jeudi 7 janvier 2016

Voyez cet article de fond pour ne pas vous faire bourrer

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« L'œcuménisme est sans substance
c’est une vacuité (vide) logique et morale »

Don Pietro Leone, prêtre

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Œcuménisme : un essai par Don Pietro Leone

Cinq ans après la première contribution de Don Pietro Leone sur la liturgie romaine sur notre site, nous sommes heureux de présenter l'essai qui suit sur l'œcuménisme. Nous recommandons aussi à nos lecteurs l'encyclique Mortalium Animos de Pie XI, publiée à la Fête de l'Épiphanie le 6 janvier 1928, elle contient tout ce qu’un Catholique a besoin de savoir afin d'évaluer l'œcuménisme correctement. Don Pietro Leone est le nom de plume d'un prêtre qui célèbre la Messe Traditionnelle dans la communion pleine et paisible dans son Ordinaire situé dans ce grand berceau de la civilisation connu comme l'Italie.


À l’occasion de l'anniversaire de Mortalium Animos par Pie XI,
publiée à la Fête de l'Épiphanie en 1928


SOURCE : Rorate Caeli

Œcuménisme
Par Don Pietro Leone


« Au commencement était l'œcuménisme,
et l'œcuménisme était avec Dieu
et était au-dessus de Dieu »

(Aggiornamento per tutto compreso i vangeli,
cap.iv, Ester Maria Ledda, 2013, Bonanno)

Dans son Département des Armes et des Armoiries à l’intérieur de son manège infernal, Satan donne certainement une place de choix à l'œcuménisme. Demandez-lui de vous le montrer lors de votre voyage en Enfer si jamais vous avez le malheur de vous retrouver là. Cette arme puissante est de date récente. Elle a été élaborée pour le présent âge où la foi se refroidit de plus en plus et elle est conçue pour accélérer le processus. Votre première réaction en sera une d'admiration : « Quel bel artefact » direz-vous ! Votre deuxième réaction, quand vous regardez plus attentivement, en sera une de surprise de constater que cette arme est complètement remplie de vacuité, de vide. « Toutes nos armes remplies de vacuité, de vide » répondra-t-il sèchement. « N’avez-vous pas encore compris rien du tout ? Ce qui est important, c’est l'aspect des choses. Mais c’est vrai ! » avouera-t-il, et après avoir réfléchi un moment : « Celle-ci est particulièrement dérisoire ».

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L'œcuménisme est sans substance
c’est une vacuité (vide) logique et morale


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1. VIDE

1. Vacuité (vide) logique

Il existe deux formes d'œcuménisme. La première forme vise à l'union de toutes les confessions chrétiennes ou toutes les « religions » (ou « confessions ») en soutenant qu'elles sont toutes vraies ; la seconde forme vise à une unification sur la base du plus petit dénominateur commun.

Nous présenterons l'incohérence logique tour à tour de ces deux formes.

a) L'incohérence de la Première Forme d'Oecuménisme

En ce qui concerne la première forme d'Oecuménisme, nous citons Saint Pie X dans Pascendi : « Les Modernistes ne nient pas mais, de fait, admettent, d'une certaine manière voilée, d'autres ouvertement, que toutes les religions sont vraies ». Le Pape Pie X se réfère à une conception subjectiviste de la religion qui est réduite à l'expérience personnelle que chaque personne a de Dieu dans sa propre religion selon le symbolisme qui lui appartient. Cette conception a été condamnée par lui dans le Décret Lamentabili et dans l'Encyclique Pascendi susmentionnée.

Cela ne signifie cependant pas qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui sont heureux d'affirmer que toutes les croyances et religions sont vraies même au sujet du concept objectif de la foi et de la religion. Il faut répondre à cela que cette affirmation viole le principe de non-contradiction car il n'y a qu'une seule réalité et chaque foi ou religion présente une vision différente et exclusive. Pour cette raison, le croyant convaincu de quelque religion ou foi que ce soit affirme que sa vision est juste et que les visions des autres croyants sont erronées : en bref, il prétend que sa foi ou sa religion est la seule vraie foi et religion qui existe.

