mardi 27 février 2018

Un éminent prêtre Espagnol
aborde la crise de l'Église et parle de schisme




Rédigé par : Dr Maike Hickson

SOURCE : One Peter Five
Le 27 février 2018


Juste après la récente critique polie renouvelée du Pape François par le Père Thomas G. Weinandy, le théologien Américain très respecté, il nous arrive une autre voix sacerdotale de résistance, cette fois venant d'Espagne. Depuis quelques semaines, le Père Santiago Martin — fondateur de l'Association Internationale Franciscaine de Marie avec 10 000 membres dans le monde entier — a élevé la voix, critiquant la « confusion », la « polarisation » actuelle et le danger d'un « schisme ouvert ».

Giuseppe Nardi, journaliste du site Catholique Allemand Katholisches.info, a d'abord fait entendre cette voix en Allemand. À la fin du mois de janvier, il a rapporté les paroles du Père Martin qu'il a adressées à l'auditoire de sa propre chaîne de télévision Catholique, Magnificat.Tv. Dans un de ses commentaires hebdomadaires, le Père Martin a ensuite évoqué la question des « prêtres mariés », après avoir passé en revue une partie de la « polarisation » qui a eu lieu lors de la visite papale au Chili concernant l'affaire Barros et les propos du Pape sur ce sujet. Après avoir évoqué la propre critique du Cardinal Sean Patrick O'Malley à l'égard du Pape François à ce sujet, le Père Martin observe qu'il pourrait y avoir un « tournant décisif en ce qui concerne le soutien de certains médias libéraux » qui existait auparavant pour le Pape François.

Le Père Martin regrettait qu'au milieu de ces événements publics, quelques paroles du Cardinal Beniamino Stella, Préfet de la Congrégation pour le Clergé, aient été la plupart du temps ignorés. ( le site One Peter Five l’ayant rapporté ). Le prêtre Espagnol a vu que le Cardinal Stella a ouvert l'idée d'ordonner les hommes mariés à la prêtrise, et il a averti que cette nouvelle possibilité, bien qu'introduite pour « certaines régions du Brésil et quelques îles du Pacifique », pourrait être « le début de la fin du célibat obligatoire ».

Cependant, pour le Père Martin, cette nouvelle blessure n'ajoute que de nouveaux fardeaux : « Certains s'étonnent de ce timing », surtout après « qu’une autre blessure vient d'être ouverte » à propos des couples divorcés et « remariés » et de leur accès aux Sacrements sans qu’ils commencent et continuent à vivre dans la continence. Le prêtre Espagnol a insisté sur le fait que tant de changements ne sont pas bons : « Être obsédé n'est pas bon. Cependant, il n'est pas bon d'appuyer sur la pédale de l’accélérateur. Il y a trop de confusion, trop de tension en ce moment dans l'Église pour ouvrir une nouvelle source de discussion. ».

Il y a quelques jours encore, le Père Martin a fait d'autres commentaires importants sur la crise actuelle de l'Église. Cette fois, il a écrit un commentaire pour le célèbre journal Hondurien La Prensa. Il parle maintenant de la guerre et ajoute :



« Il n'est pas normal que le site web de l'Académie Pontificale pour la Vie publie un article dans lequel il est dit que l'utilisation de la pilule contraceptive doit être permise alors qu'en même temps, il y a un groupe important de Catholiques qui se sont convertis de l’Islam et qui écrivent au Pape une lettre dans laquelle ils déclarent se sentir abandonnés par l'Église ».

Le Père Martin voit ici un ensemble de développements contradictoires qui sont troublants. D'une part, il y a le mouvement ( progressiste ) pour établir une « théorie des faits accomplis », d'autre part, il y a des signes que ceux qui s'accrochent à la Tradition de l'Église et à la Parole de Dieu « quittent l'Église » et qu'il pourrait y avoir « un schisme ». Les deux développements pourraient avoir lieu en même temps. Il explique, comme suit :



« Au début, quand ils ont commencé avec le débat sur la Communion pour les divorcés remariés, on parlait d'un possible schisme si cela devait arriver. Maintenant, Amoris Laetitia l'a permise d'une manière si ambiguë qu'on peut l'interpréter de toutes les manières. Comme je l'ai dit, même si cette confusion n'est toujours pas résolue, d'autres confusions s’ajoutent maintenant ».

Le prêtre Espagnol ajoute qu’« il y a trop de [ confusions ], et elles viennent trop vite d'affilée. Il y a trop d'accélération, ce qui n'arrive que lorsque le conducteur a perdu le contrôle ou quand la voiture doit sortir de la route pour rouler contre un arbre ». L'abbé Martin se demande si, dans ce cas, la célèbre expression Shakespearienne ( d’Hamlet ) n'est pas applicable, selon laquelle il y a quelque chose de pourri dans l'État du Danemark. Sans mentionner une fois le nom du Pape François, le Père Martin ajoute : « Je ne sais pas non plus pourquoi c'est le cas, mais je suis certain que quelqu'un le sait, et je ne veux pas dire ici Dieu qui sait tout bien entendu ». C’est important maintenant « de prier et de rester calme ».

C'est ici que le prêtre Espagnol met également en garde contre un schisme, car « certains ne peuvent que l’attendre » en frappant le fidèle chien de garde pour ensuite pouvoir dire qu'il est dangereux. C'est-à-dire qu'un tel schisme pourrait se produire parce qu'un groupe le cherche activement — ou parce qu'un autre groupe essaie d'en pousser un autre.

La signification des avertissements venant du Père Martin réside dans le poids de son apostolat. Le Père Martin ( né en 1954 à Madrid ) a fondé les Franciscains de Marie en 1988, et en 2007, il a reçu l'approbation officielle du Pape Benoît XVI. Le mouvement a son propre séminaire sacerdotal et est présent dans 27 pays, parmi lesquels l'Espagne, les États-Unis, le Canada, la Colombie, le Vénézuela, le Pérou, le Brésil, la Pologne, la Hollande, le Sri Lanka et l'Italie.

À la lumière de ses récentes interventions fermes, il n'est pas surprenant que le propre site Web du Père Martin ait publié des extraits de la critique fine et polie du Père Weinandy à l'égard du Pape François. Le Père Martin lui-même a récemment publié sa propre réprimande sur la décision des Évêques Allemands d'admettre des conjoints Protestants de Catholiques à la Sainte Communion, et seulement dans des cas individuels ; il a intitulé son article de façon révélatrice avec les paroles : « Quand l'exception détruit la règle ».