samedi 2 janvier 2016

Même Dieu a besoin de Miséricorde ?

Homélie troublante par François



Rédigé par le Père Brian Harrison, O.S.
SOURCE : The Remnant
Note du traducteur : Cliquez ici pour prendre connaissance de toute l'homélie


Dans le rite latin traditionnel, la Fête de la Sainte Famille est célébrée le dimanche après l'Épiphanie (10 janvier cette année). Dans le calendrier Novus Ordo, elle intervient deux semaines avant, le dimanche dans l'octave de Noël ; et François, donnant suite aux deux récents Synodes sur la Famille, a décidé de célébrer cette fête publiquement dans la Basilique Saint-Pierre le 27 décembre. Dans les anciens et les nouveaux rites, l'Évangile pour cette fête est le récit de Saint Luc sur le recouvrement de l'Enfant Jésus au Temple — le cinquième mystère joyeux du Rosaire.

Malheureusement, notre Évêque actuel de Rome a saisi l'occasion pour prêcher un sermon qui, pour d'innombrables fidèles catholiques, y compris la présent auteur, a eu pour effet de verser un seau d'eau glacée sur toute cette heureuse occasion, lessivant la joie et la remplaçant par le choc, l'incertitude et la consternation. Pour le Pape François, il a continué ici sa série apparemment sans fin de « premières » — des nouveautés radicales de déclarations et de décisions qu’aucun de ses prédécesseurs n’auraient jamais rêvé faire et qui, en effet, n’auraient jamais cru qui pourraient être faites par quel que Successeur de Pierre que ce soit.

Maintenant, pour donner crédit lorsque le crédit est dû, le Saint-Père a dit des choses très fines dans son homélie pour la Messe de la Sainte Famille. En effet, ses déclarations contiennent presque toujours ce qui est bien, vrai et spirituellement utile. Certes, il n’aurait pas pu jamais avoir été élu à la magistrature suprême sur terre si son bilan avait révélé que la plupart de ce qu’il disait était stupide, erroné, superficiel ou hétérodoxe. Néanmoins, il ne vous faut qu’une petite goutte de venin pour faire d’un gâteau de Noël copieux et délicieux très dangereux pour votre santé. De même, juste une affirmation choquante dans une homélie papale peut causer un effet global profondément troublant et dangereux pour notre santé spirituelle.

Dans ce cas, le Pape a dit quelque chose qui en a fait frissonner plusieurs ; car c’est quelque chose qui n’est pas facile à disculper, du moins au niveau objectif, de l'accusation de blasphème. Intentionnellement ou non, il a dit des paroles qui, prises dans leur sens littéral, dans leur sens non forcé, impliquent que le Fils de Dieu Lui-Même a commis un péché.

Considérez ces paroles que par Sa Sainteté, prêchant en italien, a commenté à propos de l'incident dans cet Évangile : « Nous savons ce que Jésus avait fait cette fois. Au lieu de revenir à la maison avec les siens, il s’était arrêté à Jérusalem dans le Temple, causant une grande peine à Marie et à Joseph (provocando una grande pena)qui ne le trouvaient plus. Pour cette “petite escapade” (questa 'scappatella), , Jésus a dû aussi probablement faire des excuses à ses parents (dovette chiedere scusa). L’Évangile ne le dit pas, mais je crois que nous pouvons le supposer ».

Maintenant, je peux déjà entendre la réponse immédiate, presque instinctive, des Catholiques dont la position par défaut est de bondir à la défense du Saint-Père, peu importe ce qu’il a dit ou fait. Ils insisteront tout de suite à l’effet que, puisqu'il faut toujours accorder le bénéfice du doute aux Papes, une lecture bénigne de son homélie du 27 décembre doit être la bonne.

Maintenant, je crois moi aussi qu’il faille donner aux gens le bénéfice du doute quand le doute semble raisonnable. En particulier envers le Saint-Père. Mais jusqu’à quel point peut-on raisonnablement trouver un « doute » ici ? « Oh ! » mes critiques néo-Catholiques protesteront-ils, « vous élaborez la pire construction de son homélie ! Le mot « escapade » montre que le Pape ne considère pas l'action de l'Enfant-Jésus être quelque chose de sérieusement blâmable ». Hum ! Vraiment... ? blâmable ? Excusez-moi, mais même le péché véniel, si imputé au Fils de Dieu, est déjà une super grosse affaire ! C’est une accusation totalement inacceptable contre la sainteté divine parfaite. En outre, est-ce qu’un prétendu péché qui « a provoqué de grandes peines » à la Mère de Dieu et à Saint-Joseph résonne vraiment comme quelque chose de trivial ?

« Eh bien » me dira-t-on « peut-être que François ne veut pas du tout attribuer de péché à notre Seigneur. Nous devrions supposer qu’il signifie que le « pardon » que Jésus demande est le genre que vous demandez lorsque vous avez fait une erreur complètement innocente qui a fait involontairement du mal à quelqu'un d'autre ».

Désolé, mais ce ne fonctionnera pas non plus. En premier lieu, si c’est ce que François voulait vraiment dire, ne pouvait-il pas le dire plus clairement ? Est-ce vraiment trop demander du Vicaire du Christ de dire qu’il devrait être plus sensible au fondement de la Vérité Révélée à savoir que son Seigneur et Maître est « sans péché ? » (Hébreux 04 :15, 2 Cor. 5 :. 21, et de nombreux autres textes bibliques) ? Assez sensible aussi, c’est-à-dire anticiper que certaines paroles pourraient bien semer le doute sur cette vérité révélée et ainsi scandaliser les fidèles ? Assez sensible finalement, soit pour ne pas utiliser ces paroles du tout ou expliquer soigneusement le sens orthodoxe dans lequel il les utilise ?

Deuxièmement, et peut-être plus important encore, la tentative de blanchiment ci-dessus ne blanchira pas rien ici en tout cas. Si le Pape avait à l'esprit une erreur complètement innocente de la part de l'Enfant Jésus, il pouvait à peine l’appeler une « escapade ». L'insouciance due à une escapade est toujours au moins un péché véniel contre la vertu cardinale de prudence. Enfin, le contexte rend également son blanchiment peu plausible. Car François poursuit dans la phrase suivante à assimiler cette quête de pardon imaginée de la part de Jésus à celle qui a lieu dans nos propres foyers et familles : la recherche de pardon, c’est-à-dire celle qui est occasionnée par nos péchés. Il dit : « Ces moments qui, avec le Seigneur, se transforment en opportunité de croissance, en occasion de demander pardon et de le recevoir, de montrer l’amour et de l’obéissance, font aussi partie du pèlerinage de la famille. Au cours de l’Année de la Miséricorde, que chaque famille chrétienne puisse devenir un lieu privilégié de ce pèlerinage où s’expérimente la joie du pardon ».

En bref, ces rationalisations cherchent à excuser l'inexcusable. Comme l'enfant qui avait reconnu que l'Empereur était nu, tout enfant comprendra aussi que lorsque vous dites à quelqu'un qu’ils « avaient à demander pardon », vous voulez dire qu’ils ont fait quelque chose de mal. Ils ont péché.