L’Église Catholique Romaine, Une et Sainte, peut même aller plus loin et dire non seulement qu’Elle est la seule vraie foi et religion, mais qu’Elle est la seule foi et la seule religion tout court. Car l'Église enseigne que la foi est un type de connaissance qui est à vrai dire la connaissance de la réalité : la réalité qui est Dieu ; et puisqu'il n'y a qu'une seule réalité et un seul Dieu, il ne peut pas y avoir plus qu'une connaissance de cette seule réalité, de cette seule réalité qui est Dieu. En outre, l'Église enseigne que seule la foi Catholique ( avec le Baptême ) nous unit à ce Dieu et que, par conséquent, la foi Catholique est également la seule religion puisque la « religion » ne signifie rien d'autre que ce système spirituel qui nous lie (en latin Ligat) à Dieu.

La popularité de la théorie que tous les « confessions » ou « religions » sont objectivement vraies nous montre la mesure par laquelle l'homme d'aujourd'hui est devenu incapable de penser rationnellement — même si l'absurdité d'une telle théorie ne la rend certainement pas moins respectable aux yeux des Modernistes.

b) L'incohérence de la Seconde Forme d’Oecuménisme

La deuxième forme de l'œcuménisme réduit la foi à un amalgame de différentes croyances puis elle se compare avec celles des autres « fois » ou « religions » à la recherche d'une base commune pour l'union. L’Église Catholique Romaine, Une et Sainte, enseigne en revanche que la foi constitue une unité indivisible qui dérive de son objet, à savoir : Dieu tel qu'il est en Lui-Même. Pour cette raison, il est impossible de faire abstraction de toute doctrine Catholique dans l'intérêt de la conformité à d'autres religions.

2. Vacuité morale

L'œcuménisme est présenté comme un type d'union spirituelle qui vise à un bien spirituel. En un mot, il est présenté comme un type d'amour spirituel qui est au sein des membres de l'Église Catholique et aussi de ceux à l'extérieur de l’Église. Mais il ne constitue pas de l'amour spirituel car il ne consiste ni en union spirituelle (dans tous les sens substantiels du terme) ni en toute forme de bien spirituel.

a) Le manque d'union spirituelle

i) En effet, Notre Seigneur a donné le mandat à l'Église Catholique de mettre en place un seul type d'union spirituelle avec les non-Catholiques qui est la triple union, à savoir :

a) L'union, sous l'autorité de la hiérarchie Catholique ;
b) L’union sous les sept Sacrements ;
c) L'union sous la Foi Catholique.

Ceci est le seul type d’union que l'Église Catholique a le mandat d'établir avec les autres car seul ce type d’union peut opérer leur bien spirituel pris dans le sens ultime de la Parole, autrement dit leur salut. L’union recherchée par l'œcuménisme, d’un autre côté, est tout simplement une union partielle dans la mesure où un ou plusieurs de ces trois éléments sont manquants. Pour cette raison, elle n'a pas le pouvoir de racheter.

ii) L'union spirituelle recherchée par l’œcuménisme n’est pas rédempteur alors. Typiquement, elle n’est pas surnaturelle non plus puisque cet œcuménisme réduit le Catholicisme à la Foi (qui comprend simplement un assortiment de différentes croyances) et, ce faisant, ignore les sacrements qui sont les moyens nécessaires pour nous unir à Dieu ici sur terre et au Ciel. Nous notons que, dans les deux documents du Concile Vatican II Ad Gentes et Nostra Aetate qui se réfèrent à la relation entre l'Église et les religions non-chrétiennes, le terme « surnaturel » est introuvable.

iii) L'Union spirituelle recherchée par l'œcuménisme n’est pas morale non plus car elle tend typiquement à réduire la Foi à ces doctrines qui concernent la nature et la Réalité de Dieu. Ce faisant, elle néglige toutefois les doctrines morales qui sont une partie essentielle de la Foi et qui sont également nécessaires pour la vie éternelle car la Foi est la lumière qui nous montre le chemin vers le Ciel.

b) Un vide de bien spirituel

Le type de bien promu exclusivement par l'œcuménisme n’est pas le salut, mais la paix et le bonheur purement terrestre qui n’est pas un bien spirituel du tout. En outre, ce n’est pas la tâche primaire ou essentielle de l'Église. L'Église, comme nous venons d'indiquer, a été fondée pour le bien éternel de l'homme : pour son salut. L’oecuménisme, d'autre part, viserait uniquement à son bien terrestre. Ce n’est pas alors une initiative spirituelle, mais simplement une initiative politique. Le bien terrestre de l'homme est au plus une tâche secondaire de l'Église comme une conséquence de sa tâche première qui est son bien éternel.

