintner, il faut réviser le Catéchisme de l'Eglise Catholique pour mieux y exprimer l'enseignement innovateur d'Amoris Laetitia. Il affirme qu'en fin de compte, on ne peut jamais séparer le péché objectif de la personne qui le commet et que dans certains cas, il n'est pas possible de renoncer à entretenir des relations sexuelles avec son nouveau partenaire sous peine de commettre un péché plus grave ou de mettre en danger le bien des enfants.

Il recommande donc de modifier le paragraphe 2384 du Catéchisme qui affirme que dans tous les cas, un divorcé remarié se place dans une condition d'adultère public permanent.

Un point de vue intéressant qui ne manquera pas de susciter d'autres "dubia", démonstration supplémentaire s'il fallait qu'Amoris Laetitia n'est peut-être pas aussi clair qu'on voudrait le faire croire.

En attendant, le Pape, interrogé par plusieurs cardinaux qui lui ont envoyé une demande d'éclaircissement formelle sous forme de oui ou non (dubia) se tait et n'a toujours pas mandaté la Congrégation de la Doctrine de la Foi pour leur répondre.

Il a par contre accordé plusieurs interviews à différents médias dernièrement dans lesquelles il laisse entendre que tous ceux qui le questionnent sont de mauvaise foi, ne veulent pas comprendre et souffrent de "cardiosclérose" et de nostalgie du passé.

SOURCE :Diakonos