samedi 18 juillet 2015

Le scandale du Marteau et de la Faucille

par Christopher A. Ferrara
Le 17 juillet 2015

SOURCE : Fatima Network Perspectives

Il ne sert à rien de nier ou de tenter de cacher l'évidence : partout où va François, le scandale est sûr de suivre. Et dans le sillage du dernier scandale, les « pompiers » * de la blogosphère néo-catholique sont toujours prêts à éteindre les flammes avec un déploiement effréné d’extincteurs rhétoriques. Par exemple, voici les différents boyaux d’arrosage qu’ils utilisent :

  • « C’était une mauvaise traduction » »
  • ou bien « « Le Pape n'a pas dit que »
  • ou encore « Le Pape ne veut pas dire que »
  • et, en voulez-vous d’autres ?
    « La déclaration / le geste a été sorti de son contexte »
  • C’était un incident anormal

    etc., etc. À l'infini.

  • L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.


    Cette fois, cependant, les flammes ne peuvent pas être contenues. Au milieu de son tourbillon au sujet de son « tour guidé sur la Théologie de la libération »**, François a accepté avec gratitude du président Evo Morales de la Bolivie, un autocrate socialiste notoirement anti-catholique et démagogue, un grotesque et tout à fait blasphématoire crucifix portant le Corpus de Notre Seigneur sous la forme du Marteau et de la Faucille, symbole classique du Marxisme. Comme d'autres l'ont noté, ce sera l'image qui définira son pontificat plus en plus bizarre :

    Le pompier néo-catholique a tenté désespérément de mal traduire la piste audio brouillée de cet événement obscène où l’on entend le Pape dire « ça ne va pas ! » De fait, alors qu’il l'a accepté avec un sourire ce « cadeau » horrible, le Pape a dit : « Je ne savais pas — signifiant ainsi qu’il ne connaissait pas qu'il était calqué sur le « crucifix communiste » conçu par le Père Luis Espinal Camps. Espinal Camps était un prêtre agitateur marxiste qui est décrit par le site National Catholic Register de EWTN de façon ridicule comme étant « un missionnaire en Bolivie, qui a été tué en 1980 pendant la dictature bolivienne ». Un missionnaire ? S'il vous plaît ! Espinal Camps était un jésuite radical d'origine espagnole qui a dédié sa carrière sacerdotale à la théologie de la libération, à l'activisme politique, à l'écriture de scénarios et au journalisme jaune toujours en faisant la promotion de l'idéologie marxiste.

    Quel désastre pour le pompier désespéré lorsque François a allègrement confirmé lors de son vol de retour à Rome qu’il n'avait aucune difficulté à accepter un « crucifix » blasphématoire calqué sur le symbole d'une idéologie dont les promoteurs ont massacré des dizaines de millions de chrétiens et qui continuent à les opprimer en Chine, à Cuba et ailleurs. Le Pape a déclaré dans une autre de ses conférences de presse décousues :

    « Je le qualifierais comme de l’art de protestation, qui dans certains cas peut être offensant. Dans ce cas concret, le Père Espinal a été tué en 1980. C’était un temps où la théologie de libération avait de nombreuses branches différentes. Une des branches était l'analyse marxiste de la réalité. Le Père Espinal appartenait à cette .... » En 1984, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a publié le premier petit volume, la première déclaration sur la théologie de libération qui a critiqué cela. Vint ensuite le second volume qui était ouvert à une perspective plus chrétienne.

    Le Pape continue : « Est-ce que je simplifie, non ? Faisons l'herméneutique ( i.e. tout considérer dans sa globalité ) de l'époque : Espinal était un passionné de cette analyse marxiste de la réalité, mais aussi de la théologie en utilisant le Marxisme. De cela, il en est venu à cette oeuvre. Aussi la poésie de Espinal était le genre de cette protestation. Mais, c’était sa vie, c’était sa pensée. Il était un homme spécial avec tant de génialité humaine, qui s’est battu en toute bonne foi, non ? »

    « En faisant une telle herméneutique comme ça, je comprends cette oeuvre. Pour moi, ce n’était pas une offense, mais je devais faire cette herméneutique, et je vous le dis pour qu'il n'y ait pas d'opinions erronées ».

    Lorsqu’on lui a demandé s’il avait laissé l'article blasphématoire en Bolivie, le Pape a admis : « Non, il voyage avec moi ».

    Notez bien : Nous avons un Pape qui dit qu’il n’est pas offensé par la juxtaposition de l'image sacrée du Christ dont il est censé être le Vicaire avec le symbole d'une idéologie diabolique dont le but est d'éliminer le christianisme de la face de la terre. Comme Pat Buchanan ( ex-politique de la droite aux USA maintenant devenu chroniqueur recherché) observait aujourd'hui (14 Juillet) : « Si ça avait été le Pape Jean-Paul II à qui on aurait remis ce crucifix, il aurait pu l’asséner sur la tête d'Evo. Car Jean-Paul II avait vu de près ce qu’avait fait le communisme dans son pays, son église et son peuple en 45 ans de domination bolchevique ».

    Pire encore, le Pape admet que le Marxisme a motivé Espinal dans « l'art de la protestation » et il fait l'éloge d’Espinal pour son « génie humain » (il a dit cela après la prière à l'endroit où il fut tué). François suggère même que « l'analyse marxiste de la réalité » qu’Espinal a épousée a reçu un traitement plus favorable par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) en 1984 qu'elle ne l'avait fait en 1981 dans la condamnation de la CDF concernant la «théologie de la libération ». C’est faux. C’était précisément « l'analyse Marxiste » de l’injustice sociale que la CDF a catégoriquement rejeté en 1984 dans sa condamnation des « théologies de la libération » . Voici justement ce que la CDF écrivait à cet effet en 1984 :

    « (elle) passe à une confusion désastreuse entre les « pauvres » de l'Écriture et au « prolétariat » de Marx. De cette façon, ils pervertissent le sens chrétien des pauvres et ils transforment la lutte pour les droits des pauvres dans un combat de classe dans la perspective idéologique de la lutte de classe. Pour eux, « l'Église des pauvres » signifie l'Église de la classe qui est devenue au courant des exigences de la lutte révolutionnaire comme une étape vers la libération et qui célèbre la libération dans sa liturgie ».

    Et pourtant, François a accepté et défendu comme légitime « l'art de la protestation », une « icône » blasphématoire adaptée à la « liturgie » de la « théologie de la libération ».

    Cette fois, il n'y a pas d'échappatoire pour les défenseurs de l'indéfendable. En scandalisant l'Église encore une fois, François a approuvé le blasphème et a fait une moquerie de la Mission de Notre-Dame de Fatima ainsi que de Son Avertissement Céleste contre « les erreurs de la Russie ». Aujourd'hui, le Pape lui-même accepte et défend le symbole même de ces erreurs, hideusement associé au Corps Sacré de Notre-Seigneur.

    N'y a-t-il pas de fin à la honte de ce pontificat ? Qu'avons-nous fait pour mériter cela ? Que Notre-Dame de Fatima nous délivre de cette folie.


    * Les pompiers signifientles responsables des relations publiques qui couvrent les activités du Pape. Ils sont souvent obligés d'éteindre les feux des paroles du Pape.

    ** Le Tour guidé fait référence, semble-t-il, à la sixième Conférence qui portera sur le Développement Durable au Vatican les 21 et 22 juillet 2015. Sont invités tout le gratin des maires du monde. Si Lorganisation est confiée au Vatican, c'est l'ONU qui animera les rencontres.