II SENTIMENTALITÉ

1. La nature de l'amour œcuménique

Peut-être que certains vont essayer de défendre ce faux œcuménisme, qui est la recherche du bien terrestre de l'homme, en maintenant qu'il est néanmoins une forme d'amour, même s’il n’est pas spirituel, et en disant aussi que « L'amour est suffisant » et qu'en dernière analyse, l'amour est la raison de notre vie et que Dieu Lui-Même est amour : en ce sens, la Très Sainte Trinité est un Mystère d'Amour entre les Trois Personnes Divines.

Étudions en plus de détails la nature de l'amour oecuménique, premier élément de l'union, puis nous étudierons ce que l'Union est destinée à produire.

a) Union œcuménique

Qu'est-ce qui unit les parties à des initiatives œcuméniques ?

Des croyances et des idéaux communs à l'exclusion des différences doctrinales. Ce principe est généralement exprimé avec le slogan « Ce qui est important, c’est ce que nous avons en commun et non pas ce qui nous sépare ». En ce qui concerne les autres religions, en particulier, c’est souvent exprimé par le slogan : « Nous adorons le même Dieu ».

Ces croyances et idéaux communs constituent la base du « dialogue », un processus qui n’est pas orienté vers l’établissement de la Vérité objective mais simplement vers l'échange fraternel, un processus qui met les deux parties sur le même pied avec la compréhension implicite qu’aucune d’entre elle va essayer d'imposer sa vision de la vérité sur l'autre. Ce processus fournit la base pour des entreprises communes : telles que les assemblées inter-religieuses ou inter-confessionnelles, ou encore des gestes diplomatiques tels que des plantations d'arbres et les accolades.

Ce qui est remarquable dans ce type d'union œcuménique est qu'il fait abstraction de la Vérité objective. C’est toutefois irrationnel car, pour entrer en relations avec les autres confessions chrétiennes ou d'autres religions d'une manière réalistement rationnelle, nous devons prendre en considération toute la Vérité et pas seulement une partie de celle-ci : non seulement les croyances et les idéaux communs mais également les différences doctrinales.

En fait, après avoir réfléchi un moment, nous pouvons voir que ce ne sont pas tellement ce que nous avons en commun avec les autres confessions et religions qui est important, mais c’est ce qui nous sépare : car ce qui nous sépare, c’est la Foi, et la Foi tient la clé de la vie éternelle.

Prenons l'exemple des autres religions monothéistes : le Judaïsme et l'Islam. Le fait qu'ils « adorent le même Dieu » comme nous le faisons est sans importance. Car le Dieu qu’ils adorent est le même que le Dieu de la foi Catholique dans un sens philosophique seulement : comme Être Lui-Même, en tant que Créateur et Fin de toutes choses ; alors que le Dieu qu’ils adorent n’est pas le même que le Dieu de la Foi Catholique dans son sens théologique, dans le sens de la Foi car Dieu, dans son sens théologique, est la Très Sainte Trinité qu'ils nient. Ce qui est important ici, alors, comme nous l'avons expliqué, est ce qui nous sépare : la croyance dans le Dieu de la Foi Catholique parce que seule cette croyance est salvifique.

b) Bien œcuménique

Quel bien à envisager par l'œcuménisme ? Le bien terrestre ou politique de l'homme. Ça justifierait en effet l'entreprise oecuménique n’eurent été les maux qui engendrent une telle entreprise (voir chapitre III). En un mot, l’œcuménisme offre à l'homme un bien terrestre au détriment de son bien spirituel.

Nous concluons que l’œcuménisme n’est pas le type d'amour qui est approprié entre l'Église et les autres religions ou confessions. Le type approprié d'amour est plutôt l’évangélisation puisque, comme toute forme d'amour rationnel, il vise au vrai bien de l'autre, à son bien suprême en effet qui est son salut, qu'on cherche à assurer à travers sa conversion.

Le type d'amour proposé par l'œcuménisme qui est inapproprié peut être illustré par l'image suivante : une quantité de gens essaient de traverser un océan. Un certain nombre voyage sur un grand bateau construit pour survivre aux tempêtes, à tous les types de danger et est meublé avec tout le nécessaire pour un long voyage. D'autres voyagent dans de plus petits bateaux : voiliers, bateaux à rames ; d'autres sur des radeaux ou des matelas pneumatiques ; d'autres nagent tout simplement. Seul le grand bateau va atteindre l'autre côté en toute sécurité ; quelques-uns des autres bateaux pourront arriver mais avec beaucoup de difficulté ; d’autre part, les autres bateaux et les personnes à bord n’arriveront certainement pas à destination. Ceux sur le grand bateau ne cherchent pas à persuader les autres à venir à bord mais font juste les saluer allègrement en passant. Comme le lecteur l'aura compris, le grand bateau est l'Église Catholique ; l'océan est le monde ; les personnes à l'extérieur du bateau sont ceux qui n’appartiennent pas à l'Église ou du moins au Corps de l'Église.

