mercredi 28 février 2018

Tribune libre
Paul VI : une « canonisation pastorale »



Par : Père Pio Pace (pseudonyme)
SOURCE : Rorate Caeli
Le 27 février 2018




Encore une fois, le Père Pio Pace, expert en Romanitas, nous donne son opinion sur un sujet d'actualité : l'étonnante canonisation de Paul VI.

Peut-être que Paul VI avait des vertus remarquables et héroïques dans sa vie privée et secrète. Mais, en tant que Pape, il fait l'objet de beaucoup de débats : il a promulgué les textes les plus libéraux du Concile ( Gaudium et Spes, Unitatis Redintegratio, Nostra Aetate, Dignitatis Humanae ) ; il mena une réforme liturgique qui renversa la liturgie sacrée sens dessus dessous et à l’envers ; et plusieurs autres choses, grandes et petites, telles que la suppression du Sous-Diaconat Romain extrêmement ancien et vénérable.

Paul VI incarne pleinement Vatican II. C'est précisément pour cette raison qu'il a été choisi pour la canonisation, comme les Papes du Concile et du Post-Concile, qui ont été canonisés l'un après l'autre : Jean XXIII, Jean-Paul II ...

Est-ce que Paul VI est présenté à l'Église comme un exemple en raison de la publication de Humanae Vitae ? Ou plutôt pour ses « gestes œcuméniques », comme avoir donné en 1966 à l'Archevêque de Canterbury, Michael Ramsey, son anneau pastoral et un calice — ce qui permit au Cardinal Coccopalmerio d'affirmer que les ordinations Anglicanes pouvaient être considérées comme valides : « Qu’est-ce que cela pouvait signifier pour Paul VI le fait de donner un calice à l'Archevêque de Cantorbéry ? Si c'était pour permettre la célébration de la Cène du Seigneur, l'Eucharistie, c'était par considération pour des cérémonies valides, n'est-ce pas ? » Et nous pourrions continuer : Jean-Paul II était un exemple pour la défense solide de Humanae Vitae ou plutôt pour avoir organisé la tristement célèbre « Rencontre d'Assise » ?

Il faut oser le dire : en canonisant tous les Papes de Vatican II, c'est Vatican II qui est canonisé. Mais, de même, la canonisation elle-même est dévaluée quand elle devient une sorte de médaille lancée sur le dessus d'un cercueil. Peut-être qu'un Concile « pastoral » et non dogmatique mérite-t-il des canonisations « pastorales » et non dogmatiques ?