mardi 12 janvier 2016

Complément d'informations
sur la vidéo-gate papale





par Christopher A. Ferrara
SOURCE :Fatima Network Perspectives
Le 11 janvier 2016

Dieu merci, il y a encore assez de Catholiques croyants dans le monde pour inonder les boîtes de commentaires des nouveaux sites « catholiques » avec une indignation justifiée sur l’absurde et blasphématoire vidéo « Je crois en l'amour » du Vatican, qui place une image de l'Enfant Jésus (rudement pris à partir de sa crèche) à côté des symboles du Bouddhisme, du Judaïsme et de l'Islam, tenus dans les mains de leurs coreligionnaires respectifs. (Les auteurs de ce scandale ne pouvaient pas supporter de montrer la Sainte Croix dans leur tableau multi-religieux. Peut-être qu'ils avaient peur d’elle.)

L'essence de cette petite production est le même concept qui a envahi l'élément humain de l'Église au cours des cinquante dernières années, à savoir : que toutes les personnes fondamentalement aimables vont au ciel en autant qu'elles soient sincères dans leurs croyances — quelles qu'elles soient — et qu’elles suivent leur conscience quoiqu’elle leur dit de faire.


L'auteur de cet éditorial est Monsieur Christopher A. Ferrara. Monsieur Ferrara est avocat de profession. Il agissait aussi comme collaborateur principal de Feu Père Nicholas Gruner, fondateur du Centre de Fatima, Fort Érié, Canada et ayant aussi des installations à Rome. Il est chroniqueur dans plusieurs autres sites catholiques dont Le Remnant Newspaper.

Tant qu'ils « croient en l'amour ». Ce n’est pas l'Évangile de Matthieu, Marc, Luc et Jean, mais plutôt l '« Évangile » de John, Paul, George et Ringo. Tout ce que vous avez besoin, c’est amour ! ( Chanson « All You Need Is Love» ) Mais l'amour de quoi ? Bien oui…vous savez bien, l'amour.

Selon cette façon de penser, la sincérité prend effectivement la place de l'état de grâce et de la Grande Mission de faire des disciples de toutes les nations qui est de facto abandonnée. Qui peut le nier en regardant la vidéo qui n’est qu’un seul exemple de la mentalité dernier cri dans l'Église ? Le Pape François dit lui-même ici ce qu’il a dit dans le tristement célèbre entretien avec l'athée Eugenio Scalfari : « Chaque personne a sa propre conception du bien et du mal et doit choisir de suivre le bien et de combattre le mal comme il les conçoit. Ce serait suffisant pour faire du monde un meilleur endroit ». En fait, non, ça ne serait pas le cas. Car le monde ne se serait pas un meilleur endroit en suivant une conscience égarée, mal formée qui appellerait le mal un bien — par exemple, la contraception, l'avortement et les « droits des homosexuels » — et qui s’oppose catégoriquement à la loi de l'Évangile en « bonne conscience ».

À cet égard, considérez cette allocution importante du futur Pape Benoît XVI quand il était encore le Cardinal Ratzinger, parlant lors d’un séminaire d'un évêque à Dallas, au Texas, en 1991. Ratzinger constate la propagation de l'idée depuis Vatican II à savoir que toute personne qui suit sa conscience est irréprochable devant Dieu, conduit à des résultats absurdes : « En effet des jugements de conscience peuvent se contredire. Il pourrait donc y avoir, au mieux, la vérité personnelle de la personne qui serait réduite à la sincérité de cette même personne ».

Mais la sincérité n’est pas une excuse pour la malformation d'origine de la conscience par un comportement immoral. Voici comment l’explique Ratzinger :

« Ça peut très bien être mauvais d’en être venu en premier lieu à de telles convictions de travers en ayant étouffé la conscience de l'ensemble de l’histoire de son être [ l'ensemble de histoire de son être : son anamnèse ou la loi naturelle que Dieu a inscrite dans le cœur ]. La culpabilité réside alors ailleurs, beaucoup plus profondément — non pas dans le présent acte, ni non plus dans le présent jugement de conscience, mais dans la négligence de mon être qui m'a rendu sourd aux sollicitations internes de la vérité. C’est pour cette raison que des criminels manifestes comme Hitler et Staline se sont rendus coupables ».

En outre, si le simple fait d’être sincère rendait la personne sans faute devant Dieu, alors le fait d’avoir une conscience égarée, « ce qui simplifie la vie et détermine un parcours plus humain, serait alors une véritable grâce, ce serait la façon habituelle vers le salut. Le mensonge ou garder la vérité à distance serait mieux pour l'homme que la vérité. Ce ne serait pas la vérité qui le libérerait, mais plutôt il devrait être libéré de la vérité ».

Le plus important du point de vue compte tenu de la perspective du Message de Fatima est la conclusion du Cardinal Ratzinger à savoir qu’« au cours des dernières décennies, ces genres de notions ont visiblement paralysé la disposition à évangéliser. Celui qui voit la foi comme un lourd fardeau ou comme une imposition morale est incapable d'inviter d'autres personnes à croire. Il les laisse plutôt faire dans la liberté putative de leurs bonnes consciences ».

Exactement ! Et le futur Benoît XVI a attribué l'émergence de cette nouvelle mentalité dans l'Église à une « aversion quasi traumatisante que plusieurs éprouvent en raison de ce qu’ils considèrent le Catholicisme « pré-conciliaire » ... » Par Catholicisme « pré-conciliaire », on entend le Catholicisme tel qu’il est expliqué avec une concision admirable dans le Message de Fatima qui parle de sauver les âmes de l'enfer par la dévotion au Cœur Immaculé de Marie et donc d’adhérer à la religion Catholique.

En d'autres termes, le « Catholicisme pré-conciliaire » est tout simplement la Foi. Mais quelle est alors cette nouvelle mentalité qui suppose que la sincérité est salvifique et qui s’écrase devant la proclamation de la nécessité de l'adhésion à l'Église pour obtenir le salut ?

La réponse est que la nouvelle mentalité est un autre signe de l'apostasie annoncée dans le Troisième Secret, apostasie qui « commence au sommet ». Et, comme le Cardinal Ratzinger l’admet : « Sa propagation ne peut qu’être fatale à la Foi ». C’est, en vérité, ce que cette honteuse vidéo représente.