C’est évidemment plus facile et aussi plus plaisant, au moins à ce moment-là, de faire un signe de la main et de sourire allègrement à partir d’un beau gros bateau que de leur dire qu’ils font une erreur, de les persuader de quitter leur bateau (qu’ils apprécieraient probablement eux aussi), et de monter à bord du gros bateau. Qui plus est, s’ils viennent à bord, on se donnera toute la peine de s’occuper d’eux.

Nous avons dit que le faux œcuménisme est un type inapproprié d'amour. Comment pourrions-nous caractériser cela plus précisément ? Dans la mesure où il fait abstraction de la Vérité objective, il est irrationnel comme nous l’avons suggéré plus haut et il ne constitue pas ainsi un amour rationnel mais seulement de l'amour émotionnel. Ça peut être plus précisément caractérisé comme étant de la sentimentalité. Cette sentimentalité a fait sa première apparition officielle dans l'Église dans les textes du Concile Vatican II, dans son langage doux et conciliant ainsi que dans les attitudes envers les autres religions et surtout vers le monde contemporain ainsi que dans une nouvelle doctrine éthique à savoir que la fin principale du mariage est « l'amour ». Comme un substitut de l'amour vrai, c’est-à-dire la vertu de l'amour, cet amour sentimental est efféminé et émasculé. À cause de l'absence de formation et de vigilance du Clergé et des fidèles, ça a réussi à passer au Concile mentionné ci-haut comme de l’amour véritable.

2. L'erreur métaphysique de l'œcuménisme

L’erreur métaphysique sous-jacente à l'œcuménisme est la priorité qu'il accorde à l'Ordre du Bien sur l'Ordre du Vrai.

a) Au niveau naturel

L'âme de l'homme a deux facultés principales : la connaissance et la volonté (ou l'amour rationnel), et les deux ont besoin d'être employés dans son action. La raison profonde en est que ces deux facultés sont nécessaires à l'homme afin de glorifier Dieu pleinement. À l'objection que « l'amour est suffisant », nous répondons avec l'affirmation que la connaissance est aussi nécessaire.

Il doit être ajouté, en outre, que la connaissance a (logique) la priorité sur l'amour, dans la mesure où l'amour est aveugle et doit être guidé par la connaissance : avant d’aimer, nous avons besoin de connaître quoi aimer et comment aimer. Si un ivrogne me demande cents « euro » et que je les lui donne, je ne l'aime pas. Et si quelqu’un tente de traverser l'océan à la nage, je ne l'aime pas simplement en lui agitant ma main à partir de mon beau yacht qui passe.

b) Sur le plan surnaturel

Sur le plan surnaturel, le savoir en question est la Foi et l'amour en question est la Charité. Les deux — la Foi et la Charité — doivent être employées dans les actions de l'homme. Il ne suffit pas d'avoir la foi pour être sauvé ; il ne suffit pas d'aimer pour être sauvé : la foi et la charité sont nécessaires.

En outre, la Foi (comme connaissance surnaturelle) a une préséance logique sur la Charité (comme amour surnaturel). L'objet de la Foi est Dieu, la Très Sainte Trinité, et nous sommes incapables de L'aimer avec charité (et Lui en notre prochain et pour l'amour de Lui) avant de Le connaître par la Foi.

À un niveau encore plus profond, nous pouvons dire avec le professeur Romano Amerio dans son livre admirable, Iota unum, cette connaissance précède l'amour dans son sens ultime de la Très Sainte Trinité Elle-Même, puisque la connaissance de la Parole de Dieu précède l'Amour de Dieu par le Saint-Esprit : le Fils a procédé de l'Intelligence du Père avant que le Saint-Esprit procède de l'Amour réciproque du Père et du Fils. De cette façon, nous pouvons dire que Dieu, avant d'être un Mystère d'Amour, est un Mystère de la Vérité. La priorité en question ici, comme avant, est une priorité logique : le Père et le Fils sont consubstantiels et leurs relations réciproques ne sont pas temporellement distinctes.

