vendredi 17 juillet 2015

Le son du silence au Vatican

par Christopher A. Ferrara
Le 16 juillet 2015

SOURCE : Fatima Network Perspectives

L’Irlande, autrefois un bastion de la foi, a voté pour adopter le « mariage gay » par référendum populaire, le premier pays au monde à le faire par ce moyen. Le Pape François n’a rien dit en opposition à la mesure ni avant le vote et ni après pour protester contre le résultat. Tout le Vatican était dans un même silence. Aux États-Unis, la Cour suprême a imposé le « mariage gay » aux cinquante états. Ni François ni le Vatican n’ont dit un mot d'opposition.

Au lieu de cela, François a publié une encyclique de 185 pages sur une prétendue « crise écologique » dans laquelle pas un mot n’est consacré à la contraception qui a sapé les fondements du mariage et facilité la fornication universelle et l'adultère ainsi que l'immoralité sexuelle effrénée qui détruit le tissu même de la société.

L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Les références à l'avortement se limitent à « l'embryon humain » et quant à la pratique actuelle de l'avortement — le meurtre brutal des êtres humains dans l'utérus jusqu’au point même de l’accouchement — elle est passée sous silence. Même le faible argument contre l'avortement est énoncé en termes « écologiques » : « Puisque tout est lié, le souci de la protection de la nature est également incompatible avec la justification de l'avortement ». De façon incroyable, l'assassinat en masse des enfants à naître est dépeint comme un manque de « préoccupation pour la protection de la nature ».



Un silence face aux horreurs indicibles morales mais 185 pages consacrées à « la protection de la nature » dont l’« embryon humain » est simplement une partie. Qu'est-ce qui explique ce refus bizarre de résoudre la crise réelle de notre temps : crise qui n'est pas écologique mais christologique, ce qui signifie la rébellion du monde contre le Christ et la Loi de l'Évangile ?

Dans son encyclique Rerum Communium (1909), Saint-Pie X a dénoncé un état d'immoralité pandémique déjà à son époque bien que ce ne soit rien en comparaison de la monstrueuse iniquité qui prévaut aujourd'hui. Il a averti que des « efforts de toutes sortes sont faites pour supplanter le royaume de Dieu par un règne de licence sous le nom mensonger de liberté. Un règne de licence qui sert à apporter par la règle des vices et des convoitises le triomphe du pire de tous les esclavages et d'amener les gens à corps perdu à leur ruine… ». Dans le même temps, il ajoute qu'une guerre interne était menée « par des enfants contre nature, nichés au sein même de l'Église afin de La réduire au silence ... » À propos de cette guerre, Pie X écrivait :

« Elle vise plus directement à la racine même et à l'âme de l'Église. Ils essaient de corrompre les sources de la Vie Chrétienne et de son enseignement, de disperser le Dépôt Sacré de la Foi, de renverser les fondements de la Constitution Divine par leur mépris pour toute autorité, pontificale, épiscopale ainsi que de revêtir l’Église d’une nouvelle forme avec de nouvelles lois, de nouveaux principes selon des principes de systèmes monstrueux; en bref, il s’agit de défigurer toute la beauté de l'Épouse du Christ pour le glamour vide d'une nouvelle culture ... »

Est-ce que ça vous est familier ? Ça devrait l'être pour tous ceux qui ont la moindre conscience de l'état de l'Église d'aujourd'hui. Les sons du silence du Vatican face à des maux que Saint Pie X n’aurait même pas pu imaginé représentent les dernières étapes de la guerre dans l'Église que ce grand Pape décrit.

Dans les années 1990, Soeur Lucie a écrit au Cardinal Carlo Caffara pour l'avertir que « la fin de la bataille entre le Seigneur et le règne de Satan sera à propos du mariage et de la famille ». Avec le Synode de 2015 qui approche rapidement et le Vatican qui demeure silencieux devant les avancées des militants homosexuels dans chaque nation, il est clair que nous sommes au milieu de cette bataille — de La Bataille Finale du Démon. Notre-Dame, Médiatrice de toutes grâces, peut nous assurer la victoire contre l'adversaire par la grâce de Dieu, mais Sa promesse de triomphe final reste subordonnée à l'obéissance de l'Église à Ses demandes à Fatima. Jusqu’à ce moment-là, nous ne pouvons pas commencer à calculer le tort dont l'Église va souffrir.