Ensuite, nous voyons les Oecuménistes ont tort quand ils agissent comme si l'amour est tout ce qui compte car — nous le répétons — les connaissances et l'amour sont nécessaires, et la connaissance a la priorité logique sur l'amour : la Foi avant la Charité : l'Ordre du Vrai avant l’Ordre du Bien

. III LE MAL DE L'OECUMÉNISME

Nous avons appelé l’Oecuménisme un amour de substitution. Qui l’a inventé si ce n’est pas le diable, l'imitateur de Dieu et le Maître de toute tromperie ? C’est son invention, ou plutôt une nouvelle utilisation d'une ancienne invention, qui est celui des Fausses Religions. Car il a créé les fausses religions ou non-Catholiques avec l'objectif d’éloigner l’homme de sa fin qui est le Ciel. À cette fin, l'Exterminateur a pris soin de préserver certains éléments de Vérité Objective et de Bien en elles afin de rendre son produit plus attrayant et agréable à ses victimes. À l'époque actuelle, il a utilisé ces mêmes éléments et les a présentés comme quelque chose de positif, à savoir : « Ce que nous avons en commun » afin d'orchestrer la grande Charade Oecuménique d’un amour sentimental spécieux en vue de la corrosion de la Foi Catholique : des religions de substitution pour une évangélisation de substitution par un amour de substitution.

Quels maux comprend cette corrosion de la Foi Catholique ?

1) Le premier mal de l’Oecuménisme est qu'il obscurcit la Foi. En effet, comme une initiative typiquement moderniste, l’Oecuménisme est obscurantiste de par sa nature même. Si le Pape embrasse le Dalaï Lama, s’il prie avec lui ou un autre chef religieux ; si un prêtre Catholique récite les Paroles de la Consécration de la Sainte Messe avec un pasteur Protestant, ils semblent partager un terrain spirituel commun, mais en quoi cela consiste précisément? Ce n’est pas clair.

Particulièrement l’Oecuménisme obscurcit ce qui est l'unicité de la Foi Catholique. Car à mettre la Foi Catholique sur le même niveau que les autres « Fois » ou « Religions », ça occulte le fait qu'elle est la seule vraie Foi et Religion et qu’elle est la seule qui peut sauver l'homme car elle contient en elle la plénitude des doctrines et des Sacrements nécessaires au Salut.

2) Le Catholique qui, dans certains gestes œcuméniques, est seulement intéressé dans ce qu’il a en commun avec les autres confessions chrétiennes ou avec les autres religions et ce qui l'unit à elles, affaiblit la Foi (la sienne et celle de tous les autres qui peuvent être témoins de ces gestes) dans les articles de foi qu’il passe sous silence.

Par exemple, celui qui est seulement intéressé dans ce qui l'unit aux Luthériens, réduit au silence et affaiblit ensuite la Foi concernant la nature sacrificielle de la Messe et des sept sacrements ainsi que le culte de Notre-Dame ; celui qui est intéressé à ce qui l'unit aux Juifs ou aux Musulmans réduit au silence et affaiblit la Foi dans le Mystère de la Très Sainte Trinité ainsi que la Divinité et la Mission rédemptrice de Notre Seigneur Jésus Christ qui constituent le noyau même de la foi.

3) Celui qui obscurcit et affaiblit la Foi diminue la possibilité même du Salut (le sien et celui de tous les autres témoins de ces gestes).

4) L'œcuménisme humilie l'Église en plaçant l'Épouse Immaculée du Christ sur le même niveau que les inventions du Diable.

5) Ça offense Notre Seigneur Jésus-Christ en tant que Fondateur de l'Église en Le plaçant sur le même niveau que les fondateurs des autres « Religions » qui Le nient, Le rejettent ou Le blasphèment.

6) Dans la mesure où l' Oecuméniste obscurcit et réduit au silence la Foi, humilie l'Église et offense Notre Seigneur Jésus-Christ, il encourt la colère du Seigneur qui a dit : « Si quelqu'un a honte de moi et de mes paroles, alors le Fils de l'homme aura honte de lui, quand il viendra dans sa gloire et dans la gloire du Père et des saints anges ». (Luc 9. 26)

7) Celui qui, dans ce processus illégitime de rapprochement avec d'autres confessions ou religions, va aussi loin que de nier même un seul article de Foi, sa foi non seulement s’affaiblit mais elle tombe dans l'hérésie et il la perd entièrement.

8) Celui qui nie toute la Foi, ou le noyau de la Foi, tombe dans l'apostasie.

9) Au niveau global, le Catholicisme, par le biais de l'œcuménisme inter-confessionnel, s’effondre, comme nous sommes douloureusement déjà en mesure d'assister, dans une sorte d'Humanisme vague légèrement teinté de Christianisme.

10) Au travers de l'œcuménisme inter-religieux, en revanche, le Catholicisme se dissout dans une religion purement naturaliste, interdit de Grâce. Cette religion peut assumer une des deux formes :

a) un amalgame de toutes les religions qui devient une sorte d'humanisme vague sans même une trace de Christianisme ;

b) un amalgame des religions monothéistes.

Cette seconde forme de religion se présente sous deux types : le premier, un vague déisme ; la seconde, un monothéisme qui conserve ce que les trois grandes religions monothéistes ont en commun théologiquement, ce qui veut dire, en théorie du moins, l'Ancien Testament. De cette façon, le Catholicisme se dissout efficacement dans le Judaïsme ou plus précisément dans la religion judéo-maçonnique mondiale connue comme étant le « noachisme ». Etait-ce le motif de l’Incarnation, de la Vie, de la Passion et de la Mort du Seigneur sur la Croix au milieu de ses spasmes de douleur les plus atroces ?

Le mal de l' Oecuménisme est alors, en résumé, ce qui obscurcit, réduit au silence et affaiblit la Foi ; il diminue la possibilité du salut ; il humilie l'Église, il offense et déplaît Notre Seigneur Jésus-Christ ; il tend vers l’hérésie et l'apostasie ; il pousse le Catholicisme dans le sens de l'humanisme, le déisme, et le noachisme. Ensuite, il n’est pas étonnant qu’au moment des premières rencontres entre les différents confessions chrétiennes non-Catholiques, l'Église a explicitement déclaré par la bouche du Souverain Pontife Pie XI (Mortalium Animos 1928) que : « ... il va de soi que le Siège Apostolique ne peut, d'aucune manière, participer à leurs congrès et que, d'aucune manière, les catholiques ne peuvent apporter leurs suffrages à de telles entreprises ou y collaborer; s'ils le faisaient, ils accorderaient une autorité à une fausse religion chrétienne, entièrement étrangère à l'unique Eglise du Christ ».[8] Il est clair que le principe qui s’applique ici aux relations entre l'Église et les autres confessions sera applicable mutatis mutandis aux relations entre l'Église et les autres religions.

Conclusion

Nous concluons cet essai en résumant brièvement les points qui convergent et divergent entre l'Évangélisation et l'Oecuménisme.

À la fois, l’Évangélisation et l'Oecuménisme ont une prétention pour l'universalité. Le terme « Œcuménisme », qui dérive d'un mot grec pour « monde », signifie en effet l'accommodement ou l’adaptation de la Foi Catholique à toutes les autres confessions ou religions du monde. Le terme « Évangélisation », comme il en ressort à jeter un coup d'œil à la fin de tous les Évangiles Synoptiques, signifie la catéchèse, le baptême et la conversion du monde entier à l’Unique Foi Catholique.

L’Évangélisation et l'Oecuménisme sont deux types d'amour : ils visent tous deux à l'union entre les parties en vue d'un bien à venir. L’Oecuménisme vise l’union sur la base de croyances partagées, du « Dialogue » compris comme une forme de mouvement perpétuel et d’accolades. Il regarde vers un bien purement terrestre ou politique. L’Évangélisation, en revanche, cherche l’union sur la base de la Vraie et Seule Foi, des sept sacrements et de la soumission au Pontife Romain. Il regarde vers le bien éternel de l'homme au Ciel.

L’Évangélisation et l'Oecuménisme divergent de façon plus marquée en ce qui concerne la Vérité. L'Oecuménisme n’est pas intéressé par la Vérité ; L’Évangélisation en revanche la tient comme très importante car l'Évangélisation consiste précisément dans l'annonce de la Vérité : dans la communication de la Vérité à celui qui est dans l'ignorance de la Vérité afin qu’il puisse lui aussi venir en possession de la Vérité et être sauvé. Cette Vérité dans son sens ultime est nulle autre que la Très Sainte Trinité qui a créé l'homme pour que l'homme, et tous les hommes sans exception, puissent La connaître et L'aimer ici sur terre et ainsi atteindre sa béatitude éternelle dans le Ciel. Amen.